09.01.2010

OGM : le MON810 objet d'une nouvelle polémique

Alors que le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB), instance créée par la loi sur les OGM, avait estimé fin 2009 que « les inconvénients d'une mise en culture du MON 810 l'emportent sur les avantages », il semble revenir aujourd'hui sur ses analyses. Il a en effet émis de vives réserves sur une étude menée par le CRIIGEN, qui démontre la toxicité des variétés de maïs Mon810 et Mon863.

La polémique sur le MON810, OGM qui fait actuellement l'objet d'un moratoire sur le sol français, vient de connaître un nouvel épisode. Le 11 décembre dernier, une étude menée par des chercheurs du Criigen et des universités de Caen et de Rouen, dont le professeur Gilles-Eric Séralini, démontrait la toxicité de trois maïs génétiquement modifiés de la firme américaine Monsanto- les  MON810, MON863 et NK603. Publiée dans l'International Journal of Biological Sciences, l'étude démontre que ces variétés d'OGM auraient un impact nocif sur les reins, le foie et le cœur des mammifères. "Nous avons prouvé pour la première fois au monde que ces OGM n'étaient pas sains, ni suffisamment corrects pour être commercialisés" a souligné Gilles-Eric Séralini, de l'université de Caen. En effet, les résultats de cette recherche montreraient qu'à "chaque fois, pour les trois OGM, les reins et le foie qui sont les principaux organes réagissant lors d'une intoxication alimentaire chimique, ont des problèmes". D'autres effets se faisant ressentir sur le coeur, les surrénales, la rate et les globules sanguins auraient également été constatés par les chercheurs. Bilan : les auteurs de l'étude demandent une "interdiction ferme" de l'importation et de la culture de ces variétés de maïs.

Ces résultats sont aussitôt dénoncés par l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV), qui promeut les OGM -elle souhaitait d'ailleurs que les OGM soient « placés au coeur des priorités du grand emprunt national »-. L'AFBV estime donc que cette étude n'apporte "aucune nouvelle preuve" de la toxicité du maïs de Monsanto et ne serait qu'une "nouvelle analyse statistique et une nouvelle interprétation de données déjà existantes, en quelque sorte recyclées, et bien connues depuis longtemps".
De son côté, le député UMP de la Moselle François Grosdidier décide le 15 décembre de saisir le Haut Conseil des Biotechnologies, estimant que les résultats de l'étude "confirment le bienfondé du moratoire" décidé en France sur le maïs Mon810. Et ajoute qu'il est "urgent d'exiger l'extension du principe de précaution à toutes ces variétés de maïs autorisées pour la consommation animale et humaine dans l'Union européenne". Or, le HCB a rendu mercredi 6 janvier un avis dans lequel il estime que l'étude du Criigen « ne permet pas d'imputer aux 3 OGM une quelconque toxicité ». Avec des arguments proches de ceux de l'AFBV, il explique que l'étude "n'apporte aucun élément scientifique recevable susceptible d'imputer aux trois OGM ré-analysés une quelconque toxicité hématologique, hépatique ou rénale", précise-t-il dans son  communiqué.

"Plus d'inconvénients que d'avantages "

Une position qui détonne avec l'avis remis par le HCB quelques semaines plus tôt. En effet, le Haut Conseil s'était montré très réservé sur les études relatives aux risques du MON 810, les estimant insuffisantes. L'avis pointe les lacunes du dossier, notamment sur deux aspects fondamentaux : l'évaluation toxicologique et les apports  nutritionnels de cet OGM par rapport à un maïs conventionnel. Le HCB avait ainsi contredit les arguments « pro-OGM » de l'autorité européenne de la sécurité alimentaire (EFSA), qui expliquait dans une étude parue en juin 2009 que le MON810 est « sans risques pour la santé humaine et animale et ne constitue pas une menace pour l'environnement ». Enfin, le Haut Conseil avait conclu que cet OGM «  présenterait plus d'inconvénients que d'avantages ».

