09.03.2010

Paysans : la coupe déborde

La nouvelle loi sur l'eau qui va restreindre l'irrigation provoque la colère des agriculteurs qui convergent aujourd'hui (ndlr : 8/03/10) sur Toulouse.

Alors que le Salon de l'agriculture vient tout juste de fermer ses portes dans un contexte de crise sociale et économique extrême pour les paysans, une fronde gronde dans les campagnes. La loi sur l'eau (lire ci-dessous), qui va imposer d'importantes restrictions en matière d'irrigation, fait monter le monde agricole au créneau. Une grogne qui prendra la forme, dès ce matin, d'une manifestation interrégionale d'envergure à Toulouse. La Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA) et les Jeunes Agriculteurs appellent en effet à manifester ce matin dans la Ville rose pour protester contre cette réforme.

Selon les organisateurs, pas moins de 2000 agriculteurs venus d'une quinzaine de départements devraient saturer le trafic autour et dans Toulouse. Les tracteurs viendront de tout Midi-Pyrénées, mais aussi de l'Aude, du Lot-et-Garonne, de Dordogne et même de Poitou Charentes. Deux rassemblements sont prévus à 9 h 30 ce matin. L'un au MIN, marché d'intérêt national situé au nord de Toulouse. L'autre à la coopérative Sica Rouquet de Pinsaguel. Les deux cortèges doivent ensuite démarrer vers 11 h 30 et ont prévu de converger vers la préfecture de région à 13 h 30. Là, une délégation doit être reçue par le préfet de région. Les agriculteurs annoncent des « actions démonstratives ». Un tuyau d'irrigation pourrait ainsi être mis en place pour « arroser » la place Saint-Étienne.

Du côté des pouvoirs publics, plusieurs mesures ont été prises pour assurer la bonne marche du convoi. Quelque 200 policiers vont être mobilisés à la fois pour gérer la circulation sur le périphérique et pour encadrer les manifestants.

À l'origine de cette grogne, il y a le projet d'une nouvelle procédure d'autorisation de prélèvements d'eau. Selon les agriculteurs, celui-ci conduirait en effet à une perte moyenne d'un tiers des prélèvements en Midi-Pyrénées, et jusqu'à 70 % dans certains cas. Inacceptable pour les 1 200 irrigants concernés par ce projet des pouvoirs publics.

La FRSEA évoque des répercussions directes sur l'emploi : « Selon les estimations réalisées, sur les 240 000 emplois que fournit l'agriculture sur les 18 départements du bassin Adour-Garonne, de telles restrictions d'irrigation menaceraient directement de 5600 à 8400 emplois. »

La manifestation des agriculteurs vient s'ajouter à une première « visite » en octobre dernier. Le retour à la normale est attendu en milieu d'après-midi.

(Martin Venzal)

Trois questions au Président de la FDSEA de la Haute-Garonne

Yvon Parayre : « Cette loi menace plus de 5 000 emplois »

Ils sont maraîchers, horticulteurs, arboriculteurs, cultivateurs de maïs ou de soja et on les appelle les irrigants. En Haute-Garonne, ils sont 1 200 à dépendre des quotas d'eau, autrement dit de la quantité maximale autorisée pour irriguer leurs champs ou leurs jardins. Ce matin, dans les rues de Toulouse, ils distribueront aussi des fruits et des légumes de deux sortes, certains rabougris par manque d'eau, d'autres bien arrosés et plus appétissants. Questions à Yvon Parayre, président de la FDSEA de la Haute-Garonne.

Vous voilà dans la rue alors que le Salon de l'agriculture vient de fermer ses portes. Quel est le but de cette démonstration de force ?

La gestion de l'eau. C'est un bien que l'on doit partager entre l'État, les collectivités territoriales, l'agence de l'eau, l'agriculture, les industriels et aussi les particuliers. Or, la nouvelle loi sur l'eau menace surtout les agriculteurs en leur imposant des économies drastiques. Dans quelques mois nous devrons économiser 30 % à 50 % sur les volumes dont nous avons pourtant besoin et c'est dramatique.

Quelles seront les conséquences pour les irrigants ?

Une étude en cours sur le bassin Adour-Garonne prévoit la disparition à terme de plus de 5 000 emplois, voire davantage, dans l'agroalimentaire. Quand on sait que l'agroalimentaire représente 100 000 emplois en Midi-Pyrénées et que c'est le premier employeur devant l'aéronautique et le tourisme, c'est aberrant. Mais que peut-il se passer d'autre, si on nous ferme le robinet. Un jardin sans eau ne produit plus rien. Les particuliers qui se tournent de plus en plus vers le jardin pour faire pousser leurs légumes le découvrent rapidement.

