31.01.2011

Recrutement des ingénieurs : "C'est un jeu de chaises musicales !"

Entretiens d'embauche autour d'un apéro, smartphones à gagner... A l'heure où les chômeurs sont plus de quatre millions, les entreprises du numérique, en pleine pénurie d'ingénieurs, rivalisent d'imagination pour attirer, voire débaucher, de nouvelles recrues.

Des sociétés de services en ingénierie informatique (SSII) mènent en ce début d'année dans des bars de Toulouse des séances de "speed recruiting" agrémentées de lots à gagner et inspirées du "speed dating", ces rencontres éclair organisées entre célibataires à la recherche de l'âme sœur.

Car, après avoir accusé le coup en 2009, le secteur (370.000 personnes travaillent dans l'édition de logiciels, le conseil et les services informatiques, le conseil en technologies) a renoué avec les recrutements en 2010. Et pour 2011, les projections d'embauche sont optimistes, d'après Syntec numérique, la fédération professionnelle.

En cette soirée de semaine, 300 personnes, dont de nombreux jeunes diplômés d'écoles d'ingénieurs, se pressent dans un bar du centre pour des entretiens "minute" avec des recruteurs du groupe Akka Technologies (5.600 salariés). Le groupe d'ingéniérie et de conseil en technologies veut recruter 260 personnes en Midi-Pyrénées en 2011 et 1.500 au total en France.

L'entreprise n'a pas lésiné sur les moyens même si elle reste muette sur le coût de l'opération: un capitaine du Stade toulousain est présent, smartphones et i-pads sont à gagner, boissons et collations sont offertes.

Dans les prochains jours, deux filiales du groupe Sogeti (services informatiques et ingénierie) organisent elles aussi à Toulouse des opérations de recrutement dans des bars, avec tablettes informatiques, consoles de jeu et places de matches de rugby à gagner.

"On est tous à la recherche de monde, la pénurie de main d'œuvre est classique et les écoles ne suffisent pas à satisfaire les besoins", explique Bertrand Souharce, un directeur régional d'Akka. "On est obligé de trouver des moyens singuliers pour faire venir les talents". La société, qui fera suivre ensuite aux candidats pré-sélectionnés un parcours de recrutement plus classique, ne cache pas qu'il lui faudra se servir chez les concurrents pour trouver du personnel expérimenté.

"Tout le monde a les mêmes CV trouvés sur les même sites internet", dit Sandra Cappelletto, responsable recrutement. "On veut essayer de toucher d'autres personnes" et celles qui travaillent déjà "pourront venir discrètement en dehors des heures de travail".

Justement, une informaticienne qui tait son nom est venue de chez Sogeti où elle trouve que son "salaire stagne". "Je viens voir si je peux obtenir un meilleur salaire et des missions plus intéressantes".

Akka comme Sogeti se défendent de vouloir faire de la "surenchère" à la rémunération et disent vouloir jouer plutôt sur l'intérêt du travail proposé.

"La concurrence entre sociétés, c'est de bonne guerre", dit Sophie Paradowski chez Sogeti High Tech. "Mais on tente plutôt d'attirer par des projets nouveaux".

"C'est un jeu de chaises musicales", commente Franck Laborderie-Cavada, délégué CGT chez Akka informatique et systèmes. Si le "turnover s'est rééquilibré" en faveur des salariés, avec une multiplication des ruptures conventionnelles à leur initiative, "il y a un fossé énorme entre cette énergie mise à recruter et le manque d'énergie pour garder les salariés déjà en place".

Il met en particulier en cause un "gel des salaires en vigueur depuis deux ans". Pour Noël Lechat, secrétaire général de la Fédération CGT concernée, ces opérations de recrutement masquent également le fait que "l'on est dans une profession où l'on jette facilement les gens dès qu'on en a plus besoin" et où les plus de 40 ans ne sont pas légion.

(Source : AFP – Actu.voila.fr)

05:24 Publié dans Thème : EMPLOI | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : emploi, informatique, ingénieur, ssii, recrutement, salaire, social | |

19.04.2010

Internet au bureau: ce qui est permis et ce qui ne l'est pas

Surfer sur le net ou consulter ses mails personnels au bureau sont autant d'activités devenues banales. Votre employeur peut-il cependant vous les reprocher ?

En 2009, les salariés auraient passé 86 minutes par jour en moyenne sur internet depuis leur lieu de travail. Dont seulement un tiers à titre professionnel, selon une étude réalisée par Olféo. De quoi déculpabiliser les salariés qui aiment à flâner sur le net entre deux plages de travail. Un tel usage d'Internet au bureau est-il permis pour autant?

