16.12.2009

Réforme de la formation des enseignants : « L'école publique en danger »

Hier la réforme du lycée, aujourd'hui celle de la formation des enseignants. Le tout sur fond de suppressions de postes... « et de multiplication de réformettes qui, sur le fond, n'enfoncent que des portes ouvertes ». La phrase est tout aussi dure que le regard que porte Michel Portola sur l'école de la République d'aujourd'hui. Cet ancien principal à la retraite a passé 16 ans à la tête des collèges de La Reynerie et de Bellefontaine de Toulouse. Son analyse sur ce qu'il considère comme « une casse organisée de l'école » vient d'une expérience à la fois « difficile, extraordinaire et passionnante ». Une expérience pour laquelle il est l'un des rares chefs d'établissements à avoir reçu la Légion d'honneur en France.

À la rentrée 2010, les profs seront recrutés après un master (bac + 5) et affectés immédiatement à une classe. Qu'en pensez-vous ?

On ne fabrique pas un pédagogue. Pour être prof, il faut avoir envie, être doté d'une générosité de cœur et d'une sensibilité certaine. Il faut aussi avoir reçu des clés et connaître les ficelles pour gérer l'humain. Les élèves ne sont pas des pions. Ils sont tous uniques. Comment des études universitaires privées de cet aspect essentiel de l'enseignement pourraient répondre à ce que l'on peut qualifier de mission ? Avoir un master, c'est bien. Mais que fait-on de l'humain ? Il y aura forcément des carences, des élèves encore laissés sur le bord du chemin, des profs malheureux et des gens recrutés, pas faits pour ce métier.

Quelle serait justement votre définition du métier ?

Quand on entre dans le système éducatif enseignant, on rentre dans la fonction publique, la vraie. On ne peut pas être fonctionnaire, s'arrêter dès que la cloche sonne. On est prof avant l'heure et après l'heure.

Quel regard portez-vous sur la succession des réformes ?

Chaque ministre amène la sienne, malheureusement pour souvent enfoncer des portes ouvertes et en oubliant que les jeunes ne sont pas un terrain d'expérimentation. Bien sûr, il faut faire bouger les choses pour s'adapter au monde d'aujourd'hui. Mais pas en piétinant les notions qui ont toujours porté les valeurs de la laïcité et de la République : la tolérance, la patience, le respect. Leur absence explique beaucoup de dérives de l'école d'aujourd'hui.

L'école publique est-elle selon vous en danger ?

D'ordre en contre-ordre, c'est une vraie casse du système éducatif qui est organisée. Il faut bien garder à l'esprit que l'on ne peut pas faire d'économie en matière d'éducation. C'est elle qui forme les citoyens de demain.

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18.11.2009

Taxe professionnelle : Fillon ne cède rien aux élus

Le Premier ministre arrivé sous les sifflets face aux maires, a défendu sa réforme sans convaincre la gauche.

François Fillon s'y attendait. L'accueil qui lui a été réservé au congrès des maires de France à Paris a été houleux. Le Premier ministre a été copieusement sifflé dès son arrivée dans la salle. Les élus entendaient ainsi manifester leur opposition à la réforme de la taxe professionnelle, certains ont même quitté les lieux durant son intervention. Dans la foule des élus, on entendait crier: «Ou est Sarko? Où est Sarko?». Le président de la République, en déplacement en Arabie saoudite, ne se rendra pas au congrès.

Suscitant des réactions partagées tout au long de son discours, Fillon n'est revenu en rien sur le fond des réformes des collectivités territoriales et de la taxe professionnelle qui suscitent la colère des élus. Il a concédé quelques possibles «aménagements». Il s'est surtout employé à rassurer les maires en ce qui concerne les recettes des collectivités : «Il ne s'agit pas de réduire les ressources financières des collectivités locales : elles seront confortées à l'issue de la réforme que propose le gouvernement.»