Vous avancez des solutions. Expliquez- nous...

Nous sommes très en retard en matière de stockage et de récupération d'eau. Cet hiver il a beaucoup neigé et beaucoup plu, et pourtant on retient à peine 1 % des eaux de pluie des Pyrénées. Il faut revenir à l'idée de construction de retenues comme le projet de Charlas dans le Comminges qui prévoyait 100 000 m3 d'eau. Les Espagnols ont de l'avance sur nous, en ce domaine. Nous souhaitons par ailleurs rester maître de la gestion de l'eau, et nous réclamons aujourd'hui une gestion collective par grands bassins de Bordeaux aux Pyrénées. Les agriculteurs ont un avis à donner. Ils ne veulent pas subir la réforme.

(Propos recueillis par Andrée Brassens)

Source : La Dépêche.fr

07.03.2010

Castelferrus - Agriculture : « Je vais devoir puiser dans mes réserves »

Témoignage. Jean-Paul Fégné agriculteur à Castelferrus.

Il était parmi les premiers à signer la feuille d'émergement de cette assemblée générale, hier matin, à la salle des fêtes de Saint-Nauphary. Agriculteur sur la commune de Castelferrus, Jean-Paul Fégné, 50ans, travaille au quotidien sur 120 hectares de terre qui se partagent entre plantations de céréales et d'ail, ainsi que des kiwis « pour diversifier un petit peu. »

à la tête d'une propriété familiale, « je m'occupe de la ferme avec un employé à mi-temps », Jean-Paul Fégné a adhéré à la FDSEA en 1982 après un passage qui coulait quasiment de source sous la bannière des Jeunes agriculteurs.

Pour ce qui est du quotidien, ce solide quinquagénaire a une idée bien arrêtée : « Cette année qui vient de démarrer, souligne-t-il, va être très probablement, aussi, sinon plus, difficile que celle que nous venons de vivre. »

Et d'expliciter ainsi sa dernière remarque : « Tout ce que nous avons vendu en 2009, nous l'avons pratiquement donné vu les prix bas qui ont été pratiqués durant plusieurs mois. Tout ce que l'on a acheté pour mener à terme nos productions était de plus en plus cher. Pour ma p art, j'ai dû investir pas mal d'argent pour les plantations. Nous vivons en permanence avec de nombreux crédits au-dessus de la tête. Et ils sont de plus en plus difficiles à rembourser compte tenu de l'évolution défavorable des choses. » Après un instant de réflexion, notre interlocuteur poursuit : « la réforme de la PAC à venir ne va pas arranger les choses puisqu'il est prévu de diminuer les aides dans leur globalité. Ce n'est vraiment pas le moment. Pour ma part, je vais devoir déjà puiser dans mes réserves, mais ça ne va pas aller très loin comme ça. Ce n'est pas possible.»

De la contractualisation, Jean-Paul Fégné en a une idée bien arrêtée : « « Pour l'ail, j'ai déjà signé un contrat mais il n'a pas été t respecté. Du prix de départ qui était de 1,70 € le kilo, on en est arrivé en s'alignant sur le prix du marché à 1,40 €. Et, à ce jour, tout ne m'a pas été payé. »

(Source : La Dépêche.fr)

06.03.2010

Montauban - Les agriculteurs répandent les pommes de la colère

L'opération escargot avait un sacré goût de bouchon.

La manifestation d'hier à Montauban a démontré tout au long de son déroulement combien une ville pouvait avoir des problèmes de circulation et friser l'apoplexie routière, quand on commence à freiner la circulation sur un sens de sa rocade autoroutière. Le rassemblement préalable était fixé sur les parkings de la cité de l'agriculture par les responsables de la FDSEA hier matin vers 10 h 30 . Et l'appel avait été lancé plus particulièrement en direction des producteurs de fruits et légumes victimes d'une dérégulation des prix qui parfois est suivie de gestes de désespoir. Ainsi depuis le mois d'octobre 2009 rien que dans le département entre des gestes funestes et des abandons d'exploitations suite à une accumulation de dettes, le monde agricole a encore perdu une dizaine des siens. La crise que traverse le secteur arboricole avec la pomme est d'ailleurs révélatrice car un kilo de pommes acheté en grande surface 1,80 €, dont le coût de revient est de 35 centimes est payé aux producteurs environ 15 centimes. Outre cette colère ponctuelle le monde agricole est très remonté contre les aides accordées qui sont jugées très insuffisantes. Le plan annoncé par le président Sarkozy s'est soldé par un versement moyen de 1 000 € pour 400 seulement des 2 500 exploitations du département. Alors que Nicolas Sarkozy avait promis 1 800 € par UTH....

