08.02.2010

Vers une agriculture moins gourmande en pesticides ?

Mesure phare du Grenelle de l'environnement, la réduction des pesticides a été actée avec « si possible », une baisse de 50 % de leur usage dans les dix ans. Une étude de l'INRA publiée fin janvier montre que des marges de progrès importantes sont effectivement réalisables mais qu'une cible de - 30% paraît plus réaliste.

Alors que le recours massif aux pesticides est de plus difficilement accepté, et par l'opinion publique et par les agriculteurs eux-mêmes, est-il concrètement possible d'en réduire drastiquement l'usage comme l'a acté le Grenelle (-50% « si possible » d'ici dix ans) et comme le souhaite la récente directive européenne sur l'utilisation durable des pesticides? C'est à cette épineuse question que se sont frottés 80 experts dans une minutieuse enquête de l'INRA « Ecophyto R&D », entamée il y a quatre ans. La bonne nouvelle est qu'il existe une marge de progression relativement importante : « les travaux montrent qu'une réduction de l'ordre de 30 % du recours à l'échelle nationale serait possible avec des changements de pratiques substantiels, mais sans bouleversement majeur des systèmes de production », note l'étude. Mais si, pour la FNE, cela montre que «  l'objectif de réduction de 50% est plus que jamais d'actualité », cette cible ambitieuse paraît toutefois difficile à atteindre dans les dix ans. Pour Pascal Ferey, vice président de la FNSEA responsable de l'environnement, elle est d'ailleurs tout simplement « inenvisageable ».

Des gains différenciés selon les régions et cultures

Pour le responsable syndical, les agriculteurs ont déjà fourni un effort important en réduisant le tonnage des substances actives « d'environ 30% depuis une dizaine d'années » (de 99 600 en 2001 à 78 600 tonnes en 2008 selon le syndicat des producteurs de phytosanitaire, l'UIPP). Certes, mais les doses étant plus concentrées, cette mesure reste sujette à caution pour la FNE, qui rappelle que le chiffre d'affaires de l'industrie phytosanitaire est lui, en augmentation constante (2,086 milliards d'euros sur la campagne agricole 2007/2008 contre 1,863 pour 00/01). Et le nouvel indicateur issu du plan Ecophyto, le NoDu (nombre de doses utilisées) n'a pas encore livré ses résultats. « Aujourd'hui il existe quelques milliers d'exploitations (sur les 547 000 que compte la France, ndlr) qui, sans être entrées dans une agriculture biologique, se sont lancées dans une logique de meilleure utilisation des intrants, mais cela reste une frange encore marginale », estime Jean-Claude Bévillard, responsable des questions d'agriculture de la FNE. Difficile donc de savoir où l'on en est véritablement aujourd'hui.

Et il ne faut pas s'y tromper : l'étude n'entend pas forcément prédire l'avenir. Celle-ci « n'est pas à considérer comme une prospective, ni a fortiori une prévision, des changements attendus et de leur rythme », préviennent ses auteurs. Et pour cause, celle-ci se base sur une seule année de référence : 2006. Une année jugée « moyenne » vis-à-vis du climat, de la pression sanitaire et des prix ; et pour laquelle il existe des données statistiques sur les grandes cultures et les vignobles mais pas pour les fruits et légumes. D'où la portée limitée de l'étude. Toutefois, elle a le mérite de montrer ce que pourraient être les conséquences d'un tel bouleversement. Ainsi, les grandes cultures, notamment céréalières, qui occupent 40 % de la surface agricole utile du pays mais consomment 80 % des pesticides vendus chaque année en France, représentent le plus gros potentiel de réduction des pesticides.

Cependant, si une réduction de 40%, voire de 50% des pesticides semble envisageable, il faut s'attendre à s'attendre à une baisse de la production d'environ 6%, voire 15 à 20% pour le colza et la pomme de terre. Et pour certaines régions ou cultures, comme le maraîchage où « les producteurs mettent déjà en œuvre de nombreuses méthodes non chimiques : résistances variétales, greffage, couvertures plastiques du sol, etc. », les marges de manœuvre risquent d'être plus faibles. Toutefois, « les résultats de certains vergers expérimentaux ou de certains professionnels montrent que l'on peut aboutir également dans ces cultures à des réductions d'usage de 50 à 0% par rapports aux cultures intensives », note le MDRGF.

