23.02.2010

Etude sur le bio à la cantine dans les ville moyennes : le surcoût a bon dos

La Fédération des Maires des Villes Moyennes a commandité une étude pour confronter ses membres aux exigences du Grenelle de l'Environnement qui prévoit l'introduction de 20% de produits bio dans les cantines publiques d'ici 2012.

Les objectifs de l'étude sont les suivants

"La FMVM a souhaité interroger les villes moyennes et leurs intercommunalités sur la faisabilité de cet objectif (i.e introduire 20% de produits bio dans les cantines en 2012), et au delà, évaluer les éventuelles difficultés rencontrées par les villes moyennes et leurs points de vue sur les futurs enjeux pour la restauration scolaire."

Cette étude a été conduite avec (par?) Sodexo, entreprise de restauration collective. Or on apprend dans le rapport que 55% des communes qui ont répondu à l'enquête gèrent leur cantine en direct.

Les conclusions de cette étude ont fait l'objet d'un rapport publié en septembre 2009 et certaines d'entre elles ont attiré notre attention.

Prix de revient du repas

En moyenne le prix de revient du repas est de 6,5€ (dont 36% seulement reste à la charge des familles) et il se décompose comme suit : 32% pour l'achat des denrées alimentaires, 50% pour les frais de personnels et 18% pour les frais divers. Nous retiendrons ici que les denrées alimentaires ne représentent qu'un tiers du coût total du repas. Nous y reviendrons plus tard.

Origine des produits servis dans les cantines

58% des denrées servies sont d'origine nationale (42%) ou internationale (16%). Seul 20% des produits achetées sont d'origine départementale. On peut constater que l'origine des denrées n'était pas une préoccupation des communes jusqu'à présent. Cela change semble-t-il quand on aborde la question du bio car soudainement la proximité de l'approvisionnement devient prioritaire.

Les pertes alimentaires

Les villes sont très sensibles au "gâchis" généré par les cantines (essentiellement les légumes): entre 10% et 30% des aliments. Notons ici quelques pistes explorées par certaines communes pour diminuer ces déchets.

"Environ un quart des villes tentent de réduire les quantités (notamment sur les viandes) pour diminuer les pertes et les adapter au mieux à la consommation réelle des enfants."

"Certaines villes disent récupérer les fruits ou le pain non consommés, en respectant les normes d'hygiène, pour les resservir au goûter et ainsi limiter le gâchis."

Certaines villes osent ainsi transgresser les recommandations du Groupe d'Etude des Marchés Restauration Collective et Nutrition (GEMRCN) (qui contrairement à ce que prétend l'étude ne s'imposent pas légalement aux communes) qui préconisent un grammage minimum dans les assiettes. En effet pourquoi à tout prix charger les plateaux des enfants si l'on sait que de toute façon les denrées ne seront pas consommées. Mieux vaudrait servir moins mais mieux et s'assurer que ce que l'on sert aux enfants sera effectivement consommé.

Le Bio à la cantine

8% des communes interrogées servent plus de 20% de produits bio et 22% n'en servent pas du tout.

Ce sont les fruits, les légumes et le pain qui sont les plus servis en bio. Les villes sont très majoritairement en faveur du bio et 25% d'entre elles  estiment que l'objectif de 20% de produits bio à l'horizon 2012 est atteignable.

Les villes favorables au bio mettent en avant l'aspect éducatif (devant les aspects nutritionnels ou sanitaires) quand elles introduisent le bio dans les cantines.

Comment compenser le surcoût lié au bio?

L'étude met (évidemment) en avant le surcoût (variable de 10% à 45%) du bio. Arrêtons-nous un instant sur ces chiffres. Tout d'abord le surcoût porte uniquement sur le prix des denrées bio.  Or nous l'avons vu plus haut les produits bio ne représentent (dans le meilleur des cas) que 20%  des denrées utilisées dans les menus. De plus les denrées ne représentent qu'un tiers du coût du repas.