C'est dire que l'un mis dans l'autre le cortège de la colère qui quittait vers 11 heures la cité de l'agriculture avait bien envie de marquer sa journée au travers d'une opération escargot paralysante. Un tracteur, des fourgons et des semis chargés de pommes (au total pas loin de 60 tonnes) se mettait en tête de ce convoi (fort d'une centaine de personnes) qui à vitesse extrêmement lente allait mettre deux heures pour rallier le péage nord depuis le giratoire des Chaumes. L'effet domino fut rapidement accumula tif et la partie urbaine de l'A 20 fut congestionnée au fil des minutes et des kilomètres. Des centaines d'automobilistes et poids lourds furent prisonniers de cette nasse lente et protestataire. Plus encore dans l'après-midi lorsque les pommes furent répandues sur la chaussée. La première cargaison déversée le fut au rond-point de Fonneuve sur la D820 qui servait de délestage dans les deux sens à l'A 20 entre Caussade et le péage nord. Puis dans l'après-midi les manifestants revinrent vers la ville en se délestant de vieux fruits, impropres à la consommation, à hauteur du giratoire d'Aussonne, puis de celui du Petit- Versailles, avant de larguer le contenu de l'ultime camion au rond-point de Sapiac non loin de la deuxième zone commerciale ciblée. Vers 17 heures tout était fini. Les pompiers et services municipaux nettoyaient les pommes écrasées et en compote des endroits les plus impactés.

(Source : La Dépêche.fr)

04.03.2010

Et si l'agriculture revenait dans les villes ?

Au sein de 110 communes de l'agglomération toulousaine, l'idée de relancer une agriculture périurbaine raisonnée fait son chemin. Plus qu'une inversion de tendance, une vraie révolution...

Certains rêvaient hier de mettre les villes à la campagne. Aujourd'hui, on parle de remettre un peu de campagne dans la ville. Il ne s'agit pas cette fois, de créer des espaces verts, déjà une pratique courante, mais de réintroduire des espaces cultivés dans le tissu urbain tout simplement pour nourrir les habitants. De l'agriculture en ville ! Carrément une vraie révolution dans la mesure où les terres agricoles reculent partout en France, 1 500 hectares par an pour le seul département de la Haute-Garonne (lire notre édition du 25 novembre). Autant dire que la réflexion engagée dans le cadre du Grand Toulouse (25 communes) ou du Scot central (Schéma de cohérence territoriale, 110 communes) pour relancer les cultures urbaines relève aujourd'hui du volontarisme. Le Grand Toulouse vient d'ailleurs d'adhérer à l'association nationale Terres en villes qui cultive un certain savoir-faire dans ce domaine. Comment inverser la tendance ? « Ambitieux mais pas utopique », plaide Arlette Sylvestre, maire de Launaguet, présidente de la commission Environnement et Base de loisirs du Grand Toulouse. A ce titre, cette élue, convaincue par la nécessité d'une agriculture de proximité à visage humain, pilote la réflexion engagée par les collectivités en collaboration avec la Chambre d'agriculture et la Safer. Avec quelques idées forces : relance des cultures maraîchères, circuit court de distribution, nouveaux modèles économiques agricoles : « On entend trop d'exploitants dire « je n'en vis pas ou j'en vis mal », relève Arlette Sylvestre. Si on relance l'agriculture, c'est bien entendu pour développer une activité viable ». Reste plus qu'à tracer le nouveau sillon urbain...

Arlette Sylvestre, la relance d'une agriculture urbaine suppose d'abord une inversion radicale de tendance...

On a tous plus ou moins intégré l'idée que l'agriculture urbaine n'était pas viable et que la régression était inéluctable. Il faut lutter contre ce sentiment. Nous avons entamé cette réflexion au sein du Grand Toulouse et du Scot central en espérant déboucher rapidement sur des actions.

Le constat n'est-il pas alarmant ?

Les terres fertiles sont remplacées par des maisons. Les produits agricoles que nous consommons sont issus de l'agriculture intensive, avec engrais, pesticides, très grosse consommation en eau. Ils viennent très souvent de loin, avec un coût du transport, à la fois financier et écologique. Pourtant, l'homme a toujours trouvé la nourriture là où il vit. Mais il a désappris ce réflexe. Il faut essayer de le retrouver. Il est possible d'inverser la tendance avec une agriculture raisonnée et de proximité. C'est une idée simple : avoir sur place de quoi nourrir la population ! Cela suppose aussi un circuit court de vente sur place.

Et cela suppose également un changement de mentalité ?