Fillon a également voulu désamorcer d'autres arguments brandis par les élus : «Il ne s'agit pas de redéployer les charges des entreprises vers les ménages: les ménages ne sont pas affectés par la réforme.» Les élus craignent que la suppression de la part investissement de la taxe professionnelle, une de leurs ressources financières principales, ne soit pas compensée intégralement, et redoutent dans ces conditions d'avoir à augmenter les impôts locaux payés par les ménages. Fillon a réaffirmé qu'il était «prêt, si nécessaire, à des aménagements en 2010 au vu des simulations complémentaires qui seront effectuées». Il a ainsi confirmé que le gouvernement «validerait un amendement au Sénat», qui examine actuellement la réforme, «nous donnant collectivement rendez-vous pour un réexamen en 2010 au vu de ces simulations complémentaires». Enfin, le Premier ministre a détaillé de manière très technique le complexe système de compensation de la Taxe professionnelle qui sera, selon lui, «plus dynamique».

Mais ce plaidoyer en faveur des projets gouvernementaux n'a pas convaincu la gauche. «C'est un bon anesthésiste, a réagi le socialiste André Laignel, secrétaire général de l'Association des Maires de France. Nous n'avons eu aucune réponse sur le fond. Circulez, il n'y a rien à voir.» En début d'après-midi, le PS avait organisé la riposte avec Martine Aubry à sa tête, distribuant des autocollants «Territoires en danger». «Nous ne laisserons pas faire cette réforme inique et anti-démocratique», a lancé la première secrétaire du PS, qui avait notamment à ses côtés l'ancien Premier ministre Laurent Fabius et Élisabeth Guigou.

Ces taxes qui posent problème

La mesure ne suffira sans doute pas à apaiser les élus. Mais ceux-ci devraient y être sensibles au moment où ils s'inquiètent de l'avenir des finances locales. François Fillon a annoncé hier qu'il entendait proposer au Parlement d'étendre à l'année 2010 le dispositif de remboursement anticipé de la TVA pour les collectivités territoriales, qui a bénéficié jusqu'à présent à 20.000 d'entre-elles. «Je sais que certains d'entre vous redoutent que l'année 2010 soit une année blanche en ce qui concerne le versement anticipé du fonds de compensation de la TVA.»

Il a donc proposé «d'assouplir» le dispositif initialement prévu par la loi de finances et «de rouvrir la même mesure en 2010». Une manière de faire un geste en direction des élus. L'État a signé 19.493 conventions avec des collectivités territoriales, permettant le remboursement de la TVA anticipé d'un an en contrepartie d'une augmentation de leurs investissements en 2009.

Ces conventions, qui représentent 54,435 milliards d'euros d'investissements prévisionnels, soit une augmentation moyenne des dépenses d'investissements de 54,16%, ont été conclues avec près de la moitié des communes (17.141), 90 départements sur 100, et 23 régions sur 26.

Répondant également à une demande de l'Association des maires de France, préoccupée par l'instauration de la taxe carbone, le Premier ministre a annoncé la création auprès de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) d'un «fonds dont le montant correspondra à la taxe carbone versée par les collectivités». Selon lui, «ce fonds contribuera à financer leurs investissements d'économie d'énergie». Le Premier ministre a ajouté : «La taxe carbone ne doit pas être un impôt nouveau mais un outil de redistribution pour améliorer l'efficacité énergétique. »

Le Premier ministre a cru bon d'apporter cette précision car, faut-il le rappeler, la taxe carbone suscite l'hostilité de nombreux élus et d'une majorité de Français interrogés par les sondages.

Le calendrier au Sénat

François Fillon a fait un geste en direction du Sénat . Participant hier à la réunion du groupe UMP au Sénat, il a donné son accord aux sénateurs de sa majorité sur le calendrier qu'ils proposent pour l'examen de la réforme de la taxe professionnelle (TP). «Je vous dis mon accord sur le calendrier tel que le Sénat le propose», a déclaré le Premier ministre.

