07.11.2009

Société - Femmes en quête de parité

Au travail, l'égalité hommes/femmes est loin d'être la règle. Des quotas et des sanctions sont envisagés pour les entreprises à la traîne.

En France, l'égalité entre hommes et femmes est désormais inscrite dans la loi. Mais si, au terme de quatre décennies de bouleversements importants, les acquis sont réels, ils restent fragiles. Depuis 1972, l'égalité professionnelle a fait l'objet de six lois, toutes réaffirmant le principe « à travail égal, salaire égal ». Mais, combien de femmes constatent-elles encore qu'elles sont moins payées que leurs collègues masculins au même poste? En 2006, dans les entreprises de plus de 10 salariés, la rémunération brute moyenne des femmes restait inférieure de 27 % à la moyenne de celle des hommes. Rares sont encore les chefs d'entreprise qui, comme Anne Lauvergeon, la patronne d'Areva, déclarent qu'« à compétences égales, je choisis une femme ».

Hier, lors d'une réunion de la commission nationale de la négociation collective, le ministre du Travail a invité syndicats et patronat à débattre de la question de quotas en faveur des femmes dans les conseils d'administration. Xavier Darcos a promis des sanctions à l'encontre des entreprises peu vertueuses en matière d'égalité professionnelle hommes/femmes. « Les textes existent mais ne sont pas appliqués », a-t-il reconnu avant de confirmer son intention d'imposer cette fois des sanctions par la loi.

Les partenaires sociaux ont jusqu'au 30 novembre pour dire s'ils souhaitent ouvrir des négociations, mais le ministre a annoncé sa volonté de légiférer au « premier trimestre 2010 ».

Parmi les pistes proposées, il souhaite « augmenter le nombre de femmes cadres et de dirigeantes ».

Il suggère donc d'examiner « la possibilité d'instaurer au sein des conseils d'administration (CA), instance de représentation des actionnaires, des règles plus contraignantes pour une meilleure représentation des femmes.

L'idée de quotas de femmes dans les conseils d'administration, comme il en existe déjà en Norvège, fait l'objet d'une proposition de loi des députés UMP. « Je n'y suis pas hostile, a insisté le ministre, bien que cette mesure ne soit pas suffisante ». Il serait « plus intéressant de se poser la question des quotas dans les comités d'entreprise et les comités exécutifs », a-t-il ajouté. « Il serait bon d'instaurer un principe de proportion équivalente entre la représentation des femmes dans tout ou partie de la population des salariés de l'entreprise et dans celle de ses dirigeants, le tout régi par des règles simplifiées ».

Bonus -malus

Le gouvernement veut aussi imposer aux entreprises de dire publiquement où elles en sont en matière d'égalité. « Je n'exclus pas un système de bonus-malus, que je ferais mieux d'appeler un système de malus-malus puisque les syndicats m'ont fait remarquer qu'il n'était pas souhaitable à leurs yeux de donner un bonus aux gens qui font simplement ce qu'ils sont obligés de faire ». La pénalité devrait ressembler à celle mise en place pour favoriser l'emploi des seniors et représenter 1 % de la masse salariale. Côté syndicats, la CGT ne voit « pas grand-chose de nouveau » et juge qu'il n'y a « pas de volonté politique d'aller jusqu'aux sanctions ». FO estime qu'il est « hors de question » de négocier sur les sanctions, qui sont de la « responsabilité » de l'État. En revanche, le syndicat souhaite une négociation sur le temps partiel contraint et sur la conciliation vie professionnelle-vie familiale.

En France, 80 % des Smicards sont des femmes

La crise éclaire d'un nouveau jour la situation des femmes en France. Après deux années de baisse consécutives, le nombre de personnes accueillies par le Secours catholique est reparti à la hausse. Certaines ont perdu leur emploi, ce qui les oblige à pousser la porte des œuvres caritatives, mais d'autres ont encore leur travail. Souvent obligées d'accepter un contrat à temps partiel alors qu'elles recherchent un plein-temps, les femmes salariées n'arrivent pas à joindre les deux bouts. Ainsi, une sociologue du CNRS fixe les idées en donnant un éclairage chiffré : « 80 % des personnes qui touchent le Smic en France sont des femmes. Par ailleurs, 80 % des personnes qui travaillent pour un bas salaire c'est-à-dire en dessous du Smic sont encore des femmes. Enfin, 80 % des personnes qui travaillent à temps partiel sont aussi des femmes. Voici les clefs de la féminisation de la pauvreté en France », explique la scientifique.