Admettons un surcoût de 30% des denrées bio : cela équivaut à une hausse de 6% du coût global des denrées (30% sur 20% de produits bio). Les denrées représentant 32% du coût global du repas, le surcoût des denrées bio ramené au prix du repas n'est plus que de 2%.

La question du surcoût du bio est donc bien politique et dépend de la façon dont on  présente les choses.

Introduire le bio dans les menus remet en cause les circuits habituels d'approvisionnement que ce soit pour les SRC (sociétés de restauration collective) ou les communes qui gèrent les cantines régie directe. Donc toutes les raisons sont bonnes pour freiner son introduction. L'argument financier agité devant les parents d'élèves et les contribuables est donc dans ce cas bien pratique pour justifier une introduction du bio à la cantine de façon homéopathique. Heureusement l'exemple de Saint-Etienne nous montre qu'avec une volonté politique forte les contraintes financières sont balayées. En effet cette commune a introduit à la rentrée 2009, 50% de produits bio dans ses cantines sans hausse du prix du repas pour les familles.

Référence : Restauration scolaire et villes moyennes - Résultats de l'enquête menée par la FMVM en juin et juillet 2009

Auteur : Ma Cantine Bio

(Source : notre-planete.info)

17.02.2010

Bio et sans OGM : ce qui va changer en 2010

Des traces d'organismes génétiquement modifiés dans les produits bio, c'est l'hérésie permise par l'Europe depuis le 1er janvier 2009. Au mois de juillet prochain, son nouveau label «Agriculture biologique» sera apposé sur des produits bio, répondant à moins d'exigences que le label AB du ministère de l'Agriculture français. Pour tenter de contrer l'étiquetage européen et d'empêcher la confusion du consommateur, la FNAB (Fédération nationale de l'Agriculture biologique) et d'autres associations ont élaboré une marque collective qui trouvera, d'ici un mois, sa place sur les produits «vraiment» issus de la bio.

Un texte, proposé par la Commission européenne prévoyait de fixer le seuil maximal de 0,9 % d'OGM dans la composition d'un produit bio, tolérant ainsi les «présences accidentelles» d'OGM dans le bio. La commission de l'Agriculture au Parlement européen, demandait, elle, que soit limité à 0,1 % le pourcentage d'OGM dans le bio, ce qui correspond au seuil minimum de détection. Elle souhaitait que «les États membres se dotent d'un cadre législatif adéquat, fondé sur le principe de précaution et sur le principe du pollueur-payeur, afin d'écarter tout risque de contamination des produits biologiques par des OGM.» Si cet amendement a bien été adopté par le Parlement, il a pourtant été rejeté par les ministres européens qui ont choisi de conserver le seuil de traces à hauteur de 0,9 % et la possibilité d'utiliser des produits phytosanitaires (pesticides) et d'antibiotiques dans les produits bio.

Or, le bio est censé garantir une alimentation saine, sans additifs chimiques de synthèse, sans OGM, sans hormones, sans antibiotiques, sans pesticides et sans toxiques. Un seuil de 0,9 % contenu dans les produits non bio impose un étiquetage spécifique «avec OGM» sur tout produit vendu dans l'Union Européenne.