Effectivement, les espaces agricoles ne sont plus vécus comme des ruptures urbaines, que l'on ne veut pas voir au cœur de la cité, à renvoyer à la périphérie. On a souvent fait des parcs pour se donner bonne conscience mais là il s'agit bien d'agriculture...

Vous pensez à du maraîchage ?

On peut aussi poser la question des grandes cultures mais déjà la remise en service de terres maraîchères constituerait un vrai progrès. A Launaguet, nous avons encore quelques terres maraîchères. Mais au sud de l'Hers, dans le quartier Les Sables, nous avions à une époque 80 % de terres cultivées. Il y a un potentiel de terres fertiles...

Comment récupérer des terres alors que les élus sont tentés par l'urbanisation ?

Dans le Scot, nous distinguons des zones vertes complètement protégées, d'autres zones à très forte probabilité d'urbanisation future et enfin, entre les deux, des «zones blanches» : la plupart du temps des anciennes zones agricoles qu'il est possible d'urbaniser mais que l'on peut également réserver à la relance de l'agriculture. C'est l'enjeu : les élus doivent réfléchir à l'avenir de ces zones blanches.

Qu'est-ce qui peut faire basculer la décision ?

La volonté politique ! Les propriétaires des terrains considèrent que leur ancienne terre agricole a une valeur de terre constructible. Souvent, leurs voisins ont vendu leur terrain à des prix conséquents. On ne peut donc pas leur dire : on vous achète votre terrain au prix d'une terre maraîchère. La question du rachat est donc une question politique, la première qu'il faudra trancher.

Quels leviers peuvent utiliser les collectivités ?

Plusieurs pistes de travail. On peut soutenir les propriétaires exploitants ou les fermiers notamment pour les équipements. La collectivité peut aussi acheter des terres et les louer. C'est ce qui se fait ici et là à plus ou moins grand échelle avec les jardins familiaux ou partagés qui se multiplient. Enfin, on peut aussi imaginer une exploitation en régie avec des salariés, un peu sur le modèle de la ferme viticole de Candie à Toulouse. Il y a aussi la piste des entreprises d'insertion qui s'inscrivent bien dans ce modèle de proximité. Dans tous les cas, nous voulons des modèles économiques fiables pour que les gens puissent en vivre.

Les jardins familiaux poussent un peu partout

Les jardins familiaux fleurissent un peu partout. Ces espaces sont certes tendance (cultiver son jardin) mais correspondent aussi à une nécessité économique doublée d'une exigence écologique. Un modèle vertueux d'agriculture modeste et raisonnée. A Cugnaux, ces jardins sont justement en cours de réalisation, au bout du chemin de Maurens, derrière le quartier du Vivier-Maçon. Un projet porté depuis plusieurs années par la municipalité et suivi par José Philémont-Montout, conseiller municipal chargé du Pôle Environnement urbain. Au total, une cinquantaine de parcelles de 60 à 100 m2 ont été aménagées sur place, délimitées par de petites clôtures et des allées empierrées. Vingt-cinq cabanons accueilleront les outils des familles qui bénéficient d'une parcelle (un cabanon pour deux familles). La semaine dernière, une dizaine d'adolescents du Service Jeunesse plantaient haies et arbres fruitiers et d'ombrage. « Les jardins familiaux, ou jardins partagés, devraient être livrés d'ici quinze jours, explique l'adjoint. Ensuite une commission, composée d'élus, de techniciens de la mairie et de représentants de la future association qui aura la charge de ces jardins, étudiera les demandes que nous avons reçues pour décider des attributions. » L'octroi d'une parcelle se fait sur un bail de deux ans de façon à permettre au plus grand nombre de profiter de cet espace de verdure en plein cœur de la ville.

(Source : La Dépêche.fr)

01.03.2010

Viticulture - Après la crise, l'essor des frontons

Les chiffres qui viennent de tomber affichent clairement la belle hausse des ventes après deux années de labeur et de tourmente.

Une notoriété au-delà de nos frontières, des médailles comme jamais, et des chiffres inattendus... Alors qu'il y a deux ans à peine, le vignoble de Fronton se lançait dans l'ultime voie de sortie d'une longue et douloureuse période de crise, c'est aujourd'hui une vraie relance qui est constatée. Les indicateurs sont passés du rouge au vert. Mieux : malgré la crise, les ventes sont reparties à la hausse : « En deux ans nous avons relevé une progression globale de 5 % et de 13 % sur les rosés alors que le niveau national est en baisse. La production reste stable mais en revanche nos stocks ont subi une baisse de 20 000 hectolitres ce qui est très bien. A ce rythme-là nous aurons d'ici trois ans des stocks fluides sur les rouges comme nous l'avons sur les rosés », explique Nicolas Garcia, directeur du syndicat des vignerons.

