16.06.2010

Le cercle vicieux des pesticides

 

Depuis plus de dix ans, l'organisation américaine à but non lucratif "Grist" se préoccupe du devenir de la planète. Elle révèle notamment comment l'industrie chimique agricole entre dans une nouvelle ère, mais pas forcément pour le bien de la santé publique.

"Un phare dans la nuit", c'est ainsi que se définit l'association américaine Grist qui signifie "blé à moudre". Attirant chaque mois une audience importante - actuellement 381'000 visiteurs par mois -, l'organisation est active sur de nombreux thèmes qui touchent à l'environnement ou à la santé alimentaire de nos produits. Elle s'attache surtout à faire des liens et à créer des analyses pertinentes entre de grandes problématiques, telle que le changement climatique, et la vie quotidienne. Pour ce faire, elle s'appuie entre autre sur les témoignages de ses lecteurs.

Dernièrement, Tom Philpott, éditorialiste sur le site Grist a publié un sujet intitulé: "Comment l'industrie chimique industrielle transforme un échec en opportunité de marché". Au centre de son analyse se trouve le Roundup, le produit phare de l'entreprise chimique Monsanto, également leader du marché des semences OGM.

Le Roundup est un herbicide puissant qui a été breveté en 1969 par les chimistes de Monsanto et commercialisé à partir de 1975. Il a connu un succès sans appel auprès des agriculteurs professionnels et des jardiniers amateurs à cause de son efficacité radicale. Conjointement à ce produit, Monsanto a développé des cultures dites "Roundup Ready", c'est-à-dire génétiquement modifiées pour résister à l'épandage du produit sur la plante.

La firme américaine fait l'objet d'enquêtes et de poursuites pénales, notamment parce qu'elle a menti sur la biodégradabilité et l'innocuité du Roundup. Dès 1996, la firme a été condamnée pour publicité mensongère par le Bureau de la répression des fraudes de l'Etat de New York. Promouvant une dégradation rapide du produit et une non-toxicité pour les consommateurs les publicités de Monsanto étaient clairement fallacieuses.

Ce qui est plus surprenant comme l'évoque Tom Philpott c'est que: "la technologie Roundup Ready n'a pas conduit la guerre entre les pesticides et les mauvaises herbes à un match nul, comme l'a prétendu Monsanto; à la place, c'est l'escalade. Ce que les écologistes appellent le cercle vicieux des pesticides s'est accéléré - à la grande joie de l'industrie agrochimique et au détriment des terres, des agriculteurs et des consommateurs."

Pour l'éditorialiste de Grist l'augmentation de la résistance de certaines plantes au Roundup n'a pas contribué à développer une remise en cause du système d'agriculture intensive fondée sur le contrôle chimique des cultures. Au contraire, l'échec et les difficultés du Roundup incitent les grandes entreprises agrochimiques à investir massivement dans la recherche.

Sur le même sujet, le Wall Street Journal titrait dans son édition du 4 juin: "Les super mauvaises herbes déclenchent une course à l'armement" ("Superweed Outbreak Triggers Arms Race"). Il rapporte que Dow Chemical, DuPont, Bayer, BASF et Syngenta sont en train de dépenser des centaines de millions de dollars pour développer des graines de soja, de coton et de maïs génétiquement modifiées, afin de survivre aux herbicides qu'ils produisent.

Toujours selon le quotidien américain, certaines entreprises travaillent sur la réintroduction d'anciens herbicides tels que le 2,4-D ou le dicamba, tous deux nocifs pour la santé humaine. Le journal rapporte que Dow Chemical voit dans l'inefficience du Roundup l'opportunité de donner une seconde vie au 2,4-D: "Dow espère à partir de 2013 pouvoir vendre des graines pour la culture du maïs qui ne seront pas affectées si les agriculteurs épandent du 2,4-D sur leurs champs."

Ces propos prennent une résonnance particulière lorsqu'on considère la tentative récente du président de la Commission européenne José Manuel Barroso d'avancer dans le dossier des autorisations de cultures OGM en Europe. La Commission subit, semble-t-il, la pression et l'inquiétude des industriels tels que le groupe suisse Syngenta, Monsanto ou encore Pioneer. Une proposition visait à laisser chaque pays libre de choisir lui-même sa politique. Elle a toutefois été durement critiquée par le ministre français de l'Environnement Jean-Louis Borloo, qui réclame des contrôles et des analyses strictes en la matière avant d'autoriser une variété transgénique. D'après l'AFP, cette proposition, qui sera déposée officiellement le 13 juillet, devrait être refusée.

(Source : bluewin.ch)

05:11 Publié dans Thème : ENVIRONNEMENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pesticide, environnement, agriculture, herbicide | |

02.11.2008

Round Up ... l'herbicide "biodégradable" et laissant "le sol propre"! : Monsanto condamné en appel pour publicité mensongère

article_round-up.jpgLe géant américain de l'agrochimie Monsanto, condamné en première instance pour "publicité mensongère" pour son "Round Up", premier désherbant vendu au monde, devra finalement acquitter une amende de 15.000 euros, a décidé mercredi la cour d'appel de Lyon.

