26.10.2009
SOCIAL - Suicide chez Thalès : des centaines de salariés devant le site de Chateaubourg
Plusieurs centaines de salariés de l'usine Thalès de Chateaubourg (Ille-et-Vilaine) étaient rassemblés lundi devant le site, dénonçant, dans une atmosphère de recueillement, les pressions au travail après le suicide d'une collègue vendredi.
Parmi les salariés dont les visages étaient graves, certains étaient revenus de vacances pour se rassembler devant le site de Thalès MicroElectronics et observer une minute de silence avant des prises de paroles.
Selon Bernard Simon (CFDT), le personnel du site est abattu. "D'autres salariés sont fragilisés, il faudra faire un gros travail pour que les gens discutent entre eux et fassent remonter leur problème", a-t-il expliqué.
Il a fustigé une direction "autiste" qui avait été alertée à plusieurs reprises. "Les managers ont fait remonter les problèmes en vain", a-t-il ajouté.
De son côté, Didier Pihouet, délégué CFTC, a dénoncé "une course au chiffre d'affaires qui stresse tout le monde" et "un défaut d'organisation". "On a tiré la sonnette d'alarme, on se sent écouté mais rien ne se passe", a-t-il dit.
Les salariés attendaient la fin de la réunion entre cinq membres de la direction de Thalès et les syndicats qui se tenait lundi matin.
Une des collègues de la salariée défunte a salué sa mémoire. "C'était quelqu'un de très humain, quand quelque chose n'allait pas, elle cherchait toujours à en connaître la raison. On l'a descendue de grade et on lui a donné un travail dévalorisant", a-t-elle raconté.
"Jadis, on travaillait plus sereinement", a témoigné une autre salarié, qui cumule 20 années d'ancienneté. "Ce qui a changé, c'est la pression que l'on sent à tous les instants pour tenir les objectifs", a-t-elle expliqué à l'AFP.
L'entreprise Thalès MicroElectronics de Châteaubourg compte 530 salariés et fabrique des puces électroniques.
Michelle Morellec, 45 ans, a mis fin à ses jours vendredi à son domicile.
À lire aussi :
Thalès met en place une cellule d'écoute après le suicide d'une salariée
(Source : La Dépêche.fr)
15:32 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : social, suicide, prévention, thales, pression morale, manager |
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05.10.2009
Pression morale au travail - Témoignage d'une ex-salariée de FRANCE TELECOM
Peut- on accepter que des « grands » responsables d'entreprise est une telle valeur de l'humain dans leur entreprise qu'il communique sur la « mode du suicide » ?
J'ai été salariée quelques mois auprès de France télécom avec à la prime la fermeture d'un plateau d'appel de près de 400 salariés sur Toulouse. Pourtant, les objectifs commerciaux étaient respectés, mais pas assez rentable semble t-il pour l'entreprise.
Déjà les restructurations avaient fait leur chemin avec des fonctionnaires qui, rentrés dans l'entreprise France Télécom comme femme de ménage ou technicien, se retrouvaient à finir leur carrière comme télé-conseillers. Comment demander à une personne dont la qualité première était de connaître et de maîtriser sur la construction des lignes ou leur entretien, qui était toute la journée en déplacement sur des chantiers de finir sa carrière non pas en transmettant son savoir faire... mais assise derrière un bureau sur un plateau téléphonique comme conseiller pour accueillir la clientèle et vendre des services au téléphone ?
Non seulement la course à la rentabilité a détruit des pans entiers de l'activité de l'entreprise dont ils n'ont plus réellement la maîtrise avec très souvent une perte de savoir faire et donc de qualité de service, mais il faut rajouter à cela la pression permanente de la productivité suivie heures par heures, commentée semaine par semaine et mois par mois avec le toujours plus... toujours mieux... de quoi faire imploser des salariés qui n'ont ni le choix ni de prédisposition à ce secteur d'activité de l'entreprise. Quel regard peut-on porter sur soi quand les résultats professionnels ne sont pas au rendez-vous et que l'on vous a mis dans une position impossible à tenir ?
Sans parler des déplacements permanents pour les cadres qui mettent en difficulté la cellule familiale, le conjoint se retrouvant forcément impacté dans son activité professionnelle, il serait grand temps que la rentabilité de l'entreprise ne passe plus par le « broyage » de salariés... la formation de nos dirigeants est sans aucun doute à revoir et au même titre que le classement des entreprises les plus rentables on pourrait envisager le classement des entreprises respectueuses de leurs salariés !
Gwen
00:39 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pression morale, travail, social, santé |
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