04.03.2010

La commission Barroso impose la pomme de terre OGM de BASF

Dans l'une de ses premières décisions depuis sa prise de fonction, la nouvelle commission Barroso a autorisé la culture et la commercialisation d'un nouvel OGM, pour la première fois depuis 1998. La pomme de terre génétiquement modifiée Amflora de la firme agro-chimique allemande BASF est enrichie en amidon notamment pour les besoins de l'industrie papetière. Elle contient des gènes marqueurs qui lui procurent une faculté de résistance à certains antibiotiques. Cet OGM pose un risque inacceptable pour la santé humaine et animale, ainsi que pour l'environnement. Le commissaire à la santé, le maltais Dalli, en charge des questions liées aux OGM, a d'ailleurs dû utiliser une procédure écrite, pour éviter une réunion et un débat des commissaires européens sur le sujet.

Depuis six ans, l'innocuité de cette pomme de terre fait l'objet de controverses scientifiques. Par cette décision, le commissaire Dalli, pourtant chargé de la protection des consommateurs nie tous les débats scientifiques sur les potentiels dangers que représente cette pomme de terre et le fait que l'opinion publique européenne ne veut pas d'OGM.

Risques médicaux, environnementaux, tout allait contre cette autorisation
L'Organisation Mondiale de la Santé et l'Agence Européenne de Médecine ont alerté sur « l'importance critique » de l'antibiotique affecté par la pomme de terre Amflora, la kanamycine. Disséminer des OGM de la pomme de terre BASF dans l'environnement pourrait augmenter la résistance de certaines bactéries à des médicaments, comme des traitements contre la tuberculose. Cette pomme de terre a aussi présenté des difficultés à la très pro OGM Agence Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA), dans bon nombre des enquêtes qu'elle a diligentées pour l'autoriser depuis plus d'un an. Une majorité des pays de l'Union Européenne s'est opposée à cette autorisation.

A cause de l'inquiétude d'experts médicaux sur les gènes marqueurs de résistance aux antibiotiques utilisés dans un grand nombre d'OGM, l'Union Européenne a adopté en 2001 une loi qui excluait des autorisations européenne les OGM qui contenaient des gènes de résistance aux antibiotiques.

La France va-t-elle être « contaminée » ou faire barrage à la pomme de terre BASF, comme aux autres cultures OGM ?
Suite à cette autorisation européenne, chaque pays doit maintenant utiliser la clause de sauvegarde prévue dans la réglementation européenne pour protéger son environnement et la santé de ses citoyens. En 2008, la France avait mis en place une clause de sauvegarde sur le fameux maïs MON810 de Monsanto, de même que 5 autres pays de l'Union Européenne, dont l'Allemagne.

La France est officiellement exempte depuis février 2008 de toute culture commerciale d'OGM en plein champ. La balle est dans le camp du Ministre de l'environnement, Jean-Louis Borloo, qui doit activer la clause de sauvegarde au plus vite. Il a tous les éléments pour le faire.
La question des cultures OGM en plein champ va se poser à plusieurs reprises cette année. Plus de 50 plantes transgéniques sont en attente d'autorisation en 2010. Parmi elles, plusieurs maïs, dont le MON810, qui pourraient faire leur retour dans les champs français, si l'Europe les autorise et que la France laisse faire.

En savoir plus sur la pomme de terre OGM de BASF (en anglais)

(Source : Greenpeace.fr)

02.03.2010

La culture d'une pomme de terre OGM autorisée

Bruxelles a annoncé mardi avoir autorisé la culture d'une pomme de terre génétiquement modifiée du groupe allemand BASF

Il s'agit de la pomme de terre Amflora destinée à l'usage industriel pour son amidon et à l'alimentation animale. C'est le premier feu vert de ce type depuis 12 ans dans l'UE où les OGM suscitent la controverse.

La Commission européenne n'avait plus donné son feu vert à une culture OGM en Europe depuis 1998 et le maïs OGM de Monsanto, le MON 810.

La Commission européenne a aussi accepté la commercialisation en Europe de trois variétés de maïs transgéniques Monsanto, dérivés du MON 863. Une décision moins spectaculaire car ces produits OGM importés font régulièrement l'objet d'autorisations pour le commerce.