Les dispositions de la réforme seront examinées en deux temps dans le projet de loi de finances 2010. L'article 2, qui prévoit cette réforme, sera scindé en deux.

La suppression proprement dite de la TP, son remplacement par deux nouvelles cotisations (foncière et sur la TVA) pour les entreprises et la compensation transitoire pour 2010 assurée par l'Etat pour les collectivités privées de TP seront discutées dès la fin de semaine, dans la première partie du projet de loi de finances.

La redistribution du produit des nouvelles taxes, point le plus controversé, sera examinée dans les articles non rattachés du projet de budget, c'est-à-dire début décembre. Les sénateurs seront-ils rassurés par les garanties données en la matière par François Fillon hier lors du congrès de l'Association des maires de France ? Toujours est il que c'est à la Haute-Assemblée que la bataille parlementaire risque d'être la plus rude pour le gouvernement.

(Source : La Dépêche.fr)

11.10.2009

Réforme taxe professionnelle: "un hold-up"

Le président PS de la Communauté urbaine bordelaise, Vincent Feltesse, a ouvert jeudi à Bordeaux les 37èmes journées des communautés urbaines en dénonçant un "hold-up" et un "braquage" à propos des réformes de la taxe professionnelle et des collectivités territoriales.

La réforme de la taxe professionnelle constitue un "hold-up financier" et le projet de réforme territoriale, qui doit passer en Conseil des ministres entre le 14 et le 28 octobre, est "un braquage électoral", a affirmé devant la presse M. Feltesse après avoir accueilli les congressistes venus des 16 communautés urbaines de France.

Concernant la réforme territoriale, on observe une volonté de "recentralisation très forte" et le mode de scrutin choisi pour élire les futurs conseillers territoriaux "est destiné à favoriser le parti majoritaire", a ajouté Vincent Feltesse.

Avec la réforme de la taxe professionnelle, l'agglomération perdra "13 millions d'euros la première année, 27 la deuxième et 40 la troisième: dans ces conditions, comment investir dans les services publics ?".

"C'est tout de même se foutre du monde", avait déclaré mercredi Alain Juppé le maire UMP de Bordeaux et vice-président de la CUB.

Bordeaux accueille jeudi et vendredi les 37èmes journées des communautés urbaines de France, dont la quasi-totalité des 16 présidents est attendue vendredi dans la capitale girondine.

Ces deux journées permettront "la mise en ordre de marche pour la bataille parlementaire à venir", a poursuivi M. Feltesse, évoquant "l'effarement" de ses homologues devant ce projet de réformes. Martine Aubry, première secrétaire du PS et présidente de la Communauté urbaine de Lille a qualifié mercredi ce projet d'"archaïque" et "antidémocratique".

Les communautés urbaines de France, très majoritairement dirigées par la gauche, regroupent plus de 400 communes, soit 7,4 millions d'habitants, et ont géré un budget global de 8,2 milliards d'euros en 2008.

(Source : Le Monde.fr)

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10.10.2009

Collectivités locales : la réforme qui fâche

Nicolas Sarkozy en fait une « priorité ». Mais le chantier de la réforme des collectivités territoriales, dont les quatre textes seront présentés en Conseil des ministres le 21 octobre prochain, n'est pas près d'être achevé. Non seulement il se décline en plusieurs projets de loi dont le premier ne devrait pas être examiné au Sénat avant la fin de l'année, mais il suscite une forte résistance de la part des élus, à gauche comme à droite. Cette réforme porte, entre autres, sur la création des métropoles, l'achèvement de la carte des intercommunalités pour 2013. Elle doit aussi instaurer des conseillers territoriaux (qui remplaceront en 2014 les conseillers généraux et régionaux actuels) en faisant diminuer de moitié le nombre des élus, et préciser leur mode d'élection.

