05.02.2010
La bataille de l'eau est engagée
L' «or bleu » s'impose comme l'un des enjeux économiques majeurs de ce siècle.
Elle est un bien commun à l'Humanité, comme une perfusion indispensable à toute vie sur terre. Elle génère des milliards d'euros de profit et constitue l'un des enjeux majeurs de ce XXIe siècle. L'eau qui vient à manquer dans certaines régions du monde. L'eau qui fuit et que l'on gaspille en France pour un montant évalué à 2 milliards d'euros en 2009 du fait d'un réseau de distribution vieillissant... L'eau chère, car il faut prélever, traiter, stocker, évacuer, assainir et distribuer... Là ou Véolia (39 %), Suez (19 %) et la Saur (11 %) détiennent l'essentiel du marché. Mais aujourd'hui, s'il est acquis qu'avec une moyenne de 3,09 € par m3, la France fait partie des pays européens qui maîtrisent le mieux le prix de l'eau, de plus en plus de collectivités locales se lancent dans la bataille pour en récupérer la gestion. Castres fait figure de pionnière en la matière, tandis que le département des Landes revendique une gestion de service public depuis 15 ans. A Paris la remunicipalisation totale de la gestion de l'eau (production et distribution) est opérationnelle depuis le 1er janvier 2010 et Toulouse aimerait bien suivre le même chemin...
Ces questionnements, Marc Censi connaît. Non pas en tant que premier Médiateur de l'eau nommé en France, son champ d'action s'arrêtant aux litiges concernant les consommateurs. Mais en sa qualité d'ancien président de la communauté d'agglomération du Grand Rodez. Depuis plus de trente ans, la distribution de l'eau potable y est assurée par une régie directe « parce que nous avions un service technique performant sur le sujet ». Mais l'assainissement a été sciemment placé en délégation de service public. Parce que « nous ne savions pas faire ». Et Marc Censi d'inciter à la prudence : « dans ce débat entre régie directe ou régie privée, il est important de ne pas tomber dans l'idéologie. Chaque cas est un cas d'espèce. Les motivations doivent être tournées vers la défense du bien public » et tenir compte du fait « qu'en France, sur le plan technique de l'assainissement et du traitement de l'eau, nous disposons des meilleurs experts mondiaux ». Sans oublier que les baux emphytéotiques qui liaient autrefois les municipalités aux sociétés fermières sont obsolètes. « Aujourd'hui la mise en concurrence est possible, de même que les renégociations des contrats » ajoute Marc Censi.
Contrairement à certaines régions du monde privées d'eau où le pouvoir est entre les mains de celui qui est à la source, la France reste un pays privilégié parce que toujours généreusement arrosé. Mais déjà, les six agences de bassin que compte le pays ont amorcé leur schéma de protection de zones qui garantiront l'alimentation en eau potable des générations futures.
(Source et dossier : La Dépêche.fr)
05:41 Publié dans Thème : DEVELOPPEMENT DURABLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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