«L'initiative Alternative Bio 2 009 s'est formée lors du salon de l'Agriculture l'année dernière» explique Thomas Erguy de BLE (Biharko Lurraren Elkartea). «Le 13 janvier dernier, elle a mis au point une marque collective dans le but de proposer un outil pour les opérateurs sur le territoire français. Elle a également des contacts avec d'autres régions européennes». L'animateur de l'association est conscient du fait que les consommateurs ont du mal à s'y retrouver. Il cite une étude du CREDOC qui pointait une certaine confusion concernant les différents labels apposés sur les produits alimentaires et signalait qu'ils citent en majorité Label Rouge et AB. Or si AB est facultatif, le logo européen va être, lui, obligatoire. La nouvelle marque collective est en cours d'étude juridique et devrait voir le jour dans quelques semaines. «Cette nouvelle marque, qui pourra être ajoutée au logo européen et à AB, garantit la reprise en main d'un outil de développement par les producteurs et les consommateurs bio. Avec le règlement européen, l'outil bio a échappé aux consommateurs et aux producteurs, ce n'est pas le moindre des paradoxes ! On repart de zéro... La marque collective va également garantir un cahier des charges. On part dans l'idée que la réglementation européenne est intéressante mais on veut apporter des points de valeur ajoutée. Il n'y a plus de garde-fous. L'important, c'est de reprendre en main notre destin vers un nouveau modèle de développement, de prendre des orientations pour un avenir durable : la valeur ajoutée, la relocalisation, le lien au sol...».

Parallèlement à la démarche d'Alternative Bio 2009, une nouvelle réglementation en cours d'élaboration devrait bientôt aboutir à une étiquette «sans OGM». En effet, début novembre 2009, Le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) a remis son avis sur la définition des filières dites sans OGM à l'Etat qui préparera un projet de décret définissant l'étiquetage des produits en provenance de ces filières. «Cette garantie d'un seuil d'OGM en dessous de 0,1 % ne sera pas liée qu'à la bio mais à l'ensemble des produits alimentaires» reprend Thomas Erguy. «Cette réglementation est parallèle à notre démarche et je pense que nos actions y ont contribué. Le but est de mettre en place des pratiques qui empêchent tout risque de contamination. Il ne sera jamais de zéro mais on fait tout pour s'en approcher».

Le nouveau logo européen

Actuellement facultatif, le logo biologique de l'Union européenne devra obligatoirement figurer sur tous les produits biologiques préemballés élaborés dans les Etats membres de l'Union et répondant aux normes requises. Pour les produits importés, il sera facultatif. L'apposition, à côté du logo de l'UE, d'autres logos «à caractère privé, régional ou national» sera autorisée. Le logo européen de l'agriculture biologique et ceux des Etats membres sont censés compléter l'étiquetage et aider les consommateurs à repérer les aliments et boissons biologiques. L'étiquetage et l'utilisation du logo sont soumis à des règles strictes : «Les termes tels que biologique, bio, éco etc., y compris les termes utilisés pour les marques déposées, de même que les pratiques d'étiquetage ou de publicité susceptibles de tromper le consommateur ou l'utilisateur en suggérant qu'un produit ou ses ingrédients sont conformes aux exigences définies dans ce règlement, ne doivent pas être employés pour les produits non biologiques».

(Source : Le Journal du Pays Basque par Claire REVENU-JOMIER)

10.02.2010

Les Français ont faim de bio

Les habitudes de consommation changent, mais la production ne suit pas...

Le bio s'invite de plus en plus naturellement dans nos assiettes ! L'agence Bio a publié un sondage qui confirme une tendance lourde : en 2009, 46 % des Français ont consommé au moins une fois du bio. Ils n'étaient que 44 % en 2008 et 42 % en 2007. Non seulement la tendance devrait se poursuivre, mais nos compatriotes souhaitent de plus en plus de bio au restaurant ou à la cantine.

« Cette tendance montre que désormais, le public n'achète pas du bio pour des questions liées à la santé, comme cela avait été le cas après des épisodes comme la vache folle, mais pour des raisons environnementales, pour une agriculture plus propre » analyse Clara Reboullet, vice-présidente d'érables 31, association d'agriculture bio en Haute-Garonne.