Une sensibilisation par l'expérimentation

L'expérimentation est l'une des clés du succès pour généraliser les bonnes pratiques, semble-t-il. Ainsi, pour la FNSEA et les associations environnementales, le réseau de 3000 fermes expérimentales qui devrait progressivement être mis en place est crucial. « Il faut que chaque exploitant puisse trouver dans sa zone un lieu de validation de ces process agricoles », insiste Pascal Ferey, pour qui « les freins au changement sont aujourd'hui techniques et économiques et non plus psychologiques ». A voir. Pour Jean-Claude Bévillard au contraire, il faut encore sensibiliser et informer l'ensemble des acteurs de la filière, car tous sont loin d'être mobilisés. « La formation des agriculteurs sur le sujet qui devrait débuter cette année pourrait déjà permettre de gagner 20 à 30% sur l'usage actuel », explique-t-il. Et à terme, « des intermédiaires devenant de moins en moins vendeurs et de plus en plus accompagnateurs, donneurs de conseils » pourrait permettre de changer la physionomie de la filière. Un accompagnement qui devra aussi être réalisé avec l'aide financière de l'Etat. Se pose aussi la question de la fiscalité : l'étude mentionne par exemple « l'efficacité d'un système de taxation des pesticides avec redistribution aux producteurs des recettes de la taxe ». Toutefois, « pour atteindre des niveaux de réduction supérieurs à 30 % le niveau de la taxe doit être élevé : supérieur à 100% du prix des pesticides », reconnaissent les auteurs. Inacceptables pour  les agriculteurs qui attendent plutôt des subventions et craignent de voir baisser leur compétitivité au profit des autres pays européens.

(Source : novethic.fr)

21.10.2009

LE PROCES DU REGENT DOIT AVOIR LIEU

la Confédération Paysanne appelle à rassemblement

le
29 Octobre 2009 à 8h30
devant la Cour d'Appel de Toulouse
place du Salin


LE PROCES DU REGENT DOIT AVOIR LIEU

Au printemps 2002 et 2003, des milliers de ruches sont mortes, dans la Haute Garonne et le Gers, lors des semis de tournesol.

Une instruction a été ouverte au tribunal de Saint-Gaudens, sur plainte de la DGAL (ministère de l'agriculture) qui voulait orienter l'enquête sur un réseau de commerce illégal de pesticides.
Les analyses d'abeilles mortes ont mis en évidence l'intoxication par le fipronil, matière active de l'insecticide systémique Régent TS utilisé en traitement de semences. Les experts de l'AFSSA et de la ComTox l'ont confirmé, et le ministre l'a reconnu dans un communiqué de presse. Les poussières émises lors des semis ont aussi provoqué l'intoxication de personnes.
Il est apparu que l'autorisation de vente du Régent TS était illégale, ce qui met en évidence des dysfonctionnements administratifs.

Des études scientifiques ont montré que :

  • Le fipronil est une des molécules les plus toxiques pour l'abeille, en intoxication chronique on constate des mortalités à très faibles concentrations : 0,01 μg/l soit 1g pour 100.000.000 litres
  • Des résidus de fipronil étaient présents dans le pollen et le nectar des plantes traitées, à des niveaux toxiques pour l'abeille

En plus des victimes des poussières émises lors des semis, de nombreux apiculteurs ayant subi des pertes lors des miellées de tournesol se sont constitués parties civiles (plus de 500).

Les sociétés BAYER et BASF et leurs dirigeants, propriétaires successifs du Régent, ont été mis en examen.
Elles ont essayé de faire obstruction, allant devant la chambre de l'instruction pour contester le juge d'instruction, les nombreux experts et même la signature du greffe du tribunal.
Pendant ce temps plusieurs juges d'instruction et procureurs se sont succédés en charge du dossier.
Jusqu'à ce que un juge d'instruction prononce une ordonnance de non lieu, semblant accorder plus d'importance aux arguments des fabricants de pesticides mis en examen, qu'à ceux de leurs victimes, parties civiles.

La Confédération Paysanne à fait appel de cette décision, l'audience aura lieu le 29 octobre à 2009 à 8 h30, à la Cour d'appel de Toulouse.
La Confédération Paysanne appelle à un rassemblement devant la Cour d'appel de Toulouse le 29 Octobre 2009 à 8h30, pour demander que le procès ait lieu et que justice soit rendue.

NON A L'OMERTA DES PESTICIDES

Contacts:

Bertrand Théry : 05 61 65 38 28

Jean Sabench : 04 67 97 16 31

19.10.2009

Round Up : La condamnation de Monsanto confirmée

Avec le rejet le 6 octobre de son pourvoi devant la Cour de cassation, le géant américain Monsanto est définitivement condamné à 15 000 euros d'amende pour « publicité mensongère » sur son herbicide phare, le Round Up. La firme avait notamment présenté le produit comme « biodégradable ».

La Cour de cassation a rejeté mardi 6 octobre le pourvoi formé par la firme américaine Monsanto à l'encontre de l'arrêt en date du 29 octobre 2008, par lequel la cour d'appel de Lyon avait confirmé sa condamnation pour « publicité mensongère » sur le désherbant Round Up. Dans un jugement du 26 janvier 2007, le tribunal correctionnel de Lyon avait condamné le géant américain et la société Scotts France, qui distribue le Round Up en France, à 15.000 euros d'amende chacun pour avoir présenté l'herbicide comme « biodégradable » et laissant « le sol propre ». Ledit tribunal avait été saisi en 2001 à la suite d'un rapport de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et d'une plainte des associations Eau et rivières de Bretagne et Consommation, logement et cadre de vie (CLCV), parties civiles dans ce procès. Forte de cette « victoire », l'association bretonne a demandé au gouvernement « de respecter l'enjeu du Grenelle de l'environnement concernant les produits phytosanitaires et notamment l'interdiction de toutes les publicités en faveur des pesticides destinés aux particuliers ».