La Commission européenne, à qui revenait la décision finale après que les Etats européens n'ont pas réussi à se mettre d'accord, s'est appuyée sur le fait que l'Agence européenne de sécurité des aliments a jugé que le tubercule en question ne posait pas de problème pour la santé.

Le féculent est renforcé en amylopectine, un composant de l'amidon utilisé par l'industrie pour fabriquer des textiles, du béton et du papier. Mais il contient aussi un gène marqueur de résistance aux antibiotiques.

Cela lui vaut les critiques des défenseurs de l'environnement qui s'inquiètent des risques de dissémination du gène sur les autres plantes dans la nature, et estiment que les avis de l'Agence européenne de sécurité des aliments doivent être pris avec précaution. Selon eux, l'institution est au cœur d'une polémique après l'embauche de son ancienne directrice du département OGM, Suzy Renkens, par le groupe suisse Syngenta, présent dans le secteur des organismes génétiquement modifiés.

Vers une reprise du débat
La décision prise mardi est de nature à relancer le débat autour de  l'inocuité des produits OGM en Europe. L'autorisation de culture du maïs  génétiquement modifié MON 810 de Monsanto, est arrivée à échéance il y a deux ans et n'a pas encore à ce jour obtenu d'autorisation de renouvellement.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a profité du début de son deuxième mandat à Bruxelles pour clore le dossier de la pomme de  terre de BASF qui avait empoisonné son premier mandat en suscitant la controverse. Son ancien commissaire à l'Environnement, le Grec Stavros Dimas,  aujourd'hui parti, était opposé à un feu vert à la culture.

Le dossier a été confié à présent au nouveau commissaire chargé de la Santé et de la protection des consommateurs, John Dalli qui s'est justifié mardi en indiquant que toutes les craintes en matière de santé avaient été "levées" par les études scientifiques.

Les réactions
Le ministre italien de l'Agriculture Luca Zaia a critiqué mardi cette décision de Bruxelles et a appelé les autres pays européens à faire "front commun" avec l'Italie contre les OGM.

"Le fait de rompre la prudence d'usage qui était respectée depuis 1998 est un acte qui risque de modifier profondément le secteur primaire européen. Non seulement, nous ne nous reconnaissons pas dans cette décision mais nous tenons à répéter que nous ne permettrons pas que cela remette en question la souveraineté des Etats membres en la matière", a-t-il ajouté.

Et de conclure: "Nous évaluerons donc la possibilité de promouvoir un front commun de tous les pays qui voudront s'unir à nous pour défendre la santé des citoyens et les agricultures identitaires européennes".

(Source : Info.france2.fr)

21.01.2010

Les OGM favorisent les pesticides

L'organisation écologiste continue son combat contre les OGM en utilisant cette fois des études scientifiques qui démontrent que les OGM n'évitent pas l'utilisation de pesticides, bien au contraire. De notre journaliste Audrey Somnard

Les OGM ont notamment la particularité d'être des plantes qui luttent elles-mêmes contre les insectes nuisibles et les virus qui peuvent les attaquer. Elles ont été génétiquement modifiées pour épargner aux agriculteurs de devoir les asperger de pesticides, ce qui au final donne des rendements plus importants et plus sûrs pour les agriculteurs.
Pourtant, il semblerait que cela ne soit pas le cas d'après l'étude menée aux États-Unis (où les OGM sont cultivés à une large échelle) par le DrCharles Benbrook. Celui-ci soutient en effet que depuis la mise en place des cultures OGM, l'utilisation de pesticides a largement augmenté. Selon cette étude, la quantité de pesticides utilisée a augmenté de 144000 tonnes durant les 13 premières années de mise en culture des OGM (maïs, soja et coton).
«Une des conséquences directes de la culture des plantes OGM est la croissance dramatique de l'utilisation de pesticides essentiellement liée à l'émergence rapide de mauvaises herbes résistantes au glyphosate, la matière active du Roundup de Monsanto. À cause de ces mauvaises herbes résistantes qui se propagent dans les champs, les agriculteurs doivent utiliser des pesticides en plus grande quantité et/ou nouveaux», déclare Maurice Losch, chargé de campagne OGM chez Greenpeace.
Une munition de plus pour les adversaires des OGM qui s'opposent depuis le début à la firme Monsanto, géant du secteur agroalimentaire et fer de lance de l'industrie OGM. Cette résistance aux pesticides des cultures OGM représente un réel problème de santé publique avec l'apparition de mauvaises herbes qui sont devenues résistantes aux pesticides par transmission génétique. Les agriculteurs s'adaptent donc et utilisent de plus en plus de pesticides de plus en plus puissants pour venir à bout des mauvaises herbes. Un bon calcul pour des firmes comme Monsanto qui vendent également ces pesticides!