« Mais le problème, poursuit-elle, c'est que la production ne suit pas: il y a 6800 agriculteurs en Haute-Garonne, dont 160 seulement sont en bio ! Il y a énormément à faire. On manque cruellement d'infrastructures pour opérer la conversion. »

« La France était le premier producteur bio il y a 20 ans, on est au vingtième rang à l'heure actuelle » déplore Christian Ponticelli, directeur du Groupement d'agriculture biologique du Gers. Nous sommes devenus des gros importateurs ! »

Or justement, une des bonnes idées du Grenelle de l'environnement serait que les patates bio produites en Midi-Pyrénées puissent aller très vite dans les assiettes de Midi-Pyrénées, et qu'on en finisse avec ces légumes qui font trois fois le tour du monde avant d'atterrir dans nos casseroles.

La demande est là. Mais l'argent pour aider cette reconversion manque : « En 2005, l'État a accordé 1,2 million d'euros : cette année on est passé à 170 000 €» constate Christian Ponticelli qui qualifie cette somme de ridicule.

En revanche, le conseil régional s'intéresse au bio, comme à la qualité alimentaire en général, dans une région qui peut brandir l'alimentation comme un emblème. Elle préconise le bio dans les cantines des lycées, et a consacré en 2009 1,6 M€ pour aider la filière bio, soit pour des investissements, soit pour des opérations de communication.

« Il faut une volonté politique forte pour changer les choses, estime Clara Reboullet. D'autant qu'actuellement, le comportement du consommateur évolue. Au-delà du bio, et avec la crise, il se tourne vers la récupération, l'achat groupé, les Amap... Une façon de faire des économies tout en consommant autrement. »

Le bio ouvre-t-il la voie verte ?

(Source : La Dépêche.fr

06.02.2010

Les Français toujours plus nombreux à consommer bio en 2009

AFP - En dépit de la crise, les Français ont été plus nombreux l'année dernière à consommer bio et comptent maintenir le cap dans les mois à venir, selon le baromètre 2009 de l'Agence Bio, publié jeudi.

Ils étaient 46% en 2009 à manger au moins une fois par mois un produit issu de l'agriculture biologique, contre 44% en 2008 et 42% en 2007, relève ce sondage réalisé chaque année pour l'Agence Bio, groupement d'intérêt public pour la promotion de l'agriculture biologique.

La tendance devrait se poursuivre dans les prochains mois, 25% des consommateurs-acheteurs ayant l'intention d'augmenter leur consommation et 71% de la maintenir, selon cette enquête.

Les Français sont aussi plus nombreux à vouloir consommer bio en dehors de leur domicile. Ils sont 45% à souhaiter des plats bio au restaurant, contre 42% en 2008 et 43% en 2007.

Sur leur lieu de travail, 41% souhaitent des produits bio à la cantine, contre 38% en 2008. Les distributeurs automatiques devraient également proposer des produits bio pour 37% des actifs, contre 32% en 2008.

Le nombre des enfants à bénéficier de repas bio dans les cantines scolaires est aussi plus important: un tiers d'entre eux y ont goûté en 2009, contre 24% l'année précédente.

Une grande majorité des parents (75%) souhaite que leurs enfants puissent y avoir accès. En moyenne, les parents déclarent être prêts à payer 7% de plus pour un repas à la cantine scolaire avec des produits bio.

De manière générale pour un Français sur quatre, il est normal de payer plus cher la production bio. Et ils se disent prêts à payer en moyenne 11% de plus. Selon de récentes enquêtes publiées dans la presse, les produits bio sont en fait de 50 à 70% plus onéreux.

Les fruits et légumes bio sont les produits les plus consommés (80%) devant les produits laitiers (71%), les oeufs (62%), les produits d'épicerie (56%), la viande (49%) et le pain (42%).

Cette enquête CSA a été menée du 26 au 30 octobre 2009 auprès d'un échantillon de 1.015 personnes représentatives de la population française.

(Source : France24.com)

05.02.2010

Ces maires qui disent "OUI au BIO dans ma cantine !"