 

La cour a ainsi confirmé le jugement de première instance et suivi l'avocat général, qui le 1er octobre, avait estimé qu'il n'était pas nécessaire d'augmenter le montant de l'amende infligée le 26 janvier 2007 par le tribunal correctionnel de Lyon à l'encontre de l'ancien président de Monsanto Agriculture France, dont le siège est à Bron (Rhône).

 

L'ancien dirigeant est condamné pour avoir notamment présenté l'herbicide comme "biodégradable" et laissant "le sol propre". Le second prévenu, à l'époque président du conseil d'administration de Scotts France, basé à Ecully (Rhône) et qui distribue le Round Up en France, a également vu la confirmation de sa condamnation à 15.000 euros.

 

Le tribunal correctionnel de Lyon avait été saisi en 2001 à la suite d'un rapport de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (Dgccrf) et d'une plainte des associations Eau et rivières de Bretagne et Consommation, logement et cadre de vie (Clcv), parties civiles dans ce procès.

 

Le glyphosate, principale matière active du Round Up, a été classé en 1991 "dangereux pour l'environnement", notamment aquatique, par les autorités européennes, selon Eau et rivières de Bretagne.

 

Source : AFP

 

Retrouvez ce sujet sur 20Minutes.fr et Lexpress.fr

 

 

Autre article sur QueChoisir.org :

 

Pesticides - Monsanto condamné


C'était en 2000. À grand renfort de publicité, Monsanto assurait que le Round-Up était biodégradable, alors que la substance active de ce pesticide, le glyphosate, est un poison pour l'environnement et la santé. Attaqué par l'association Eau et Rivières de Bretagne et l'UFC-Que Choisir de Rennes, l'industriel vient d'être condamné à 15 000 euros d'amende.


« La justice remet les pendules à l'heure sur le Round-Up. » L'association Eau et Rivières de Bretagne (ERB) ne boude pas son plaisir. Elle vient de faire condamner Monsanto Agriculture France, producteur du désherbant Round-Up, et la société Scotts France, qui distribue le produit, à 15 000 euros d'amende chacun pour publicité mensongère. Le jugement, rendu vendredi dernier par le tribunal correctionnel de Lyon, fera l'objet d'une publication dans le quotidien « Le Monde » et dans « Maison et Jardin Revue ».

 

Pour comprendre l'ampleur de cette décision, il faut remonter six ans en arrière. En 2000, Monsanto inonde la télévision et les magazines de publicités en faveur du Round-Up, son pesticide vedette. Sans complexe, l'agrochimiste affirme que le produit est « biodégradable », qu'il « laisse le sol propre ». De quoi déculpabiliser totalement les jardiniers du dimanche, cibles de ces spots, et qui raffolent du Round-Up. « Les campagnes de publicité de Monsanto présentant à la télévision et sur les emballages le désherbant Round-Up comme respectant l'environnement ont favorisé la banalisation de l'usage de ce pesticide, le plus vendu aux jardiniers amateurs », analyse ERB.

 

Potentiellement cancérigène

 

La manoeuvre de Monsanto relève pourtant du mensonge le plus éhonté, comme le dénonce l'UFC-Que Choisir dans une enquête publiée le 1er juin 2001. Le glyphosate, matière active du Round-Up, est dangereux pour l'environnement et la santé. La Commission européenne le classe en 2001 comme « toxique pour les organismes aquatiques », entraînant « des effets néfastes à long terme pour l'environnement ». Depuis, la nocivité du glyphosate a été confirmée par plusieurs études : cette substance est un perturbateur endocrinien, qui plus est potentiellement cancérigène. Évidemment, accuse le tribunal correctionnel de Lyon, Monsanto connaissait le profil écotoxique de son désherbant avant même la diffusion de ses messages publicitaires « écolo », mais s'est bien gardé d'en faire état. Manque de chance pour l'industriel, au moment même où sa campagne est lancée, l'association ERB reçoit les résultats d'études montrant la présence massive de glyphosate dans les rivières bretonnes. Elle porte plainte.

 

Pour ERB, la condamnation de Monsanto est « une excellente nouvelle pour la protection de l'eau ». L'association rappelle que la loi sur l'eau votée en décembre dernier interdit désormais les publicités donnant une image « exagérément sécurisante » des pesticides.

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La Vidéo sur ce sujet (France3 Bretagne) :

 

Le round up de Monsanto est bien toxique - Jubii TV
Dans cette affaire, Monsanto se retrouvait une nouvelle fois face à l'association Eaux et Rivières de Bretagne.
En janvier 2007, le groupe avait été condamné en première instance pour publicité mensongère concernant son désherbant Roundup. Soit une amende de 15000 euros pour avoir indiqué sur ses flacons que le Round Up était biodégradable et protégeait l'environnement... Aujourd'hui, c'est l'appel de ce dossier qui était jugé.
Voir les reportages de France3 Bretagne
http://ouest.france3.fr/info/bretagne/47051030-fr.php
Mots-clés : monsanto round-up rennes