L'arrivée de super mauvaises herbes

Pour Maurice Losch, «si la Commission européenne continue de mener sa politique pro-OGM, elle expose les agriculteurs européens, qui devront faire face, eux aussi, aux "super mauvaises herbes", à de très graves problèmes», une bonne raison donc pour les écologistes de demander l'interdiction des cultures OGM et de leur importation en Europe.
Le collectif «Luxembourg sans OGM» fera venir jeudi un professeur français, président du conseil scientifique du CRIIGEN (Comité de recherche et d'informations indépendantes sur le génie génétique), qui viendra présenter aux ministres de l'Agriculture et de la Santé ses récentes études relatives aux effets négatifs sur la santé du Roundup et du maïs OGM MON863 de Monsanto. Une façon pour les écologistes d'étayer leur discours avec des preuves scientifiques, pour convaincre les ministres luxembourgeois de rester sur leur position, à savoir l'interdiction des cultures OGM sur le sol luxembourgeois.

(Source : lequotidien.editpress.lu)

15.01.2010

La guerre des brevets de semences : préliminaires pour un monopole

Monsanto: enquête des autorités sur le marketing de semences de soja

NEW YORK - Le spécialiste américain des semences génétiquement modifiées Monsanto a annoncé jeudi qu'il faisait l'objet d'une enquête du ministère de la Justice sur un marketing potentiellement anticoncurrentiel de semences de soja.

Selon le groupe, les autorités veulent "confirmation que, comme Monsanto l'a déjà indiqué, les agriculteurs et les fabricants de semences continueront à avoir accès aux semences résistantes à (l'herbicide) Roundup de première génération après expiration du brevet en 2014."

Le groupe a précisé que l'enquête durait depuis plusieurs mois.

"Nous respectons le processus exhaustif des régulateurs. Nous pensons que nos pratiques sont équitables, favorables à la concurrences et conformes à la loi", a souligné le directeur juridique adjoint Scott Partridge.

Cette enquête intervient sur fond de contentieux entre Monsanto et le groupe concurrent DuPont.

En mai, Monsanto avait attaqué en justice son concurrent Pioneer Hi-Bred International (groupe DuPont), en lui reprochant de ne pas respecter ses brevets dans les herbicides pour cultures OGM.

DuPont avait contre-attaqué en estimant que Monsanto n'est pas habilité à lui interdire de combiner les gènes conférant la résistance au Roundup à d'autres gènes sélectionnés par lui.

L'action Monsanto cédait 0,83% à 83,32 dollars.

La semaine dernière le groupe avait publié de nouvelles pertes trimestrielles, à hauteur de 19 millions de dollars, sur fond d'un recul des ventes de Roundup et de semences de maïs et de soja génétiquement modifiées.

(Source : AFP)

11.01.2010

ETATS-UNIS - Les grands groupes semenciers dans le collimateur de l'administration ?

