12.01.2010
Nouvelle action judiciaire contre Natixis
Après une plainte au pénal, la banque Natixis est désormais assignée devant le tribunal de commerce. Déposée au nom de 730 actionnaires par Déminor, le 31 décembre 2009, elle a pour objectif de demander réparation du préjudice subi par ces petits épargnants qui ont perdu 90 % de leur mise initiale. Elle dénonce l'information mensongère qui a été fournie aux acheteurs d'actions Natixis et le démarchage systématique des clients.
« Nous avons travaillé beaucoup et longtemps sur ce dossier scandaleux » explique Fabrice Rémon de Deminor. « C'était très compliqué : un tiers des actionnaires que nous représentons n'ont pas Internet ! Ce sont des gens qui n'ont jamais été amenés à saisir la justice, qui ont perdu des petites sommes, 2000 à 3000 euros, mais c'étaient toutes leurs économies et elles étaient auparavant placées dans des livrets d'épargne ! » Fabrice Rémon estime que l'affaire Natixis doit servir d'exemple et que la responsabilité d'une organisation de défense des actionnaires comme la sienne est d'obtenir réparation pour les victimes d'une stratégie de commercialisation qu'il estime ahurissante. « J'ai des témoignages de gens qui ont été démarchés jusqu'à leur domicile. Les clients recevaient des appels, des SMS, des incitations de tous ordres.»
Cette campagne intensive de recrutement de petits actionnaires a commencé avec l'entrée en bourse de Natixis, fin 2006. Trois ans après, les dirigeants du groupe qui réunit les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne de l'époque ont été débarqués, le groupe rebaptisé BPCE, mais les petits actionnaires attendent toujours réparation. Fabrice Rémon espère inciter le groupe Natixis à négocier pour éviter un procès. Il a choisi l'action au civil devant le tribunal de commerce pour accélérer le processus, puisque l'affaire pourrait être examinée avant l'été.
Contactée, Natixis reste laconique. La banque d'investissement du groupe BPCE confirme avoir reçu l'assignation et ne souhaite faire aucun commentaire, pour l'instant.
Pendant que Natixis réfléchit à sa stratégie, les dommages médiatiques continuent. L'action de Déminor n'est pas isolée. Colette Neuville, la présidente de l'ADAM (Association de Défense des Actionnaires Minoritaires), a intenté une action au pénal pour le compte d'une centaine d'actionnaires pour information trompeuse. Dans l'émission qu'Arte a consacré à cette affaire [1], en octobre 2009, elle évoquait le « massacre des innocents » . Elle citait les témoignages de tous ces clients incités à souscrire un « placement de père de famille » sans qu'il soit fait mention des risques liés à l'activité de banque d'investissement de Natixis, qui s'est avérée très fortement exposée aux subprimes dès 2007. Sur l'année 2008, les pertes de Natixis ont dépassé les 5 milliards d'euros. Le reportage d'Arte mettait en exergue un homme, convaincu par la chargée de clientèle de sa banque de mettre l'intégralité d'un héritage de 100 000 euros, soit toute sa fortune, dans Natixis. Il a perdu 90 % de cette somme et précisait, calmement, qu'il attendait de son médecin qu'il le soigne et de son banquier qu'il lui « donne des conseils avisés, pas empoisonnés ! »
(Source : Novethic.fr)
[1] MOI ET MA BANQUE
Auteurs : Isabelle Vigouroux
Producteurs : DOC EN STOCK
Alors que les situations de surendettement se multiplient, la réalisatrice montre de l'intérieur le durcissement de la relation entre les banquiers et leurs clients.
Pour comprendre l'impact de la crise déclenchée voici un an, Isabelle Vigouroux explore de l'intérieur la manière dont elle a affecté la relation entre les banques et leurs clients, particuliers ou entreprises. Poussé par son banquier à investir dans les actions Natixis, l'un des témoins a perdu tout son capital. Cette femme, elle, a glissé petit à petit dans l'angoisse du surendettement, comme des millions de gens en Europe. Quant à ce patron de PME, il ne digère pas que sa banque, après avoir perdu des milliards en Bourse, lui refuse un prêt au motif qu'il serait risqué. Hausse des intérêts et des taux variables, frais bancaires en expansion... Des conseillers financiers témoignent de l'engrenage de la pression commerciale. Sommés de faire du chiffre, ils ont vendu crédit et produits bancaires sans tenir compte de l'intérêt des clients. Un film qui, à travers des histoires personnelles, raconte comment nous avons perdu confiance dans les banques.
(+ d'infos : artevod.com)
19:04 Publié dans Thème : FINANCES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : natixis, banque, actionnaire, épargne |
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