Alors pourquoi prendre aujourd'hui une position différente ? Corine Lepage, qui a déposé en mai dernier un recours auprès du Conseil d'Etat pour contester la composition du HCB, explique cet avis par un manque de partialité des membres du conseil scientifique... « L'avis du HCB est scandaleux, il affirme qu'il n'y a rien de nouveau dans cette étude, pourtant parue dans une grande revue scientifique internationale. Il peut ne pas être d'accord, mais certainement pas affirmer qu'elle n'apporte pas d'éléments nouveaux ! », rétorque-t-elle. Par ailleurs, l'avocate estime que le conseil scientifique a accepté un cahier des charges biaisé s'agissant des évaluations menées. « Les analyses ne portent que sur le principe actif et non les adjuvants, c'est donc insuffisant. Par ailleurs, lorsqu'on découvre que le MON 863 fait maigrir les rats mâles et grossir les femelles, le conseil estime que si on prend la moyenne des deux, l'effet n'est pas significatif !! C'est aberrant d'un point de vue scientifique », commente-t-elle.

Recours contre la composition du HCB

Mais surtout, sur les 24 membres du conseil scientifique, 20 seraient ouvertement pro-OGM selon elle. « La majorité d'entre eux a pris publiquement position en faveur des OGM. Or, lorsque 3 membres du CRIIGEN ont postulé, ils ont été refusés au motif de leur non-indépendance. » Une sur-représentation qui se justifierait, selon les pro-OGM, par le fait que la communauté scientifique est majoritairement favorable aux OGM... Ce à quoi Corine Lepage rétorque qu'un équilibre des positions est nécessaire, et que par ailleurs, certains des membres experts sont « directement impliqués dans le développement des OGM". Une situation propice à des conflits d'intérêts, à laquelle s'ajoute le lobbying très actif des semenciers au sein de ce type d'instances publiques. Le député UMP François Grosdidier avait lui aussi pointé du doigt ces pratiques lors du vote de la loi sur les OGM à l'Assemblée, évoquant notamment la pression exercée sur les parlementaires par le biais des syndicats agricoles...Quand au sénateur UMP Jean François Le Grand - président du groupe de travail sur les OGM du Grenelle, puis de la Haute Autorité provisoire sur les OGM-, il avait du jeter l'éponge pour ne pas avoir pris position en faveur des OGM, lors du passage de la loi au Sénat. Le sénateur avait alors évoqué son "indignation" et  sa "révolte" face au comportement des élus de son propre camp et aux méthodes de « désinformation » utilisées pour « l'intérêt économique de quelques-uns ».

(Source : novethic.fr)

Rappel sur l'avis rendu par le HCB fin décembre 2009 :

Le Point.fr - Le Haut Conseil des biotechnologies voit plus d'inconvénients que d'avantages dans le MON 810

Confédération Paysanne.fr - Haut Conseil des biotechnologies : Une recommandation et un vote pour repousser l'OGM MON 810

Journal de l'Environnement.net - Le Haut conseil des biotechnologies contre l'autorisation du MON 810

11:29 Publié dans Thème : OGM | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ogm, environnement, mon810, criigen, hcb | |

05.07.2009

DANGER ROUNDUP : Le CRIIGEN dénonce dans une étude l'impact du Roundup sur le système endocrinien

Le Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) vient de publier une étude dans la revue scientifique internationale ''Toxicology''* qui dénonce l'impact des herbicides Roundup de la firme Monsanto, utilisés par les agriculteurs et les jardiniers amateurs, sur le système endocrinien.

Selon cette étude menée par l'équipe du Pr. Séralini du CRIIGEN à l'Université de Caen, en collaboration avec l'équipe du Pr. Chagnon de Dijon, à des doses pourtant très inférieures (800 fois) à celles autorisées dans certains OGM alimentaires aux Etats-Unis, ce type d'herbicide à base de glyphosate, empêcherait l'action des androgènes et perturberait aussi l'action et la formation des estrogènes. Les dommages sur l'ADN des cellules humaines commencent alors, souligne le Comité.

Le CRIIGEN propose de revoir au niveau réglementaire la classification des Roundup et autres herbicides à base de glyphosate, comme étant toxiques pour la reproduction et perturbateurs endocriniens. Ces phénomènes ont été jusqu'alors sous-estimés car les producteurs de pesticides présentent majoritairement aux autorités des études avec le glyphosate seul, alors que le mélange commercialisé est bien plus actif, a déploré le CRIIGEN.

Le ministère de l'agriculture a rejeté en juin la demande du CRIIGEN et de Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) d'abroger des autorisations de mises sur le marché de trois formulations de l'herbicide Roundup.

R. BOUGHRIET

* L'étude a été publiée fin juin 2009 dans la revue scientifique internationale ''Toxicology'' par Gasnier et al.