Aux États-Unis, les ministères fédéraux de la Justice (DOJ) et de l'Agriculture (USDA) ont conjointement lancé une enquête sur les questions de concurrence et d'antitrust dans l'industrie des semences [1].
Cette enquête intervient au moment où de plus en plus d'agriculteurs et de consommateurs s'inquiètent de la hausse des prix des semences et de la concentration de l'industrie. Tous les regards se tournent vers Monsanto. En effet, selon une dépêche de l'Associated press, par le jeu des acquisitions d'entreprises et des accords de licence, les gènes brevetés par Monsanto sont présents dans près de 96% du soja américain et 80% des cultures de maïs. Par ailleurs, Monsanto a récemment annoncé que son nouveau soja Round-up ready 2 coûterait aux alentours de 74 US dollars l'acre, alors que la version actuelle coute 52 US dollars. En outre, plusieurs organisations s'inquiètent de la disparition de l'offre de semences non OGM.
Tout cela se déroule sur fond de bagarre juridique et médiatique entre les deux groupes semenciers prédominants, Monsanto et DuPont [2]. Au printemps dernier, Monsanto attaquait en justice son concurrent Pioneer Hi-Bred International (groupe DuPont), en lui reprochant de ne pas respecter ses brevets sur les gènes de résistance au Roundup, l'herbicide de Monsanto. L'entreprise Pioneer répondait qu'elle était « totalement dans son droit », et ajoutait que le brevet revendiqué par Monsanto était invalide. En août, le groupe accusait Monsanto de pratiques anticoncurrentielles illégales, allégations entraînant plusieurs questions du ministère de la Justice auxquelles Monsanto a dû répondre.
Dans le cadre de leur enquête, le DOJ et l'USDA encouragent agriculteurs, associations de consommation, juristes, économistes, universitaires, et toutes les parties intéressées à signaler de potentielles conduites anticoncurrentielles. Plusieurs ateliers publics se tiendront tout au long de l'année 2010 dans différents lieux du pays.
Mais, sur la portée de cette enquête, Peter Carstensen, ancien juriste au ministère de la Justice et professeur de droit de la concurrence, explique que rien n'indique que le gouvernement poursuivra Monsanto. A noter qu'au moins deux Etats (Iowa et Texas) mènent à l'heure actuelle leur propre enquête sur le comportement anticoncurrentiel de Monsanto.

[1] : http://www.usda.gov/wps/portal/!ut/p/_s.7_0_A/7_0_1OB/.cm...

[2] :

http://www.reuters.com/article/idUSTRE57H6EI20090818

(Source : Infogm.org)

10.01.2010

Les OGM, c'est quoi ?

Parmis tout l'argumentaire des commerciaux de l'OGM et nous en avons eu encore la démonstration dans les commentaires anonymes de l'un d'entre eux sur ce site, nous retrouvons souvent la méconnaissance des "bases de la biologie moléculaire et de la génétique" des, je cite, "anti-OGM".

Ainsi vous trouverez ci-dessous la conférence de Christian Velot, Maître de conférences en génétique moléculaire (Univ Paris-Sud XI), chercheur a l'institut de génétique et de microbiologie (centre scientifique d'Orsay). Dans cette conférence donnée à Toulouse en 2005, il donne une explication scientifique très pédagogique de ce que sont les OGM.

Franck Laborderie-Cavada

 

Débat sur les OGM :

OGM - La contreverse de long en large (planete.blogs.nouvelobs.com - mai 2009)

Décembre 2009 - Contamination OGM : lourde condamnation pour BAYER

Article du 11 décembre 2009, Les mots ont un sens, par Napakatbra

Bayer a été condamnée à verser deux millions de dollars à deux agriculteurs dont la récolte a été contaminée de façon irréversible. Au cours du procès, la firme a admis avoir été incapable d'endiguer la diffusion de ses OGM, malgré la mise en place des "meilleures pratiques".

Greenpeace s'est réjoui de cette décision annoncée le 4 décembre 2009 par la Cour fédérale de St Louis. Bayer CropScience devra donc verser plus de 2 millions de dollars de dommages et intérêts à deux agriculteurs du Missouri qui ont vu leur récolte de riz contaminée par une variété OGM que l'entreprise cultivait à titre expérimental en 2006. Ce verdict confirme la responsabilité pénale de l'exploitant.

