26.05.2010

Mobilisation contre les sables bitumineux

Alors que l'exploitation des sables bitumineux, dont l'impact sur l'environnement est très préoccupant, bat son plein, les associations environnementales font campagne pour tenter de mobiliser les populations et convaincre les entreprises pétrolières d'y renoncer.

Depuis quelques années, la province de l'Alberta au Canada, fait l'objet de toute l'attention des compagnies pétrolières et des associations environnementales. Car la première région pétrolière du pays regorge d'un nouveau type de pétrole : les sables bitumineux (ou sables d'huile), soit un mélange de bitume, de sable, d'argile minérale et d'eau. Depuis le lancement de leur exploitation en 2007, plus de 6 milliards de barils ont été produits mais ce n'est qu'un début : la province abriterait encore 174 milliards de barils récupérables et jusqu'à 1,7 trillons -plus difficilement exploitables- plaçant le Canada au deuxième rang des producteurs d'hydrocarbures après l'Arabie Saoudite. De quoi « faire repartir l'économie du pétrole, car c'est largement plus que tout ce qui a été consommé jusqu'à présent », note Aloys Ligault, chargé de la Responsabilité sociale des entreprises pour les Amis de la Terre. Car si l'Alberta constitue un test pour l'industrie pétrolière, d'autres gisements sont regardés avec attention, e, République du Congo, au Venezuela, à Madagascar, en Russie, en Jordanie ou en Egypte...

Une exploitation dégradant l'environnement

Le problème, largement dénoncé par les ONG, vient du fait que l'exploitation de ces sables est particulièrement nocive pour l'environnement et les populations locales de cette partie du Canada, grande comme l'Angleterre. Pour le moment, deux techniques sont employées par les compagnies : soit le bitume est extrait du sable en surface grâce à un procédé de séparation à eau chaude (mines à ciel ouvert avec bassins de décantation), soit il l'est en injectant de la vapeur d'eau à haute pression en profondeur. Or ces deux procédés consomment ou énormément d'eau - jusqu'à 4 barils pour produire en 1 de pétrole-, ou d'énergie - trois à quatre fois plus que celle utilisée pour le pétrole classique. Le tout en rejetant 3 à 5 fois plus de gaz à effet de serre que pour les hydrocarbures traditionnels et en détruisant les puits de carbone que sont les 4 millions d'hectares de forêt et toundra boréales.

« Quand j'étais petite j'avais l'habitude de pêcher et de boire l'eau de la rivière. Puis j'ai quitté la région pendant une dizaine d'années et, quand je suis revenue, il n'y avait plus rien de ce que j'avais connu étant petite », relate ainsi Eriel Tchekwie Deranger, chargée de campagne pour Rainforest action network (RAN) et descendante de la « première nation » Dené dans l'Alberta du Nord. « Une partie de la forêt boréale est aujourd'hui détruite mais ce n'est pas seulement une dégradation de l'environnement ; cela a des conséquences sur les populations aussi. Nous ne pouvons plus pêcher ni chasser car l'eau est polluée à l'arsenic et au mercure ce qui contamine l'ensemble de la chaîne alimentaire et provoque des cancers et autres maladies chez les populations locales. C'est aussi la négation de notre culture : l'exploitation des sables bitumineux est un génocide culturel envers les premières nations », dénonce-t-elle, lors d'une conférence de presse qui marque le début d'une campagne de sensibilisation par le collectif Urgence climatique et les Amis de la Terre.

Au Canada, plusieurs actions en justice sont ainsi menées par plusieurs premières nations qui attaquent le gouvernement ou la province pour non respect de leur droit à être consultées ou de leur droit à chasser et pêcher, droits qui leurs ont été garantis en échange de la cession de leurs terres. Et Ottawa fait également l'objet d'une plainte déposée devant l'Alena (association de libre échange nord américain) par des groupes environnementaux qui lui reprochent de permettre aux compagnies pétrolières de l'Alberta de polluer les cours d'eau... Mais tous, pourtant, ne sont pas opposés à cette exploitation des sables bitumineux. Car celle-ci rapporte gros, en infrastructures, en emplois (bien payés), ou en dollars, à la fois à la province de l'Alberta et au Canada...

Un enjeu économique colossal

Un rapport du Canadian Energy Research Institude (CERI) publié en juillet 2009 évalue ainsi que « chaque dollar investi dans les sables bitumineux crée environ 8 $ d'activité économique, une bonne partie à l'extérieur de la province de l'Alberta, au Canada, aux Etats-Unis et partout dans le monde », souligne l'association canadienne des producteurs pétroliers dans un communiqué. Pour le moment 112 000 emplois en dépendraient au Canada, ce chiffre devant dépasser les 500 000 au cours des 25 prochaines années. Le CERI estime aussi que les revenus gouvernementaux annuels issus de cette production s'élèvent à 19,6 milliards de dollars et pourraient atteindre annuellement 68 milliards $ au cours des 25 prochaines années...

