30.03.2011

Les factures de gaz et d'électricité flambent

En plein contexte de baisse généralisée des prix mondiaux du gaz, le groupe EDF Suez annonce qu'il augmentera ses tarifs de 5,2 % en moyenne au 1er avril , + 61 % en 5 ans ! Gaz et électricité la semaine dernière… la facture énergétique vire au rouge.

u bout des comptes, la facture promet d'être salée. Après l'électricité, +6,4 % en un an, les carburants, +17,3 %, les prix à la consommation, assurances, loyers et autres complémentaires, c'est au tour du prix du gaz naturel de flamber.

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) l'a annoncé hier : les tarifs augmenteront de 5,2 % au 1er avril, portant l'augmentation des prix à 21 % depuis un an et à 61 % depuis juillet 2005. Plus précisément, la facture augmentera en moyenne de 6,70 euros par an pour les ménages abonnés au gaz pour la cuisson, de 14 euros pour ceux qui utilisent le gaz pour la cuisson et l'eau chaude et de 50 euros par an pour les foyers qui se chauffent aussi au gaz. Et pour les 600 000 foyers qui cumulent les utilisations, l'augmentation sera de 9,4 %, soit + 226€/an hors TVA. Pour atténuer la hausse, le ministre de l'Énergie Éric Besson avait annoncé début mars un relèvement de 20 % du rabais accordé aux ménages les plus modestes dans le cadre du tarif social du gaz - « de 118 à 142 euros », avait-il annoncé. La CRE a donné son aval à ce rabais, lundi.

Maigre consolation. Selon Caroline Keller de l'UFC Que Choisir, « la facture des ménages chauffés au gaz a déjà augmenté de 200 euros » en moyenne. Et cela vaut pour les 88 % des 10,7 millions de foyers abonnés au gaz qui sont assujettis aux tarifs réglementés, réévalués en principe tous les trois mois en fonction d'une formule mathématique complexe fixée par arrêté ministériel. Les associations de consommateurs tirent la sonnette d'alarme autant qu'elles le peuvent. D'autant que la hausse du prix du gaz intervient dans un contexte de renchérissement général des prix de l'énergie : +15 % en un an, dans le sillage de la hausse des prix du pétrole brut. Et EDF réclame une hausse de plus de 30 % de ses tarifs d'ici à 2015, dans le cadre de la libéralisation du marché de l'électricité selon un document dévoilé par Les Echos la semaine dernière.

Ces flambées énergétiques, l'UFC Que Choisir les estime « insupportables » et « entend tout mettre en œuvre pour que l'État garantisse enfin aux Français une accalmie véritable et durable après ces tempêtes tarifaires ». Même son de cloche du côté de la CLCV qui dénonce haut et fort une augmentation « absurde et bien malvenue en plein contexte de baisse généralisée des prix mondiaux du gaz ».

Le chiffre : +15 %

Depuis un an, les prix de l'énergie ont flambé de 15 %, dans le sillage de la hausse des prix du pétrole brut, selon les chiffres de l'Insee pour le mois de février.

Comment EDF et GDF justifient l'augmentation des tarifs

Depuis début 2010, ce n'est plus le gouvernement qui propose les hausses ou les baisses de tarifs, mais le groupe GDF Suez, détenu à 35 % par l'État. La Commission de régulation de l'énergie vérifie ensuite que les mouvements tarifaires réclamés par l'ex Gaz de France sont conformes à la formule de calcul des prix, qui est censée refléter l'évolution du coût du gaz importé par la France. GDF Suez se fournit principalement via des contrats fixés pour 20 ans avec les pays producteurs (Norvège, Algérie, Russie, etc.). Ces contrats (et donc les tarifs) sont indexés sur l'évolution du taux de change euro/dollar, les cours du fioul, les cours du pétrole brut et les « prix du gaz naturel coté aux Pays-Bas ».

Électricité. La hausse des tarifs est une question récurrente chez EDF. Aujourd'hui, elle s'inscrit dans le cadre de la loi dite « Nome » (Nouvelle organisation du marché de l'électricité) votée l'an dernier pour doper la concurrence dans le secteur. Dès juillet, l'ancien monopole public sera obligé de vendre jusqu'à un quart de la production de ses centrales nucléaires à ses concurrents (GDF-Suez, Poweo, Direct Énergie…). EDF réclame un prix de cession d'au moins 42 euros le mégawattheure (MWh), qui devra même atteindre 46 €/MWh à terme, soit 48 % de plus que le prix actuellement payé par le consommateur sur sa facture d'électricité (31 €/MWh).

"Une situation absurde"

Thierry Saniez délégué général de l'association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie).

La facture énergétique commence à être sérieusement salée en France. Est-ce justifié ?

Depuis plusieurs mois, nous assistons à une explosion des dépenses contraintes de trois à quatre fois supérieure à l'augmentation du pouvoir d'achat : assurances, complémentaires, loyers, consommation, électricité, gaz… L'environnement est loin d'être favorable. ça va finir par poser problème du fait notamment des difficultés rencontrées par un nombre croissant de personnes qui ne peuvent plus faire face aux dépenses, notamment les classes moyennes (*), principal moteur de l'économie française.