(Source : developpementdurablelejournal.com)

12:45 Publié dans Thème : ENVIRONNEMENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, pesticides, round up, monsanto | |

05.07.2009

DANGER ROUNDUP : Le CRIIGEN dénonce dans une étude l'impact du Roundup sur le système endocrinien

Le Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) vient de publier une étude dans la revue scientifique internationale ''Toxicology''* qui dénonce l'impact des herbicides Roundup de la firme Monsanto, utilisés par les agriculteurs et les jardiniers amateurs, sur le système endocrinien.

Selon cette étude menée par l'équipe du Pr. Séralini du CRIIGEN à l'Université de Caen, en collaboration avec l'équipe du Pr. Chagnon de Dijon, à des doses pourtant très inférieures (800 fois) à celles autorisées dans certains OGM alimentaires aux Etats-Unis, ce type d'herbicide à base de glyphosate, empêcherait l'action des androgènes et perturberait aussi l'action et la formation des estrogènes. Les dommages sur l'ADN des cellules humaines commencent alors, souligne le Comité.

Le CRIIGEN propose de revoir au niveau réglementaire la classification des Roundup et autres herbicides à base de glyphosate, comme étant toxiques pour la reproduction et perturbateurs endocriniens. Ces phénomènes ont été jusqu'alors sous-estimés car les producteurs de pesticides présentent majoritairement aux autorités des études avec le glyphosate seul, alors que le mélange commercialisé est bien plus actif, a déploré le CRIIGEN.

Le ministère de l'agriculture a rejeté en juin la demande du CRIIGEN et de Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) d'abroger des autorisations de mises sur le marché de trois formulations de l'herbicide Roundup.

R. BOUGHRIET

* L'étude a été publiée fin juin 2009 dans la revue scientifique internationale ''Toxicology'' par Gasnier et al.

(Source : Actu-Environnement.com)

02.07.2009

OGM : de l’urgence d’une évaluation enfin indépendante !

Le renouvellement de l'autorisation de culture commerciale accordée à la firme Monsanto pour son maïs MON 810 est d'actualité, culture suspendue en France et dans cinq autres pays européens. L'agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) vient de donner un avis favorable en exclusivité à Monsanto, avant qu'il ne soit rendu public. Commentaire de France Nature Environnement.

Que l'FFSA renouvelle un avis favorable au MON 810 - et aux OGM en général - n'est pas étonnant mais scandaleux.
- Ce n'est pas étonnant compte tenu de la constance avec laquelle l'EFSA rend des avis sur les OGM - depuis sa création, 42 avis, tous positifs ! -, sans jamais remettre en cause les lacunes scientifiques, pourtant élémentaires, des dossiers de demandes d'autorisations proposés par les firmes.
- Scandaleux car le fonctionnement de cette agence d'expertise donne raison à ceux dénonçant l'opacité de la machinerie européenne, avec de fait un déni de démocratie à porter à son passif.

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21:46 Publié dans Thème : OGM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, environnement, agriculture, mon 810, monsanto, santé, pesticides | |

22.06.2009

DANGER PESTICIDES : Pesticides et Parkinson - lien confirmé chez les agriculteurs

L'exposition aux pesticides double quasiment le risque de la maladie de Parkinson parmi les agriculteurs. C'est ce que vient de prouver une équipe de chercheurs de l'unité Inserm "Neuroépidémiologie" et de l'Université Pierre et Marie Curie. De plus, ce risque augmente avec le nombre d'années d'exposition et, chez les hommes, il est principalement lié à l'usage d'insecticides, notamment de type organochloré. Cette famille, qui regroupe le lindane et le DDT, a été largement utilisée en France entre les années 1950 et 1990 ; elle persiste dans l'environnement de nombreuses années après l'utilisation. Ces résultats sont publiés en ligne dans Annals of Neurology .

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21.06.2009

DANGER CONTAMINANTS : L'environnement cause une diminution de l'écart de poids à la naissance

Nouvelle étude du CHU Sainte-Justine, de l'Université de Montréal, de l'Université McGill et des Instituts de Recherche en Santé du Canada.

Des études épidémiologiques récentes ont mis en évidence une augmentation de la fréquence des malformations génitales chez les nouveau-nés de sexe masculin (comme par exemple des testicules non descendus) et une diminution de la fertilité des hommes. Le rôle joué par la présence croissante dans notre environnement de contaminants qui diminuent l'action des hormones mâles pourrait expliquer ce phénomène.

Il est connu que le poids à la naissance des garçons est supérieur à celui des filles en raison de l'action des hormones mâles sur le fœtus masculin. Si l'exposition des femmes enceintes à des contaminants environnementaux qui diminuent l'action des hormones mâles a augmenté au cours des années, il faudrait s'attendre à observer avec le temps une diminution de l'écart de poids à la naissance entre les garçons et les filles.

