16.02.2010
Sécurité : dans le primaire aussi...
Les agressions à l'école se multiplient, contre les profs et entre les élèves. Une violence scolaire qui commence dès l'école primaire.
«A 10 ans, certains élèves se comportent déjà comme des petits durs, assure Erika, institutrice dans une banlieue parisienne plutôt tranquille. Ils contestent tout, jurent comme des rappeurs et crachent par terre pour marquer leur désapprobation ». Cette année, elle a un de ces « pré-ado » dans sa classe de CM2. Elle-même ne craint pas spécialement d'être agressée par lui. Si elle s'inquiète, c'est surtout pour les autres élèves. Les filles, d'abord, qu'il « reluque en se tripotant l'entrejambe ». Les garçons plus fragiles, ensuite : « depuis la rentrée, j'ai déjà convoqué trois fois ses parents à cause de bagarres dans la cour. Une fois, un CE1 saignait carrément du nez ! »
La violence n'est pas l'apanage du secondaire. A l'école primaire aussi, elle a fait son apparition. En 2009, la sociologue Cécile Carra a d'ailleurs mené une enquête sur cette question dans différentes écoles (1) et le constat est édifiant. 41% des élèves affirment que quelqu'un (camarades ou adultes) a déjà été violent avec lui et ils sont 28% à reconnaître avoir eu un geste violent. C'est le plus souvent dans la cour de récréation que ces violences ont lieu : 72% contre 12% devant l'école, 4% dans les couloirs et 3% dans la salle de classe.
Comme dans le cas d'Erika, les instituteurs sont rarement victimes d'agressions physiques : seuls 0,5% des professeurs interrogés déclarent avoir reçu un coup violent. Le cas de cet élève de CM2 qui, à Meaux, a balancé un coup de poing dans la poitrine de son prof, reste exceptionnel. Mais les incivilités, elles, sont plus fréquentes. Médecin-chef à La Verrière, clinique spécialisée dans les troubles psychiatriques des enseignants, Christophe Lermuzeau l'a constaté : « l'âge des élèves commettant des incivilités (chahut, manque de respect et contestation de l'autorité) a baissé. Il y a quelques années, il était exceptionnel qu'un instituteur s'en plaigne. Aujourd'hui, en consultation, je l'entends régulièrement ». Ainsi, Erika raconte que le « petit dur » de sa classe exprime avec violence son refus de se plier aux règles collectives : un jour qu'elle menaçait de le punir s'il ne se taisait pas, il l'a « regardé droit dans les yeux en disant, « toi, tu me fais pas peur » ».
Des violences psychologiques qui peuvent être épuisantes pour les professeurs, peu préparés à de telles situations. Professeur de Français au collège et auteur d'une grande enquête sur les violences faites aux enseignants, Véronique Bouzou a, cette année, des élèves de 6ème qui se vantent « d'avoir fait pleurer la maîtresse ». Qui doit se demander comment elle en est arrivée là et qui fait sans doute partie des 27% d'enseignants qui songent sérieusement à quitter l'Education Nationale...
(1) Violences à l'école primaire, Presses Universitaires de France
(2) Ces profs qu'on assassine, éditions Jean-Claude Gawsewitch, 2009
(Source : Marianne2.fr)
05:58 Publié dans Thème : EDUCATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, sécurité
12.02.2010
Collèges, lycées, des milliers d'heures de cours perdues
« Ah ! au fait, le prof de français n'est pas là, demain ». « Encore ! Toujours pas de remplaçant ? » Vous qui connaissez les joies d'avoir un collégien à la maison n'ignorez rien de ce genre de dialogue. Les professeurs absents non-remplacés sont une véritable plaie. La Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) en a même fait son cheval de bataille après un constat édifiant : pendant l'année scolaire 2008-2009, dans certaines classes, plus de 10 % des heures de cours n'ont pas été assurées.