Autant dire que le gouvernement canadien n'est pas prêt à lâcher son or noir. Et pour compenser des coûts d'extraction extrêmement élevés - de 20 à 50 dollars le barils contre 2 ou 3 $ seulement pour le pétrole d'Arabie Saoudite-, celui-ci a même mis en place une fiscalité extrêmement intéressante pour les compagnies pétrolières du monde entier qui se pressent à l'Alberta...Shell et BP arrivent en tête, mais Total essaye également de se placer dans le jeu. Dans une interview sur le site du groupe, son président, Christophe de Margerie, explique que « les sables bitumineux sont un élément majeur de notre stratégie parce que nous considérons qu'ils seront nécessaires pour satisfaire la demande en carburant dès la prochaine décennie. Il est de notre responsabilité d'industriel de contribuer à leur développement en apportant les technologies adéquates et en respectant les contraintes environnementales, notamment en réduisant les émissions de CO2 et en favorisant le recyclage de l'eau. » C'est aussi peu ou prou ce qu'auraient déclaré les représentants de Total au collectif Urgence climatique lors d'une réunion officieuse sur le sujet.

Quoi qu'il en soit, multiplier les déclarations sur de nouvelles technologies plus respectueuses de l'environnement, ne suffira pas à freiner la mobilisation de la société civile. Si le sujet est émergent en France, il est beaucoup plus présent dans les pays anglo-saxons. Des résolutions d'actionnaires demandant l'arrêt des projets de sables bitumineux ont ainsi été examinées - sans succès- aux assemblées générales (voir article lié) de Shell, Statoil, ExxonMobil, BP et ConocoPhilipps (qui travaille avec Total). Et les ONG multiplient les actions symboliques, tels les Amis de la Terre, qui ont manifesté devant le siège de Total pendant son assemblée générale, à laquelle- même s'ils sont actionnaires- on ne les laisserait plus entrer. Avec le collectif Urgence climatique, l'association entame aussi un tour de France pour sensibiliser les citoyens, les députés (mais seul Yves Cochet, déjà largement acquis à la cause, les a rencontrés), ainsi que les entreprises et les banques qui financent ces projets, comme la Société Générale et le Crédit Agricole.

(Source : Novethic.fr)

22.03.2010

Résidus médicamenteux dans l'eau : quels effets ?

Avec plus de 3300 médicaments humains et vétérinaires mis sur le marché, la France est le plus gros consommateur de médicaments en Europe. Or, cette surconsommation n'est pas sans conséquences sur l'environnement, et sur la santé humaine. Car ces résidus se retrouvent dans les eaux usées, et les stations d'épurations ne sont pas conçues pour les éliminer.

En 30 ans, les dépenses des Français consacrées aux médicaments ont augmenté de 450%. Consommées à domicile ou en hôpital, ces molécules thérapeutiques se retrouvent in fine dans les eaux usées. Et leur concentration ne cesse de croître. Comme le souligne le docteur Patrice Halimi, secrétaire général et co-fondateur de l'Association Santé Environnement France, « aujourd'hui, avec le développement de l'hospitalisation à domicile et de l'auto-médicamentation, tout le monde est potentiellement émetteur de résidus médicamenteux. Du coup, on retrouve, à la sortie des stations d'épuration, des traces d'antibiotiques, de béta-bloquants, d'antidépresseurs, d'anti-inflammatoires... ».
Les trois types de molécules les plus présentes dans nos cours d'eau sont en fait les œstroprogestatifs, conséquence de la consommation croissante de pilules contraceptives, les tranquillisants, la France étant le plus gros consommateur d'antidépresseurs au monde, et les anti-cancéreux, du fait du développement de l'hospitalisation à domicile. Or, non seulement ces médicaments sont conçus pour être actifs à faible dose, mais en plus, ils présentent une biodégradabilité très variable (de 10 à 90%). Autrement dit, leur présence dans les eaux, même à faible concentration, peut s'avérer toxique sur le long terme. D'après Patrice Halimi, la communauté scientifique et les pouvoirs publics intègrent peu à peu cette nouvelle donne : « on sort d'une logique de pollution aigüe à une logique d'imprégnation permanente. » D'ailleurs, plusieurs études scientifiques soulignent déjà l'impact de ces cocktails de molécules sur la faune et la flore aquatiques, certaines espèces présentant une féminisation de leurs caractères sexuels.