Le débat parlementaire s'annonce long et heurté. Peu rassurés par une législation encore floue sur les compétences qui seront attribuées aux collectivités, par la suppression de la taxe professionnelle, et par la disparition d'une partie des conseillers régionaux et départementaux, les élus, y compris la droite sénatoriale, se montrent hostiles à de nombreux points de cette réforme. Alain Juppé n'a pas mâché ses mots envers Sarkozy (voir ci-dessous). En début de semaine, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a été obligé de caresser les collectivités locales dans le sens du poil pour tenter d'amadouer leurs élus, affirmant que la réforme lancée par le gouvernement « n'est pas une critique adressée par l'État aux collectivités territoriales ». Mais cette manœuvre n'a pas calmé la gauche qui est vent debout contre les projets du gouvernement. « C'est une réforme qui recentralise. On recule sur la démocratie locale », s'est indignée la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry.

Enfin, hier à Bordeaux, les présidents des communautés urbaines de tous bords ont adopté une résolution contre le projet actuel de réforme des collectivités territoriales et la suppression de la taxe professionnelle.

Trois raisons qui expliquent la fronde des élus

1. La perte d'autonomie financière

« Un impôt imbécile », disait François Mitterrand à propos de la taxe professionnelle. Depuis 25 ans, les élus s'accordent sur ce point mais nul n'a trouvé mieux. Sarkozy, lui, a décidé de la supprimer sans dire par quoi il allait la remplacer. L'inquiétude n'a donc cessé de monter dans les mairies ou les conseils généraux.

Désormais, c'est plus clair et la fronde a pris le dessus. La TP doit être remplacée par une taxe sur la valeur ajoutée dont la répartition sera votée par le gouvernement. « Une taxe absurde », estime Gérard Trémège, le maire UMP de Tarbes. Les élus dénoncent une perte d'autonomie financière. D'autant que la compensation promise par le président de la République n'est valable qu'un an. « Une provocation » pour Alain Juppé lui-même.

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20:18 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : réforme, collectivités territoriales | |

30.08.2009

"Ils mentent sur notre système de santé"

Message de l'ONG AVAAZ :

Le mouvement de réforme lancé par Obama aux Etats-Unis est entrain de vaciller, en grande partie à cause des mensonges sur notre système de santé publique!

Cela semble incroyable mais la réforme de la santé d'Obama et avec elle tout son programme présidentiel, risquent d'être renversés par les grandes entreprises, les assureurs et la droite conservatrice qui ont réussi à convaincre les Américains que les systèmes de santé publique sont un cauchemar hérité de la "Russie soviétique".

Nous avons besoin de faire entendre un message retentissant de la part de l'opinion public pour montrer la vérité: nous sommes fiers et conscients des bienfaits de notre système de santé publique qui, sans être parfait, fonctionne bien. Envoyez votre message aux citoyens américains et faites suivre cet email. Si nous sommes suffisamment nombreux à signer, nous susciterons l'intérêt des médias américains et pourrons faire changer le débat:

http://www.avaaz.org/fr/reform_health_care

Le système de santé américain est contrôlé par de grandes entreprises, c'est le plus coûteux du monde mais il n'occupe que le 37ème rang mondial en terme de qualité, et 40 millions d'Américains n'ont pas les moyens d'accéder aux soins. C'est un très mauvais système pour les usagers mais les entreprises, soucieuses de défendre leurs profits colossaux, se battent pour le garder en l'état. Si elles y parviennent et qu'Obama échouent, les Démocrates pourraient perdre la majorité au Congrès aux élections de l'an prochain. Si tel est le cas, ce serait la remise en cause de tout progrès sur les grands dossiers mondiaux, du changement climatique à la guerre en Irak.