Plus précisément, concernant l'augmentation du tarif du gaz ?

C'est inexplicable et problématique. Sur les prix mondiaux, le gaz a baissé de 30 % en deux ans ! De nouveaux gisements ont été découverts, d'autres moyens d'extractions ont été mis au point, et les façons d'exporter et d'importer ont été simplifiées grâce à la liquéfaction du gaz. Il est totalement anachronique que le consommateur français ne bénéficie pas de cette baisse du fait que dans l'Hexagone, les prix du gaz restent totalement indexés sur les prix du pétrole. Cette situation est totalement absurde !

Comment la CLCV entend-elle se positionner ?

Nous demandons à GDF-Suez, dont je rappelle que l'État est toujours actionnaire à 35 %, d'être transparent sur les coûts d'approvisionnement réel de ces trois dernières années. On imagine mal que la clause d'indexation n'ait pas été revue au regard des évolutions des prix mondiaux.

Et, en cas de non-transparence ?

Nous envisageons une action plus visible qui consisterait à mobiliser directement les consommateurs sur le terrain.

Recueilli par Ch.R.-P.

(*) Chez les classes moyennes, le salaire médian est évalué à 1 500 €/ mois, 2 000 € pour un couple sans enfant, 3 000 € pour une famille avec deux enfants.

(Source : La Dépêche.fr)

27.02.2011

Villemur-sur-Tarn - Molex : ils iront jusqu'au bout

Ils iront jusqu'au bout ! Et plus précisément, jusqu'aux États-Unis pour obtenir leur dû. Hier, Me Denjean, avocat des anciens salariés de Molex, a annoncé qu'il venait d'être mandaté par la Fédération de la métallurgie CGT qui va saisir le point de Contact national français (PCN) afin d' obtenir que l'équipementier en connectique américain s'acquitte de ses dettes. Le PCN, est un organisme chargé de répondre aux saisines dont il est l'objet au sujet de la conformité du comportement d'une entreprise multinationale au regard des principes directeurs de l'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques. « Il saisira ensuite le PCN aux USA qui fera pression sur Molex. Nous passons aujourd'hui à la vitesse supérieure car Molex doit payer son dû pour éviter que ce soit le contribuable français qui le fasse ! ».

La fédération de la métallurgie CGT devrait remettre le document, lundi, au ministère des Finances. « D'autres syndicats comme FO, la CDFT ou CGC doivent donner leur réponse pour savoir s'ils rejoindront la CGT », selon Me Denjean. Mais dans tous les cas, le PCN français, saisira ensuite le PCN américain pour tenter d'obtenir gain de cause.

Molex, qui avait cessé le paiement du plan social et stoppé celui des salaires de 19 salariés protégés, devraient encore, selon Denis Parise, ancien délégué du personnel, « environ 4,5 millions d'€ ». À ce jour, une centaine de salariés sur les 288 licenciés ont retrouvé un emploi ou sont en formation.

(Source : La Dépêche.fr)

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04.01.2011

Meilleurs Voeux 2011 ...

voeux 2011 - citoyensdufrontonnais.jpg

Que cette année vous apporte Santé et Bonheur,

Qu'elle encourage la solidarité,

Efface les individualités,

Pour partager auprès de chacun Force et Coeur.

 

Pendant que certains, proche du CAC40, raisonnent court terme,

Jusqu'à épuiser les petites mains, voire les couper,

Résultat de délocalisations et/ou d'enrichissements accélérés,

D'autres, épuisés, décident un jour de mettre un terme.

 

Un simple Voeu ne peut combler un vide, incertain,

Mais un Cri du Coeur peut créer cet écho, qui fait taire ce vide, assassin.

Et un autre pour encore briser ce vide, et un autre pour tendre la main,

Et un autre, et encore un autre, pour stopper les "raisonneurs du Court Terme", 1+1+1+1+1....

= 2011 ?

 

FLC

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22.11.2010

Toulouse le 23/11 : Rassemblement prévu à 8h à l’entrée du CH G Marchant

Communiqué de presse des salariés en grève du CH G Marchant de Toulouse, le 20 nov 2010

Collectif des personnels du CH G Marchant :

Non syndiqués-syndiqués CGT-SUD

33ième jour de grève des personnels du CH G Marchant

 

En cédant sur quelques points du protocole initial la direction de l’hôpital donne raison aux grévistes sur la dénonciation des conditions de soins, reste maintenant à discuter de l’ensemble des revendications, du volet recrutement et à financer ces mesures.

Réunis en assemblée générale le jeudi 18 Novembre le personnel (non syndiqués, syndiqués CGT/SUD) ont décidés la poursuite des actions et le maintien du campement devant l’hôpital.

La balle est donc dans le camp du directeur de l’agence régionale de santé (ARS) pour concrétiser ces revendications sur le plan budgétaire.