Développer la connaissance scientifique

En revanche, l'effet sur la santé humaine reste mal connu. Or, Patrice Halimi en est convaincu : « il faut que les spécialistes de l'eau, les médecins et les vétérinaires se rencontrent et échangent leurs savoirs ». Dans le cadre du deuxième Plan National Santé Environnement, les pouvoirs publics se sont donc engagés à « améliorer la connaissance et réduire les risques liés aux rejets de médicaments dans l'environnement. » Au point d'élaborer un plan spécifique, le Plan National sur les Résidus Médicamenteux (PNRM), dont le comité de pilotage a été mis en place fin novembre 2009. Chapeauté par les ministères en charge de la santé et de l'environnement, ce comité rassemble effectivement les agences sanitaires françaises, les ordres nationaux des pharmaciens, médecins et vétérinaires, les fédérations d'établissements hospitaliers, mais aussi des associations de consommateurs et de protection de l'environnement. Également associé à ce comité, le Leem, syndicat national des entreprises du médicament, collabore avec l'Afssa* et l'Afssaps** sur des travaux de recherche. Claire Sibenaler, chargée de mission sur les résidus médicamenteux, en témoigne : « nous sommes auditionnés par les agences sanitaires, et nous sollicitons les industriels adhérents au Leem pour qu'ils exposent leurs pratiques. Par ailleurs, certains d'entre eux financent des thèses de recherche sur les résidus médicamenteux. »

Organiser le recyclage

Déjà en 1993, le Leem avait mis en place, sous l'impulsion réglementaire, le dispositif Cyclamed pour récupérer et incinérer les médicaments non utilisés. Soumis à une nouvelle réglementation qui oblige les producteurs à collecter et valoriser les « déchets d'activités de soins à risque infectieux » (DASRI), notamment utilisés par les diabétiques, le Leem travaille donc à la création d'un éco-organisme spécifique. Mais comme le souligne Delphine Caroff, chargée de mission RSE, « ces obligations réglementaires de plus en plus contraignantes ont un coût. Or, nous sommes le seul secteur en France à être soumis à un prix administré, donc tous les coûts environnementaux sont supportés par les entreprises. » Un appel à la mise en place d'aménagements économiques.

Renforcer les critères d'autorisation pour la vente de médicaments ?

Mais pour Patrice Halimi, il est également nécessaire de « faire de la biodégradabilité un véritable critère d'autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les entreprises du médicament. » L'impact environnemental des médicaments est effectivement pris en compte dans les procédures d'AMM, puisque depuis 2006, tous les nouveaux médicaments européens doivent répondre à une évaluation éco-toxicologique élaborée par l'European Medicines Agency. Pour autant, comme l'explique Claire Sibenaler, «cette évaluation n'est pas un critère déterminant pour l'obtention de l'AMM : les autorités peuvent valider l'AMM quels que soient les résultats ». Tout au plus exige-t-elle des mesures de précaution, telles que l'incitation à retourner les médicaments non utilisés à la pharmacie pour incinération.

(Source : Novethic.fr)

10:45 Publié dans Thème : ENVIRONNEMENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pollution, médicament, environnement, recyclage | |

16.01.2010

Santé - Exposition record aux polluants chimiques dans les voitures

L'odeur si caractéristique que dégage l'intérieur des voitures neuves cache un dangereux cocktail chimique. Des tests effectués en Allemagne montrent non seulement une concentration, mais aussi des taux record d'émissions de polluants dans l'habitacle des automobiles. Les constructeurs recommandent... d'ouvrir les portières.

Plus d'une centaine de substances chimiques ont été relevées dans l'habitacle de trois voitures (deux neuves, une d'occasion) de constructeurs différents. Les examens ont également montré un taux d'émission dépassant de loin les recommandations en vigueur de la médecine environnementale en Allemagne. Matières plastiques, laques, colles, textiles, cuir artificiel, etc..., la liste des produits incriminés est longue.
Depuis longtemps sensibilisé à la thématique de la pollution intérieure, le public allemand a pu découvrir à une heure de grande écoute combien l'air intérieur de leurs véhicules était pollué. Car c'est la deuxième chaîne de télévision allemande, la ZDF, et non un organisme officiel qui a procédé aux examens - avec un résultat  édifiant : les tests ont en effet montré une concentration de composés organiques volatils (VOC) atteignant 15 000 microgrammes par mètre cube. L'institut de recherche écologique allemand pose, lui, une limite à l'exposition aux VOC de...100 microgrammes par mètre cube avant d'atteindre le seuil de toxicité. 