Avec « Ouyapacours.com », lancé à la rentrée, la FCPE s'est d'ailleurs dotée d'un outil pour recenser les non-remplacements de professeurs. Bilan, en janvier 2010, 1 800 heures de cours à la trappe. Dont 600 heures en primaire, 800 en collèges et 400 en lycées. « Il y a une véritable explosion dans le primaire, observe Pascal Astruc, président départemental de la FCPE. Ouyapacours n'a pas vocation à dresser un état des lieux exhaustif ; nous sommes sans doute très en dessous de la réalité. Mais avec plusieurs centaines de déclarations mensuelles, il met en lumière un phénomène massif dont le rectorat ne semble pas prendre la mesure ». Pascal Astruc dénonce même des remplacements à deux vitesses : immédiats pour le privé, beaucoup plus lents, lorsqu'ils interviennent, dans le public : « On conçoit aisément qu'un ou deux jours de délais soient nécessaires pour remplacer un enseignant absent, mais le rectorat ne bouge pas avant 15 jours d'absence ».
Selon Jean Ravon, le problème « reste marginal ». Pour l'affirmer, le secrétaire général du rectorat s'appuie sur des chiffres : « En dessous de 15 jours d'absence (52 % des cas d'absence), les chefs d'établissements sont responsables d'organiser le remplacement. Les absences de plus de 15 jours non-remplacées dans l'académie ne représentent que 0,12 %. C'est-à-dire 18 équivalents temps plein sur 13 380. »
Une analyse qui ne dément pas une réalité connue des parents. Ainsi au collège de Fenouillet où « la prof de maths est toujours absente », signale un papa : « 550 heures d'absence ont été comptabilisées depuis la rentrée. Seules 21 heures ont été remplacées. Et sur les 550 heures, la moitié concerne des formations ou des réunions. Elles sont donc prévisibles. »
En trois rentrées, le contingent de remplaçants aura perdu 94 postes, le ramenant à un total de 775 enseignants. Mais l'amputation serait « sans incidence car les suppressions sont amorties par le surnombre budgétaire dans certaines disciplines », estime Jean Ravon. Autrement dit : globalement, ils sont suffisamment nombreux. Mais un prof de maths est-il armé pour enseigner l'art de la dissertation ? Sans doute autant qu'un prof de français pour livrer les secrets du carré de l'hypoténuse.
« Quand le directeur demande un remplaçant, ils n'en ont jamais »
À l'école élémentaire Chanfreau de Carbonne où elle est déléguée de parents, Françoise Gondrin a comptabilisé 13 demi-journées non-remplacées. Cinq en CE2, 4 en CM1, 3 en CP, 1 en CP/CE1. « Depuis septembre ça a augmenté. Deux tiers des absences ne sont pas remplacées. Quand le directeur appelle pour avoir un remplaçant, ils n'en ont jamais. Et encore, nous avons la chance d'être à proximité de Rieu où le directeur peut assurer un remplacement rapidement. Sinon les enfants sont dispatchés dans les autres classes où ils ne font pas grand-chose ; des dessins ou des arts plastiques... »
Devant l'école primaire Damaze-Auba, une maman estime que « si les instits étaient moins souvent absents le problème de leur remplacement ne se poserait pas. »
N'empêche, constate Ewa, déléguée FCPE et maman d'une élève de CE2, « depuis mi-octobre, l'une des deux enseignantes à mi-temps de la classe est malade. Son arrêt maladie est renouvelé tous les 15 jours. On aurait pu avoir le même remplaçant depuis le début... » Mais non. La semaine dernière, il n'y a pas eu de remplaçant du tout. Les enfants ont été répartis dans les autres classes. « En tout, ils ont eu six remplaçants différents, dont une est restée quinze jours d'affilée. Puis, un matin, à 9 heures, elle a été appelée pour assurer un remplacement dans une autre école où un seul enseignant sur six était présent ! »
Sandrine et Cédric, dont les enfants respectifs sont dans cette classe de CE2, ne s'inquiètent pas trop pour le programme dont ils savent qu'il ne sera pas achevé. « En CE2, ce n'est pas trop grave. Au collège, ça peut devenir plus embêtant, selon les matières ». Leurs deux aînés, en 5e à Castanet, attendent le retour de leur prof de sports, pas remplacé.
Ouyapacours.com
La FCPE a lancé le site « ouyapacours » au mois d'octobre. Accessible sur www.fcpe.asso.fr/ouyapacours il recense le nombre d'heures perdues par les élèves de collèges et lycées, et la durée des absences des professeurs.
Sans prétendre à l'exhaustivité, la FCPE a ainsi voulu se doter d'un outil fiable pour mettre la pression sur l'administration et tenter de faire cesser l'hémorragie dont souffrent les effectifs d'enseignants.