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23:43 Publié dans Thème : SANTE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : santé, environnement, pesticides, insecticides, contaminants | |

19.06.2009

DANGER CRUISER : FNE espère un déblocage du dossier

Aujourd'hui, lors de la réunion du comité de suivi du Cruiser, sera dressé, en présence de Michel Barnier, le bilan d'une année d'utilisation de cet insecticide dangereux pour les abeilles. Sur la base de ces conclusions, le Ministre de l'agriculture décidera si son autorisation sera renouvelée ou non en 2010. FNE a choisi ce jour important pour régler sa dette de 3 000 € à Syngenta, fabricant du Cruiser, et relancer sa pétition.

Ce vendredi, l'administration doit présenter un bilan du suivi 2008/2009 lors de cette réunion du comité de suivi posthomologation du Cruiser. La présence de Michel Barnier en fin de réunion pourrait augurer l'annonce du retrait de l'autorisation de ce produit reconnu dangereux pour les abeilles et dont l'impact réel reste à ce jour mal évalué.

Rappel des faits

En décembre 2008, FNE avait vivement critiqué le renouvellement de l'autorisation du Cruiser pour l'enrobage des semences de maïs, alors que le protocole de suivi mis en place n'avait en rien démontré son innocuité vis-à-vis des abeilles.
Suite à la suspension d'autorisation de ce produit par l'Allemagne, FNE a déposé une requête devant le Conseil d'Etat. La fédération a été condamnée à régler la somme de 3 000 € à la société Syngenta, productrice du Cruiser. Une procédure sur le fond (recours en annulation) est toujours en cours auprès du Conseil d'Etat.

Près de 40 000 signatures recueillies

Fin 2008, FNE a également lancé une pétition pour demander l'interdiction immédiate de cet insecticide. Plus que jamais mobilisée pour que l'autorisation de ce produit ne soit pas renouvelée l'an prochain, FNE diffuse à nouveau sa pétition, qui a déjà recueilli près de 40 000 signatures.

Les pollinisateurs toujours en danger

Pour Claudine Joly, chargée du dossier à FNE : « Les pollinisateurs sont en danger. Même si les pesticides ne sont pas l'unique cause de leur déclin, nous devons pour les sauver mettre toutes les chances de notre côté, et donc stopper impérativement l'utilisation de produits qui, comme le Cruiser, sont officiellement reconnus dangereux pour les abeilles. »

Signez la pétition pour l'interdiction immédiatement du Cruiser et la réduction de moitié de l'usage des pesticides en France :
http://www.fne.asso.fr/fr/actualites/petitions.html

FNE sera représentée par Claudine Joly, qui sera disponible en sortant de réunion vers 17h30 pour répondre aux questions des journalistes.

25.03.2009

La Hongrie a laissé les OGM à Bruxelles

Le seul point sur lequel les cinq partis parlementaires hongrois sont d'accord, c'est la culture du maïs génétiquement modifié. La Hongrie a remporté un grand succès le 2 mars, lors de la Réunion des Ministères de l'Environnement: la Commission Européenne proposait de supprimer l'interdiction de la culture du maïs génétiquement modifié, le dénommé le Mon810. La plupart des pays, aux côtés de la Hongrie, ont voté contre la suppression de cette interdiction.

Le maïs Mon 810 est une espèce qui a été génétiquement modifiée afin qu'il produise lui-même son propre pesticide contre le parasite du maïs. Mais en Hongrie ce type de parasite fait beaucoup moins de dégâts que dans les autres pays européens. C'est pourquoi les experts soulignent que l'avantage apporté par le Mon810 est peu significatif, d'autant plus qu'on ne sait pas encore si le poison qu'il produit n'est pas nocif également pour la terre arable. Ce qui est sûr en revanche, c'est que celui-ci fait plus de dégâts dans l'atmosphère que les traitements insecticides habituels et, selon une étude publiée la semaine dernière, il diminuerait également la fertilité des sols. Il est par ailleurs encore impossible de savoir comment le corps humain va réagir dans 20 ou 30 ans avec la consommation de ce type de légume.

Pour étayer son argumentation devant la Commission Européenne, le gouvernement a réalisé une étude en secret sur le Mon 810 afin de démontrer ses effets nocifs. Suite au succès de la présentation de ce dossier, plusieurs quotidiens hongrois l'ont présenté comme une compensation du refus d'annuler les dettes, début mars. En 2007, la Commission avait déjà réalisé une étude sur ce sujet: ses conclusions tendaient à démontrer que le Mon810 n'avait pas d'effets nocifs. Mais le gouvernement a estimé qu'une deuxième étude était toutefois nécessaire, car la première n'avait pas examiné ses effets sur la terre arable. Cependant, cette étude présentée à Bruxelles par la Hongrie n'est pas officielle.