La France des maires dit "Oui au bio dans ma cantine ! "
envoyé par WWF_France. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

24.01.2010

Cantines : un forum pour passer au régime bio

Un vaste forum départemental aura lieu à Limoux à l'initiative de Nature et progrès autour de l'alimentation saine et de proximité.

Manger bio dans les cantines, c'est possible. Mais manger bio local, c'est plus compliqué, rapport à l'offre audoise qui reste très largement inférieure à la demande. Alors pourquoi ne pas y aller progressivement, en relocalisant d'abord la production avant de miser vers l'agriculture biologique ? Voici en quelques lignes la teneur de la méthode prônée par Nature et Progrès qui milite ardemment pour que cantine scolaire et circuit court aillent de pair. Mais pas à n'importe quel prix et pas n'importe comment. D'ici 2012, 20 % de la restauration collective publique d'État devra passer sous le régime bio selon la décision arrêtée lors du Grenelle de l'environnement. Le hic c'est que la demande du consommateur croît de 10 % par an alors que la production nationale bio pèse très peu : elle occupe 2 % de la surface agricole utilisée. Du coup, pour répondre aux besoins, 60 % des produits bio sont importés. C'est donc le moment ou jamais de relocaliser la production, dit en substance Nature et progrès qui tente, depuis deux ans, de faire progresser ce discours auprès du conseil général comme de la chambre d'agriculture. Conscientes des enjeux en termes d'environnement, d'emplois et de maintien du tissu agricole, les deux institutions sont de plus en plus sensibles au discours des « circuits courts » qu'elles ont d'ailleurs intégré dans leurs plans de développement territorial et agricole.

Mais reste la question de la méthodologie et de la mise en œuvre. « Au niveau de la stratégie régionale, on parle surtout et avant tout de conversion pour répondre aux besoins en bio. On ne parle pas d'installation. Or, c'est par ce biais-là qu'il fait prendre le problème », analyse Éole Bonneault, l'animateur de Nature et progrès. L'installation sera au cœur du « Forum d'échange - alimentation saine et de proximité », mis sur pied par Nature et progrès et le collectif cantines bio Limoux. Comment introduire des produits frais et bio en restauration collective, comment développer la production agroécologique locale, comment favoriser l'installation, impliquer les collectivités ? Les associations et syndicats estampillés écolo ne manquent ni d'idées, ni d'exemples pour y répondre, après avoir brossé un état des lieux minutieux. Durant deux jours, le plus large public, le milieu associatif, le monde agricole et les institutionnels se mettront autour de la table, à Limoux. But de la manœuvre : « Initier une dynamique pour l'introduction en restauration collective de produits frais, de qualité, issus d'une agriculture de proximité », comme c'est déjà le cas à Caux-et-Sauzens, Festes, Bugarach, Montlaur ou le collège Varsovie de Carcassonne.

(Source : La Dépêche.fr)

18.01.2010

Cantines : quoi de bio dans les assiettes des enfants ?

Alimentation. La nourriture bio gagne du terrain à Toulouse dans les cantines à la ferme de Candie et chez les fournisseurs de la cuisine centrale.