« Intolérable »

De plus, un perturbateur endocrinien, le N-Methyl-Pyrrolidon, ainsi qu'un composé chimique hautement cancérigène, le dichlorpropanole, ont également été décelés, et cela, à une concentration allant jusqu'à 80 microgrammes par mètre cube. « Personnellement, j'ai été surpris de trouver ce composé », rapporte Peter Braun, du laboratoire d'analyse ALAB qui a mené les examens pour la ZDF. « Et j'ai été effrayé de trouver ce composé à une telle concentration ». Pour l'analyste, le seuil des 80 microgrammes n'est pas tolérable, que ce soit dans l'habitacle d'un véhicule ou dans l'air intérieur d'une maison. « Il s'agit d'un composé cancérigène », explique-t-il. « Il est classé comme très dangereux et n'a rien à faire dans l'entourage des hommes, a fortiori dans l'air que nous respirons ».

Cela fait plus de dix ans que le chercheur Hermann Kruse, toxicologue à l'université de Kiel, analyse le phénomène de pollution intérieure - dans l'habitat comme dans les automobiles. Et il ne manque pas de mettre en garde contre des « troubles graves de la santé » dus aux expositions de VOC et autres composés chimiques dans les véhicules : troubles respiratoires, maux de tête, mais aussi sentiment de torpeur, nausées, problème de concentration... Autant de symptômes qui peuvent affecter la conduite et bien sûr, la santé des conducteurs et des passagers. Selon Hermann Kruse, l'industrie automobile fait encore beaucoup trop peu contre la présence de ces produits toxiques. « Certes, il y a eu quelques améliorations faites ces dernières années, mais je reste quand même très surpris de constater que ces substances problématiques demeurent dans les nouveaux modèles des concessionnaires », rapporte le scientifique. Et d'ajouter, sibyllin : « Je ne les avais plus attendus ».

« Ouvrez les portières! »

En Allemagne, il n'existe pas de seuil limite à l'exposition aux polluants chimiques dans l'intérieur des véhicules. Seuls sont pris en compte les seuils recommandés pour les intérieurs des habitats, sans pour autant contraindre les constructeurs à mettre une vignette d'avertissement. Il n'empêche, devant le nombre toujours plus grand de conducteurs sujets aux allergies et demandant des véhicules « désinfectés », le TÜV, (contrôle technique allemand), propose un service permettant d'analyser la qualité de l'air intérieur des voitures. Pour un minimum de 200 euros, une centaine de matériels et composants, notamment ceux qui entrent en contact avec la peau, ainsi que l'air intérieur, sont examinés à l'aide d'un petit appareil qui fait fonction d'aspirateur. Une fois le contrôle terminé, un sigle est apposé et un filtre installé.

Comment réagissent les concessionnaires? Daimler fait dire à la ZDF que le composé chimique dichlorpropanol n'est arrivé que « tard » dans la voiture examinée, tandis que Mazda et Skoda affirment qu'il n'y a « aucun danger pour la santé pour les passagers des véhicules ».  Et chaque constructeur de conseiller d'aérer de manière conséquente les véhicules avant de conduire.

(Source : Novethic.fr)

15:54 Publié dans Thème : SANTE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, pollution, automobile | |

03.11.2008

"Le Monde selon Monsanto" - Part. II

"Le Monde selon Monsanto" (Part.II)

monsanto part 2 - Jubii TV
la suite et fin de cet excellent documentaire
Mots-clés : danger ogm monsanto

13:05 Publié dans Thème : ENVIRONNEMENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, monsanto, modem, cap21, pollution | |

Monsanto condamné ! Pour fêter ça ... revoyons "Le Monde selon Monsanton"

Le Monde selon Monsanto (Part.I)

13:00 Publié dans Thème : ENVIRONNEMENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, monsanto, toxique, pollution | |

02.11.2008

Round Up ... l'herbicide "biodégradable" et laissant "le sol propre"! : Monsanto condamné en appel pour publicité mensongère

article_round-up.jpgLe géant américain de l'agrochimie Monsanto, condamné en première instance pour "publicité mensongère" pour son "Round Up", premier désherbant vendu au monde, devra finalement acquitter une amende de 15.000 euros, a décidé mercredi la cour d'appel de Lyon.

 

La cour a ainsi confirmé le jugement de première instance et suivi l'avocat général, qui le 1er octobre, avait estimé qu'il n'était pas nécessaire d'augmenter le montant de l'amende infligée le 26 janvier 2007 par le tribunal correctionnel de Lyon à l'encontre de l'ancien président de Monsanto Agriculture France, dont le siège est à Bron (Rhône).