Nous n'avons pas de temps à perdre. Les lobbyistes du secteur sanitaire et des assurances diffusent en ce moment leurs campagnes diffamatoires pour s'assurer de faire avorter le plan Obama lors de sa présentation au Congrès en Septembre. Les citoyens américains font face à un déluge de propagande négative contre les systèmes de santé publique comme le nôtre. Rétablissons la vérité ici:

http://www.avaaz.org/fr/reform_health_care

Les systèmes de santé publique comme le nôtre sont loins d'être parfaits, mais ils fonctionnent beaucoup mieux que le système aux Etats-Unis. Réagissons face aux mensonges et à la tactique de la peur et soutenons les réformes d'Obama aux Etats-Unis en rétablissant la vérité sur notre système de santé publique.

Avec espoir,

Ricken, Brett, Benjamin, Alice, Graziela, Paula, Paul, Pascal et toute l'équipe d'Avaaz .

Voici quelques liens pour plus d'informations:

Sur les dérapages et les mensonges de la campagne anti-réforme de santé

Sur la réforme proposée par Obama

Paul Krugman comparant les différents systèmes de santé publique

Sur les risques politiques d'un échec de la réforme de la santé

Sur le poids des lobbys dans la réforme de la santé

A PROPOS D'AVAAZ

Avaaz.org est une organisation non gouvernementale indépendante à but non lucratif, qui mène des campagnes mondiales pour faire en sorte que les opinions et les valeurs des peuples influent sur les décisions mondiales. (Avaaz signifie "voix" dans de nombreuses langues). Avaaz ne reçoit aucun financement d'aucun gouvernement ou entreprise. L'équipe d'Avaaz est basée à Londres, New-York, Paris, Boston, Genève, Buenos Aires et Rio de Janeiro. +1 888 922 8229

06:17 Publié dans Thème : SANTE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : santé, etats-unis, obama, réforme, social | |

17.12.2008

EDUCATION - Les lycéens font reculer Darcos

Le ministre de l'Éducation a finalement décidé de prolonger les discussions. La future seconde ne sera pas en place à la rentrée.

 

Il disait encore la semaine dernière qu'il n'était pas le « ministre de l'hésitation nationale ». Mais la mobilisation des lycéens, depuis une quinzaine de jours et la promesse d'un durcissement du mouvement, a fini par faire reculer Xavier Darcos.

Le revirement est même assez net puisque le ministre de l'Éducation nationale, devait dévoiler aujourd'hui même les détails de la future classe de seconde. Il a finalement annoncé hier sa décision de reporter d'un an l'entrée en vigueur de la réforme, souhaitant « prolonger les discussions » sur ce dossier. » Les modifications appliquées à la première et la terminale sont décalées d'autant.

L'annonce a été saluée par les syndicats lycéens et enseignants, qui demandaient depuis le début des discussions, fin août, le report de la réforme au regard des délais trop courts pour sa mise en œuvre.

 

Malgré cette victoire, ils n'ont pas pour autant annulé les appels à la mobilisation, et maintenu la manifestation prévue jeudi. Hier, les blocages de lycées se poursuivaient et les apéros ou réveillons revendicatifs étaient toujours assurés.

 

En filigrane de cette annulation, plusieurs observateurs ont voulu y voir la main de Nicolas Sarkozy, ce que Xavier Darcos a formellement démenti. Il affirme au contraire que c'est lui qui a proposé au président de se donner davantage de temps et de ne pas courir le risque de voir cette réforme devenir « l'étincelle qui mette le feu aux poudres. »

 

La crainte d'une « propagation » de violences sur le modèle grec semble en effet avoir en partie dicté le report, malgré les dénégations du porte-parole de l'UMP.

La discussion va reprendre donc, « en abordant sans tabou tous les sujets, qu'il s'agisse de la place des enseignants dans ce futur lycée ou de l'équilibre respectif des disciplines ».

 

Aucun calendrier n'est avancé pour ces discussions. Pourtant, Xavier Darcos estime qu'il avait obtenu un « consensus » des lycéens, des enseignants et des familles en juin, lorsque plusieurs organisations avaient signé un « protocole d'accord » d'entrée en discussion.

 

Ce n'était pas l'avis des lycéens, semble-t-il.