Si l'utilisation d'Internet à des fins personnelles n'est de manière générale pas favorisée par les entreprises, elle est en tout cas tolérée. En partie parce qu'une interdiction pure et simple de surfer sur le web pour consulter ses e-mails, lire un article de journal, ou écouter de la musique serait techniquement très difficile à mettre en place. Nombreuses sont cependant les entreprises qui filtrent ou prohibent certains sites, via leur charte informatique. L'objectif est alors avant tout de se couvrir, pour éviter que les agissements virtuels de leurs salariés, qui engagent toujours la responsabilité de l'entreprise, ne soient à l'origine de condamnations. Une façon d'éviter aussi qu'ils ne saturent la bande passante et ne nuisent à la productivité de leurs collègues.

Un usage «raisonnable» est exigé

Mais s'il est toléré de surfer sur le web à des fins personnelles, cet usage doit rester «raisonnable», précise le code du travail. Un caractère que le juge apprécie en cas de litige. L'envoi de 156 mails personnels en deux mois a par exemple été considéré par l'employeur comme justifiant le licenciement d'un salarié pour «utilisation abusive d'internet sur son lieu de travail». Une décision confirmée par les prud'hommes.

Tout en restant dans les limites d'une utilisation raisonnable du net, «L'employeur a droit de regard sur tout mail ou fichier créé par ses employés avec les outils informatiques mis à leur disposition, à moins qu'ils ne soient explicitement «personnels»» explique Ahmed Baladi, avocat associé chez Allen & Overy. Une notion à laquelle sont a priori assimilées les boîtes mails externes (type gmail, yahoo ou orange...). Le principe du respect de la vie privée demeure donc applicable sur le lieu de travail, à la seule condition pour le salarié de préciser clairement ce qu'il veut voir relever de sa vie privée. Pas toujours évident pour autant de titrer régulièrement ses mails «PERSONNEL».

(Source : Le Figaro.fr)

12:12 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : social, travail, internet, informatique, droit, privé | |

13.03.2010

Les grèves se multiplient en SSII

Après les syndicats d'Atos Origin, c'est au tour de ceux de Sodifrance et de Segula d'appeler à la grève. Au cœur des revendications : les salaires, mais aussi la remise en cause des RTT. Va-t-on assister à une multiplication des mouvements sociaux comme en 2008 ?

Chez Segula, la journée de grève se tenait hier. Il s'agissait, pour les différentes organisations syndicales, d'exprimer « leur mécontentement et leur désaccord quant à la politique menée » par la direction de ce spécialiste de la R&D externalisée. Selon Ladépêche.fr, les préoccupations portaient sur les menaces sur l'emploi, notamment lors des périodes d'intercontrat, et sur le pouvoir d'achat. Avec pour revendication, une revalorisation des salaires de 3,5 %.

Chez Sodifrance, la CFDT et la CGT appelaient, elles, à un débrayage aujourd'hui. La direction de cette SSII de 900 salariés souhaiterait revenir sur l'accord de réduction de temps de travail signé en 2008. Rognant, selon la CFDT, jusqu'à six jours de RTT en fonction du calendrier et du nombre de jours fériés tombant en semaine. A l'origine, le texte de l'accord, refusé par l'ensemble des syndicats, prévoyait aussi le recours au chômage partiel et la sortie des temps de pause du temps de travail effectif.

 (Source : pro.01net.com)

Segula : grève pour le pouvoir d'achat

La surprise était grande hier à Blagnac en voyant banderoles, drapeaux et un rassemblement d'une cinquantaine de personnes devant l'entreprise Segula (N.D.L.R., bureau d'études dans l'aéronautique et le spatial). « La plupart de salariés de l'entreprise Segula travaillent sur les sites clients, explique l'un d'eux, et du fait de leur statut précaire, certains n'ont pas pu nous rejoindre ». Allusion aux contrats de chantiers, « directement copiés sur les formules du BTP, associés à une tâche, et prolongés ponctuellement selon les charges ».

Cette précarité est au centre des préoccupations, notamment lors des périodes d'intercontrat, avec perte des heures au-delà des 35 heures et menaces sur leur emploi, même sous l'affichage recherche et innovation. « Nos chèques déjeuner sont même refusés par la cafétéria d'Astrium, là où on travaille », explique ce jeune, très craintif pour l'avenir, « notre donneur d'ordres n'ayant pas de perspectives au-delà de l'été ».

Les salariés réclament une augmentation de 3,5 % des salaires, de 1 € des chèques déjeuner, la généralisation de la compensation à 90 % du salaire pendant toute la durée du chômage partiel, et la fin des mauvaises pratiques sociales génératrices de précarité.

La direction a écouté les doléances et renvoyé aux discussions dans les instances représentatives des 5 600 salariés au plan national (170 en région toulousaine).

(Source : La Dépêche.fr)

Autre article sur le sujet :

Sodifrance : la CFDT apppelle les salariés à la grève le vendredi 12 mars

21:26 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : social, ssii, informatique, grève, salaire, rtt | |