23.09.2011

Les apiculteurs ont le bourdon

La fédération française des apiculteurs professionnels manifestait le 14 septembre contre l'autorisation de mise sur le marché du cruiser OSR sur le colza. Un produit qu'ils considèrent comme dévastateur pour les abeilles et qui s'ajoute aux autres pesticides déjà présents dans les campagnes. Tant et si bien qu'ils demandent un « asile écologique » pour leurs abeilles.

Le 14 septembre, une drôle de péniche débarquait quai Saint Bernard à Paris. A son bord, des centaines de ruches -venues essentiellement d’Anjou- et des apiculteurs en colère qui brandissaient des banderoles où l’on pouvait lire : « à bas le Cruiser », « abeilles sacrifiées = hommes en danger », « abeilles mortes au combat de la pollinisation »… Cette transhumance un peu particulière était surtout symbolique pour la Fédération française des apiculteurs professionnels : « à la campagne, nos abeilles sont agressées par les pesticides, nous migrons donc vers la ville pour demander l’asile écologique à nos abeilles, moins sensibles à la pollution urbaine qu’au Gaucho et Cruiser », clamait dans un humour amer le coprésident de la fédération Alain David. A terre, il était acclamé par des dizaines d’apiculteurs de la FFAP qui, enfumoirs à la main, manifestaient aussi contre la récente autorisation de mise sur le marché d'un nouveau pesticide: le Cruiser "OSR" de Syngenta, utilisé pour le traitement des semences de colza.

Une autorisation délivrée en mai dernier par la direction générale de l’alimentation et qui fait suite à la mise sur le marché du Cruiser OSR pour le maïs, toutes deux basées sur un avis de l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (Anses) du 15 octobre 2010 (voir document lié). Le problème vient du fait que ce produit contient du thiaméthoxam, un insecticide systémique extrêmement puissant « aux effets toxiques avérés pour l’abeille », selon l’Union nationale des apiculteurs français (UNAF). Utilisé sur le colza, celui-ci aura un effet « désastreux » car cette plante, qui restait jusque là l’une des rares cultures non traitées, est « une ressource majeure » pour l’abeille très attirée par son pollen, estime Marie-France Roux, une apicultrice membre de la FFAP. Des affirmations que rejette en bloc Syngenta, qui rappelle que le produit « est homologué et utilisé depuis de nombreuses années en Allemagne, au Royaume-Uni et en Pologne (près de 2,8 millions d’hectares, ndlr) sans qu’aucun incident n’ait été signalé ». Un argument de poids selon le ministre de l’Agriculture qui, dans une réponse adressée à la députée EELV Anny Poursinoff, précisait : « nous devons veiller à ce qu’il n’y ait pas d’inégalité de traitement entre les paysans français et les paysans allemands en matière de règles environnementales. Sinon, nous tirons une balle dans le pied des paysans français ». Et le ministre assure que dans tous les cas, « si les réseaux de surveillance devraient montrer que l’utilisation du "Cruiser OSR" ou que les effets cocktails pouvaient avoir la moindre incidence sur la reproduction et la population des abeilles, je retirerais immédiatement l’autorisation du Cruiser OSR. »

Quoi qu’il en soit, pour Marie-France Roux qui officie depuis 30 ans dans l’Isère, « la coupe est pleine : nos ruches sont déjà remplies de pesticides. Nos abeilles sont tellement affaiblies que l’on doit avoir de plus en plus de ruches pour compenser celles qui sont improductives et maintenir une colonie correcte ». Depuis 1994, les apiculteurs constatent en effet une baisse de leur production de 50% et d’un accroissement de la surmortalité allant jusqu’à 30% de leur cheptel en hiver. Une surmortalité dont les causes sont certes multifactorielles mais qui serait aggravée par les pesticides, selon plusieurs études, dont l’une publiée cet été par des chercheurs du CNRS, de l’INRA et de l’Université Blaise Pascal*. Ainsi, selon ces scientifiques, l’infection par le parasite Nosema ceranae, responsable de l’une des maladies -la nosémose- qui décime chaque année des milliers de colonies, entraîne une plus forte mortalité lorsque les abeilles sont confrontées à des insecticides type fipronil ou thiaclopride, même à faible dose.

Or, si les doses de pesticides ont bien baissé depuis 15 ans et devraient encore se réduire dans les années à venir, notamment sous la pression du plan Ecophyto qui doit réduire de 50% les pesticides utilisés en France d’ici 2018, l’Hexagone reste le premier consommateur européen de pesticides avec 65 000 tonnes par an. Et leur toxicité est de plus en plus importante, dénoncent les apiculteurs. « Aucun problème n’a été notifié lorsque les agriculteurs ont épandu les produits dans les conditions préconisées par Syngenta », rétorque de son côté l’entreprise de phytosanitaires qui assure former distributeurs et agriculteurs auxdites techniques. Des arguments qui sont loin de convaincre les apiculteurs et écologistes, qui ont saisi le tribunal administratif pour demander l’annulation de la mise sur le marché du Cruiser OSR (voir encadré).