 

La réforme de la classe de seconde est reportée d'un an. Xavier Darcos a décidé hier de différer d'un an la réforme de la seconde, estimant qu'« on ne peut plus parler sereinement » sur ce dossier.

Les lycéens maintiennent la mobilisation. Les enseignants, les parents et les lycéens entendent rester mobilisés. Ils n'annuleront pas les rassemblements prévus cette semaine, en particulier la manifestation de ce jeudi.

 

Réformes : pourquoi ça coince

 

- Les modules optionnels : trop obscurs pour les élèves et leurs parents… Faute d'une présentation claire, les élèves de troisième ont ignoré jusqu'à ce jour comment seraient mis en place les quatre modules optionnels, de six heures par semestre. Comment les choisir, est-ce que ça détermine l'orientation scolaire des enfants ? Les parents ont fait part de leurs inquiétudes.

 

- La nouvelle organisation : trop rapide pour les chefs d'établissement. Les proviseurs avaient six mois pour mettre en place la nouvelle organisation. Problème : ils voulaient obliger les élèves à choisir trois des quatre modules proposés dans l'année, pour éviter de créer des filières dès la seconde.

Des semestres au lieu des trimestres : « un facteur d'échec. » Pour les syndicats d'enseignants, deux conseils de classe par an sont insuffisants pour suivre un élève.

 

- Des doutes sur l'efficacité du soutien scolaire. Sans moyens supplémentaires, l'aide scolaire ne sera pas efficace, soutiennent les syndicats de lycéens. L'UNL souhaite un véritable « service public d'aide aux élèves en difficulté. » Faute de quoi, renchérit la Fidl : « elle se résumera à du rattrapage pour ceux qui ont des problèmes et à de la permanence pour les autres. »

 

- Les sciences économiques dans le tronc commun : un formatage des esprits ? C'est ce qu'a argué l'UNL, syndicat lycéen, assurant que « Darcos veut des profs d'éco-gestion qui formateront les esprits. »

 

Des milliers de postes d'enseignants supprimés : le ras-le-bol. 8 500 en 2007, 11.200 en 2008, puis 13 500 suppressions de postes d'enseignants prévues en 2009. D'aucuns parmi les enseignants comme, les parents d'élèves et les élèves eux-mêmes pensent que les réformes n'ont d'autre objectif que de répondre à la nécessité de supprimer ces postes.

 

Dégradation des conditions de travail des enseignants. Les réformes lancées l'an dernier, pèsent aux enseignants. Au printemps, ils avaient manifesté contre les suppressions de poste. Et dès septembre, ils retournaient dans la rue.

Les Rased supprimés. La disparition de 3 000 postes de Rased (Réseaux d'Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté) fâche les maîtres, qui sont réticents à assurer les heures de soutien.

 

Des méthodes contestées. Dans l'Hérault, Bastien Cazals, un directeur d'école maternelle de 33 ans annonce qu'il n'appliquera pas les mesures de Darcos, liées au soutien scolaire : l'inspection académique menace de sanctions pécuniaires. Mais sa résistance fait tâche d'huile. Près de nous, un enseignant columérin lui a emboîté le pas.

 

La réforme de la formation des enseignants contestée. Elle prévoit la suppression de l'année de stage, ce qui déplaît aux futurs enseignants. L'absence de revalorisation générale est aussi critiquée : le ministère multiplie les primes qui touchent des catégories particulières. L les syndicats veulent une revalorisation pour tous.

 

« Ça reprendra de plus belle en janvier »

 

Lycéens, enseignants et parents sont largement restés mobilisés hier, malgré le report de la réforme : les lycéens sont à nouveau descendus dans la rue dans une large moitié Ouest de la France. Ils étaient 600 lycéens à Agen et à Pau, 200 à Villeneuve-sur-Lot, une centaine à Nérac.