Le directeur de l’ARS doit venir le mercredi 24 rencontrer les personnels et négocier.

D’ici là les personnels maintiennent leur campement, émailleront le début de la semaine d’action diverses et notamment le 23 dans le cadre de la journée d’action sur les retraites.

Ils appellent à un rassemblement massif de soutien le jour de la venue du directeur de l’ARS pour faire avancer les négociations.

Rassemblement prévu à 8h à l’entrée du CH G Marchant.

Du résultat de cette négociation dépendra la suite du mouvement.

Contacts :

Cyril : 06 15 64 02 29  
Claire : 06 47 23 98 72

21:30 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

10.11.2010

Travailleurs handicapés : comment les recruter ?

L'association À Compétence Égale vient de publier un nouveau guide sur le recrutement des candidats handicapés. L'occasion de rappeler aux recruteurs leurs obligations légales, mais aussi de leur proposer quelques pistes pour mener à bien une procédure de recrutement.

Spécialisé dans la lutte contre les discriminations à l'embauche, le cabinet À Compétence Égale (ACE) vient de publier le guide « Personnes handicapées, recruter sans discriminer », dans la lignée de celui édité en 2009 sur le recrutement des seniors. Les responsables de recrutement trouveront notamment dans ce nouvel outil un récapitulatif du cadre juridique relatif aux discriminations, qu'elles soient positives ou négatives. Comme le stipule le Code du travail, personne ne peut en effet « être écarté d'une procédure de recrutement, ou faire l'objet d'une procédure discriminatoire, qu'elle soit directe ou indirecte, en raison de son état de son santé ou de son handicap. » Certaines exceptions à ce principe de non-discrimination ont certes été introduites dans le Code du travail, lorsque par exemple l'inaptitude d'un candidat est objectivement attestée par la médecine du travail, ou encore pour inciter (à mi-mot) à la discrimination positive. Pour autant, ACE recommande vivement aux recruteurs « de ne jamais tenir compte du handicap ou de l'état de santé des candidats et de prendre en considération l'adéquation de leurs compétences avec celles requises pour le poste. »

Le principe de non-discrimination positive entre en fait en contradiction avec l'obligation d'emploi de travailleurs handicapés, ou de mutilés de guerre et assimilés, à hauteur de 6% de leurs effectifs, pour les entreprises de plus de 20 salariés. Comme pour les seniors, la législation française développe une approche par quotas parfois difficile à mettre en œuvre sans avoir recours à des procédures de discrimination positive. Mais pour Vincent Poirel, responsable Égalité des chances et diversité du cabinet Michael Page International, « il existe des moyens de promouvoir l'emploi des personnes handicapées sans faire de discrimination positive. Il s'agit déjà de bien former les recruteurs, mais aussi de communiquer sur les bonnes pratiques de l'entreprise en matière de handicap, et surtout, de mettre en place une procédure de recrutement basée sur une totale égalité de traitement, à toute les étapes du process. » L'association recommande d'ailleurs de ne surtout pas inscrire dans l'annonce que le poste est ouvert, voire réservé, à un travailleur handicapé, bien que le Pôle Emploi utilise parfois ce type de formule.

Mettre l'accent sur les compétences à chaque étape du recrutement

Comme le souligne Olivier Boileau, associé au sein du cabinet de recrutement Taste, « pour le recruteur, le principal risque est de présager de l'impact du handicap sur la capacité du candidat à tenir le poste. Or, il doit à tout prix éviter de se projeter personnellement dans la situation du candidat. » Dès la parution de l'offre d'emploi, le descriptif du poste doit donc être le plus précis possible, centré sur les compétences exigées et les contraintes liées au poste, pour que chaque candidat puisse évaluer ses propres capacités à le tenir. Quand arrive la phase de tri des CV, certaines informations sont susceptibles de biaiser le jugement du recruteur. Pour autant, si le candidat précise être titulaire d'une RTQH (Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé), ou si son parcours présente des interruptions non expliquées, en aucun cas ces critères suffisent à l'écarter du processus de recrutement. D'autant que, comme le précise Olivier Boileau, « quel que soit l'état de santé des candidats, les parcours linéaires sont de moins en moins fréquents. » Quant au déroulement de l'entretien d'embauche, le recruteur peut demander au candidat si son handicap induit des contraintes spécifiques pour occuper le poste, seulement si ce dernier a précisé la mention RTQH sur son CV, ou évoqué son handicap au cours de l'entretien. Enfin, lorsque le recrutement est effectué par un cabinet intermédiaire, celui-ci doit avoir l'accord du candidat pour mentionner son handicap auprès du client.