L'interdiction de la culture des OGM avait été adoptée par la Commission en 2005. Deux ans plus tard, celle-ci cherchait déjà à revenir sur cette interdiction, mais les pays membres de l'Union Européenne ont suivi la Hongrie qui, tout comme la France, l'Autriche et la Grèce, persiste dans leur refus d'intégrer les OGM à leur agriculture. La majorité des consommateurs européens refusent également les produits OGM. La Hongrie, le deuxième producteur européen de maïs, souhaite se maintenir à cette place, non seulement pour la quantité mais aussi pour la qualité du maïs qu'elle propose. Elle a en effet plus de chances d'écouler sa production sur le marché européen si elle n'introduit pas les OGM.

Si 70% de la population hongroise s'opposent à l'utilisation des OGM dans l'agriculture, les études agroalimentaires vont dans le même sens. Le responsable de la campagne Greenpeace a par ailleurs souligné que la Commission Européenne ne cherchait pas l'intérêt des pays membres mais plutôt celui des entreprises biotechniques qui sont, selon lui, «au-dessus des nations». «Tu es ce que tu manges!» dit un célèbre dicton. Chacun a encore le droit et la chance de pouvoir décider ce qu'il veut consommer. Jusqu'à quand ?

(Source : Le Journal Francophone de Budapest - Eszter Kocsis)

18:37 Publié dans Thème : OGM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, europe, hongrie, mon810, monsanto, pesticides, santé, agriculture | |

20.03.2009

4ème semaine pour les alternatives aux pesticides !

La Semaine pour les Alternatives aux Pesticides, un événement issu de la société civile qui chaque année prend de l’ampleur et s’étend hors de nos frontières.
Du 20 au 30 mars, de multiples acteurs prouvent qu’on peut et qu’on doit se passer des pesticides.

76000 tonnes de pesticides rien pour la France, soit 1/3 de la consommation de l’UE, et des conséquences néfastes pour la santé et l’environnement…heureusement beaucoup d’alternatives pour se passer de ces produits toxiques ! Nous le prouvons lors de la Semaine sans pesticides !

Las de se trouver confronter à des décideurs qui parfois ne l’entendent pas et à des industriels qui prétendent que sans pesticides nous risquons la famine, l’ACAP et ses partenaires, ont décidé de se prendre en main et de lancer la semaine pour les alternatives aux pesticides. Pourquoi cette Semaine? Pour prouver que le progrès n’est pas dans la chimie de synthèse mais bien dans des systèmes alternatifs intelligents qui combinent une bonne dose d’observation, d’anticipation et de prévention, le tout associé à des techniques et un savoir-faire permettant de préserver l’Homme et son environnement.

Déjà près de 350 évènements rien qu’en France ! A la veille du lancement de la Semaine pour les alternatives aux pesticides, nous recensons déjà près de 350 manifestations partout en France. 13 autres pays se joignent à la France durant cet événement (Belgique, Cameroun, Tunisie etc.). Des centaines d’organisations différentes proposent des actions variées et destinées à des publics diverses. L’ACAP se félicite de cette vitalité et de cette volonté forte de ses membres de prouver que de nombreuses alternatives aux pesticides existent et qu’il est temps de les développer à grande échelle.

Au programme de cet évènement unique : des conférences débats, des projections de film : « Pesticides, non merci », «BioAttitude sans Béatitude », « Nos enfants nous accuseront », «Herbe », « Homotoxicus», etc., des expositions, des spectacles , des visites de fermes et de jardins bio, des formations sur le jardinage, l’agriculture ou les espaces verts sans pesticides, de l’information ludique et instructive, des actions dans les écoles, collèges et lycées avec une information et la dégustation de produits bio,

et bien d’autres événements encore près de chez vous!

Pour en savoir plus rendez-vous sur
http://www.semaine-sans-pesticides.fr

Participez à la campagne de carte postale lancée durant la Semaine sans pesticide et demandez à votre maire de stopper l’usage des pesticides dans votre commune ! Plus d’informations sur www.pesticidescancer.eu

Faites connaître cet événement en diffusant à vos carnets d’adresses le petit clip de promotion de la semaine sans pesticides
http://www.dailymotion.com/video/x8mmq4_semaine-sans-pest...

21:20 Publié dans Thème : ENVIRONNEMENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, agriculture, santé, pesticides | |

15.01.2009

Le Parlement européen bannit 22 substances pesticides dangereuses

Les eurodéputés ont ouvert la voie, mardi 13 janvier, à l'interdiction dans l'Union européenne d'une vingtaine de substances entrant dans la composition des herbicides, fongicides et insecticides.

 

Considérées comme cancérigènes, toxiques pour la reproduction ou ayant des effets perturbateurs sur le système endocrinien, beaucoup sont produites par les géants de l'industrie chimique allemande, Bayer et BASF.

 

Saluée par les écologistes comme l'une des législations les plus restrictives au monde en matière de pesticides, l'adoption de cette liste noire est "une victoire des Verts et des environnementalistes qui ont su collectivement résister aux énormes pressions" de l'industrie, s'est félicitée l'Italienne Monica Frassoni, coprésidente du groupe des Verts au Parlement européen.

