15.11.2008

Martin Malvy: «La viticulture est un atout de la vie économique et sociale»

Martin Malvy, président du conseil régional Midi-Pyrénées, a toujours souhaité soutenir les vins du Sud-Ouest, car il considère que la viticulture représente des enjeux économiques et sociaux importants.

 

L'interprofession des vins du Sud-ouest vient d'être officiellement reconnue par le ministre de l'agriculture. Or la région était à l'initiative de cette création.

En effet, la Région dès 2006 à initié et impulsé la constitution de cette interprofession unique regroupant à la fois les appellations d'origine et les vins de pays soit quarante et une dénominations. Il s'agissait d'abord de répondre à la nécessité de fédérer toutes les énergies car c'est par la mutualisation des moyens que nous pourrons être présents sur les marchés tant en France qu'à l'export. Ce regroupement est d'autant plus important que, dans un contexte économique difficile, la viticulture traverse une période de mutation importante résultant à la fois d'un marché en pleine évolution et d'une réforme de la réglementation européenne en profondeur. C'est pourquoi, il faut se féliciter du travail réalisé par les vignerons qui n'ont pas succombé à la tentation du repli sur soi. Cela prouve que l'esprit de conquête est bien ancré.

 

Au-delà du symbole, que pensez vous qu'une interprofession unique puisse apporter aux vignerons de la région ?

 

L'objectif est de créer un organisme permettant de défendre les intérêts économiques des entreprises du Sud-Ouest. C'est en se regroupant que nous serons plus forts. Le Canada est un bel exemple de cette réussite. Si nous avions procédé en ordre dispersé nous n'aurions pas obtenu la création du linéaire Sud-Ouest dans les magasins du Québec. Jusqu'à présent les vins du Sud-Ouest étaient classés dans la catégorie « vins autres » avec des vins de différentes régions du monde. Dans ce contexte, difficile pour une petite dénomination de se mettre en avant. Désormais, ceux-ci sont regroupés dans le même rayon. Concrètement cela permet de communiquer sur la mention « Sud-Ouest France» et permettre à l'ensemble des entreprises de la région de mettre en avant leur identité dans un cadre collectif.

 

Le soutien de la région à l'interprofession se limite t'il aux actions menées au Canada ?

 

Non bien sûr ! Nous souhaitons accompagner les entreprises sur d'autres marchés. Tel est déjà le cas au Royaume-Uni et en Allemagne. Nous envisageons, en fonction des orientations données par l'interprofession, apporter notre soutien sur d'autres pays comme les Etats-Unis ou la Chine. Toutefois, même si ce sont les vignerons qui détermineront les priorités, le marché français ne doit pas être négligé. Malgré une baisse importante et continue de la consommation intérieure, la France reste un des premiers marchés. Et puis avant de vouloir conquérir le monde, il faut être le maître chez soi.

 

La Région investit donc sur la viticulture !

 

Oui car la viticulture représente des enjeux économiques et sociaux importants. N'oublions pas que le chiffre d'affaire de la viticulture française représente la vente de 130 airbus. La viticulture régionale quant à elle représente plus 8000 emplois directs pour une valeur totale de un milliard d'euros. Outre cet enjeu économique, la viticulture contribue à l'aménagement du territoire et d'un tissu rural dynamique sans lesquels l'activité touristique, autre activité économique majeure, ne pourrait se développer.

C'est pourquoi la Région a adopté en novembre 2006, un plan viticole pour une période de trois ans (2007/2009) prévoyant pour la période une aide de 11 millions d'euros pour l'ensemble de la filière vitivinicole de Midi-Pyrénées. Ce plan doit permettre la modernisation des outils de production par des investissements matériels et immatériels, la promotion et la structuration de l'interprofession de bassin. En outre, la Région investit dans la formation car il est nécessaire que les nouvelles générations puissent bénéficier des meilleures compétences et des meilleures technologies. Nous venons ainsi d'inaugurer, en octobre, les nouveaux chais du Lycée viticole de Riscle dans le Gers.

 

Êtes-vous confiant dans l'avenir ?

 

Oui car la viticulture reste un atout déterminant de la vie économique et sociale de nombreux terroirs. Elle reste également une activité déterminante pour la qualité de leur environnement et notamment du paysage. En tous les cas nous ferons tout pour que la viticulture de Midi-Pyrénées reste une activité économique majeure. Cela passera par l'émergence et la consolidation des entreprises mais aussi par le développement des petites ou moyennes exploitations, qu'elles agissent individuellement ou dans le cadre de groupements. Le marché n'est pas uniforme, il serait donc une erreur de vouloir imposer un modèle unique.

 

Dans le contexte économique actuel, l'année 2009 s'annonce difficile, c'est pourquoi la Région sera, cette année encore, aux côtés des entreprises de Midi-Pyrénées. J'invite aussi les habitants de notre région à venir rencontrer les vignerons du Sud-Ouest sur le Salon de la qualité alimentaire qui se déroulera du 11 au 14 décembre au parc des expositions de Toulouse. L'interprofession et plus de 70 entreprises seront présentes. Belle occasion de découvrir les femmes et les hommes qui contribuent à la richesse de nos terroirs.

 

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