Déjouer les stéréotypes

D'après le guide d'ACE, le refus d'embaucher un travailleur handicapé « peut cacher [nos] propres appréhensions par rapport au handicap : crainte de ne pas savoir se comporter vis-à-vis d'une personne handicapée, peur de la différence et de l'inconnu, existence dans l'inconscient de la crainte irrationnelle de devenir handicapé. » Deux objections reviennent donc fréquemment : le manque de dynamisme et l'inadaptation au poste supposés du candidat. Pour les contrecarrer, le guide propose une série d'argumentaires, qu'illustre Pete Stone, directeur du cabinet Just Different, de conseil et formation en diversité :« par exemple, lorsqu'une entreprise refuse d'embaucher un candidat handicapé sous prétexte qu'un précédent salarié handicapé a échoué sur la tenue d'un poste similaire, demandez-lui si d'autres salariés non-handicapés n'ont pas eux aussi échoué sur ce poste. Vous la ramenez ainsi à la réalité, et à la notion de compétence. » L'unique vecteur d'égalité de traitement.

(Source : Novethic.fr)

10:20 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

08.11.2010

Les délégués syndicaux moins bien payés que leurs collègues

Les délégués syndicaux sont des acteurs clés des négociations au sein des entreprises, particulièrement dans cette période de crise économique. Un engagement que les quelques 100 000 délégués français payent pourtant de leur poche, selon une étude publiée par Thomas Breda, doctorant à l'Ecole d'économie de Paris. Leur bulletin de salaire affiche en moyenne 10% de moins que ceux de leurs collègues non syndiqués.

Entretien.

Novethic. Vous mentionnez dans votre étude « Les délégués syndicaux sont-ils mal payés ? » qu’il s’agit de la première effectuée sur le sujet. Comment l’expliquez-vous et comment vous y êtes vous pris?

Thomas Breda. A ma connaissance il n’existe aucune base de données statistiques, en France, sur la question des salaires des délégués syndicaux. J’ai donc dû utiliser une méthode détournée en exploitant les résultats d’une enquête (1) portant sur 3000 établissements d’entreprises et 10 000 salariés qui mentionnent s’ils sont syndiqués ou pas. Ces chiffres ont déjà donné lieu à des études sur les écarts de salaires entre les salariés syndiqués et les autres, où il ressortait que cet écart était de 2% (2). De mon côté, j’ai réussi à isoler les délégués syndicaux et j’ai constaté un écart de 10 % en moyenne entre leur salaire et celui des personnes non syndiquées. En revanche, les salariés qui sont syndiqués mais qui ne sont pas délégués sont payés un peu plus que les non syndiqués.

A quoi un tel écart est-il dû ?

Il y a plusieurs hypothèses. La première serait que les délégués sont moins productifs ou moins compétents que leurs collègues. La deuxième; qu’ils sont, d’une certaine façon, discriminés par leur employeur.

Vers laquelle penchez-vous ?

Plutôt la deuxième. Plusieurs indices me font pencher en ce sens. La première chose, c’est que les délégués sont choisis parmi les syndiqués. Il est donc surprenant de voir une telle différence entre les syndiqués qui sont délégués et ceux qui ne le sont pas car si on retenait l’hypothèse de l’incompétence par exemple, on devrait plus ou moins retrouver le même écart chez les syndiqués, ce qui n’est pas le cas…Cela donne donc à penser que la différence est liée à la fonction de délégué qui est de négocier avec l’employeur.

Ensuite, il faut noter que la pénalité de salaire n’est pas la même pour tous les délégués syndicaux. Elle varie en fonction du syndicat qu’il représente : - 20 % pour la CGT mais pour les autres, la différence est bien moindre, -10 % pour la CFDT et presque rien pour FO. Or, la CGT est considérée comme plus dure dans les négociations et la plus en pointe sur les demandes d’augmentation de salaire. Dans mon étude, je parle d’interaction entre l’employeur et le délégué syndical qui serait non-coopératif. En effet, le délégué négocie pour tous les salariés de son entreprise mais il est tout seul au moment des négociations, il peut donc se passer deux choses : soit ils s’entendent bien, soit le salarié est très combatif et l’employeur aura intérêt à décourager l’action syndicale sachant que cela peut lui coûter cher en termes d’augmentation de salaires, de grèves ou autres.

Quel genre de mécanisme est alors à l’œuvre ?

A ce stade, pour être honnête, je ne sais pas exactement. On peut penser que l’employeur paye moins le délégué syndical parce qu’il veut décourager les autres syndicats de s’implanter ou les autres salariés de devenir délégués. Cela peut aussi être une menace directe sur le délégué qui négocie : plus il sera combattif et moins il aura de promotion…

Ensuite, il existe des monographies faites par des sociologues qui illustrent la discrimination sur le terrain. Si l’on prend un cas particulier, celui de François Clerc (en 1995, ndlr) un délégué de la CGT qui travaillait chez Peugeot, à Sochaux, est aussi particulièrement intéressant. S’estimant victime de discrimination salariale, il a récupéré les fiches de paye et les évolutions de carrière de ses collègues et les a trouvées très différentes (6500 francs contre 8 500 en moyenne pour ses collègues d’ateliers, ndlr). L’affaire a donné lieu à de multiples procès qui ont abouti à la condamnation de Peugeot. Depuis, François Clerc a monté un pôle discrimination syndicale à la CGT pour aider les délégués à défendre leurs droits devant les tribunaux…

Peut-on aussi voir ce différentiel de salaire comme un mécanisme de compensation, pour contrebalancer d’autres avantages qu’aurait le délégué ?