Comment expliquer cette relance alors même que d'autres vignobles français font le plongeon ? Pour le directeur du syndicat, il s'agit du « fruit du travail acharné des différents chais et des coopérateurs de la cave Comte de Négret »... mais pas seulement. Nicolas Garcia précise : « Les vins de Fronton se sont surtout adaptés aux goûts du consommateur en s'appuyant sur leur force qui est la rondeur, l'aspect fruité... en résumé : le vin plaisir. C'est un peu le contraire de ce qui se faisait il y a une vingtaine d'années où l'on cherchait la puissance. Aujourd'hui, beaucoup de consommateurs sont à la recherche de vins festifs mais également avec une certaine tenue... C'est une des marques de fabrique de nos vins ».

Le résultat est une reconnaissance locale, nationale et parfois mondiale notamment pour une grosse quinzaine de chais particuliers qui voient leur vente croître et leur renommée décoller. Citations dans les grandes revues, développement de l'export (Canada, USA, Chine, Grande-Bretagne...) et pluies de médailles aux divers salons sont devenus le lot de ces domaines qui dessinent le nouveau visage du Frontonnais. Dans ce « best-of », se côtoient par exemple des noms comme Viguerie de Beulaygues, Laurou, Bellevue-la-Forêt, Bouissel, le Roc, la Colombière, Baudare, Cransac, Plaisance mais aussi la cave Comte de Négret ou encore le château Montauriol, à Villematier, où l'exemple de la montée en puissance est là aussi flagrant. Depuis l'achat au début des années quatre-vingt-dix du château Ferrand à l'abandon, Nicolas Gélis est aujourd'hui propriétaire d'une centaine d'hectares repartis sur trois domaines dont le château Montauriol. « Le secret de la réussite est le savoir-faire mais aussi le faire savoir. La qualité doit rester primordiale dans nos choix mais le travail d'habillage puis la réactivité commerciale et la cohérence dans le suivi ne peuvent être séparés ». Plus de 500 000 bouteilles quittent ainsi les chais de Nicolas Gelis chaque année, un chiffre en augmentation.

La cave Comte de Négret a également bénéficié ces dernières années d'une belle embellie. Elle a tout simplement doublé ses ventes. Un succès qu'elle doit à ses coopérateurs, ses dirigeants, ses œnologues, à son affiliation au groupement de caves Vinovalie (lire ci-dessous) mais également à une vraie politique menée sur les rosés. Derrière la star Inès, ces vins de plus en prisés ont permis à Fronton de se faire une belle réputation dans l'hexagone et de s'installer à la deuxième place, derrière Bergerac, en terme de vente dans les rayons de la grande distribution.

Fronton. Château Baudare : une belle progression

Au château Baudare, comme dans d'autres domaines, on note une belle progression des ventes, tant en France qu'à l'export. Nous avons rencontré le propriétaire des lieux, David Vigroux.

En pleine crise viticole, comment expliquez-vous que les vins du château Baudare, et de l'appellation en général, connaissent cette progression ?

Si 2008 était plutôt morose, on notait une bonne reprise en 2009, et le début de l'année 2010 confirme cette progression. Pour nous, les pays de la zone euro ont apporté la plus forte hausse, comme l'Allemagne, l'Angleterre, et plus particulièrement la Belgique. Nous avons aussi développé des marchés vers Taïwan ; d'autres domaines du Frontonnais s'implantent bien aux États Unis, au Canada, et aussi vers la Chine.

Qu'est-ce qui suscite un tel engouement pour les frontons ?

L'ensemble des vins de Fronton a nettement progressé en qualité, tout en restant à des prix tout à fait raisonnables. Le fronton est un vin qui correspond au marché, il est fruité, souple, charnu, agréable et facile à boire. D'autre part, son cépage identitaire, la négrette, en fait un produit unique et donc rare.

Avez-vous fait des efforts en matière de communication et de commercialisation ?

Ces dernières années, on a beaucoup parlé du Fronton dans les médias, mais nous sommes aussi présents sur les salons professionnels, tant en France qu'à l'étranger. C'est là que se prennent les contacts.

Quelques chiffres...

Un vignoble de 2 200 ha qui produit 70 000 hl d'AOC Fronton (soit environ 10 millions de bouteilles) et 30 000 hl d'IGP Comté tolosan.
Stock rouge en baisse de 15 % en 2 ans. (sur campagne 2007-2009). Pas de stock rosé.
20 % des volumes sont vendus à l'export (Belgique, Canada, Etat Unis, Allemagne, Angleterre etc.)
17 % des volumes sont vendus à la propriété.
48 % des volumes sont vendus en grande distribution en France.
13 % sur les circuits traditionnels (caviste, restaurant).