 

L'ancien dirigeant est condamné pour avoir notamment présenté l'herbicide comme "biodégradable" et laissant "le sol propre". Le second prévenu, à l'époque président du conseil d'administration de Scotts France, basé à Ecully (Rhône) et qui distribue le Round Up en France, a également vu la confirmation de sa condamnation à 15.000 euros.

 

Le tribunal correctionnel de Lyon avait été saisi en 2001 à la suite d'un rapport de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (Dgccrf) et d'une plainte des associations Eau et rivières de Bretagne et Consommation, logement et cadre de vie (Clcv), parties civiles dans ce procès.

 

Le glyphosate, principale matière active du Round Up, a été classé en 1991 "dangereux pour l'environnement", notamment aquatique, par les autorités européennes, selon Eau et rivières de Bretagne.

 

Source : AFP

 

Retrouvez ce sujet sur 20Minutes.fr et Lexpress.fr

 

 

Autre article sur QueChoisir.org :

 

Pesticides - Monsanto condamné


C'était en 2000. À grand renfort de publicité, Monsanto assurait que le Round-Up était biodégradable, alors que la substance active de ce pesticide, le glyphosate, est un poison pour l'environnement et la santé. Attaqué par l'association Eau et Rivières de Bretagne et l'UFC-Que Choisir de Rennes, l'industriel vient d'être condamné à 15 000 euros d'amende.


« La justice remet les pendules à l'heure sur le Round-Up. » L'association Eau et Rivières de Bretagne (ERB) ne boude pas son plaisir. Elle vient de faire condamner Monsanto Agriculture France, producteur du désherbant Round-Up, et la société Scotts France, qui distribue le produit, à 15 000 euros d'amende chacun pour publicité mensongère. Le jugement, rendu vendredi dernier par le tribunal correctionnel de Lyon, fera l'objet d'une publication dans le quotidien « Le Monde » et dans « Maison et Jardin Revue ».

 

Pour comprendre l'ampleur de cette décision, il faut remonter six ans en arrière. En 2000, Monsanto inonde la télévision et les magazines de publicités en faveur du Round-Up, son pesticide vedette. Sans complexe, l'agrochimiste affirme que le produit est « biodégradable », qu'il « laisse le sol propre ». De quoi déculpabiliser totalement les jardiniers du dimanche, cibles de ces spots, et qui raffolent du Round-Up. « Les campagnes de publicité de Monsanto présentant à la télévision et sur les emballages le désherbant Round-Up comme respectant l'environnement ont favorisé la banalisation de l'usage de ce pesticide, le plus vendu aux jardiniers amateurs », analyse ERB.

 

Potentiellement cancérigène

 

La manoeuvre de Monsanto relève pourtant du mensonge le plus éhonté, comme le dénonce l'UFC-Que Choisir dans une enquête publiée le 1er juin 2001. Le glyphosate, matière active du Round-Up, est dangereux pour l'environnement et la santé. La Commission européenne le classe en 2001 comme « toxique pour les organismes aquatiques », entraînant « des effets néfastes à long terme pour l'environnement ». Depuis, la nocivité du glyphosate a été confirmée par plusieurs études : cette substance est un perturbateur endocrinien, qui plus est potentiellement cancérigène. Évidemment, accuse le tribunal correctionnel de Lyon, Monsanto connaissait le profil écotoxique de son désherbant avant même la diffusion de ses messages publicitaires « écolo », mais s'est bien gardé d'en faire état. Manque de chance pour l'industriel, au moment même où sa campagne est lancée, l'association ERB reçoit les résultats d'études montrant la présence massive de glyphosate dans les rivières bretonnes. Elle porte plainte.

 

Pour ERB, la condamnation de Monsanto est « une excellente nouvelle pour la protection de l'eau ». L'association rappelle que la loi sur l'eau votée en décembre dernier interdit désormais les publicités donnant une image « exagérément sécurisante » des pesticides.

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La Vidéo sur ce sujet (France3 Bretagne) :

 

Le round up de Monsanto est bien toxique - Jubii TV
Dans cette affaire, Monsanto se retrouvait une nouvelle fois face à l'association Eaux et Rivières de Bretagne.
En janvier 2007, le groupe avait été condamné en première instance pour publicité mensongère concernant son désherbant Roundup. Soit une amende de 15000 euros pour avoir indiqué sur ses flacons que le Round Up était biodégradable et protégeait l'environnement... Aujourd'hui, c'est l'appel de ce dossier qui était jugé.
Voir les reportages de France3 Bretagne
http://ouest.france3.fr/info/bretagne/47051030-fr.php
Mots-clés : monsanto round-up rennes