Pas vraiment. Deux choses sont importantes à savoir sur les délégués : d’une part, ils bénéficient d’heures de délégation liées à leur activité et d’autre part, ils sont protégés du licenciement, sachant que pour les licencier, l’employeur doit demander l’accord de l’inspecteur du travail. Cela est inscrit dans la loi et il serait donc illégal de les payer moins. Mais, d’un point de vue strictement économique, un employeur pourrait être tenté de le faire pour compenser le fait que les délégués sont moins présents à leur poste de travail. On pourrait donc penser que ces heures de décharge sont à l’origine de cet écart de salaire. Mais on a vu que tous les syndicats ne sont pas logés à la même enseigne. Il s’agit donc de quelque chose de plus spécifique que d’un simple mécanisme de compensation, sans doute lié à l’intensité de la négociation.

Cette discrimination salariale est-elle propre à la France ?

En fait, je n’ai pas connaissance d’autres études sur le sujet ailleurs, du moins dans le monde anglo-saxon. Cependant, dans le cadre de mes travaux de comparaison à l’international, j’ai l’impression que le contexte légal français favorise la possibilité pour l’employeur de traiter spécifiquement les délégués. Si l’on prend les Etats-Unis par exemple, le délégué est élu en deux temps par les salariés ; il doit d’abord recueillir 30 % des signatures des salariés de l’entreprise, puis envoyer une demande à une agence syndicale nationale qui lui donne -ou non- le droit de faire une élection et, ensuite, il doit recueillir 50 % du vote des employés ! Il a donc l’appui d’une majorité des salariés derrière lui et dans ce contexte, il apparaît difficile de traiter différemment un délégué… En revanche, en France, on devient délégué syndical sur la base du volontariat. A partir de là, dans bon nombre d’entreprises, des délégués syndicaux négocient pour tous les salariés alors même qu’ils ne sont pas toujours au courant de leur existence, de leur action, ou tout simplement, ne sont pas d’accord avec eux. C’est cette sorte d’absence de démocratie pour la représentation syndicale dans les entreprises qui peut, à mon avis, plus facilement entraîner des traitements spécifiques. 

(1) enquête REPONSE (Relations professionnelles et Négociations d'entreprise) de la DARES (Direction de l'Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques) du Ministère du Travail, 2004

(2) « Unionism does not pay: evidence from France »; M.Bunel et G.Raveaud (2008)

(Source : Novethic.fr - Béatrice Héraud)

07:02 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

07.11.2010

Manifestation : Toulouse toujours très mobilisée

De la Poste au Trésor, de Continental à EADS Astrium, en passant par Tisséo et l'hôpital Marchant, le cortège contre la réforme des retraites a encore mobilisé une foule considérable, hier à Toulouse, malgré le vote de la loi le 27 octobre dernier. De l'estimation très faible de la préfecture -13 000 manifestants- au chiffre, forcément un peu gonflé, des syndicats (110 000), le juste milieu se trouverait à environ 70 000 personnes. Malgré tout, la mobilisation est légèrement en baisse, et le secrétaire national de la CGT l'a avoué. Gisèle Vidallet, représentante toulousaine du syndicat, se réjouissait quand même de voir autant de monde dans la rue. « C'est loin d'être un baroud d'honneur. Les salariés répètent leur refus de voir une réforme peser encore une fois sur les moins fortunés. » Des paroles confirmées au sein du cortège, par Gérard, 45 ans, et son fils Étienne, 18 ans : « On est venus encore une fois, parce qu'on a encore espoir de faire reculer le gouvernement. Il ne nous écoute pas, mais la rue reste mobilisée, et dans les entreprises, le mécontentement gronde. » Bernard Dedeban, de la FSU, en tête de cortège au côté des syndicats unis, indiquait pour sa part : « La mobilisation n'est pas terminée. La volonté de se battre est intacte. Ce ne serait pas la première fois qu'une loi est promulguée et qu'elle n'est pas appliquée ». « Pour sa loi sur la sécurité, Sarkozy a dû s'y reprendre à 5 fois. Pourquoi pas pour les retraites ? », renchérissait Gisèle Vidallet. « De toute façon, on saura se souvenir de l'autisme de ce gouvernement en 2012 », notait Alain, sa petite Sophie sur les épaules, et une pancarte indiquant « 2012 : éjection présidentielle ».

Étudiants et lycéens

En tête de cortège. Un contingent d'une centaine d'étudiants et lycéens, rassemblés notamment derrière une bannière « Mirail en lutte » se trouvait juste derrière la banderole unitaire des syndicats, en tête de cortège. Le Mirail (Toulouse II) a voté jeudi dernier le blocage de la faculté. Juchés sur le camion de la CGT, trois jeunes, une fille et deux garçons, lançaient les slogans au micro, devant les jeunes qui reprenaient notamment en chœur : « C'est pas à l'Élysée, c'est pas à Matignon, c'est pas dans les salons qu'on obtiendra satisfaction ; il faut lutter, s'organiser, c'est tous ensemble qu'on va gagner ».