* étude publiée en juillet 2011 dans la revue PLoS ONE, par les chercheurs du laboratoire microorganismes : génome et environnement (LMGE, CNRS/université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2) et du Laboratoire de toxicologie environnementale (LTE, INRA Avignon)

(Source : Novethic.fr – Béatrice Héraud)

02.09.2011

Greenpeace fait passer un « stress test » aux candidats pour 2012

Alors que l'Université d'été du PS s'est achevée dimanche et que celle de l'UMP se tient le week-end prochain, l'ONG classe les différents candidats à la présidentielle selon leur positions sur la question énergétique.

Les 17 candidats, déclarés ou supposés à l’élection présidentielle, ont reçu cet été un document de 28 questions posées par Greenpeace, sur 3 grands domaines : le devenir du nucléaire en France, la production et la consommation d’énergies fossiles et le développement des alternatives. Une majorité d’entre eux a répondu à l’ONG et pour ceux qui ne l’ont pas fait, leurs déclarations publiques ont été prises en compte. L’analyse de leurs réponses et /ou de leurs positions a donné lieur à un classement en 3 catégories : « rétrogrades », « attentistes », « engagés ». Toutefois ce classement est «évolutif », souligne l’ONG : « cet outil évoluera en permanence et tiendra compte des changements des positions des uns ou des autres. Et d’ici le premier tour de l’élection présidentielle, espérons qu’une majorité de candidats soit enfin engagés ! ». Pour l’heure, la question énergétique et notamment celle du nucléaire, sont loin d’être au cœur des débats politiques.

« Attentisme au PS »

« Du côté du Parti Socialiste, la plupart des candidats appartient au groupe des attentistes. Seule Martine Aubry fait une entrée timide dans le groupe des engagés. François Hollande, Ségolène Royal, et les autres candidats socialistes se refusent encore à faire un choix clair en faveur d’un autre modèle énergétique », observe Greenpeace.
Un attentisme qui ne pourra pas perdurer très longtemps, puisque la sortie du nucléaire est la condition fixée par EELV pour tout accord avec le PS avant 2012. "La sortie du nucléaire sera la condition absolue d'un accord avec d'autres formations politiques comme le Parti socialiste pour pouvoir envisager de gouverner ensemble", a ainsi annoncé Cécile Duflot, secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts. Or, sur ce point Martine Aubry apparaît plus proche des écologistes que ses rivaux à la primaire socialiste. La candidate a en effet pris publiquement position pour une « sortie, progressive, mais totale, du nucléaire » et a cité en exemple le choix du gouvernement allemand. François Hollande au contraire, s’est prononcé pour « une réduction de la part du nucléaire" en ajoutant que la sortie  n'était "pas aujourd'hui la réponse". Enfin Ségolène Royal propose de « sortir du nucléaire en 40 ans », alors qu’en 2007, elle avait évoqué un recul du nucléaire à 50 % de l'électricité d'ici à 2017.

Le programme du PS, censé faire consensus, reste laconique sur la question en proposant « de réduire la place du nucléaire de manière étalée dans le temps ». « Il est impossible de procéder autrement car vouloir aller trop rapidement impliquerait un recours accru aux énergies fossiles (gaz et charbon), ce qui augmenterait les émissions de gaz à effet de serre et serait contradictoire avec notre engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique », indique le document.
Pour le candidat du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon, « sortir du nucléaire est un impératif. Cela demandera du temps. Raison de plus pour ne pas retarder les décisions », a-t-il déclaré. Le candidat souhaite "organiser le débat et faire un référendum" sur la question, mais il reconnaît un profond désaccord avec ses alliés du parti communiste, partisans depuis toujours  « d'un nucléaire sécurisé »…Curieusement Greenpeace le classe dans les « rétrogrades », ce qui vaut à l’ONG beaucoup d’incompréhension des internautes.

« Silence radio au centre »