(Source : La Dépêche.fr)

17.02.2010

Fronton crée un cercle toulousain d'ambassadeurs

La confrérie des vins de Fronton propose des soirées dégustations avec des personnalités toulousaines. Créer un cercle d'ambassadeurs des vins de Fronton, tel est le but poursuivi par la mise en place de ces soirées. L'intérêt est de les réunir autour de dégustations conviviales au cours desquelles cinq personnes rentrent dans le cercle des ambassadeurs.

Une première soirée a été réalisée au Casino Théâtre Barrière. Une seconde soirée a eu lieu à la Brasserie de l'Opéra. À l'honneur, cinq nouveaux ambassadeurs ont été nommés et présentés par les confrères de Fronton, Gratien Castro, propriétaire de la Brasserie de l'Opéra, Jean Paul Raffenne, général de l'armée, Jean François Guillon, directeur du Grand Hôtel de l'Opéra, Robert Loubet, artisan chevrotier au marché Victor Hugo et Daniel Cros, fonctionnaire du ministère des finances. À l'heure où les réseaux sociaux se développent sur Internet, quoi de plus convivial que de rencontrer son « réseau social » autour d'un verre de Fronton. Le prochain rendez-vous aura lieu la semaine prochaine au salon SMART à Toulouse.

LE FRONTON S'EXPORTE

Au Brésil, en Pologne et même au Turkménistan, on peut trouver des vins de Fronton. Le Château Bellevue La Forêt vient de s'implanter sur ces marchés. Ce domaine vend aujourd'hui 50 % de ses volumes à l'export. Le rosé classique reste son produit phare. Au brésil, le contact s'est fait grâce à des salons, et de Vinexpo. Le rouge classique et la forêt royale sont les deux produits exportés au Brésil. La Pologne est un marché de prospection, les pays de l'est faisant partie des nouveaux pays consommateurs de vins. Quant au Turkménistan, c'est le hasard d'une rencontre...

Les châteaux Bellevue la Foret et Montauriol sont les deux domaines les plus présents à l'export. D'autres domaines et la cave vendent également 20 à 30 % de leur volume en dehors de nos frontières.

(Source : La Dépêche.fr)

16.02.2010

Le fronton aux marches des palais allemands

Sacha Speicher et Alex Biesler sont venus sur le vignoble de Fronton pour visiter l'appellation. 45 vins ont été dégustés dans la matinée pour que ces 2 journalistes puissent avoir une idée assez générale du niveau de l'appellation.

Cette visite entrait dans le cadre des actions exports réalisées par l'interprofession des vins du Sud ouest.

Depuis 3 ans, Sacha suit de près le vignoble de Fronton, en progression chaque année sur le marché allemand : «Fronton est l'appellation qui a le meilleur potentiel pour moi en Allemagne, il existe dans ces vins une élégance qui ne se retrouve pas ailleurs. J'ai beaucoup aimé les rosés de Fronton, on retrouve l'élégance naturelle de la négrette, les vins sont très aromatiques et particulièrement adaptés au marché allemand».

La negrette, une curiosite

Fronton, vignoble proche de Toulouse, reste une véritable curiosité pour toutes les personnes provenant d'autres régions de France ou de l'international. Le cépage Négrette a le mérite de réaliser des vins très aromatiques et différents des autres vins du marché.

La visite s'est poursuivie par la visite de trois domaines, Châteaux Montauriol, Coutinel et Bellevue la Forêt, pour se terminer à Toulouse au restaurant La Corde, avec une dégustation mets et vins en compagnie des produits de Vinovalie, Astrolabe, Ines, les vins du Domaine Le Roc.

(Source : La Dépêche.fr)

08.02.2010

Vers une agriculture moins gourmande en pesticides ?

Mesure phare du Grenelle de l'environnement, la réduction des pesticides a été actée avec « si possible », une baisse de 50 % de leur usage dans les dix ans. Une étude de l'INRA publiée fin janvier montre que des marges de progrès importantes sont effectivement réalisables mais qu'une cible de - 30% paraît plus réaliste.

