03.05.2010
Smic : les fins de mois, c'est tous les jours
En 2007, le candidat Nicolas Sarkozy avait promis d'être « le président du pouvoir d'achat » quand sa concurrente socialiste Ségolène Royal promettait de combattre « la vie chère ». Trois ans plus tard, ce thème central de la présidentielle semble être passé au second plan de l'agenda médiatique et politique. Mais pour les Français, la question du pouvoir d'achat demeure plus que jamais comme la priorité n° 1.
Selon un sondage Ifop/Sud-Ouest dimanche publié hier, 58 % des Français déclarent s'en sortir difficilement avec les revenus de leur foyer, qu'ils soient actifs ou retraités. 44 % des personnes disent s'en sortir « difficilement » et 14 % vivent la situation comme « très difficile ». A contrario, 42 % reconnaissent s'en sortir « facilement » dont 5 % « très facilement ». Dans le détail, ce sont les employés et les ouvriers qui disent avoir le plus de mal à vivre avec leurs revenus. A ces catégories s'ajoutent désormais les artisans, les commerçants et les professions intermédiaires, ce qui renvoie à la question de la paupérisation de la classe moyenne et à son angoisse du déclassement. Une angoisse qui étreint aussi certaines catégories socio-professionnelles supérieures : 41 % des cadres sup et des professions libérales estiment s'en sortir difficilement.
Ce sondage confirme en tout cas les dernières études de l'Insee qui attestent du creusement des inégalités entre les Français les plus aisés et cette France du Smic à la peine.
En avril dernier, l'Institut estimait que 8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté (908 € mensuels ; 1 362 € pour un couple) soit 13,4 % de la population. Selon l'Insee, les familles monoparentales, les personnes vivant dans un ménage immigré et les chômeurs sont les plus exposés au risque de pauvreté.
Ces chiffres portaient sur l'année 2007 ; les premiers éléments pour 2008, attendus en juillet prochain, ne devraient guère s'améliorer... à moins que le Revenu de solidarité active (RSA) sur lequel mise le gouvernement, ne fasse sentir ses premiers effets (lire ci-dessus).
Le débat sur la réforme des retraites va également mettre sur le devant de la scène, à côté des actifs au Smic, les retraités pauvres. Selon les derniers chiffres de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), publiés en avril, près de 20 % des 15 millions de retraités perçoivent une pension de base inférieure à 600€. 600 000 seniors perçoivent ainsi le minimum vieillesse (allocation de sécurité aux personnes âgées depuis 2007) d'un montant de 708 €, donc inférieur au seuil de pauvreté...
« La permanence de cette crispation autour de ces questions liées au pouvoir d'achat et à l'augmentation perçue du coût de la vie alimente à l'évidence l'angoisse sociale », constatait Frédéric Dabi, directeur du département opinion de l'Ifop.
La France du Smic, celle qui se lève tôt et qui travaille plus sans forcément gagner plus, attend plus que jamais des réponses à son angoisse...
Le chiffre : 1 056,24
1 056,24 euros Smic mensuel net. Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) est fixé depuis le 1er janvier 2010 à 8,86 € brut de l'heure. Soit 1343,77 € brut par mois et 1 056,24 € net.
« Le fisc reverse une moyenne de 368 000 € aux contribuables les plus riches, soit 30 années de Smic. » Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF qui réclame, comme d'autres formations politiques, la suppression du bouclier fiscal.