Quatre espaces de renseignements sont disponibles : 1. Ouvrir un dossier de carence, un formulaire destiné à signaler tout problème d'affectation non résolu ou absence encore non remplacée. 2. Fermer un dossier de carence, destiné à signaler le moment où prend fin l'absence et à déclarer le nombre de jours d'enseignement perdus. 3. Déclarer quelques heures, signalement des heures d'enseignement perdues quand la situation est revenue à la normale. 4. Déclarer plusieurs jours. Même principe : signalement de jours d'enseignement perdus lorsque la situation est résolue.
(Source : La Dépêche.fr)
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05.02.2010
Des enseignants sans formation dans les classes à la rentrée 2010 ...
... des conséquences désastreuses pour les élèves
Communiqué de presse commun Crap cahiers pédagogiques, FCPE, UNL.
Enseigner est un métier qui s'apprend ! L'envoi dans les classes de jeunes sortis de l'université sans aucune formation professionnelle, c'est-à-dire pédagogique, est une décision scandaleuse. Le Crap Cahiers pédagogiques, la FCPE et l'UNL demandent au ministre et aux recteurs de renoncer aux projets actuels et de remettre en chantier la question de la formation des enseignants.
À la rentrée 2010, 10 300 nouveaux enseignants vont être affectés sur des postes à plein temps, quelques semaines après avoir passé un concours de niveau bac+5 portant essentiellement sur des connaissances disciplinaires. Dans le meilleur des cas, ils n'auront eu en guise de formation professionnelle qu'un stage de six semaines en même temps qu'ils préparaient leur concours. Ils vont prendre en charge des élèves 26 h par semaine dans le primaire, de 4 à 18 classes, sur 2 à 4 niveaux d'enseignement selon les disciplines dans le secondaire, ce qui représente un travail considérable de préparation et de suivi.
On leur demande d'emblée d'assurer le même service, les mêmes tâches que leurs collègues expérimentés, et tout cela sans avoir appris sérieusement à préparer des séances de cours, des évaluations, à gérer un groupe d'enfants ou d'adolescents, à réagir face aux problèmes de concentration, de motivation, aux difficultés scolaires de tant d'élèves, à travailler en équipe avec leurs collègues dans les établissements et à gérer les relations parfois difficiles avec les familles !
Quelques-uns s'en sortiront tant bien que mal, et leurs élèves avec eux ; beaucoup seront désemparés au bout de quelques semaines devant les réalités de ce métier si éloignées de leur formation universitaire, débordés par la charge de travail, par les exigences d'un métier très difficile, et certains découragés par cette entrée dans le métier si mal préparée.
Que va-t-on dire aux écoliers, aux collégiens, aux lycéens, à leurs parents ? Un peu de patience, il apprend le métier « sur le tas » ? L'année prochaine ça ira mieux ?
Comment peut-on croire qu'être excellent en géométrie algébrique ou en littérature médiévale, suffit pour apprendre l'addition et la lecture à des CP, la rédaction à des collégiens, la maitrise des outils de communication numérique à des lycéens ? Imagine-t-on d'envoyer des chirurgiens dans les blocs opératoires après deux épreuves écrites d'anatomie, un oral craie à la main sur la manipulation du scalpel, et trois semaines de stage d'observation ? En leur conseillant simplement d'appeler le collègue d'à côté en cas de problème ?
Jusqu'à cette année, les nouveaux enseignants avaient une année de formation, sur le principe de l'alternance : ainsi dans le secondaire, entre 6 à 8 heures de cours par semaine, accompagnées par un enseignant expérimenté, et des temps de formation en IUFM. Tout le monde s'accordait pour reconnaitre cette entrée dans le métier comme imparfaite, insuffisante, à repenser, à étaler davantage dans le temps. La voilà supprimée d'un trait de plume.
Il n'y a pas beaucoup de certitudes en pédagogie. Mais on peut affirmer sans risque qu'il n'y a pas de bonne École sans de bons enseignants, et qu'on ne transforme pas un brillant étudiant en bon professeur par le miracle d'un avis administratif de titularisation, le temps d'un été. Il est vain de vouloir réformer le Lycée, développer l'accompagnement des élèves, promouvoir l'École numérique, faire acquérir à tous un « socle commun de connaissances et de compétences » si on ne se donne pas les moyens de qualifier les enseignants pour ces missions !