 

Fruit d'un compromis avec les 27 Etats membres, le texte entre en vigueur dès 2009. Deux fongicides (le Carbendazim et le Dinocap) seront interdits dès cette année, mais les dernières autorisations pour certains produits aux effets perturbateurs sur le système endocrinien n'expireront pas avant 2018.

 

"CONSÉQUENCES NEUROLOGIQUES ET IMMUNOLOGIQUES GRAVES"

 

"Il s'agit de 22 substances sur 500, soit moins de 5 %", expliquait le 18 décembre l'eurodéputée verte allemande Hiltrud Breyer, en marge d'une conférence de presse. Les industriels du secteur phytosanitaire annonçaient l'interdiction de 40 % des substances. "C'est une honte. On a abusé [des agriculteurs] avec des informations erronées. (...) Maintenant, l'industrie a toutes les raisons d'innover pour fabriquer des produits sûrs", avait-elle insisté.

 

Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) a salué la nouvelle législation dans un communiqué, mais regrette que les débats aient dilué certaines restrictions initialement imposées à des produits susceptibles de "conséquences neurologiques et immunologiques graves pour le développement prénatal des enfants". Le MDRGF déplore l'absence de "mesure forte pour protéger les résidents des milieux agricoles exposés aux pulvérisations de pesticides", de "zone tampon" près des cours d'eau et d'interdiction "pure et simple" de l'usage des pesticides en milieu urbain.

 

(Source : Le Monde.fr)

 

Le site du MDRGF: un site qui vous informe sur les pesticides, les OGM, l'agriculture biologique, l'environnement....

12.01.2009

Au Ciné'Fronton - Mardi 13 janvier à 21h : "Nos enfants nous accuseront", un documentaire militant contre le tout-pesticide

nos enfants nous accuseront.jpgDans le village de Barjac, le maire a décidé de passer la cantine scolaire au bio. Accompagné du journaliste de Marianne Périco Légasse, le réalisateur Jean-Paul Jaud en a tiré un documentaire à charge contre les dérives chimiques de l’agriculture qui menacent la santé de chacun.

 

Le soleil et les collines de carte postale qui entourent Barjac, petite commune du Gard, ne laissent pas deviner que dans ce bourg rural, comme dans tant d’autres, cancers et leucémies se sont multipliés ces dernières années, remplissant l’hôpital de la Timone, à Marseille, d’agriculteurs et de fils de paysans. Mais ici, le maire a décidé de réagir et de frapper le mal à la source: la nourriture. Puisant les crédits municipaux, il a fait passer la cantine de l’école et des maisons de retraite au bio. Car comme le réalisateur du film Nos enfants nous accuseront , qui conte cette résistance, le maire de Barjac en est persuadé : ce sont les pesticides déversés dans les champs qui menacent la santé des enfants et des adultes de son village.

Avec le journaliste de Marianne Périco Légasse, que la caméra suit tout au long de l'enquête, le réalisateur explore une piste négligée par les médias de masse : et si le bio n’était pas un privilège de classe, réservé à une frange bourgeoise de la société française ? De l’hémicycle de l’Unesco où est exposé le terrible renversement démographique qui verra la prochaine génération vivre en moins bonne santé que la précédente, aux assiettes des petits Barjacois, ce documentaire montre que le chemin n’est pas si long et que le suivre pourrait bien avoir des effets prodigieux en matière de santé publique.

Si des réserves demeurent dans la communauté scientifique, les études sont chaque jour plus nombreuses qui lient les concentrations de pesticides dans les aliments et l’eau et le nombre de cancers, leucémies et autres maladies respiratoires. La Mutualité sociale agricole même, qui assure de nombreux agriculteurs, a constaté une augmentation des cancers chez les cultivateurs exposés aux insecticides phosphorés. Alors que la France est le deuxième plus gros utilisateur de pesticides au monde après les Etats-Unis, Nos enfants nous accuseront pose la seule question qui vaille dans ce débat : celle de la volonté politique.

Au Ciné'FRONTON - Mardi 13 janvier à 21h

(près de la Mairie - route de Villaudric)

Nos enfants nous accuseront est sorti dans les salles le 5 novembre 2008.

Retrouvez cet article sur Marianne2.fr


nos_enfants_nous_accuseront
envoyé par beloutte

23:12 Publié dans Thème : SANTE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, pesticides, santé, environnement | |

Les produits bio dans la restauration collective

L’agriculture biologique garantit qu’aucun engrais chimique et aucun traitement (pesticides, insecticides) n’ont été utilisés au cours de la production. Tous les intrants sont remplacés par des composés naturels, que ce soit pour les engrais, la chasse aux ravageurs ou l’élimination des mauvaises herbes. Au-delà de la qualité nutritive et gustative de ces aliments biologiques, leur achat permet de soutenir un mode de production plus respectueux de l’environnement, qui limite la diffusion des substances toxiques dans le sol, les nappes phréatiques et l’atmosphère.

 

 

Un article de Marc Laimé repris du site "eaux glacées et publié sous licence creative commons le 26 décembre 2008

 

Les produits bio ne représentent encore qu’à peine 2,5% du chiffre d’affaires de la grande distribution en France. En dépit d’un réel engouement du public, les produits font défaut.