Ce jugement est le premier d'une longue série : plus de 1 000 agriculteurs ont porté plainte pour des raisons similaires, en Arkansas, au Texas, en Louisiane et dans l'Etat du Mississippi. Et pour cause, les cultures OGM de Bayer auraient contaminé pas moins de 30% des surfaces rizicoles des Etats-Unis, selon l'avocat d'un des plaignants. Dans les quatre jours qui ont suivi l'annonce de la contamination par le ministère de l'agriculture US, les marchés du riz ont baissé de 14%, ce qui a abouti à une perte sèche de 150 millions de dollars pour les producteurs.

La défense de Bayer est sans appel. Malgré toutes les précautions prises par la firme, "la seule chose que l'on essayait d'éviter est arrivée" a expliqué l'avocat du groupe. Il aura donc fallu un procès pour que les complaintes des associations de défense de l'environnement soient entendues... Mieux vaut tard que jamais.

(Source : lesmotsontunsens.com)

09.01.2010

OGM : le MON810 objet d'une nouvelle polémique

Alors que le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB), instance créée par la loi sur les OGM, avait estimé fin 2009 que « les inconvénients d'une mise en culture du MON 810 l'emportent sur les avantages », il semble revenir aujourd'hui sur ses analyses. Il a en effet émis de vives réserves sur une étude menée par le CRIIGEN, qui démontre la toxicité des variétés de maïs Mon810 et Mon863.

La polémique sur le MON810, OGM qui fait actuellement l'objet d'un moratoire sur le sol français, vient de connaître un nouvel épisode. Le 11 décembre dernier, une étude menée par des chercheurs du Criigen et des universités de Caen et de Rouen, dont le professeur Gilles-Eric Séralini, démontrait la toxicité de trois maïs génétiquement modifiés de la firme américaine Monsanto- les  MON810, MON863 et NK603. Publiée dans l'International Journal of Biological Sciences, l'étude démontre que ces variétés d'OGM auraient un impact nocif sur les reins, le foie et le cœur des mammifères. "Nous avons prouvé pour la première fois au monde que ces OGM n'étaient pas sains, ni suffisamment corrects pour être commercialisés" a souligné Gilles-Eric Séralini, de l'université de Caen. En effet, les résultats de cette recherche montreraient qu'à "chaque fois, pour les trois OGM, les reins et le foie qui sont les principaux organes réagissant lors d'une intoxication alimentaire chimique, ont des problèmes". D'autres effets se faisant ressentir sur le coeur, les surrénales, la rate et les globules sanguins auraient également été constatés par les chercheurs. Bilan : les auteurs de l'étude demandent une "interdiction ferme" de l'importation et de la culture de ces variétés de maïs.

Ces résultats sont aussitôt dénoncés par l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV), qui promeut les OGM -elle souhaitait d'ailleurs que les OGM soient « placés au coeur des priorités du grand emprunt national »-. L'AFBV estime donc que cette étude n'apporte "aucune nouvelle preuve" de la toxicité du maïs de Monsanto et ne serait qu'une "nouvelle analyse statistique et une nouvelle interprétation de données déjà existantes, en quelque sorte recyclées, et bien connues depuis longtemps".
De son côté, le député UMP de la Moselle François Grosdidier décide le 15 décembre de saisir le Haut Conseil des Biotechnologies, estimant que les résultats de l'étude "confirment le bienfondé du moratoire" décidé en France sur le maïs Mon810. Et ajoute qu'il est "urgent d'exiger l'extension du principe de précaution à toutes ces variétés de maïs autorisées pour la consommation animale et humaine dans l'Union européenne". Or, le HCB a rendu mercredi 6 janvier un avis dans lequel il estime que l'étude du Criigen « ne permet pas d'imputer aux 3 OGM une quelconque toxicité ». Avec des arguments proches de ceux de l'AFBV, il explique que l'étude "n'apporte aucun élément scientifique recevable susceptible d'imputer aux trois OGM ré-analysés une quelconque toxicité hématologique, hépatique ou rénale", précise-t-il dans son  communiqué.