Depuis des années, divers rapports et recommandations, pourtant demandés par le ministère de l'Éducation nationale, se prononcent en faveur d'une formation professionnelle plus longue, plus développée, d'une alternance mieux pensée. Depuis des mois, les organisations professionnelles et les instances des IUFM alertent le gouvernement sur les dangers de ses projets. Aujourd'hui, ce sont les pires choix qui ont été retenus par le ministre, et ce sont les pires modalités qui sont mises en œuvre par certains recteurs. C'est la pure logique budgétaire qui l'emporte, avec un mépris extraordinaire pour les élèves, leurs enseignants, les familles.
En effet, cette réforme n'atteindra qu'un seul objectif en 2010 : la suppression de 18 000 postes dans l'Éducation nationale !
Faire réussir tous les élèves, éduquer de jeunes enfants, les préparer à un monde si complexe, autant de défis majeurs qu'on ne peut laisser au dévouement, à l'improvisation ou au bricolage. Enseigner est un métier qui s'apprend ! L'envoi dans les classes de jeunes sortis de l'université sans aucune formation professionnelle, c'est-à-dire pédagogique, est une décision scandaleuse. Nous demandons instamment au ministre et aux recteurs de renoncer à de tels projets et de remettre en chantier la question de la formation des enseignants.
(Source : fcpe.asso.fr)
10:48 Publié dans Thème : EDUCATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.02.2010
Rythmes scolaires : L'école ne swingue pas Bio !
« Efficacité de notre système éducatif et santé des enfants en lien avec une perturbation de leurs rythmes biologiques » sont les deux objets d'observations du rapport adopté par l'Académie Nationale de Médecine (ANM) le 19 janvier. Une condamnation sans appel des rythmes scolaires imposés aux élèves français.
« Si on met l'enfant au centre de la réflexion sur le temps scolaire il faut prendre en considération l'apport des rythmes biologiques ». Avant de développer leurs conclusions, les rapporteurs de l'Académie, les professeurs Yvan Touitou et Pierre Bégué rappellent le premier des préalables aujourd'hui occulté. « L'enfant n'est pas au centre de la réflexion. L'aménagement du temps scolaire prend en compte de nombreux facteurs sociaux, économiques, politiques, pédagogiques. » Les « partenaires » consultés agissent en fonction d'objectifs différents, souvent opposés.
Quelles conclusions ?
La crédibilité du rapport s'appuie sur les divers travaux scientifiques concernant les rythmes biologiques, l'impact de l'organisation du temps scolaire sur la santé et sur les résultats des élèves. Le rapport atteste que « la préservation de ses rythmes biologiques et psychophysiologiques est donc indispensable à la bonne santé de l'enfant qui dépend, entre autre, de la qualité de son sommeil dans sa durée et sa régularité. » Les conclusions et recommandations de l'Académie de Médecine s'organisent autour de données biologiques établies. En premier lieu le sommeil. « La mauvaise qualité du sommeil a pour corollaire une altération des capacités d'apprentissage entraînant une faible réussite scolaire pouvant aller jusqu'au retard scolaire, des troubles d'anxiété, de dépression et du comportement (violence, hyperactivité, ...). » Préconisation : retarder l'entrée en classe pour prendre en compte la fatigue de l'enfant en début de matinée, en organisant notamment des activités calmes. Ce qui est plus nécessaire encore pour celui dont le temps de sommeil n'est pas respecté. Concernant « l'activité intellectuelle et la vigilance », elles sont en baisse en début de matinée et d'après-midi. La semaine de 4 jours (lundi, mardi, jeudi et vendredi) est pointée du doigt parce qu'elle « s'accompagne d'une désynchronisation avec diminution de la vigilance de l'enfant les lundi et mardi », et jeudi et vendredi. Le week-end est trop long, comme la deuxième coupure du mercredi. Les journées de 6 heures sont aussi trop longues. L'ANM rappelle ensuite les « périodes difficiles », en automne et en hiver vers fin février, la fatigue est plus importante. Le « bruit et la vie à l'école » sont aussi cités comme facteurs aggravants. Le « stress et le surmenage scolaire » dus aux programmes pléthoriques sont notamment dénoncés.
Quelles recommandations ?