Molex, Conti

Dans le cortège. Les entreprises au cœur de la lutte sociale en Haute-Garonne étaient très bien représentées dans le cortège. Les Molex, dont l'entreprise a été liquidée jeudi dernier, et qui sont toujours au cœur d'une bataille juridique pour le règlement de leur plan social, étaient facilement repérables avec leurs tabliers bleu et gris. Guy Pavan et Denis Parise, les leaders de la mobilisation au printemps dernier, étaient présents dans le cortège.

Slogans

« 2012 : éjection présidentielle ».

« Pensez à sortir les ordures »

« Racailles en 2012, notre Kärcher, le bulletin de vote »

« Dis-moi papy, tu ne vas pas me piquer mon boulot ? »

« Sarko, faut rembourser la vaseline ! »

« Sarkozy t'as pas gagné, on est toujours dans la rue ! »

« Qui sème la misère, récolte la colère ! »

(Source : La Dépêche.fr)

09:49 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : toulouse, retraite, manifestation, social | |

06.11.2010

Tractage devant Airbus : 6 kilomètres de bouchons

Une quinzaine d'employés du collectif des Sociétés de service toulousaines SSII-CGT a provoqué une retenue importante hier matin sur l'A624, à partir du rond-point de La Crabe, entrée principale d'Airbus. Le collectif a distribué des tracts aux automobilistes venant travailler chez Airbus. Jusqu'à 6 kilomètres de bouchons ont été enregistrés entre 7 h 30 et 9 h 30 par la Direction des routes nationales du Sud-Ouest (Dirso). Les bouchons débutaient au rond-point de la Crabe à Saint-Martin-du-Touch et se sont propagés au périphérique extérieur aux Ponts-Jumeaux, jusqu'à Purpan sur l'A624 en passant par les Sept-Deniers sur l'A621.

Une grosse galère de plus pour les automobilistes en transit vers leur lieu de travail.

Le but de cette distribution de tracts était d'alerter les automobilistes au sujet de la réforme des retraites, et appeler à la manifestation unitaire de ce matin (10 heures au métro Saint-Cyprien à Toulouse).

Les sociétés représentées au sein de ce collectif sont Akka Is, Altran Sud-Ouest, Assystem, Atos, Capgemini, CS Ingénierie, Eurogiciel, GFI, IBM Services, Open, Sogeti, Steria, Safran Ingénierie et Thalès Services.

(Source : La Dépêche.fr)

06:43 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : retraite, social, ssii | |

05.11.2010

Molex doit encore 4 millions aux salariés

Le tribunal de commerce de Paris a prononcé, hier, la liquidation judiciaire de la SARL Molex Automotive installée à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) qui a fermé ses portes fin 2009 laissant sur le carreau 288 salariés.

Le tribunal a également nommé un liquidateur judiciaire, maître Pierrel. Malgré tout, la question du paiement des salaires et du financement de la cellule de reclassement reste d'actualité. Molex, qui doit encore 4millions d'euros, a en effet mis un terme au plan social pour « punir » 19 salariés qui avaient saisi le tribunal de prud'hommes pour contester leur licenciement.

Dernier coup dur porté à deux salariés, les 16 et 17 novembre, deux délégués syndicaux, Denis Parise et Guy Pavan sont convoqués à la PJ de Toulouse. En avril dernier, Molex avait déposé une plainte après la retenue, par les salariés, d'un cogérant de l'usine.

(Source : La Dépêche.fr)

18:48 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

Retraites : ça résiste encore

Alors que la loi sur la réforme des retraites est entre les mains des sages du Conseil constitutionnel, la mobilisation des opposants, si elle s'est amenuisée, n'en reste pas moins bien présente avec blocages, grèves et manifestations. Réunis hier à Paris, les syndicats ont laborieusement préservé leur unité avec un compromis sur « un nouveau rendez-vous de mobilisation » contre la réforme des retraites entre les 22 et 26 novembre. Ils en préciseront les modalités lundi, après les manifestations samedi.

En attendant, hier matin, les accès à plusieurs aéroports, dont ceux de Roissy, Toulouse, Clermont-Ferrand et Nantes, ont été perturbés par des salariés, réunis à l'appel de quatre fédérations syndicales des transports. À l'aéroport de Blagnac, pendant quatre heures depuis l'aurore, quelque 450 personnes, selon les syndicats, 300 selon la police, ont bloqué les accès, provoquant d'énormes embouteillages dans l'agglomération. « Onveut atteindre les décideurs qui prennent les vols du matin », a déclaré Éric Genest, secrétaire CGT d'Air France, aux côtés de salariés de la régie de transport toulousaine Tisséo, des douanes, de l'aviation civile, d'Air France, d'enseignants et de cheminots.