Les élèves qui déjeunent chaque jour dans une des 210 cantines scolaires de Toulouse la connaissent bien. Car, depuis septembre 2008, la petite coccinelle rouge et noire posée sur les menus leur indique quel est le plat bio de la journée. Un plat par jour, soit l'équivalent d'un repas complet chaque semaine : c'est à ce rythme que les produits bio se sont imposés dans la composition des 25 000 repas préparés chaque jour par la cuisine centrale. Pour que les enfants puissent déguster des lentilles, du poulet, des yoghourts, de l'huile d'olive, des fromages, des pâtes fraîches et, depuis janvier, un petit pain quotidien produits ou élevés sans produits chimiques, la mairie de Toulouse a choisi de consacrer, 1,5 million d'euro supplémentaire à l'achat de la nourriture des écoliers. La hausse de 10 % du prix de revient des repas a donc été totalement indolore pour les familles. Quant aux fournisseurs, ils ont dû s'adapter aux nouvelles exigences du Capitole. Le nombre de lots d'approvisionnement a été doublé et les cahiers des charges redéfinis pour permettre aux petits producteurs locaux d'entrer dans la course. « Nous avons utilisé tous les produits disponibles localement et nous ne pourrons plus consentir de nouveaux efforts financiers », prévient Elisabeth Belaubre l'adjointe Vert en charge de la restauration scolaire. Mais la dynamique bio est enclenchée. Au cours de l'année 2010, quelques produits nouveaux seront introduits dans les menus. Et le Capitole compte désormais sur la force de frappe de ses 25 000 repas par jour pour booster la filière bio. Car, à l'instar des maraîchers de la région, les producteurs ne sont pas encore totalement en mesure de répondre aux nouveaux besoins des cantines scolaires. « Notre objectif est toujours de tendre vers le 100 % bio », précise Elisabeth Belaubre, « mais il faut qu'en amont, les agriculteurs s'organisent pour être capables de nous fournir par exemple 3,5 tonnes de carottes ou de bœuf les jours où ces produits figurent au menu. » Finalement, les filières d'approvisionnement sont presque aussi difficiles à changer que les habitudes alimentaires.

Une légumerie pour faire les pluches

Sept étudiants du CETIA, le Centre d'étude du tourisme et de l'industrie de l'alimentation de l'université du Mirail consacrent actuellement leur deuxième année de master à l'étude de faisabilité du projet de création d'une légumerie à la cuisine centrale de Toulouse. Car pour le moment, la cuisine centrale qui n'est pas équipée pour nettoyer et préparer les produits frais continue d'acheter et de servir dans les cantines des légumes qu'elle achète déjà conditionnés.

Sur les rails depuis un an, ce projet de légumerie doit permettre d'introduire enfin les légumes « locaux et de saison », promis aux usagers des cantines scolaires lors de la campagne des municipales. Outre la faisabilité technique et financière du projet, une incertitude sur l'avenir de la légumerie demeure : « il faut que la filière en amont soit en mesure de répondre à nos besoins », prévient Élisabeth Belaubre.

Un médecin derrière les fourneaux

Depuis le 1er novembre, le médecin spécialiste de santé publique Marie Carbonne est attaché à la cuisine centrale en tant que conseiller technique à la restauration scolaire. L'arrivée d'un médecin à la cuisine centrale doit permettre de mettre en musique sur le terrain, la nouvelle politique municipale en faveur d'une alimentation plus saine pour les enfants. Outre les questions de diététique, le Dr Carbonne interviendra dans les cantines et les centres de loisir pour observer l'accueil réservé aux plats bio par les jeunes commensaux et développer des actions pédagogiques et d'initiation aux goûts et aux produits auprès des enfants. Le médecin aura également un rôle d'interface entre les usagers des cantines et les professionnels chargés de la réalisation des repas, le Dr Carbonne interviendra également auprès des parents. Dans ce cadre, elle assurera notamment la coordination d'un réseau de promotion d'une nourriture plus saine et plus variée actuellement en cours de constitution.

Candie passe au bio

C'est une expérience municipale inédite : dans trois ans, les 270 hectares de céréales cultivés par la régie agricole de la ville de Toulouse, plus connue sous le nom de ferme de Candie, seront entièrement passés au bio. La reconversion a débuté en novembre 2009 avec le lancement d'un nouvel assolement à base de féverole, de chanvre et de triticale, un mélange de blé et d'orge. Et 18 ha restés en friche produiront dès l'été prochain les premiers quintaux de blé bio de Candie. Il faudra ensuite attendre trois ans de culture sans amendements chimiques ni pesticides pour que la ferme obtienne son label bio. Trois ans, c'est également le temps qu'il faudra à la régie agricole pour retrouver un équilibre financier. Ensuite, le blé bio produit devrait entrer dans la fabrication des petits pains consommés dans les cantines scolaires. Outre les 270 ha de céréales, la régie compte 25 ha de vigne et une centaine d'hectares qui ne sont pas directement cultivables.