Les candidats centristes François Bayrou et Jean-Louis Borloo n’ont pas répondu au questionnaire de Greenpeace, qui estime par ailleurs « rares » leurs prises de positions publiques sur le sujet et qui les classe dans la catégorie des « rétrogrades ». De fait, alors qu’il était encore ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo avait annoncé en 2009 une programmation pluriannuelle des investissements centrée sur les "Economies d'énergie, les énergies renouvelables et le maintien du parc nucléaire ». S’agissant des candidats de droite, « les positions ne sont pas toutes alignées sur la ligne présidentielle (…).C’est le cas de Dominique de Villepin, plus proche des candidats socialistes que de Nicolas Sarkozy », observe Greenpeace. Nicolas Sarkozy « se place sans surprise parmi les rétrogrades, à l’image de la France dans le reste de l'Europe avec son obsession nucléaire... ». En juillet dernier, le gouvernement a lancé un exercice de prospective intitulé « Energies 2050 », pour envisager tous les scénarios énergétiques. Mais le ministre de l’Industrie Eric Besson s’est d’ores et déjà prononcé pour conserver 2/3 de nucléaire dans le mix énergétique national. La sortie du nucléaire « n’est ni la conviction ni le choix du gouvernement et du président de la République" a-t-il déclaré en ajoutant que « cette énergie apportait à la France une indépendance énergétique» et qu'elle limitait les émissions de gaz à effet de serre. « J’ai la certitude absolue» que les prix de l'électricité seraient supérieurs pour le consommateur français sans le nucléaire a indiqué le ministre  avant de conclure : « Dire 'sortir du nucléaire', ça ne veut rien dire. Ce qui est intéressant, c'est de savoir par quoi on le remplace, quelles conséquences pour la dépendance énergétique, combien ça coûte pour les entreprises et pour les consommateurs et avec quelles conséquences pour les gaz à effet de serre».


Dominique de Villepin propose de son côté un « Grenelle de l’Energie » qui « permettrait de redéfinir le mix énergétique français à l’horizon 2030 notamment en fixant des objectifs ambitieux en termes d’énergies renouvelables de 50% de la production électrique, et de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité ». Le résultat de ce « Grenelle » serait sanctionné par un référendum sur la politique énergétique du pays, « pouvant inclure l’option d’une sortie du nucléaire ».

Un « manque d’engagements concrets »

Enfin, Greenpeace n’a pas (encore ?) intégré la candidate du Front national à son classement. Marine Le Pen a déclaré le 14 juin dernier que la sortie du nucléaire était "un objectif qu'il faut avoir à l'esprit parce que c'est une énergie extrêmement dangereuse"."Cette sortie, qui serait positive et limiterait les dangers pour le monde, ne peut se faire que progressivement », a-t-elle ajouté en contradiction avec le programme de son parti. Celui-ci préconise en effet de « poursuivre l'effort sur l'énergie nucléaire : les filières de 3e et 4e générations seront programmées, la construction du surgénérateur sera relancée et les études sur le Thorium 232 (qui constitue une alternative à l’uranium) reprises. Parallèlement toutes les recherches permettant de transformer les produits de fission (déchets haute-activité issus des anciennes et actuelles filières) en produits de période courte seront accélérées ».

A 8 mois de la présidentielle, Greenpeace dresse un premier constat : « Rares sont les candidats qui ont pris conscience de la possibilité, la nécessité et l’urgence d’orienter la France vers la transition énergétique. Hormis pour les éternels rétrogrades qui sont à leur place, c’est globalement le manque d’ambition et d’engagements concrets qui pénalisent la majorité des candidats».

(Source : Novethic.fr – Véronique Smée)

06:51 Publié dans Actualités, Thème : ENVIRONNEMENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

30.08.2011

Nigeria : Shell épinglé par le PNUE

Un rapport du PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement) confirme une pollution massive du pays Ogoni liée à l'activité pétrolière et pointe notamment la responsabilité de Shell qui a exploité la zone jusqu'en 1993.

Shell est décidément dans l’œil du cyclone. Alors que la fuite d’un de ses oléoducs menace de marée noire la mer du Nord, le pétrolier a été largement montré du doigt début août dans un rapport du PNUE sur l’état de pollution d’une région du Nigeria. Diligenté par le gouvernement nigérian et financé par Shell, ce rapport, au départ controversé a nécessité 14 mois d’investigations approfondies (122 km² de droits de passage d’oléoducs et 5 000 dossiers médicaux étudiés) pour aboutir à une conclusion sans appel : reconnaissant une contamination environnementale du pays Ogoni dans le delta du Niger, le PNUE estime à 30 ans le temps nécessaire à une restauration environnementale complète. Et il y a urgence au vu de la pollution très importante de l’eau potable dans certaines zones. A Nisisioken Ogale, la population ingère de l’eau en provenance d’un puits contaminé au benzène à un niveau 900 fois supérieur à ce que préconise l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Une couche de 8 cm de pétrole raffiné flottant dans la nappe phréatique alimentant le puits.