"Plus d'inconvénients que d'avantages "

Une position qui détonne avec l'avis remis par le HCB quelques semaines plus tôt. En effet, le Haut Conseil s'était montré très réservé sur les études relatives aux risques du MON 810, les estimant insuffisantes. L'avis pointe les lacunes du dossier, notamment sur deux aspects fondamentaux : l'évaluation toxicologique et les apports  nutritionnels de cet OGM par rapport à un maïs conventionnel. Le HCB avait ainsi contredit les arguments « pro-OGM » de l'autorité européenne de la sécurité alimentaire (EFSA), qui expliquait dans une étude parue en juin 2009 que le MON810 est « sans risques pour la santé humaine et animale et ne constitue pas une menace pour l'environnement ». Enfin, le Haut Conseil avait conclu que cet OGM «  présenterait plus d'inconvénients que d'avantages ».

Alors pourquoi prendre aujourd'hui une position différente ? Corine Lepage, qui a déposé en mai dernier un recours auprès du Conseil d'Etat pour contester la composition du HCB, explique cet avis par un manque de partialité des membres du conseil scientifique... « L'avis du HCB est scandaleux, il affirme qu'il n'y a rien de nouveau dans cette étude, pourtant parue dans une grande revue scientifique internationale. Il peut ne pas être d'accord, mais certainement pas affirmer qu'elle n'apporte pas d'éléments nouveaux ! », rétorque-t-elle. Par ailleurs, l'avocate estime que le conseil scientifique a accepté un cahier des charges biaisé s'agissant des évaluations menées. « Les analyses ne portent que sur le principe actif et non les adjuvants, c'est donc insuffisant. Par ailleurs, lorsqu'on découvre que le MON 863 fait maigrir les rats mâles et grossir les femelles, le conseil estime que si on prend la moyenne des deux, l'effet n'est pas significatif !! C'est aberrant d'un point de vue scientifique », commente-t-elle.

Recours contre la composition du HCB

Mais surtout, sur les 24 membres du conseil scientifique, 20 seraient ouvertement pro-OGM selon elle. « La majorité d'entre eux a pris publiquement position en faveur des OGM. Or, lorsque 3 membres du CRIIGEN ont postulé, ils ont été refusés au motif de leur non-indépendance. » Une sur-représentation qui se justifierait, selon les pro-OGM, par le fait que la communauté scientifique est majoritairement favorable aux OGM... Ce à quoi Corine Lepage rétorque qu'un équilibre des positions est nécessaire, et que par ailleurs, certains des membres experts sont « directement impliqués dans le développement des OGM". Une situation propice à des conflits d'intérêts, à laquelle s'ajoute le lobbying très actif des semenciers au sein de ce type d'instances publiques. Le député UMP François Grosdidier avait lui aussi pointé du doigt ces pratiques lors du vote de la loi sur les OGM à l'Assemblée, évoquant notamment la pression exercée sur les parlementaires par le biais des syndicats agricoles...Quand au sénateur UMP Jean François Le Grand - président du groupe de travail sur les OGM du Grenelle, puis de la Haute Autorité provisoire sur les OGM-, il avait du jeter l'éponge pour ne pas avoir pris position en faveur des OGM, lors du passage de la loi au Sénat. Le sénateur avait alors évoqué son "indignation" et  sa "révolte" face au comportement des élus de son propre camp et aux méthodes de « désinformation » utilisées pour « l'intérêt économique de quelques-uns ».

(Source : novethic.fr)

Rappel sur l'avis rendu par le HCB fin décembre 2009 :

Le Point.fr - Le Haut Conseil des biotechnologies voit plus d'inconvénients que d'avantages dans le MON 810

Confédération Paysanne.fr - Haut Conseil des biotechnologies : Une recommandation et un vote pour repousser l'OGM MON 810

Journal de l'Environnement.net - Le Haut conseil des biotechnologies contre l'autorisation du MON 810

Présence d'ADN du maïs GM dans le sol !

Des scientifiques canadiens basés à l'Université de Guelph, viennent de publier les résultats d'une nouvelle étude qui démontre des traces de l'ADN provenant de maïs OGM résistant à l'herbicide RoundUp (maïs Roundup Ready) dans plusieurs espèces animales du sol.

Les chercheurs ne savent pas encore s'il s'agit de résidus provenant du maïs OGM ou provenant de cellules de bactéries. Les résultats de cette étude prouvent néanmoins que, l'ADN provenant du maïs OGM résistant à l'herbicide Roundup est persistant dans le sol. 