Celles « destinées aux décideurs » suggèrent pour commencer d'introduire « la notion d'hygiène de travail respectant leurs rythmes ». En tenant compte des rythmes de performances journaliers le rapport recommande d'enseigner « les matières difficiles aux moments d'efficience scolaire reconnus, en milieu de matinée et en milieu d'après-midi. » A l'école primaire, l'Académie pointe du doigt « le rôle néfaste (...) de la semaine dite de 4 jours sur la vigilance et les performances des enfants les deux premiers jours de la semaine liées à une désynchronisation liée au week-end prolongé. » Des études attestent de plus grandes performances mnésiques des enfants après un week-end d'un jour et demi au lieu de deux. La semaine scolaire devrait s'organiser « sur une journée moins longue (5h par exemple et sur une semaine de 4 jours et demi ou 5 jours comme dans la plupart des pays européens, en proposant 1 h d'études dirigées en fin de classe l'après-midi). » Le collège est, de son côté, invité à revoir les emplois du temps. Leur traitement « est actuellement le même, quelle que soit la classe (de la 6ème à la 3ème), sans tenir compte de l'âge de l'enfant ». Quant au calendrier annuel, des périodes de 7 à 8 semaines de classe alternées avec des périodes de 2 semaines de vacances, permettraient de rééquilibrer les trimestres de l'année scolaire. L'Académie recommande entre 180 et 200 jours de classe par an, avec des journées moins longues, au lieu des 144 dans les conditions actuelles. Elle préconise enfin la Création d'un « Observatoire des rythmes de l'enfant ».
Réactions
La suppression du samedi matin à la rentrée 2008 mise en oeuvre sans concertation par Xavier Darcos, a conduit à la mise en place de la semaine de quatre jours dans 98% des écoles de France. Les conclusions de l'ANM sont une pierre supplémentaire à l'unanimité scientifique sur ces questions. Des chercheurs avaient déjà alerté en 2008 des dangers de la nouvelle organisation de la semaine scolaire. Le SNUipp (syndicat majoritaire des écoles) et la FCPE (première fédération de parents) avaient dénoncé l'absence de réflexion et les motivations gouvernementales étrangères à l'intérêt de l'enfant. Ils sont aujourd'hui les premiers à réagir. Alors que le ministère répond de manière embarrassée que chaque école a choisi son organisation de la semaine, le SNUipp demande à ce dernier « de cesser de se défausser » et souligne « la nécessité d'une remise à plat de l'organisation de la semaine et de la journée scolaires » dans le cadre d'un « dialogue approfondi » avec tous les acteurs. « La FCPE attend le lancement du véritable débat sur les rythmes, (et) s'attachera à ce que des décisions concrètes soient prises pour mettre fin aux aberrations pédagogiques et de santé actuelles ».
Les parents aussi
Les parents devront d'ailleurs entendre les « recommandations » faites à leur encontre par l'ANM : informer l'enfant de l'importance du sommeil et veiller à ce que celui-ci soit suffisant et régulier, restreindre à moins de deux heures par jour le temps passé devant un écran, pas de télévision avant le coucher, ni console de jeu, ni télé dans la chambre, aménager le temps périscolaire pour des activités structurées culturelles et sportives. En pointant de cette manière le rôle des parents, l'ANM veut-elle rappeler que tous les enfants ne sont pas égaux à leur entrée à l'école et donc que certains sont encore plus vulnérables dans le cadre d'une organisation scolaire foncièrement irrespectueuse des rythmes biologiques de l'enfant ? Et si nous parlions éducation durable.
(Source : developpementdurablelejournal.com)
06:31 Publié dans Thème : EDUCATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : école, éducation, rythme, scolaire, scolarité, santé
16.12.2009
Réforme de la formation des enseignants : « L'école publique en danger »
Hier la réforme du lycée, aujourd'hui celle de la formation des enseignants. Le tout sur fond de suppressions de postes... « et de multiplication de réformettes qui, sur le fond, n'enfoncent que des portes ouvertes ». La phrase est tout aussi dure que le regard que porte Michel Portola sur l'école de la République d'aujourd'hui. Cet ancien principal à la retraite a passé 16 ans à la tête des collèges de La Reynerie et de Bellefontaine de Toulouse. Son analyse sur ce qu'il considère comme « une casse organisée de l'école » vient d'une expérience à la fois « difficile, extraordinaire et passionnante ». Une expérience pour laquelle il est l'un des rares chefs d'établissements à avoir reçu la Légion d'honneur en France.