Le système de gestion de Shell peu performant

Car le rapport pointe du doigt l’inefficacité des mesures de dépollution mises en œuvre par la Shell Petroleum Development Company (SPDC), une coentreprise regroupant notamment Shell et la NNPC (Nigerian National Petroleum Corporation)(1). « L’étude conclut que le contrôle, la maintenance et la mise hors service des gisements pétroliers sont inadéquats. Les propres procédures de la SPDC n’ont pas été appliquées, créant des problèmes de sureté et de santé publique » peut-on lire dans le rapport. Si la société n’exploite plus le pétrole de la zone depuis 1993, les puits n’ont toujours pas été réhabilités. La « bio-remediation » (accroître l’activité des micro-organismes pour éliminer le pétrole), seule technique observée par le PNUE en pays Ogoni et notamment utilisée par la SPDC, est considérée actuellement comme peu performante par le rapport. Le PNUE ajoute que 10 sites sur les 15 étudiés et pour lesquels les enregistrements de la SPDC notent une procédure d’assainissement achevée sont en fait encore pollués. Enfin, s’il reconnait que depuis 2010, Shell a mis en place un nouveau système d’assainissement plus performant, il ne répond toujours pas aux exigences réglementaires locales et aux pratiques internationales. « La SPDC est déjà en train de revoir les techniques d’assainissement utilisées dans le delta du Niger et cherche à impliquer des experts internationaux indépendants afin de trouver une façon de les améliorer » réplique néanmoins Shell sur son site Internet.

Pour Amnesty International, le PNUE confirme une publication de l’ONG en 2009 (voir article lié) et intitulée « Nigeria: petroleum, pollution and poverty in the Niger Delta » (2) mettant directement Shell en cause dans la pollution et la paupérisation de la zone. « Ce rapport prouve que les activités de Shell ont eu des répercussions désastreuses au Nigeria, mais que l’entreprise s’en est sortie en niant cet état de fait pendant des dizaines d’années, prétendant travailler dans le respect des normes internationales les plus élevées », insiste Audrey Gaughran, en charge des questions relatives aux enjeux internationaux à Amnesty International. De quoi en rajouter à l’image déjà fortement écornée de l’entreprise.

Les oléoducs : sabotés ou mal entretenus ?

Pourtant, la société pétrolière n’est pas encore prête à faire son mea culpa. Pour elle, le fléau de la pollution en pays Ogoni est essentiellement dû aux sabotages des oléoducs qu’elle possède dans la zone. Sur le site Internet de l’entreprise, un document affirme même que 70% des fuites de pétrole de la SPDC sont dues à ces activités. Plusieurs ONG dont Amnesty International et les Amis de la Terre ont néanmoins plusieurs fois remis en cause les chiffres avancés par la compagnie pétrolière qui, selon elles, n’ont jamais été justifiés. (voir article lié) Néanmoins, un jour avant la parution officielle du rapport du PNUE, la société a fait machine arrière à propos de deux marées noires survenues en 2008 et 2009. Elles avaient provoqué la fuite d’environ 45 millions de litres de pétrole de ses oléoducs, une quantité comparable à la catastrophe de l’Exxon Valdez en 1989. Jusqu’à aujourd’hui, Shell affirmait que ces fuites étaient essentiellement dues au sabotage des oléoducs. Elle reconnait aujourd’hui qu’elles ont en grande partie été causées par le mauvais entretien de ses conduites.

Mais pas question pour autant de prendre l’entière responsabilité de la pollution en pays Ogoni. « Il est regrettable […] de donner l’impression que la SPDC en particulier et les compagnies pétrolières en général soient responsables de toutes les fuites de pétrole au Nigeria », insiste dans une lettre Mutiu Sunmonu, directeur de Shell Nigeria. L'entreprise propose même depuis le début de l'année de suivre sur Internet toutes les fuites ayant lieu sur le réseau avec leurs causes respectives. S’il ne dédouane pas Shell à ce sujet, le rapport du PNUE fait néanmoins état de ce problème assez récent qu’est le raffinage artisanal issu de pétrole obtenu illégalement par le sabotage des oléoducs. A Bodo West, entre 2007 et 2011, il a ainsi été enregistré une baisse de 10% de la couverture de mangrove saine liée à l’augmentation de ce phénomène.

Une première étape

Le PNUE préconise donc la création de nouvelles institutions avec notamment l’établissement d’un Fonds pour la Restauration Environnemental du Pays Ogoni rassemblant 1 milliard de dollars (690 millions d’euros) collectés par le gouvernement et l’industrie pétrolière. Ils permettraient de financer les 5 premières années de restauration. « Le PNUE espère que ces conclusions permettront de mettre fin à des décennies d’impasse dans la région et fourniront une base sur laquelle la confiance pourra être construite et des mesures pourront être prises afin de remédier aux multiples problèmes de santé et de développement durable affectant le peuple Ogoni » a conclu Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE lors de la présentation du rapport.

(1) la SPDC est composée à 55% de la NNPC, 30% de Shell, 10% de Total et 5% d'Agip.

(2) "Nigeria: pétrole, pollution et pauvreté dans le delta du Niger"

(Source : Novethic.fr)

06:44 Publié dans Actualités, Thème : ENVIRONNEMENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

26.08.2011

Un an après son adoption, quels sont les effets du plan algues vertes ?