Alors que le recours massif aux pesticides est de plus difficilement accepté, et par l'opinion publique et par les agriculteurs eux-mêmes, est-il concrètement possible d'en réduire drastiquement l'usage comme l'a acté le Grenelle (-50% « si possible » d'ici dix ans) et comme le souhaite la récente directive européenne sur l'utilisation durable des pesticides? C'est à cette épineuse question que se sont frottés 80 experts dans une minutieuse enquête de l'INRA « Ecophyto R&D », entamée il y a quatre ans. La bonne nouvelle est qu'il existe une marge de progression relativement importante : « les travaux montrent qu'une réduction de l'ordre de 30 % du recours à l'échelle nationale serait possible avec des changements de pratiques substantiels, mais sans bouleversement majeur des systèmes de production », note l'étude. Mais si, pour la FNE, cela montre que «  l'objectif de réduction de 50% est plus que jamais d'actualité », cette cible ambitieuse paraît toutefois difficile à atteindre dans les dix ans. Pour Pascal Ferey, vice président de la FNSEA responsable de l'environnement, elle est d'ailleurs tout simplement « inenvisageable ».

Des gains différenciés selon les régions et cultures

Pour le responsable syndical, les agriculteurs ont déjà fourni un effort important en réduisant le tonnage des substances actives « d'environ 30% depuis une dizaine d'années » (de 99 600 en 2001 à 78 600 tonnes en 2008 selon le syndicat des producteurs de phytosanitaire, l'UIPP). Certes, mais les doses étant plus concentrées, cette mesure reste sujette à caution pour la FNE, qui rappelle que le chiffre d'affaires de l'industrie phytosanitaire est lui, en augmentation constante (2,086 milliards d'euros sur la campagne agricole 2007/2008 contre 1,863 pour 00/01). Et le nouvel indicateur issu du plan Ecophyto, le NoDu (nombre de doses utilisées) n'a pas encore livré ses résultats. « Aujourd'hui il existe quelques milliers d'exploitations (sur les 547 000 que compte la France, ndlr) qui, sans être entrées dans une agriculture biologique, se sont lancées dans une logique de meilleure utilisation des intrants, mais cela reste une frange encore marginale », estime Jean-Claude Bévillard, responsable des questions d'agriculture de la FNE. Difficile donc de savoir où l'on en est véritablement aujourd'hui.

Et il ne faut pas s'y tromper : l'étude n'entend pas forcément prédire l'avenir. Celle-ci « n'est pas à considérer comme une prospective, ni a fortiori une prévision, des changements attendus et de leur rythme », préviennent ses auteurs. Et pour cause, celle-ci se base sur une seule année de référence : 2006. Une année jugée « moyenne » vis-à-vis du climat, de la pression sanitaire et des prix ; et pour laquelle il existe des données statistiques sur les grandes cultures et les vignobles mais pas pour les fruits et légumes. D'où la portée limitée de l'étude. Toutefois, elle a le mérite de montrer ce que pourraient être les conséquences d'un tel bouleversement. Ainsi, les grandes cultures, notamment céréalières, qui occupent 40 % de la surface agricole utile du pays mais consomment 80 % des pesticides vendus chaque année en France, représentent le plus gros potentiel de réduction des pesticides.

Cependant, si une réduction de 40%, voire de 50% des pesticides semble envisageable, il faut s'attendre à s'attendre à une baisse de la production d'environ 6%, voire 15 à 20% pour le colza et la pomme de terre. Et pour certaines régions ou cultures, comme le maraîchage où « les producteurs mettent déjà en œuvre de nombreuses méthodes non chimiques : résistances variétales, greffage, couvertures plastiques du sol, etc. », les marges de manœuvre risquent d'être plus faibles. Toutefois, « les résultats de certains vergers expérimentaux ou de certains professionnels montrent que l'on peut aboutir également dans ces cultures à des réductions d'usage de 50 à 0% par rapports aux cultures intensives », note le MDRGF.

Une sensibilisation par l'expérimentation

L'expérimentation est l'une des clés du succès pour généraliser les bonnes pratiques, semble-t-il. Ainsi, pour la FNSEA et les associations environnementales, le réseau de 3000 fermes expérimentales qui devrait progressivement être mis en place est crucial. « Il faut que chaque exploitant puisse trouver dans sa zone un lieu de validation de ces process agricoles », insiste Pascal Ferey, pour qui « les freins au changement sont aujourd'hui techniques et économiques et non plus psychologiques ». A voir. Pour Jean-Claude Bévillard au contraire, il faut encore sensibiliser et informer l'ensemble des acteurs de la filière, car tous sont loin d'être mobilisés. « La formation des agriculteurs sur le sujet qui devrait débuter cette année pourrait déjà permettre de gagner 20 à 30% sur l'usage actuel », explique-t-il. Et à terme, « des intermédiaires devenant de moins en moins vendeurs et de plus en plus accompagnateurs, donneurs de conseils » pourrait permettre de changer la physionomie de la filière. Un accompagnement qui devra aussi être réalisé avec l'aide financière de l'Etat. Se pose aussi la question de la fiscalité : l'étude mentionne par exemple « l'efficacité d'un système de taxation des pesticides avec redistribution aux producteurs des recettes de la taxe ». Toutefois, « pour atteindre des niveaux de réduction supérieurs à 30 % le niveau de la taxe doit être élevé : supérieur à 100% du prix des pesticides », reconnaissent les auteurs. Inacceptables pour  les agriculteurs qui attendent plutôt des subventions et craignent de voir baisser leur compétitivité au profit des autres pays européens.