À la rentrée 2010, les profs seront recrutés après un master (bac + 5) et affectés immédiatement à une classe. Qu'en pensez-vous ?
On ne fabrique pas un pédagogue. Pour être prof, il faut avoir envie, être doté d'une générosité de cœur et d'une sensibilité certaine. Il faut aussi avoir reçu des clés et connaître les ficelles pour gérer l'humain. Les élèves ne sont pas des pions. Ils sont tous uniques. Comment des études universitaires privées de cet aspect essentiel de l'enseignement pourraient répondre à ce que l'on peut qualifier de mission ? Avoir un master, c'est bien. Mais que fait-on de l'humain ? Il y aura forcément des carences, des élèves encore laissés sur le bord du chemin, des profs malheureux et des gens recrutés, pas faits pour ce métier.
Quelle serait justement votre définition du métier ?
Quand on entre dans le système éducatif enseignant, on rentre dans la fonction publique, la vraie. On ne peut pas être fonctionnaire, s'arrêter dès que la cloche sonne. On est prof avant l'heure et après l'heure.
Quel regard portez-vous sur la succession des réformes ?
Chaque ministre amène la sienne, malheureusement pour souvent enfoncer des portes ouvertes et en oubliant que les jeunes ne sont pas un terrain d'expérimentation. Bien sûr, il faut faire bouger les choses pour s'adapter au monde d'aujourd'hui. Mais pas en piétinant les notions qui ont toujours porté les valeurs de la laïcité et de la République : la tolérance, la patience, le respect. Leur absence explique beaucoup de dérives de l'école d'aujourd'hui.
L'école publique est-elle selon vous en danger ?
D'ordre en contre-ordre, c'est une vraie casse du système éducatif qui est organisée. Il faut bien garder à l'esprit que l'on ne peut pas faire d'économie en matière d'éducation. C'est elle qui forme les citoyens de demain.
12:03 Publié dans Thème : EDUCATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : école, iufm, formation, enseignant, réforme, éducation
05.12.2009
Ils préfèrent manger à la cantine
Santé. Contre toute attente, plus de 70% d'écoliers et 51,5% des collégiens et lycéens trouvent les repas servis de bonne qualité.
À l'ère de la restauration rapide et des repas pris sur le pouce, les élèves du primaire, des collèges et des lycées envoient un message fort. Selon une enquête de l'association CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), une majorité d'entre eux trouve que les repas qu'ils mangent dans les cantines scolaires sont bons. Pour être exact, 70,2 % des écoliers du primaire se déclarent très satisfaits tandis que 51,5 % des collégiens et lycéens apprécient les repas servis.
Doit-on voir là, les effets du travail de sensibilisation au goût engagé depuis de longues années ? Ou bien les effet des alertes récurrentes données par des parents effrayés du contenu des assiettes de leur progéniture ? Les deux, sans doute. Mais pas seulement.
Dans le Nord de la France, touché de plein fouet par les questions d'obésité, l'association Fleurbaix Laventie a pris son bâton de pèlerin en 1992. Depuis, l'exemple a fait école auprès d'une dizaine de villes pilotes en France, dont Saint-Jean en Haute-Garonne. Au-delà de la question toujours prégnante du surpoids et de l'obésité, il s'agit de doper l'information en milieu scolaire et de mobiliser les acteurs locaux pour modifier les habitudes alimentaires des familles.
À l'hôpital Henri-Ducuing de Toulouse, l'éminent endocrinologue et nutritionniste Marc Uzan, ne dit pas autre chose : « Si les enfants se déclarent aujourd'hui satisfaits de la cantine c'est bien parce que la grande majorité d'entre eux ne mange pas bien chez eux. Le passage de midi en milieu scolaire est l'occasion pour eux d'avoir un repas équilibré au moins une fois par jour ». Pour autant tout ne va pas pour le mieux. Au-delà du satisfecit des écoliers du primaire, Charles Pernin, chargé de mission agriculture et alimentation à CLCV veut mettre l'accent sur la marge d'amélioration dans le secondaire : « on a environ la moitié des collégiens et des lycéens qui trouve que les plats ne sont pas bons et environ un sur deux ressort de la cantine en ayant encore faim. »
Autre constat : le menu préféré des ados se résume encore aux quiches et pizzas en entrée, aux frites en garnitures et aux pâtisseries en dessert.