Source : Novethic.fr - Béatrice Héraud

La présence d'algues vertes pourrait être à l'origine du décès d'une trentaine de sangliers, près d'une plage des Cotes-d'Armor. En février 2010, un plan avait été annoncé en grande pompe mais un an et demi après, le volume d'algues vertes en Bretagne ne cesse de s'accroître. Comment expliquer ce grand écart ?

Des plages envahies d’algues vertes. C’est devenu le cauchemar des Bretons depuis quarante ans maintenant. Après un tassement en 2010, les algues sont revenues plus vivaces et plus précoces encore cette année. Au 18 juillet, 32 000 m3 ont été ramassés. « Nous sommes plus sur les niveaux de 2009 où 50 000 tonnes avaient été ramassées dans les Côtes d’Armor, 25 000 dans la baie de Lannion et 25 000 autres dans la baie de Saint Brieuc », se désole Thierry Burlot, le vice-président de la région Bretagne en charge de l’eau, de l’environnement et de la biodiversité. 2009 ; l’année où mourrait Thierry Moirfoisse -un chauffeur qui transportait des algues vertes en décomposition (voir encadré et article lié)- ainsi qu’un cheval qui avait inhalé des gaz toxiques issus d’algues en putréfaction ayant également intoxiqué son cavalier…Ces évènements dramatiques avaient alors conduit le Premier ministre à se rendre sur place et à annoncer le lancement d’un plan algues vertes. Présenté officiellement en février 2010, et doté de 134 millions d’euros sur 5 ans, il devait instaurer « une gestion irréprochable des algues vertes échouées pour prévenir tout risque et toute nuisance » et « la prévention des futurs échouages, qui passe par une réduction sensible des flux de nitrates de toutes origines vers les côtes ».

Un ramassage systématique des algues

Pourtant un an et demi plus tard, les acteurs locaux estiment que le compte n’y est pas. Et les déclarations du président de la République lors de son déplacement à Crozon le 7 juillet, assimilant les associations environnementales à des « intégristes », ont encore envenimé la situation. Certes, « il y a des améliorations au niveau du volet curatif, sur le ramassage des algues qui est devenu systématique et le ramassage en mer expérimenté cette année, qui apparaît comme intéressant, mais le phénomène continue de s’étendre », déplore Thierry Burlot. Et si l'Anses a enfin donné des préconisations pour encadrer le ramassage (voir document lié), « il s'agit seulement de mesures de prévention normales et qui auraient due être mises en place depuis longtemps. quant aux valeurs limites d'exposition, elles sont encore trop élevées car des crises d'asthme peuvent se produire à très faible niveau », insiste Claude Lesné, médecin et spécialiste des polluants aériens. Pire, « pour assurer la sécurité des salariés ramassant, transportant et collectant les algues, ils doivent porter des gants,  des appareils respiratoires et des détecteurs portatifs d’hydrogène sulfuré (le gaz toxique émanant des algues en décomposition, ndlr), or nous avons vu que sur certaines plages, ces règles ne sont pas suivies », dénonce Yves Marie Le Lay, le président de l’association. Et une fois ramassées, il faut traiter ces quantités massives d’algues. Or cela a un coût : jusqu’à 35 euros la tonne pour les stocker dans des plateformes confinées, qui sont de toute façon en nombre insuffisant pour accueillir le flux des marées vertes. Résultat, on continue de privilégier l’épandage d’algues fraîches (immédiatement enfouies) à 5 € la tonne ou le stockage en plateforme non confinée à 15€/t. Des solutions qui restent insatisfaisantes, car d’une part les cultures pouvant accueillir les algues ne sont pas extensibles et d’autre part, les plateformes de stockage ouvertes peuvent poser des problèmes de voisinage, dus à l’émanation des vapeurs des algues en décomposition. De fait, certaines, comme celle des Châtelets à Saint Brieuc, ne fonctionnent tout simplement pas.
 
Mais surtout, c’est le volet préventif qui pèche. C'est pourtant le plus important et le plus long à produire ses effets car quoi qu'il arrive, les résultats des mesures mises en place ne porteront leur fruits que dans 10 ou 15 ans. Pour éviter la formation d’algues vertes, il faut éviter l’apport de nutriments à base d’azote ou de phosphore dans les baies (voir article lié) dont l’origine est essentiellement agricole. Or, « aussi longtemps que l’on aura autant d’animaux sur notre territoire et que ceux-ci ne tireront pas leur alimentation du seul milieu où ils se trouvent, la production d’azote dépassera ce que le sol peut accepter », explique Jean-Claude Bévillard, responsable des politiques agricoles à FNE. Toutefois, les dernières annonces du gouvernement ne semblent pas aller en ce sens. La méthanisation, présentée comme solution miracle par le président de la République lors de son déplacement à Crozon, est ainsi considérée comme une « fausse solution » par les acteurs locaux. Le processus, qui extrait le carbone du lisier pour produire du biogaz, ne permet effectivement pas d’éliminer l’azote et peut même en accroître la quantité finale. « On ne financera la méthanisation, qui est avant tout un projet énergétique et pas de lutte contre les algues vertes, que si cela se fait dans des conditions éco-compatibles, c'est-à-dire sous réserve que le digestat (1) qui contient de l’azote, soit exporté en dehors des bassins concernés par les marées vertes », prévient Thierry Burlot.