(Source : novethic.fr)

20.01.2010

FRONTON - Viticulture - Le rosé du château Cahuzac au Québec

Les Fronton s'exportent bien, 2009 aura de nouveau été une année faste pour l'exportation de l'appellation Fronton.

Pour Nicolas Gélis propriétaire des Châteaux Montauriol, Cahuzac et Ferran, ces marchés représentent plus de 25% de l'activité de ses vignobles.

Le château Cahuzac vient d'être sélectionné pas la SAQ (Société des Alcool du Québec) pour son rosé 2009. La SAQ a choisi de sélectionner pour la saison 6 rosés au niveau mondial afin de compléter son offre de produits réguliers. La sélection se fait parmi plusieurs centaines d'échantillons, sur la dégustation des vins ainsi que la notoriété du producteur et du domaine. Il en résulte une commande de plus de 25.000 bouteilles pour le Château. Il est à noter que les vins seront livrés en capsule à vis, mode de bouchage de plus en plus utilisé dans les pays anglo-saxons. Le Château Cahuzac rosé était déjà présent aux USA et en Ontario. Le Château Montauriol rouge est aussi présent à la SAQ et aux USA avec d'autres producteurs du Frontonnais ; cela prouve bien que les vins de Fronton sont très appréciés à l'export et sur le continent Nord-Américain notamment. Le Château Cahuzac rosé 2009 doit son origine aux boulbènes de la région de Fabas dans le Nord-Frontonnais qui produisent des vins rosés vifs et aromatiques. L'assemblage est composé principalement par la fameuse négrette qui excelle dans les rosés et est complété de gamay et de syrah. Aujourd'hui, les rosés de Fronton peuvent se déguster toute l'année, même s'ils s'expriment pleinement dans la convivialité des saisons un peu plus chaudes. Il est aussi à noter qu'en plus des plats traditionnels, ils s'accordent particulièrement bien avec les cuisines exotiques ou épicées. D'autre part les rosés vins d'été nous rappellent le soleil et les vacances, un vin sourire dans la grisaille de l'hiver.

(Source : La Dépêche.fr)

24.12.2009

FRONTON - Viticulture : Robert Parker découvre trois nouveaux domaines de vins de Fronton

Si Fronton se targue aujourd'hui de la venue de nouveaux vignerons, il semble que cette nouvelle génération de vins ait l'amabilité de la Presse. Une fois de plus, Fronton apparaît dans les grands guides.

Robert Parker, le plus grand critique du vin au monde, vient d'élire le domaine Le Roc et le château Plaisance produisant l'appellation Fronton parmi les grands vins de France. « Juste au-dessus de Toulouse, entre Tarn et Garonne, s'étendent les Côtes du Frontonnais (ou Fronton), où Frédéric Ribes (Domaine le Roc) montre la troublante synergie entre la négrette et la syrah dans un vin absolument splendide, la Cuvée Don Quichotte (dégustée à l'aveugle, il n'en est que plus époustouflant).

Un certain nombre de producteurs suivent ses pas et la réputation tenace de Fronton pour ses vins simplement désaltérants pourrait bientôt faire partie du passé » (Extrait du Parker 2010, page 1210. Auteur : Robert Parker)

De plus, le Château Bellevue La Forêt attire également l'attention avec « Ce vin », à nouveau un 100 % négrette. Le Wine Avocate, la revue de Robert Parker, commente : « Ce vin offre un nez frais, de cerise et de prune. Une bouche fine teintée de poivre et fruit confit. La finale est longue et droite, avec une légère amertume agréable. Ce qu'il y a de très intéressant avec ce vin est cette double personnalité, qui lui permet autant d'accompagner des repas que d'être dégusté seul »

Cette triple consécration fait suite à celle du Château La Colombière qui avait récolté un majestueux 90/100 avec son Coste Rouge.

Depuis 2 ans, les 100 % négrette font leur apparition, après l'élection de domaine parmi les plus grands de France, Robert Parker poursuit sa découverte des vins de Fronton de plus en plus surprenant.

(Source : La Dépêche.fr)

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