En diminuant les primes à la conversion des terres agricoles, l’Etat a grippé la machine à produire ces aliments exempts de pesticides. Aussi les enseignes qui se sont engagées à augmenter de 15% par an leurs ventes estampillées « AB » (agriculture biologique), en signant une convention post-Grenelle de l’Environnement le 28 janvier 2008 vont-elles devoir s’approvisionner à l’étranger.

 

La recherche de volumes menace aussi de déséquilibrer les filières de commerce équitable, depuis que toutes les enseignes ont entrepris à l’été 2007 de vendre sous leurs marques propres des produits certifiés Max Havelaar. Et la barrière du prix demeure bien réelle pour les produits « verts ».

Si les consommateurs se disent prêts à payer un aliment bio 11% plus cher que son équivalent conventionnel, cette bonne intention reste loin des prix affichés dans les rayons. Car dans les grandes surfaces, les prix des produits issus de l’agriculture biologique sont demeurés, en 2007, supérieurs d’un tiers à ceux du produit conventionnel vendu par une grande marque, et près de 50% plus cher que le prix de la marque distributrice.

 

Les collectivités qui ont expérimenté les produits bio en cantine scolaire se sont aussi parfois heurtées aux contraintes du Code des marchés publics, qui rendaient difficile l’achat de produits locaux.

Par ailleurs la mise place de repas à base de produits issus de l’agriculture biologique dans le secteur de la restauration scolaire se heurte à des freins psychologiques. La culture même de la restauration collective implique souvent de privilégier la quantité et beaucoup de protéines animales. Si l’on fait la même chose avec des produits bio, on explose les budgets.

 

Une dynamique affirmée

 

Le nombre de repas bio servis en restauration collective en 2004 était estimé à 4 millions. Il aurait atteint 6 millions en 2006. De nombreuses collectivités, départements et régions prennent localement de fortes initiatives, particulièrement dans le Grand Sud et le Grand Ouest, où la filière de l’agriculture biologique est la plus développée.

 

Le développement des produits bio en restauration collective implique une évolution des mentalités vers des repas différents, composés de davantage de légumes, de céréales, et nécessite de travailler avec des produits frais plutôt que tout préparés. Aujourd’hui mal informé et peu formé, le personnel peut éprouver au départ une certaine méfiance qu’il faut surmonter.

 

Face aux craintes qui peuvent aussi se faire jour en matière d’approvisionnement, le défi du développement de filières locales conditionne pour une grande partie la croissance d’une pratique qui suppose aussi que soient mises en œuvre d’importantes campagnes de formation et de sensibilisation de tous les intervenants concernés, gestionnaires, cuisiniers, équipe éducative, et bien sûr enfants et parents, concernés au premier chef.

 

A l’image du Conseil général de l’Isère, investi dans une action qui concerne 35 collèges du département, qui, pour parvenir à modifier en douceur les habitudes alimentaires des collégiens, leur propose des actions éducatives : tables de découverte pendant les repas, visites d’exploitations agricoles, conseils de diététiciens, animations, qui vont de pair avec une information des parents d’élèves et des enseignants, via la presse, des réunions et des dégustations.

 

Des labels pour s’y retrouver

 

- La marque Agriculture biologique française est délivrée par le ministère de l’Agriculture pour des produits alimentaires d’origine animale ou végétale. Le contrôle des exploitations est réalisé par des organismes indépendants agréés par l’Etat.

- La marque Agriculture biologique européenne est le label bio officiel de l’Union européenne.

- Le label de Nature et Progrès, fédération internationale pionnière de l’agriculture biologique, regroupe des producteurs, des transformateurs et des consommateurs.

 

Les collectivités qui innovent

 

Lons-le-Saulnier développe une filière d’agriculture biologique pour améliorer la qualité de son eau, avec pour objectif de créer des débouchés pour les productions bio et de favoriser ainsi des cultures qui ne pollueront pas la nappe phréatique. La ville a donc introduit la pain bio dans son restaurant municipal qui fournit les repas des écoles. Les céréales nécessaires à sa confection sont produites par un agriculteur dont l’exploitation est située dans le périmètre de captage des eaux ; le pain bio augmente le coût d’un repas de 2 centimes, mais traiter l’eau après pompage revient à 30 centimes par m3, le calcul montre donc qu’il est moins cher de faire du bio. Pour fournir d’autres débouchés à la filière, la collectivité a passé des conventions avec des éleveurs, producteurs du comté bio du plateau jurassien, dont le bétail peut approvisionner régulièrement les restaurants municipaux en viande bio et en laitage.