Une fois prise, l'habitude est plus solide qu'une corde. D'où la volonté clairement affichée de l'association auprès du ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture d'amplifier les missions d'éducation alimentaire de ce « service public qu'est la cantine ». En inscrivant dans la réglementation les recommandations existantes sur la composition nutritionnelle des repas scolaires. En interrogeant « les convives et en les associant à la gestion du service de restauration ».
Quand on sait aujourd'hui, qu'un écolier de primaire sur deux est inscrit à la cantine et que les deux tiers des collégiens et lycéens français y déjeunent quotidiennement, ça fait beaucoup de monde à consulter.
(Source : La Dépêche.fr)
19:35 Publié dans Thème : EDUCATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, alimentation, cantine scolaire, éducation
23.11.2009
EDUCATION - Appel à la grève le 24 novembre
La Fédération Sud Éducation appelle l'ensemble des personnels à la grève, le mardi 24 novembre 2009, et à tenir des Assemblées Générales le 24 novembre afin d'organiser collectivement la suite du mouvement.
Avis d'alerte rouge !
Les prévisions de budget 2010 laissent présager un état d'asphyxie pour l'Éducation Nationale : plus de 10000 postes supprimés dans l'EN, qui s'ajoutent aux 30000 déjà supprimés ces deux dernières années ! Le gouvernement poursuit sa politique de casse généralisée des services publics en démolissant l'éducation, la poste, le fret ferroviaire...
Ça suffit !!!
Non aux suppressions de postes et leurs corollaires :
le recours massif aux heures supplémentaires ;
les classes surchargées ;
la dégradation systématique des conditions de travail pour les personnels et les élèves ;
le recours galopant à l'emploi de personnels précaires ;
les suppressions d'heures de cours et la disparition programmée des RASED.
Oui à :
l'augmentation des recrutements aux concours ;
une véritable formation des enseignants ;
la revalorisation de tous les personnels et de leurs salaires ;
la défense de leurs statuts ;
la titularisation sans condition de tous les précaires.
En conséquence, la Fédération Sud Éducation appelle l'ensemble des personnels* à la grève, le mardi 24 novembre 2009
(*enseignants et chercheurs, IATOSS et personnels éducatifs, titulaires ou précaires, de droit public ou de droit privé)
L'appel intersyndical à la grève du 24 novembre s'ajoute à la campagne de cartes pétitions et lettres aux parlementaires du collectif « notre école notre avenir ». Mais nous savons touTEs qu'une journée de grève et de manifestations et qu'une campagne d'opinion ne suffiront pas. Les journées de grève tous les deux mois, qui sont souvent la seule perspective donnée par les directions syndicales sont aussi insuffisantes pour contraindre le gouvernement à une autre politique...
C'est pourquoi SUD éducation appelle les personnels à tenir des Assemblées Générales le 24 novembre afin d'organiser collectivement la suite du mouvement.
Pour Sud Éducation, il faut mettre en débat dès maintenant la question de la grève reconductible dans l'EN et la construction d'un véritable rapport de force au niveau interprofessionnel.
(Source : SudEducation.org)
Autre article sur le site : Sauvons l'Ecole Publique
12:59 Publié dans Thème : EDUCATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, manifestation, grève, école, avenir, budget, rased, précarité, suppression
09.09.2009
Fronton - Education : Tous les effectifs en hausse
L'ensemble des enfants et des jeunes scolarisés dans les établissements scolaires de Fronton, sont partout en augmentation, soit pour les maternelles, le primaire, le collège et le lycée 2173 élèves.
Au lycée les effectifs passent de 630 à 677 jeunes de la seconde à la terminale, 21 classes dont 9 classes de seconde à fort effectif, 35 élèves par classes. La réussite au BAC pour le lycée de Fronton reste toujours remarquable avec cette année encore 92,6 % de réussite, cela explique certainement la forte demande d'inscription au lycée Pierre Bourdieu (Proviseur Brigitte Mazet).
Au collège, principal Yannick Bouché, on note également un augmentation des effectifs de 840 à 855 élèves.
