04.11.2009
La faillite de la filière nucléaire est officielle
Le nucléaire est une filière en faillite. C'est la conclusion implacable d'un mois d'incidents, de révélations et de rapports officiels. Jamais en l'espace de quelques semaines, tant d'éléments ont prouvé que le nucléaire était une industrie dangereuse, inutile, sans avenir et coûteuse. Ce que Greenpeace répète depuis quarante ans est repris mot pour mot par des institutions officielles.
Que s'est-il passé en un mois ?
Le 6 octobre, Greenpeace publie un rapport commandité à un laboratoire indépendant qui prouve que le Centre de stockage de déchets nucléaires de la Manche est géré de façon catastrophique. Une semaine plus tard, la diffusion sur Arte d'un documentaire sur cette question des déchets nucléaires lance un vaste débat public et permet de révéler ce que Greenpeace a toujours dit. L'industrie nucléaire française exporte, notamment en Russie, des dizaines de milliers de tonnes de déchets nucléaires sans se soucier de ce qu'ils y deviennent.
Le lendemain, 14 octobre, l'Autorité de Sûreté Nucléaire française demande l'arrêt d'opérations de démantèlement d'une usine de fabrication de Mox (un combustible nucléaire). Areva et le Commissariat à l'Energie Atomique ont perdu plusieurs dizaines de kilos de plutonium sur le site en question, à Cadarache ! L'ASN parle d' « un risque grave et imminent ». Greenpeace dénonce alors l'une des situations les plus graves et les plus critiques que l'on ait pu rencontrer dans une installation nucléaire depuis longtemps.
Hier, lundi 2 novembre, on apprend qu'un tiers des réacteurs nucléaires est à l'arrêt pour des opérations de maintenance et qu'au moins cinq le sont pour des incidents sérieux. Sachant que l'électricité est fournie à 80% en France par le nucléaire, cela signifie que cet hiver notre pays devra importer de l'électricité et faire face à des coupures de courant selon RTE (le distributeur de l'électricité en France).
Pire encore, toujours hier, c'est le nouveau réacteur EPR qui se retrouve sur la sellette. L'Autorité de Sûreté Nucléaire et ses consœurs britannique et finlandaise émettent des réserves sur les systèmes de sûreté du réacteur. Les trois autorités de sûreté ne demandent rien moins que « d'améliorer la conception initiale de l'EPR » ! Areva doit revoir sa copie depuis le début. Ce que nous avions souligné dès 2007 dans un rapport indépendant devient vérité officielle.
Pour mémoire, deux EPR sont actuellement en construction dans le Cotentin et en Finlande (chantiers qui cumulent malfaçons, retards et surcoûts pharaoniques). Un troisième est en projet à Penly, près de Dieppe.
Quelle conclusion tirer de cette série d'événements ?
A la lumière de cette série d'événements, une seule conclusion s'impose. A toutes ses étapes, la filière nucléaire a fait la preuve de sa faillite et de sa dangerosité :
1/ la conception des futurs réacteurs est à revoir
2/ notre réseau actuel de réacteurs n'est pas capable de nous fournir de l'électricité en quantité suffisante
3/ la gestion des déchets nucléaires relève d'une inconscience criminelle.
Comment dans ces conditions est-il encore possible de défendre la filière nucléaire ?
En conséquence, Greenpeace exige :
- l'arrêt immédiat des deux chantiers EPR et l'annulation du projet EPR de Penly
- un droit d'inventaire sur les matières nucléaires : quantité, localisation et flux
- la mise en place d'un débat démocratique qui n'a jamais eu lieu sur le nucléaire
- un moratoire immédiat sur toutes les exportations de matières nucléaires vers la Russie, au moins le temps que les enquêtes commanditées par Jean-Louis Borloo, ministre de l'Environnement, aboutissent.
Face à tel fiasco du nucléaire, nous devons tous nous mobiliser !
Le nucléaire ne répond ni à la question de l'indépendance énergétique, ni à celle de la crise climatique !
Ecrivez à J-L Borloo pour lui demander un moratoire immédiat
(Source : energie-climat.greenpeace.fr)
05:25 Publié dans Thème : ENVIRONNEMENT | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : energie, environnement, nucléaire, epr






Commentaires
Je suis à moitié d'accord, mais à moitié seulement. En supposant que par un miracle on fasse disparaître toutes les centrales nucléaires françaises, comment générer tout le courant électrique que le pays est obligé de consommer ?
On va dire aux gens : "vous aurez du courant 2h par jour" ? ou on va construire des centrales au charbon ? ou installer des éoliennes partout ? à chaque fois on trouve de toute façon de fortes oppositions locales et nationales. J'aimerais bien qu'on m'explique comment sortir de ce dilemme, autrement qu'avec de vagues souhaits. L'idéal serait sans doute que tout le monde se passe de courant électrique ou installe un pédalier dans son salon pour faire marcher son ordinateur. Et vous comptez gagner des élections avec ce programme ?
Ecrit par : Loebell | 04.11.2009
@Loebell
Bonjour,
Si vous considérer que pour être d'accord à 100%, il ne faut pas supprimer le nucléaire du jour au lendemain alors effectivement nous sommes d'accord à 100%.
Les méchants, qu'on appelle vulgairement les "anti-nucléaires", ne prônent pas une vie dans l'obscurité avec tout l'appareillage électroménager muni de capteur solaire !
Je pense que chacun est conscient que pour bâtir une école, une route, une maison, etc., il faut tout d'abord en avoir la volonté puis s'enchaînerons une suite d'étapes permettant l'étude, la réalisation et ainsi la concrétisation de tout projet. Autrement dit, si nous sommes parfaitement conscient que le nucléaire est le pire héritage que nous laissons à nos enfants et les milliers de générations qui suivent, alors nous engageons le débat pour reconvertir une énergie assassine à court , moyen et long terme en une alternative qui contentera tout le "Monde" ainsi que les futures générations. Avons-nous cette volonté ?
Refuser cette "reconversion" revient à accepter notre complicité à cet héritage empoisonné, à ce fléau contemporain.
Pourquoi dans un monde où la technologie va à 400km/h, nous en sommes encore réduit à une dépendance énergétique soit trop coûteuse pour des raisons de stocks à "durée déterminée" tel que le pétrole, soit trop dangereuse car nous n'avons aucune solution pour supprimer les déchets à part les "cacher". Faut-il les mettre en plein air aux yeux de toutes et de tous pour accélérer la réflexion donc la technologie, donc l'alternative tant désirée ?
Mais à qui cela profitera ? La solution devra continuer à enivrer de dollars les grands groupes industriels pour que cela s'accélère, sinon, votre idée est bonne, un pédalier dans le salon ... c'est un bon début de réflexion... n'avons nous pas des lampes torches qui se rechargent avec une dynamo, ... plus besoin de piles ?
Un pédalier permet donc une activité sportive et un gain d'énergie non polluante pour une perte de toxine, ça en vaut "la chandelle" !
Vous avez toutefois raison, personne n'a aujourd'hui une proposition durable pour en sortir mais si la volonté politique va dans ce sens, nous aurons très vite une voire plusieurs alternatives.
Bien à vous.
Franck Laborderie-Cavada
Ecrit par : Franck Laborderie-Cavada | 04.11.2009
Écrire un commentaire