(Source : La Dépêche.fr)

07.01.2010

ALIMENTATION - Des cantines plus vertes

Depuis novembre dernier, huit écoles privées de région parisienne ont converti leur cantine à l'alimentation biologique. Ces écoles maternelles et primaires sont notamment issues du réseau Montessori. Elles ont négocié ce virage avec l'aide du restaurateur collectif RGC Restauration, filiale de Sodexo. Le cahier des charges rédigé par les écoles comprend plusieurs obligations. Les produits biologiques, équitables ou Label Rouge composent les repas des enfants lorsque l'approvisionnement est possible. RGC Restauration s'est engagé à ne pas servir d'espèces de poissons sauvages menacées, comme le cabillaud ou le thon rouge, ni de plats industriels, ni  d'OGM. En revanche, des légumes et fruits variés et des variétés originales seront régulièrement proposés. Le contrat prévoit aussi une politique de recyclage des déchets stricte du prestataire et des livraisons par camion à gaz naturel liquéfié. Plusieurs règles ont été définies pour limiter à 3,80 euros le coût du repas pour les parents : diminution de la consommation de viande, lutte contre le gaspillage et réduction du nombre de plats par repas. La plupart des cantines qui se sont initiées à l'alimentation biologique se contentent de programmer un repas de ce type par semaine. Cette initiative a été soutenue par Elisabeth Laville, PDG du cabinet de conseil environnemental Utopies, dont la fille est scolarisée dans l'un des huit établissements concernés.

Le Grenelle de l'environnement prévoit que d'ici à 2012, 20 % de la nourriture servie dans la restauration collective devra être issue de l'agriculture biologique.

(Source : Les Echos.fr)

04.01.2010

Expérience d'une Cuisine centrale privilégiant le Bio et les producteurs locaux

La cuisine centrale du Penthièvre est en fonction depuis février (2009). Rôdée, elle prépare maintenant son assiette 2010, plus riche en produits biologiques et locaux.

« Ici, on cuisine!», rappelle Bruno Gele, le directeur de la cuisine centrale. «Même si on peut utiliser des aliments en boîte, ils sont toujours cuisinés et assaisonnés».

1.600 repas par jour

Précision importante. Car la cuisine en collectivités se résume, parfois, à réchauffer des plateaux livrés par des sociétés extérieures. Mais selon Bruno Gele, «le goût c'est essentiel». En fonction depuis février2009, la cuisine centrale sert quotidiennement 1.600 repas sur Lamballe et sa communauté, distribués majoritairement dans les écoles et l'hôpital. Avec le Cias (Centre intercommunal d'action sociale) lamballais, une centaine de repas sont, également, livrés à domicile. Un service pratique pour les personnes âgées qui se retrouvent isolées.

Qualité et produits locaux

Dès le 1erjanvier, la cuisine choisira seule ses fournisseurs. «C'est pour nous un moyen de travailler avec des producteurs locaux et d'améliorer la qualité des produits, notamment en cuisinant davantage d'aliments d'origine biologique», explique Bruno Gele. Ces produits devraient représenter entre 25 et 30% des produits achetés par la cuisine. La viande, les produits laitiers et les légumes sont les premiers concernés.

Réduire les coûts

Par exemple, acheter du porc, produit dans le secteur de Lamballe, peut permettre à la cuisine de réduire ses coûts de transport et donc, de commander davantage de légumes biologiques. Plus de qualité et de proximité, sans augmenter le prix du repas, c'est le pari que fait la cuisine pour 2010. Cette structure, qui emploie17salariés, prévoit aussi d'augmenter le nombre de repas servis. «L'année 2009 était une année de lancement et de stabilisation. En 2010, on table sur2.200 repas produits par jour», précise le directeur.