Sachant que 85% du maïs planté au Québec est génétiquement modifié, la principale question qui se pose est quel serait l'impact des OGM, et particulièrement ceux résistants au Roundup, sur les organismes du sol, très importants pour le maintien de la qualité du sol. Une interrogation que soulèvent les chercheurs dans leur étude.

En attendant des contres expertises et d'autres recherches sur le sujet, pouvant permettre de démontrer que la persistance d'ADN du maïs OGM n'est ni un danger pour l'agriculture (perte de fertilité des sols, etc.), ni pour les écosystèmes, ni pour la santé publique, les gouvernements devraient  immédiatement suspendre l'utilisation du maïs OGM Roundup Ready, estiment les chercheurs de l'université de Guelph.

Le Round Up est un herbicide dont le principe actif est le glyphosate. Produit phare mis au point par Monsanto et qui constitue encore 40% de son chiffre d'affaire. Le brevet le protégeant est tombé dans le domaine public en 2000.

Une plante Round Up Ready est une plante transgénique capable de résister à cette action du glyphosate sur les plantes vertes. Ainsi, un champ de plantes Round Up Ready pourra être traité avec de l'herbicide Round Up sans que la culture soit atteinte.

L'entreprise Monsanto, qui commercialise ces plantes, a ainsi compensé la perte de son brevet sur le Glyphosate, en mettant en vente les plantes résistantes à cet herbicide, en brevetant ces plantes, et en vendant le Round up avec, le tout avec un contrat obligeant cette vente liée.

La toxicité du Round Up (ou Glyphosate) a souvent été mise en cause. La matière active glyphosate ne serait pourtant pas la cause première de la toxicité du Roundup, mais plutôt les ingrédients inertes. Parmi ceux-ci, on a identifié l'agent surfactant tallowamine polyéthoxylée (POEA), des acides organiques voisins du glyphosate, de l'isopropylamine.

(Source : actualites-news-environnement.com)

07.01.2010

DANGER - Effets des OGM sur la santé animale ... plus qu'un doute : des preuves scientifiques !

Research, Rady Ananda, 3 janvier 2010

      Dans ce qui est décrit comme la toute première et la plus exhaustive étude des effets des aliments génétiquement modifiés sur la santé des mammifères, les chercheurs ont associé des lésions organiques à la consommation du maïs modifié génétiquement de Monsanto.

      Trois variétés de maïs génétiquement modifié, MON 810, MON 863 et NK 603, ont été homologuées pour la consommation par les autorités sanitaires américaines, européennes et de plusieurs autres pays. Rendues publiques par les autorités européennes en 2005, les données brutes confidentielles des tests alimentaires de Monsanto en 2002 sur des rats, que ces chercheurs ont analysé, sont ironiquement les mêmes que celles qui ont servi à l'homologation dans diverses régions du monde.

      Le Comité de recherche et d'information sur le génie génétique (CRIIGEN) et les Universités de Caen et de Rouen ont étudié les données des tests alimentaires sur 90 jours de Monsanto avec ses deux variétés d'OGM de maïs productrices d'insecticide, Mon 810 et MON 863, et une variété d'OGM de maïs tolérante à l'herbicide Roundup ®, NK 603.

      Selon Gilles-Eric Séralini, biologiste moléculaire à l'Université de Caen, ces données « font nettement ressortir des effets néfastes sur les reins et le foie, les organes de détoxication alimentaire, ainsi que des lésions à divers niveaux du cœur, des glandes surrénales, de la rate et du système hématopoïétique. »

      Bien que des effets nuisibles à divers niveaux sur les organes vitaux ont été relevés avec les trois OGM, l'étude de 2009 montre des effets spécifiques, différenciés en fonction du sexe et de la dose, liés à la consommation de chaque OGM.

      L'étude de décembre 2009 a paru dans la revue International Journal of Biological Sciences. Cette dernière étude est conforme à une analyse du CRIIGEN en 2007 sur le MON 863, publiée dans Environmental Contamination and Toxicology, en utilisant les mêmes données.