Alors que l'union française des industries pétrolières (Ufit) estimait hier à 230M€ le coût des mouvements sociaux d'octobre pour le secteur, le dépôt pétrolier de Guéret a été bloqué hier par une quarantaine de personnes jusqu'en fin d'après-midi.

Du côté des lycéens, la rentrée des vacances de Toussaint s'est passée dans le calme et sans blocage. Mais à Toulouse, les étudiants du Mirail ont bloqué la faculté, incitant la direction à suspendre ses activités « jusqu'à nouvel ordre ».

Des grèves sont par ailleurs prévues la semaine prochaine, notamment à Pôle emploi, dont la direction a annoncé hier la suppression de 1 800 postes d'ici fin 2011. La CFE-CGC et l'Unsa de l'organisme appellent les agents à une grève nationale mardi pour protester contre la baisse des effectifs, « les conditions de travail détériorées » et « les charges de travail qui explosent. »

(Source : La dépêche.fr)

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Mirail : les étudiants votent le blocage

Hier, dans une ambiance « électrique », les étudiants de l'université du Mirail, ont voté, à main levée, l'instauration de piquets de grève. Cette décision aurait pour conséquence de « bloquer » l'accès de la faculté aux étudiants jusqu'à la prochaine assemblée générale, prévue mardi 9 novembre.

Réunis en assemblée générale, un millier d'élèves ont pris part au vote. Les étudiants qui militent pour le blocage ont obtenu une courte majorité des suffrages. « Le résultat est très serré, concède Roland, désigné porte-parole de l'assemblée générale. Mais il faut maintenant respecter la décision de l'assemblée qui est souveraine. »

Paul, étudiant en 3e année de Langues étrangères appliquées (LEA) ne décolère pas : « Les modalités du vote n'étaient pas claires. Les pro-blocage ont réussi à rendre la situation confuse pour arriver à leurs fins. »

Samantha est, elle, ravie de ce dénouement. « C'est un grand jour, clame cette licenciée en Histoire. Les étudiants entrent maintenant en lutte contre la réforme des retraites ! » Quand certains rêvent du Grand Soir, d'autres craignent pour l'obtention de leur diplôme. « J'ai redoublé ma première année de sociologie à cause du CPE (Contrat de première embauche) en 2006, regrette Hugo qui avait participé au mouvement. Mais aujourd'hui je ne peux plus me permettre de perdre un an. Je dois décrocher mon Master à la fin de l'année ! »

La question des piquets de grève est donc loin de faire l'unanimité au Mirail. Des accrochages entre « pro » et « anti » blocage sont même redoutés. « Mais on va tout faire pour éviter des incidents et pacifier la situation », affirme Roland.

(Source : La dépêche.fr)

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03.11.2010

Étudiants du Mirail : blocage de l'aéroport demain matin

Après plus de deux heures et demie d'assemblée générale, de débats et d'échanges parfois vifs, les étudiants de l'université du Mirail ont voté oui à la grève contre la loi sur les retraites. Ils se sont également massivement prononcés pour la participation à une manifestation, jeudi après-midi au départ de Saint-Cyprien. Ils ont en revanche remis la question des piquets de grève et donc du blocage de la fac à l'ordre du jour de l'assemblée générale de jeudi. Sous les sifflets d'une partie de l'assemblée de l'amphi 8, bien décidée, elle, à durcir le mouvement.

Blocage jeudi à Blagnac

« L'organisation du vote pour les piquets n'était pas bonne, elle a été mal comprise. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'une large majorité des étudiants a voté en faveur de la grève », souffle Roland, en deuxième année d'histoire, un des deux porte-parole élus par l'assemblée générale. « Le mouvement ne s'essouffle pas, confirme Lysiane, l'autre porte-parole, en M1 des métiers de l'enseignement. Il faut prendre le temps d'informer et de mobiliser, ne pas bloquer dès le premier jour de la rentrée ».

A l'extérieur, les différentes commissions ont repris les débats, encourageant chacun à participer à des actions de blocage, comme celle prévue demain matin dès cinq heures à l'aéroport de Blagnac.

(Source : La Dépêche.fr)

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27.10.2010

Molex affiche des résultats "record" et augmente son dividende

L'équipementier automobile américain Molex, qui refuse de financer le plan social de son usine française fermée en 2009, a fait état mercredi de bénéfices "record" au troisième trimestre, ce qui l'a conduit à augmenter de 14,8% le dividende versé à ses actionnaires.

Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 897,7 millions de dollars, en hausse de 33% sur un an et un bénéfice net de 75,1 millions de dollars, contre une perte de 15,1 millions un an plus tôt.

"Les revenus et le bénéfice par action ont atteint un record absolu en septembre", les recettes étant même supérieures à ce qu'elles étaient avant la récession, a commenté le PDG Martin Slark, cité dans un communiqué.