RSA jeunes : le décret va être publié
Le décret étendant le Revenu de solidarité active (RSA) aux jeunes de moins de 25 ans ayant travaillé sera publié au Journal officiel « dans les jours qui viennent », a annoncé mercredi dernier le ministre des Solidarités actives Marc-Philippe Daubresse. « Le Premier ministre l'a arbitré, ce décret confirmera la décision du président de la République qu'il faut avoir travaillé deux ans au cours des trois années qui précèdent » pour avoir droit au RSA, a indiqué M. Daubresse à l'Assemblée nationale, en réponse à une question du député (UMP) du Doubs Jean-Marie Binetruy. Jusqu'ici, le RSA, comme son prédécesseur le RMI, n'était pas ouvert aux moins de 25 ans. Ce « RSA jeunes », dont le principe a été voté fin 2009 dans le cadre du budget 2010, doit entrer en vigueur le 1er septembre et devrait coûter 80 millions d'euros en 2010 (contre 250 millions en année pleine) selon les « estimations » du ministère. Il devrait bénéficier à terme à environ 160 000 jeunes, dont 120 000 en emploi.
Dans la manifestation du 1er-Mai, Jean-Baptiste Prévost, de l'Unef, a redit l'urgence du traitement de cette question. « On est dans une période de crise. Les jeunes sont en première ligne. Depuis un an, on demande des mesures protectrices. Il y a 300 000 jeunes actifs, diplômés, au chômage, sans minima sociaux, sans RSA, sans indemnisation chômage », expliquait le représentant syndical.
« Les étudiants d'aujourd'hui sont les salariés de demain et les retraités d'après demain. Ils demandent à être entendus dans le débat sur la réforme des retraites. On n'accepte pas de travailler plus longtemps pour toucher une retraite moindre. Pour le calcul des annuités, il faut prendre en compte les années d'études et d'inactivité forcée ».
(Source : La Dépêche.fr)
13:03 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : social, smic, salaire, pouvoir d'achat, revenus |
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27.04.2010
Baisse des revenus : les céréaliers dans la rue
Après les producteurs de lait, les céréaliers montent à leur tour au créneau pour dénoncer la baisse de leurs revenus et manifester leur inquiétude sur l'avenir de la Politique agricole commune (PAC) dont ils sont les principaux bénéficiaires.
Quelque 5 000 agriculteurs, céréaliers en tête, avec le renfort de plus d'un millier de tracteurs, vont défiler demain à Paris. La manifestation est organisée par les Fédérations régionales des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA) de quatorze régions avec le soutien de la FNSEA, premier syndicat agricole français.
Parmi les régions organisatrices, figurent les plus importantes zones de production, Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais, Haute et Basse-Normandie, Midi-Pyrénées, Champagne-Ardenne, Poitou-Charentes... En Midi-Pyrénées, céréales et oléagineux occupent près d'un million d'hectares.
L'objectif des manifestants est d'obtenir des mesures à court terme pour soulager les trésoreries des exploitations, mais aussi de peser sur les pouvoirs publics pour qu'ils défendent à Bruxelles une PAC qui, jusqu'à présent, leur a été très favorable.
Les producteurs de « grandes cultures », essentiellement des céréaliers ou encore des producteurs de colza et de tournesol, réclament des « mesures immédiates », comme des aides à l'exportation, pour écouler une partie de leur production avant la prochaine récolte. Ils veulent aussi des aides au stockage. Autant de mesures qui vont diminuer avec les évolutions actuelles de la PAC.
Les jeunes agriculteurs, qui ont contracté d'importants emprunts pour s'installer, sont les plus menacés. Ils ont été les plus offensifs, n'hésitant pas à brûler des bottes de paille il y a quelques mois sur les Champs-Elysées ou à verser du purin devant le palais présidentiel.
« Nous sommes totalement exsangues financièrement », affirme Christophe Hillairet, 39 ans, céréalier et président de chambre d'agriculture. Selon lui, « si aucune mesure n'est prise un tiers du secteur des grandes cultures aura disparu en 2011 ». Son exploitation de 170 hectares est dans le rouge et c'est son « épouse qui (le) fait vivre ». L'an dernier, la filière a vu ses revenus baisser de 51 % dans le sillage des cours des céréales (- 24 %), après l'envolée de 2007 et 2008.
(Source : La Dépêche.fr)
05:49 Publié dans Thème : AGRICULTURE - VITICULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, social, politique, agricole, revenus |
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