Des actions qui manquent de cohérence et d’ambition

Les associations environnementales et le Conseil régional de Bretagne s’inquiètent aussi des nouvelles règlementations prises au niveau national. L’an dernier déjà, la pilule du compromis sur la loi de modernisation agricole permettant d’exonérer d’enquête publique les  regroupements ou modernisations d'élevages existants, « dès lors qu'ils ne s'accompagnent pas d'augmentation sensible » de leur capacité ou « d'effet notable » sur l'environnement, n’était pas passée. Et les projets de décrets et d’arrêtés ministériels sur la protection des eaux face aux pollutions par les nitrates d’origine agricole, censés permettre de se conformer aux directives européennes (2), sont considérés comme « une véritable provocation » et « vont à l’encontre du plan algues vertes » estime André Ollivro, président de Sauvegarde de Penthièvre. Selon lui, ces textes encourageraient en effet l’élevage en batterie au détriment du plein air et conduiraient de fait à une augmentation de près de 25% des quantités d’azote épandues sur les terres agricoles. « FNE va  interroger la Commission européenne sur le sujet car nous avons besoin d’éclaircissements sur ses objectifs. Nous avons l’impression que ces positions sont essentiellement administratives et juridiques et qu’elles ne tiennent pas compte de la réalité du terrain », prévient de son côté Jean-Claude Bévillard.

Certes, sur le terrain justement, des projets de réduction des fuites d’azote nitrique sur la Baie de Saint Brieuc et la Lieue de Grève ont été adoptés dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes (voir document lié). Les deux plans ont été validés fin juin et les premières mesures, comme l’incitation à la conversion au bio, la réduction du cheptel, le traitement du lisier ou la couverture d’une majeure partie de la SAU par des pairies, vont pouvoir être mises en place dès cette année. Mais sur la seule base du volontariat pour le moment. Un comité de suivi co-présidé par le Préfet et la Région de Bretagne est cependant chargé d’en évaluer les effets et dans le cas où ces mesures volontaires seraient insuffisantes, le Préfet pourra décider de mettre en place des « zones soumises à contraintes environnementales ». Déjà, l’association Eau et rivières de Bretagne a refusé de donner son blanc seing au plan estimant que des « reculs supplémentaires sont encore venus affaiblir le projet » qui « ne brillait déjà pas - c’est un euphémisme - par sa volonté de changer l’agriculture en amont de la baie ».

(1) le digestat est un résidu du processus de méthanisation sous forme solide ou liquide pâteux composé d'éléments organiques non dégradés et de minéraux.
(2) La commission européenne a adressé fin 2009 à la France une mise en demeure, s'interrogeant sur la cohérence territoriale des programmes d'action français contre la pollution aux nitrates.
(3) "Les marées vertes tuent aussi !", André Ollivro et Yves-Marie Le Lay, Le temps éditeur, 2011


(Source : Novethic.fr - Béatrice Héraud)

06:43 Publié dans Thème : ENVIRONNEMENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

28.03.2011

LOT - Le « non » au gaz de schiste monte le volume

Des banderoles déployées sur le Pont Valentré, des manifestants de toutes les générations : dans le Lot le gaz de schiste ne passe pas. Jour après jour la mobilisation grossit. La preuve hier, où près d'un millier de personnes venues du Lot, mais aussi du Lot-et-Garonne et du Tarn-et-Garonne, se sont retrouvées pour dire leur indignation. Le mot n'est pas trop fort. Les slogans fleurissent, et s'affichent. « Eau secours », « Ne nous faites pas schister chez nous », « Sarko, ça gazera pas dans le Lot », « N'inschister pas » sont brandis en l'air, dans une ambiance qui reste joyeuse. « Nous avons une maison à Montcuq, nous ne voulons pas voir les paysages se dégrader. Nous venons de Paris, on a choisi la région car elle est belle et préservée. Notre présence ici, c'est pour appuyer une lutte de tout le sud, pas seulement du Lot », confient Bob et Claude, un couple. « On est mécontent, on a voulu très rapidement réagir.