 

En Haute-Garonne, les établissements ont été transformés en tribunes et occupés. Il n'était pas non plus question d'annuler hier soir les « réveillons revendicatifs » lancés par la FSU et la FCPE, dont les préoccupations concernant les suppressions de poste et la réforme du primaire sont toujours d'actualité.

 

De même, les étudiants des IUT, restent en lutte pour la «sauvegarde de leur cursus» et manifesteront aujourd'hui à Toulouse. Ludivine Labbé, de l'Unef Toulouse prédisait même hier que la mobilisation reprendrait de plus belle en janvier.

En écho, les deux principales organisations lycéennes UNL et Fidl ont maintenu leurs appels à la mobilisation aujourd'hui et jeudi 18 décembre. La Fidl a exhorté « à rester mobilisés et vigilants quant à la suite des événements ».

 

« Je ne veux pas d'un diplôme au rabais ! »

 

Dans les manifs lycéennes qui ont secoué Agen depuis mercredi, Mathias marche en tête. Pour son baptême du feu citoyen, il fait office de coordinateur du mouvement à l'échelle de son établissement, le lycée professionnel de Foulayronnes, près d'Agen, où il est en seconde électronique. La réforme Darcos, c'est par la lorgnette « pro » qu'il la considère : « Il veut supprimer le BEP pour nous faire passer un bac pro en 3ans (Ndlr : contre 4 auparavant). Ce diplôme au rabais, on n'en veut pas ! ». Deux militants du NPA (1) lui ont expliqué les grandes lignes : « Ce qui nous attend, c'est un financement privé des lycées ». Depuis, il a attisé la contestation autour de lui et participé à la mise en place des blocus, mais condamne les dégradations dans le sillage des manifs, « On n'est pas là pour ça ». S'il estime que les profs sont plutôt du côté des lycéens, côté encadrement, c'est une autre paire de manches : « Ils disent qu'on est manipulés. Moi, je suis interne et on m'a menacé de me renvoyer chez mes parents, à Marmande ».

 

(1)   Nouveau parti anticapitaliste, extrême gauche.

 

(Source : La Dépêche.fr)

04:43 Publié dans Thème : EDUCATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, education, réforme, lycéen | |

25.11.2008

Réforme de l’audiovisuel public : démocratie en danger

CAP21, le parti écologiste présidé par Corinne LEPAGE, fondateur du Mouvement Démocrate apporte son soutien aux personnels de France Televisions considérant que l’indépendance et le pluralisme de l’information sont gravement menacés par la réforme de l’audiovisuel public.

 

Pour Corinne LEPAGE, un certain nombre de réformes où s’entrechoquent étatisme et affairisme conduisent aujourd’hui à réduire le champ des libertés individuelles et l’indépendance de l’information.

 

Avec le projet de nomination des présidents de France Television, RadioFrance et de l’Audiovisuel extérieur par l’exécutif et la suppression progressive des recettes publicitaires, on a l’impression du retour à la Radiodiffusion – Télévision Française (RTF) qu’Alain Peyrefitte définissait en 1964 comme étant le « gouvernement dans la salle à manger de tous les Français ».

 

Par ailleurs, Eric DELHAYE, président délégué de CAP21 s’inquiète de la manière dont seront compensés les 450 millions d’euros perdus en 2009 alors que les parlementaires UMP proposent des amendements au projet de loi pour réduire le niveau des taxes applicables aux services des opérateurs télécom et à la publicité des chaînes privées cédant au lobbying actif de TF1 et M6.

 

Aucune garantie sérieuse n’est apportée pour assurer le financement de l’audiovisuel public dans le temps. Le périmètre de France Televisions s’en trouvera bouleversé et France 3 risque d’être la plus affectée avec la disparation de la rédaction nationale et la fusion des rédactions régionales.

 

Ce sont les raisons pour lesquelles CAP21 apporte son soutien à l’ensemble des personnels de l’audiovisuel public.

 

Retrouvez cet article sur Cap21.net