      Monsanto a rejeté les conclusions de 2007, en déclarant :

      « Les analyses des données toxicologiques chez le rat menées par ces auteurs ne sont pas compatibles avec ce qui est traditionnellement toléré à l'usage par la réglementation toxicologique. »

      [Voir aussi de Doull J, Gaylor D, Greim HA, et autres, « Report of an expert panel on the reanalysis by Séralini et al. (2007) of a 90-day study conducted by Monsanto in support of the safety of a genetically modified corn variety (MON 863). » Food Chem Toxicol. 2007 ; 45:2073-2085.]

      Séralini a expliqué que son étude, en explorant les effets sur la santé, différenciés en fonction du sexe des mammifères, que Doull et les autres ont ignorés, va au-delà de l'analyse de Monsanto :

      « Notre étude contredit les conclusions de Monsanto car cette dernière délaisse systématiquement d'importants effets de santé, différents chez les mâles et les femelles ou qui ne sont pas proportionnels à la dose, chez les mammifères qui consomment des OGM. C'est une faute gravissime, dramatique pour la santé publique. C'est la principale conclusion révélée par notre travail, la seule reprise attentive de l'analyse des données statistiques brutes de Monsanto. »

Autres problèmes avec les conclusions de Monsanto

      Lors des tests d'innocuité de médicaments ou de pesticides, le protocole standard préconise l'utilisation de trois espèces de mammifères. Les études soumises, utilisant uniquement des rats, ont pourtant obtenu l'homologation des OGM dans plus d'une douzaine de pays.

      Les problèmes chroniques sont rarement découverts en 90 jours ; le plus souvent ce genre de tests dure jusqu'à deux ans. Les tests « de plus de trois mois, donnent plus de chances de révéler les maladies métaboliques, nerveuses, immunitaires, hormonales ou le cancer, » ont écrit Séralini, et les autres dans leur réfutation à Doull. [Voir « How Subchronic and Chronic Health Effects can be Neglected for GMOs, Pesticides or Chemicals. » IJBS ; 2009 ; 5(5):438-443.]

      En outre, l'analyse de Monsanto, qui compare des groupes d'alimentations sans rapport, brouille les résultats. La réfutation de juin 2009 explique : « Afin d'isoler les effets du processus de transformation des OGM des autres variables, il est uniquement valable de comparer l'OGM... à son équivalent isogénique, non modifié génétiquement. »

      Les chercheurs concluent que les données brutes de toutes les études sur les trois OGM révèlent de nouveaux résidus de pesticides qui seront présents dans l'alimentation des animaux et pourront présentent des risques sanitaires graves pour ceux qui les consommeront.

      Ils ont appelé à « l'interdiction immédiate de l'importation et de la culture de ces OGM, et recommandent fortement des études supplémentaires de longue durée (jusqu'à deux ans) et multi-générationnelles sur l'alimentation chez au moins trois espèces animales, pour fournir des données réelles, recevables scientifiquement, sur les effets aigus et toxiques chroniques des OGM dans les aliments et le fourrage. »

      La santé humaine est naturellement pour nous d'une importance primordiale, mais des effets écologiques sont aussi en jeu. Quatre-vingt-neuf pour cent des cultures d'OGM soit tolèrent, soit produisent des insecticides. Cela pourrait être la raison pour laquelle nous constatons le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles et la mort en masse des papillons. Si les OGM exterminent les pollinisateurs de la Terre, leur menace est bien plus désastreuse que le risque qu'ils représentent pour les humains et les autres mammifères.

       Rady Ananda a commencé à écrire sur Internet en 2004. Ses travaux ont paru dans plusieurs publications en ligne et imprimées, notamment trois livres sur la fraude électorale. Elle a passé la majorité de sa carrière à travailler pour des avocats sur des recherches et des enquêtes, et comme technicienne juridique. Elle a passé sept ans comme rédactrice en chef, dont deux d'entre elles pour un site Internet avec 20.000 membres. En décembre 2003, elle a obtenu une licence ès sciences en ressources naturelles de l'École d'agriculture de l'Université d'État de l'Ohio.

Original : www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=16747
Traduction copyleft de Pétrus Lombard

(Source : alterinfo.net)

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