(Source : Actu-Environnement.com)

30.03.2009

La transparence sur les effets des OGM sur la santé sera explosive promet le CRIIGEN

La transparence sur les effets des OGM sur la santé sera explosive promet le CRIIGEN. « L'heure est grave, à l'heure où l'absence de transparence a conduit à des crises financières, et peut tout aussi bien mener à des crises sanitaires prenant en otage la santé des citoyens, » assure le CRIIGEN, faisant référence aux effets possibles des OGM sur la santé.

Le vendredi 3 avril 2009 à 11h30 le CRIIGEN, un comité indépendant d'expertise scientifique, apolitique et non militant, remettra au Ministère de l'Agriculture une pétition réunissant 42.137 signatures pour réclamer la transparence des effets des OGM sur la santé.

Selon le Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie GENétique (CRIIGEN), « les données brutes sont confidentielles pour les entreprises et les gouvernements, en contradiction avec la directive européenne. Des effets significatifs peuvent être contenus dans de nombreux dossiers, y compris celui du maïs OGM MON 810 qui a fait l'objet de tant de débats. » 

Le CRIIGEN a donc recueilli plus de 40.000 signatures pour la pétition suivante : « Nous citoyens, demandons à la suite du Grenelle de l'environnement, et avec la grande majorité des français et des européens qui s'interroge sur ou remet en cause la nécessité des OGM dans les champs et dans les assiettes, que soient rendus publics les résultats des analyses de sang des animaux qui ont mangé ces OGM pendant le plus long temps possible, et ce pour tous les OGM cultivés ou commercialisés dans l'alimentation des humains ou des animaux en Europe. »

« Cela devra être également effectif avant la commercialisation des nouveaux OGM. Aujourd'hui, seules les compagnies de biotechnologies réalisent ces tests de toxicité pendant 3 mois seulement, avec des mammifères de laboratoire (surtout le rat servant de modèle pour l'humain), et considèrent les résultats bruts comme confidentiels, ce que nous jugeons totalement anormal alors que le monde entier se questionne sur les effets des OGM sur la santé. »

(Source : Actualités-News-Environnement.com)

Signer la pétition du CRIIGEN

11:58 Publié dans Thème : OGM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, criigen, recherche, santé, transparence, environnement, agriculture | |

16.02.2009

OGM, le CRIIGEN réclame la publication des analyses de sang des animaux qui en ont mangé

Pour la quinzième année, l'organisme dépendant des industries des biotechnologies ISAAA a publié le 11 février 2009 ses statistiques 2008 des OGM cultivés dans le monde. Pour le Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le Génie Génétique (CRIIGEN), malgré des promesses récurrentes, « les OGM se concentrent encore sur 4 plantes : soja 53%, maïs 30%, coton 12% et colza 5%, le tout en progression de 9,3%sur 125 millions d'hectares, soit 8% de l'agriculture mondiale. »

« Hélas, 100% de ces OGM sont encore et seulement des plantes à pesticides : 63% tolèrent un herbicide, 15% produisent un insecticide, et 22%, la seconde génération en croissance, fait les deux à la fois. Cette seconde génération peut tolérer jusqu'à 2 herbicides ou produire 2 insecticides en même temps » déplore le CRIIGEN.

 

« La troisième génération à paraître en 2010 aura jusqu'à 8 caractères différents de tolérance à plusieurs herbicides et de production de plusieurs insecticides. Par contre les tests de rats nourris pendant 90 jours ne sont plus faits sur ces OGM plusieurs fois croisés entre eux. Les compagnies promettent toujours pour les années suivantes d'autres caractères. »

 

« Enfin, 89% des OGM sont concentrés sur le continent américain, et beaucoup plus pour les plantes alimentaires, car c'est surtout du coton OGM qui est cultivé en Inde et en Chine » estime le CRIIGEN dans un communiqué.

 

Le Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le Génie Génétique (CRIIGEN) « dénonce la main mise du monde des pesticides sur les OGM, lequel s'affranchit de contrôles scientifiques sérieux sur la sécurité sanitaire tout en maintenant une confidentialité délétère, laquelle permet de dire aux lobbies de manière mensongère qu'il n'y a aucun risque. »

 

Le CRIIGEN réclame aussi « la publication immédiate des analyses de sang des animaux qui ont mangé des OGM dans les dossiers d'autorisations, et qui révèlent insuffisances et incompétences. »

 

(Source : actualites-news-environnement.com)

23:29 Publié dans Thème : OGM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : criigen, ogm, transparence | |