 

La communauté d’agglomération de La Rochelle a décidé de valoriser les huiles de cuisine issues des cantines et de la restauration, et de les utiliser comme carburant pour les véhicules municipaux. Les vidanges sauvages de friteuses, écoulées dans les canalisations d’eau usées, constituent des dépôts qui finissent par colmater les réseaux. Par ailleurs les graisses, lors de leur dégradation, produisent de l’acide sulfurique, une substance toxique. C’est en s’inspirant d’initiatives menées en Allemagne, en Suisse et en Autriche, que la collectivité a développé cette initiative, jusqu’ici unique en France, puisque les pouvoirs publics brident l’utilisation d’huile végétale comme biocarburant, et privilégient la filière de l’éthanol. Outre la restauration collective des scolaires, près de 300 professionnels de la restauration pourraient être intéressés par un projet qui représente un gisement potentiel de 175 000 litres par an, qui permettrait de couvrir largement les besoins du parc de poids lourds des services de l’assainissement et des déchets. Une unité de recyclage est en cours de construction et une étude a été engagée pour définir notamment le prix de la collecte, un élément crucial pour emporter l’adhésion des professionnels de la restauration, qui réclament depuis longtemps une filière de valorisation des graisses.

A Langouet, en Ille-et-Vilaine, la municipalité a introduit en 2004 les repas bio dans les cantines, de la maternelle jusqu’au CM2. Une cinquantaine d’élèves de ce bourg de 540 habitants sont concernés. La ville a opté pour le tout bio, en réalité 80% puisque le poisson ne peut être labellisé, et que le pain est acheté à la boulangerie locale, car c’est plus simple en matière d’approvisionnement et moins coûteux. Pour obtenir une garantie d’approvisionnement, la ville a signé une convention avec un groupement de producteurs bio de la région. Elle a aussi engagé une seconde cuisinière car beaucoup plus de plats sont désormais préparés sur place. Le budget est identique car les menus ont été révisés. Ils comportent moins de viande, plus de légumes, et aussi de plats cuisinés en fonction des saisons, comme des salades de fruits ou des gâteaux. Les enfants semblent avoir été conquis, car ils ont depuis lors créé un potager...

 

(Source : Brest-ouvert.net)

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02.12.2008

Diminuer de 50 % les pesticides, une révolution

Scientifiques et médecins sont de plus en plus nombreux à s'interroger sur l'impact de ces molécules pour la santé et l'environnement. Il a fallu du temps. Presque cinquante ans depuis la parution en 1962 du Printemps silencieux aux États-Unis. Ce livre rédigé par la biologiste Rachel Carson dénonçait les effets de la chimie sur l'environnement. Et contribua à l'interdiction du DDT.

L'innovation est possible

La France - première puissance agricole européenne - est aujourd'hui face à un redoutable défi. « C'est la chimie qui a contribué à l'amélioration spectaculaire des rendements au XXe siècle », rappelle Bruno Parmentier, directeur de l'École supérieure d'agronomie d'Angers. Mais aujourd'hui, un peu partout dans le monde, la cote d'alerte est atteinte : sols épuisés, rivières empoisonnées. « Il faut réconcilier agronomie et écologie », insiste cet ingénieur des Mines, auteur du livre Nourrir l'humanité.

C'est possible ? Oui, mais ce sera compliqué. Très compliqué. Car c'est bien d'une révolution qu'il s'agit. Pour les paysans, les chercheurs mais aussi les consommateurs friands de fruits et légumes sans défauts.

La recherche publique avec l'Inra met aujourd'hui les bouchées doubles pour franchir l'obstacle. De petites sociétés innovantes s'appuient sur la richesse de la nature. Et ça marche ! À Saint-Malo, Goëmar vend des extraits à base d'algues pour muscler les défenses naturelles des plantes. À Quimper, Agrauxine s'appuie sur les ressources insoupçonnées de micro-organismes (des champignons) pour prendre le relais de la chimie après l'interdiction de l'arsenite de sodium. « Mais il faut six ans en moyenne pour que ces produits naturels soient homologués », souligne Michel Pronost, le fondateur d'Agrauxine. Il faudra plusieurs années pour que le Grenelle de l'environnement donne tous ses fruits.

(Source : Ouest France - Patrice MOYON)

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25.11.2008

Ce soir, sur ARTE : Pesticides... Danger !!

La chaîne de télévision ARTE diffuse ce soir un documentaire intitulé «Mâle en péril», mettant en cause l'impact des composés chimiques sur la fertilité masculine.

Le reportage confirme notamment que dans l'ensemble des pays industrialisés et depuis 50 ans, la production de spermatozoïdes dans l'espèce humaine diminue en quantité et en qualité.
Dans un même temps, le nombre de cancers du testicule ne cesse de croître dans les pays occidentaux et le nombre de malformations congénitales de l'appareil reproducteur masculin augmente également.

Sur le banc des accusés : certaines substances chimiques comme les phtalates, les pesticides ou encore le Bisphénol-A. Contenues dans tous nos produits du quotidien (bouteilles en plastique, boîtes de conserve, biberons, cosmétique, peinture…), ces substances agiraient sur le système endocrinien et provoqueraient une «féminisation» du monde…

Réalisée par Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, l'enquête sera diffusée sur ARTE le mardi 25 novembre 2008 à 21 heures.

13:51 Publié dans Thème : SANTE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : pesticides, modem | |