C'est parti du Quercy Blanc, mais aujourd'hui ça grogne de partout. C'est la première manifestation sur le Pont Valentré à deux pas de la fontaine de la Chartreuse. C'est un lieu symbolique de la rivière, la nature, le pont est un édifice de défense. Nous sommes très heureux du soutien indéfectible de tous les élus. Nous savons que notre combat est légitime. Le Parc naturel des causses du Quercy se trouve dans la zone concernée par la prospection, pour nous c'est intolérable. La société qui serait chargée de l'exploitation du gaz de schiste a son siège sur l'île de Mon. C'est un paradis fiscal très opaque », observe Charles Farenny, président de Quercy Blanc. David, un représentant de la communauté britannique, prendra la parole en anglais pour dire son soutien. L'ensemble des élus également, avant que le cortège se rende à la fontaine de la Chartreuse.

« Gasland » projeté mardi à l'ABC

Le collectif « Non au gaz de schiste à Cahors », le cinéma l'ABC et l'association Ciné + présentent mardi 29 mars à 21 heures, à l'ABC, le film « Gasland ». Ce documentaire de Josh Fox sera suivi d'un débat. Les plus importantes recherches de gisements de gaz naturel sont en ce moment entreprises à travers tous les États-Unis. Lorsque le cinéaste reçoit une lettre l'invitant à louer ses terres pour y faire un forage, il va découvrir en chemin des secrets bien gardés, des mensonges et des toxines.

(Source : La Dépêche.fr)

00:06 Publié dans Thème : ENVIRONNEMENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

21.03.2011

« Le système de réglementation a été perverti par les industriels »

Deux ans après Le monde selon Monsanto, enquête sur les pratiques du plus gros producteur mondial d'OGM, Marie-Monique Robin décortique le contenu chimique de nos assiettes et souligne les failles des agences de réglementation, à travers son nouveau documentaire intitulé Notre poison quotidien. Interview.

Après Monsanto, qu’est ce qui vous a poussé à élargir votre enquête à l’ensemble du système de réglementation des produits chimiques ?

Mon enquête sur Monsanto a ouvert plusieurs questionnements. Les pratiques de cette entreprise sont-elle une exception ? Comment les 100 000 molécules mises sur le marché depuis le début du XXe siècle sont-elles testées ? Quel est leur impact sur la santé publique ? Le résultat n’est pas réjouissant. Je montre que le système de réglementation, fondé sur la DJA, dose journalière acceptable, ne permet pas de protéger les citoyens. Au départ, la DJA a été créée pour contrôler l’introduction de substances chimiques, que l’on savait dangereuses, dans la chaîne alimentaire. Dans les années 50, les campagnes d’information disaient clairement : « Pesticides are poison ». La DJA est basée sur le principe de Paracelse, du nom d’un médecin suisse qui, au XVIe siècle, a établi que la dose fait le poison. On en a déduit qu’il fallait fixer des seuils en dessous desquels les substances chimiques, ingérées à faibles doses pendant toute une vie, ne sont pas dangereuses pour la santé. Or, ça ne fonctionne pas. En faisant des recherches, j’ai vu qu’il n’existe presque rien sur la DJA dans la littérature scientifique. Dans mon documentaire, Erik Millestone, professeur de « Science Policy » à l'Université de Brighton, explique que cette norme a été décidée sur un coin de table. Il fallait des chiffres rassurants pour permettre le développement industriel de tous ces produits chimiques dangereux, parce qu’ils apparaissaient comme une condition nécessaire du progrès.

Les failles de ce système semblent aujourd’hui manifestes si l’on en juge par le lien que vous établissez entre l’augmentation des cancers et des maladies neuro-dégénératives et la présence de ces molécules chimiques dans l’environnement.

Le système de réglementation a été totalement perverti par les industriels. Les DJA sont calculées à partir d’études fournies par eux et protégées par le secret commercial. Sur l’aspartame par exemple, les études indépendantes soulignent un risque sanitaire, systématiquement contredit par les études financées par les industriels. Ce que j’ai dévoilé sur les pratiques de Monsanto, études mensongères, conflits d’intérêts des scientifiques à la fois membres des agences de réglementation et conseillers des entreprises caractérise ce système.

Vous montrez aussi que certaines molécules, comme les perturbateurs endocriniens, sont nocives à des doses bien moins élevées que les DJA fixées. Comment peut-on expliquer que toutes les études indépendantes sur lesquelles vous vous basez ne soient pas prises au sérieux ?

La seule raison pour l’expliquer, c’est que les agences de santé publiques sont noyautées par l’industrie. Pratiquement tous les toxicologues travaillent pour des entreprises. Il y a aussi une vieille école de la toxicologie, qui refuse de remettre en cause la DJA. Un exemple, c’est quand Alex Feigenbaum, chef d’unité CEF à l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments, ndlr), déclare que le problème des faibles doses relève de l’idéologie.
Or sur les perturbateurs endocriniens, comme le Bisphénol A par exemple, de nombreuses études démontrent que ces produits peuvent être nocifs à des doses infimes. Il y a aussi le problème de l’effet cocktail. La DJA calcule une dose limite pour chaque substance. Mais nous ingérons quotidiennement un mélange qui, potentiellement, est une véritable bombe chimique.