"Compte tenu de ces revenus et profits record, couplés à une organisation plus efficace qui résulte de la restructuration, nous augmentons le dividende de 14,8%, avec date d'effet au moment de son paiement en janvier".

Molex a annoncé récemment, qu'en réponse aux plaintes déposées aux prud'hommes par des salariés, il allait cesser de financer le plan social de son usine de Haute-Garonne, fermée en 2009 après 11 mois de lutte des salariés, et s'en remettre à la collectivité pour le faire.

Dans un contexte de désindustrialisation, Molex est devenu un symbole de ces entreprises jugées rentables et viables, mais sacrifiées sur décision étrangère au nom d'une logique financière globale échappant au personnel.

(Source : La Dépêche.fr)

Autre article :

Les bénéfices de Molex font bondir le gouvernement et les syndicats

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21.10.2010

FRONTON - Les lycéens mobilisés

A l'image de nombreux établissements de la région, le lycée Pierre-Bourdieu de Fronton est à son tour entré dans la lutte. Depuis hier matin 5h30, les lycéens ont voté son blocage à l'unanimité. Désormais un gros cadenas ferme la porte de la grille qui donne accès aux classes de cours.

A 11h, juchée sur des palettes une étudiante fait le point sur les dernières nouvelles. La décision est prise, le blocage est maintenu jusqu'à vendredi.

L'ambiance est bon enfant, pas de propos violents ou d'acte d'incivilité mais on sent une détermination à l'image d'Alexandre, élève de terminale et membre du Conseil de Vie Lycéenne qui encadre la manifestation: «Il n'y a aucun incident, tout le monde reste calme, mais on est solidaire de nos parents et grands-parents, et la retraite ça nous concernera aussi un jour...» De son côté Priscillia, ajoute: «Ce gouvernement ne veut pas entendre la voix des citoyens et ne veut pas de débat, alors on s'y invite, mais encore une fois sans violence».

C'est d'ailleurs autour de ce sujet majeur que ces lycéens préparent une action symbolique sur le parking pour vendredi: un flash mob, sur le thème d'une chorégraphie qu'ils répètent déjà, filmée et reprise sur internet.

(Source : La Dépêche.fr)

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Le cri d'alarme d'Handicap 81

C'est un véritable cri d'alarme que lance le collectif Handicap 81 dont l'association pour adultes et jeunes handicapés (APAJH), les Papillons blancs 81, l'union nationale des amis et familles et de malades psychiques (Unafam), l'association française contre les myopathies (AFM) et l'association des paralysés de France (APF). Un décret de la préfecture de Région, daté du 22 juillet, a changé les données du recrutement des contrats aidés.

« En fonction d'une enveloppe déterminée, les préfets décident de la nature des contrats qui vont permettre de dégonfler les chiffres de certaines tranches de chômeurs », déplore Jacques Mathieu, le président du collectif. Principaux concernés, les auxiliaires de vie scolaire (AVS), chargés d'accompagner les enfants en situation de handicap au cours de leur scolarité. Le nouveau décret fait passer le contrat d'1 an à 6 mois renouvelable une seule fois à condition que les AVS aient suivi une formation qualifiante. « C'est ridicule, en 6 mois, ils n'auront jamais le temps de travailler et de suivre une formation. En clair, ajoute le président, ils ne seront là que pour 6 mois. Même pas le temps d'une scolarité ! Ces contrats, avant, étaient déjà précaires. Mais l'accompagnement pouvait durer 2 ans. »

Des mesures restrictives

Ce n'est pas tout. Dans l'arsenal des mesures restrictives, le ou la candidate devra être au chômage depuis 24 mois (au lieu de 12) pour prétendre à un poste d'AVS. Sauf pour les jeunes de moins de 26 ans et pour les plus de 50 ans !

« S'il n'y a plus d'auxiliaires de vie scolaire, on ne pourra plus scolariser les enfants », lance Charlette, la maman d'Eva en 6e à Bellevue qui bénéficie d'une auxiliaire de vie scolaire.

« Nous sommes en pleine précarité avec des contrats de 6 mois, ajoute Alain Rouquier de l'APAJH. C'est un véritable parcours du combattant, maintenant. Certains parents envisagent de démissionner de leur travail pour s'occuper de leur enfant. Que va-t-on faire ? »

Vanessa, la maman d'un petit garçon de 4 ans qui souffre d'un handicap moteur, en maternelle, attend un AVS depuis la rentrée scolaire. Rien à l'horizon. Sandie, la maman d'une petite fille de 8 ans, en CE1, bénéficiait d'un auxiliaire depuis 3 ans. Elle n'en a plus. « C'est difficile, voire impossible pour une enfant en handicap mental de s'en sortir sans aide. Elle sera en situation d'échec scolaire si rien n'est fait. » Le collectif a bien une solution: des AVS sous contrat d'assistant d'éducation (2 ans renouvelables 2 fois) plutôt que sous contrats aidés. Un courrier du collectif doit partir à la préfecture de Région afin de trouver une issue de secours. Il y a urgence.

(Source : La Dépêche.fr)

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