A l'école élémentaire la nouvelle directrice vient de Bouloc, il s'agit de Dominique Guibert, 15 classes pour 403 élèves contre 385 l'année dernière.
A la maternelle La Palanquette, la directrice Karine Rives compte toujours quatre classes avec une petite augmentation des effectifs de 110 à 115. L'extension des bâtiments est en cours et devrait bientôt se terminer.
La maternelle Joséphine Garrigues change de direction, c'est une enseignante du primaire Lucie Déjean qui assurera cette tâche. Quatre classes également pour un effectif à peu prêt identique, qui passe de 110 enfants à 113.
(Source : La Dépêche.fr)
11:29 Publié dans Thème : EDUCATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, école, effectif, fronton
29.08.2009
TOULOUSE - 60 millions d'euros pour moderniser les écoles
89 millions d'euros. Dans l'idéal, ce serait le prix à payer pour remettre entièrement à niveau et à neuf les écoles maternelles et élémentaires de Toulouse. Un chiffre faramineux à la mesure de l'état de désuétude dans lequel sont tombées ces dernières années les écoles maternelles et primaires de la ville de Toulouse qui vont accueillir mercredi prochain quelque 28 000 petits Toulousains. Gisèle Verniol, adjointe au maire chargée de l'éducation, a rendu la copie hier. L'élue a annoncé le chiffrage de cet « audit du patrimoine scolaire » qui avait été réalisé il y a quelques mois, à sa demande. Loin de ménager l'ancienne équipe municipale, Gisèle Verniol a rappelé « l'état lamentable dans lequel nous avons trouvé les écoles de Toulouse » en mars 2008, évoquant ici et là les « plâtres qui pendaient aux plafonds, les gouttières, les façades défraîchies, les classes et mobilier inadaptés voire défectueux et surtout les défaillances en matière d'hygiène et de sécurité ». Et de citer pour exemple, les sanitaires de certaines écoles devenus des urinoirs collectifs, sans intimité, sans séparation, des cuvettes rajoutées au fur et à mesure des effectifs.
14:17 Publié dans Thème : EDUCATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, sécurité, hygiène, écoles, travaux, investissement
27.08.2009
Montpellier - Les enseignants désobéisseurs préparent leur charte
Pendant deux jours une cinquantaine de fédérateurs du mouvement des instituteurs désobéisseurs réunis à Montpellier (Hérault) travaillent sur une charte de la résistance pédagogique. Ce texte qui comporte notamment dix idées fortes pour remettre l'enfant au centre des préoccupations de l'école sera présenté à tous les instituteurs pour signature. « C'est très important pour relancer notre mouvement parti de prises de position individuelles puis en réseau. L'an passé nous avions beaucoup parlé de nos actions de désobéissance. Aujourd'hui, nous revenons sur le fond du problème que nous avions soulevé : l'intérêt de l'enfant. Nous souhaitons mettre en places des dispositifs alternatifs » explique Bastien Cazals, le directeur de l'école maternelle de Saint Jean de Védas (Hérault) en première ligne de la résistance au même titre qu'Alain Réfalo (Colomiers). « Le nombre des enseignants déclarés désobéisseurs est assez faible dans certains départements. Cette charte est un texte ouvert, pas enfermée dans un mouvement. Elle repose sur des pratiques que des enseignants mettent déjà en place dans les classes » ajoute Marie-Hélène Robert, enseignante (CP-CE1) à Vézins de Levezou (Aveyron) qui espère agrandir le cercle des résistants (douze à ce jour) dans son département. « C'est important de savoir que nous ne sommes pas seuls face aux collègues qui peuvent douter, pour redémarrer les actions dès la rentrée » ajoute Anne Marie Pons de Lourde (Haute Garonne). Ninon, désobéisseuse (et pas désobéissante elle y tient), a exactement la même analyse depuis son école perchée sur la colline de La Salvetat-Belmontet (Tarn-et-Garonne) sur les propositions concrètes à apporter pour amplifier le mouvement de protestation pédagogique. À ce jour les désobéisseurs avancent le chiffre de plus de 2800 signataires en ordre de bataille dans 44 départements.
(Source : La Dépêche.fr)
05:56 Publié dans Thème : EDUCATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, enseignement, désobéisseurs, pédagogie