l'emploi ne protège plus

Les personnes occupant un emploi ne sont plus à l'abri de la précarité. En effet, 90 % des personnes accueillies en 2008 par le Secours catholique vivaient sous le seuil de pauvreté. Et la part des personnes qui ont un emploi augmente depuis 2004, passant de 19,3 % à 20,9 %. Ces personnes occupent pour 38,3 % un emploi à temps partiel. Mais les femmes travailleuses modestes ne sont pas les seules à subir cette différence de traitement.

à haut niveau, les femmes sont aussi sous-représentées aux postes de dirigeants d'entreprises, notamment dans les conseils d'administration en France. Selon l'Insee, en 2005, 41,2 % des cadres administratifs et commerciaux des entreprises françaises étaient des femmes, mais elles ne constituaient que 17,2 % des dirigeants de sociétés. En 2008, les femmes occupaient 9,7 % des sièges des conseils d'administration des 300 plus grandes entreprises plaçant la France à la 17e position européenne.

(Source : La Dépêche.fr)

15:18 Publié dans Thème : LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : social, femme, parité, égalité, travail | |

Commentaires

Le chemin sera encore malheureusement bien long pour que le travail ou l'activité des femmes soit reconnu à sa juste valeur, la même valeur que celle du travail des hommes.... Certes les femmes en France ne sont pas à plaindre en rapport avec ce qui se passe dans d'autres pays, mais la France est aussi loin d'être bien placée sur la question de l'égalité faite aux femmes, il faut le savoir. Cependant on pourra inventer toutes les lois que l'on voudra (c'est nécessaire bien sûr), il faudrait déja appliquer les lois existantes. Et surtout, surtout, changer les mentalités. Changer NOS mentalités. Par exemple un petit témoignage personnel: ce matin dimanche 8 novembre, à la radio (une radio d'informations en continu que je ne citerai pas ici) un témoignage sur une femme "chef pâtissier" qui réussit dans son métier... Il parait que les femmes sont encore rares à réussir dans ce métier mais çà augmente...très bien. Très très bien.
Bon ..et alors que croyez vous que LA journaliste posa comme question à LA femme chef pâtissier qui réussit sa carrière: "Mais à 30 ans vous n'êtes pas mariée et vous n'avez pas d'enfants, pensez-vous que ce serait compatible avec votre responsabilité professionnelle?". La chef pâtissier répondit quelque chose du style : Ce n'est pas parce que je ne suis pas mariée que je n'ai pas de vie privée, et pour les enfants, à 30 ans, j'ai encore un peu de temps, je privilégie pour le moment ma carrière...

CROYEZ-VOUS QU'ON AURAIT POSE CETTE QUESTION A 1 HOMME "Mais à 30 ans vous n'êtes pas marié et vous n'avez pas d'enfants, pensez-vous que ce serait compatible avec votre responsabilité professionnelle?"?
Pourtant il parait que les hommes s'occupent autant des enfants aussi, de nos jours, d'après ce qu'il se dit (voir le débat récent sur les retraites des mères par exemples)?
Nous étions bien un dimanche matin du 21 ème siècle, en France et sur une bonne radio d'infos française.
C'était ma minute militante, pardonnez-moi. Mais il est clair que pour faire changer les mentalités il faut qu'on s'y mette tous et toutes, minute après minute à traquer les dérives, heure après heure, jour après jour..dérives inconscientes, ou dérives subconscientes ,de tout un chacun et chacune..
Il faut travailler sur le changement des mentalités, çà aidera à valoriser le travail des femmes, çà ira dans le bon sens, autant et plus que toutes ces lois qui ne sont pas appliquées (mais il les faut, aussi, tant qu'on ne fait pas çà "naturellement").
Elisabeth

Écrit par : Elisabeth | 08.11.2009

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