(Source : letelegramme.com)

10.12.2009

Un an de vie bio et Pecha'bout de nature tient le bon bout

L'association bio a fait son premier bilan après son baptême en janvier dernier et a présenté ses projets.

Tout bio, tout bon pour Pecha'bout de nature. Un an après avoir semé sa graine dans le champ du commerce bio, l'association présente une récolte productive. De 30 membres à l'origine, ils se comptent désormais en décembre à 107. Et ce avec un effet séduction qui a largement dépassé les frontières péchabboliennes, puisque, que ce soit à l'étal ou par le système des paniers, les bio quality-addicts résident à Toulouse, dans le Lauragais profond ou dans les communes voisines de la ville du maire Georges Karsenti, éclatant comme une marguerite en fleur de voir que le bio a bien creusé son sillon dans sa cité, et que par effet rebond ici le marché arbore l'étiquette de lieu social, et ce de 7 à 77 ans.

« Aujourd'hui, le gros du marché bio est constitué. Nous sommes pratiquement arrivés à créer une plateforme de tous les produits bio de consommations. C'est important d'avoir tout ici car nous défendons aussi une consommation responsable avec moins de trajets à effectuer pour les consommateurs. C'est cela aussi la défense du développement durable. Tous les producteurs à Pechabou adhèrent à cette philosophie » commentait Carine Karsenti, un des cartes du carré d'as de l'association, après le buffet discussion avec les producteurs, qui ont eu le loisir de visionner la vidéo Pechabou'People relatant l'an I, concoctée sur fond de musique jazzy par Jean-Jacques Lutz, un magicien habitué au tour de passe-passe avec les enfants sur le marché.

« Avec ce système de paniers sur un abonnement de trois mois, nous avons une garantie financière, mais surtout nous garantissons la fraîcheur des produits et respectons les saisons. En plus, comme beaucoup de produits bio en vente ici sont sous-vide que l'on peut garder 15 jours au réfrigérateur, on peut bien mieux les congeler », confiait Danièle, la poissonnière, qui a mis dans son épuisette de clients... l'Élysée.

Un marché qui veut l'an prochain monter de nouvelles marches de la renommée. « Déjà pour le marché de Noël du 19 décembre, on va créer un effet de sensibilisation entre les enfants, dont certains vont récolter des jouets pour les enfants démunis. Ensuite, tous les mois, on va faire un marché à thème : janvier la galette, février le carnaval, mars l'artisanat, en avril les œufs, en mai la journée nature, en juin la fête de la musique, en juillet la pétanque, en août le cinéma de plein air, en septembre le bar à eau, en octobre le samedi du goût, en novembre la réduction des déchets et en décembre le marché de Noël. Il y a aura aussi comme en 2009 des ateliers toujours sur des sujets d'écologie », détaillait Carine Karsenti. Au marché de Pechabou, les idées poussent sur un sol fertile.

Des prix encore plus performants l'an prochain

La politique du bon prix pour le bon produit n'est pas laissée en friche au marché de Pechabou. « Avec les paniers de 5 kg, on va être encore plus performants, et même pour des produits bio certifiés, moins chers que des produits non bio en hypermarchés » garantissaient de concert Stéphane Forestier et Carine Karsenti avec l'aval des producteurs. Pour preuve, un panier de 5 kg de légumes bio coûtera 11 €, contre 12 € en non-bio en hyper et 25 € en bio en hyper.. Un panier de bœuf bio sera en 2010 à 65 €, pour du non bio en hyper entre 73,75 et 92,55 €, et pour du bio à 98,62€. « Pour le veau, on sera aussi hyper compétitif. À Pechabou, les 5 kg de bio vaudront 70 €, contre entre 74,45 € et 91,50 € pour du non bio » notait Carine Karsenti

(Source : La Dépêche.fr)

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