On voit de plus en plus de remises en cause de l’industrie agroalimentaire. Est-ce que vous pensez que le système que vous dénoncez pourrait s’écrouler ? 

Dans le documentaire, je donne deux exemples de produits, l’aspartame et le blisphénol A, qui pourraient, si les digues lâchent, faire s’écrouler le système. Mais les industriels sont plus malins que ça. Je suis sûre que pour éviter une crise de confiance, voire des attaques en justice, on va passer en douceur de l’aspartame à la stévia, qui a enfin été autorisée en France. Sur le blisphénol A, la directrice de l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments, ndlr) déclarait en juin 2009 devant l’Assemblée nationale qu’il n’avait pas de problème. Finalement, l’Europe a l’interdit dans la fabrication des biberons depuis le 1er mars 2011. La vertu du documentaire est de mettre les pieds dans le plat au bon moment. Je pense que le système doit s’écrouler. Je ne dis pas qu’il ne faut plus de chimie du tout. Il y a des choses très intéressantes, aux Etats-Unis par exemple, autour de la chimie verte, où l’on inclue, dès le départ, l’idée que l’objectif des produits est de rendre un service. Or ça n’est pas rendre un service que de faire tomber malade.

Notre poison quotidien.
Le livre, une co-édition Arte / La Découverte sera disponible le 24 mars en librairie

(Source : Novethic.fr - propos recueillis par Anne de Malleray)

18.03.2011

Le climat de la Terre

Animation à visionner pour bien comprendre : le climat de la Terre

(source : CNRS)

14:02 Publié dans Thème : ENVIRONNEMENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

17.03.2011

Les surcoûts de production sous-évalués par l'UE (rapport ONG)

Un rapport publié lundi par l'organisation écologiste européenne les Amis de la Terre indique faire la lumière sur « les coûts réels de la production de cultures génétiquement modifiées ». L'ONG demande à ce que les surcoûts générés par la séparation des chaînes de production OGM et non OGM (conventionnelles ou bio) soient supportés par les metteurs sur le marché et les utilisateurs.

« L'expérience montre que les cultures génétiquement modifiées ont des impacts socio-économiques substantiels », indique le rapport de l'ONG, datant de décembre 2010 et intitulé « Les effets socio-économiques des OGM : des coûts cachés pour la chaine alimentaire ».

Les données présentées indiquent que les bénéfices économiques attendus de la culture des OGM quels qu'ils soient sont « de loin » dépassés par les coûts économiques engendrés par la séparation des variétés non OGM de celles génétiquement modifiées. Et cela se confirme que ce soit dans les lots de semences, au champ, au niveau du matériel (les moissonneuses), dans les meuneries (usines de transformation) et jusqu'au bout de la chaîne de production alimentaire, selon les Amis de la Terre.

L'UE dont le programme de recherche Co-Extra, sur la coexistence et la traçabilité des OGM, estime que le surcoût lié à la séparation des semences et des produits OGM des autres, non OGM tout au long de la chaîne de production est de 13 %. Largement sous-estimés, tempêtent les Amis de la Terre. Selon eux par exemple, les « coûts additionnels durant la moisson de maïs pourraient être quarante fois plus élevés » que ces chiffres fournis par l'UE.

L'organisation écologiste nous dit que le surcoût lié à la culture des OGM est « dû à des augmentations importantes de l'utilisation d'herbicide, à la traçabilité des contaminations éventuelles et à des coûts en hausse partout dans la chaîne alimentaire ».

« Il est important que ces questions soient prises en considération avant d'autoriser n'importe quelle culture ou l'importation d'OGM en Europe », martèle l'ONG.

Par ailleurs, estime le rapport, « les coûts liés à la séparation (des lots de semences et des cultures), aux systèmes de traçabilité et de contrôle, retombent en général sur les agriculteurs, qu'ils soient en conventionnel (non OGM, NDLR) ou en bio ».

« C'est injuste, et cela crée des distorsions sur le marché », s'indignent les Amis de la Terre. Pour eux, « les sociétés de biotechnologie, les marchands et les autres utilisateurs d'OGM doivent prendre leurs responsabilités pour empêcher les contaminations », et permettre ainsi aux productions conventionnelles et biologiques de se développer « sans barrière financière injuste dans l'UE ».

Les Amis de la Terre Europe appellent à la mise en place de mesures strictes et obligatoires pour empêcher les contaminations tout au long de la chaîne de production, dans tous les pays européens. Ils insistent pour que tous les coûts engendrés par ces mesures soient « couverts par les pollueurs ».

L'organisation écologiste milite pour que l'évaluation de l'impact socio-économique des OGM soit intégrée dans le système d'approbation de l'Union européenne. Elle s'appuie sur l'approche norvégienne selon laquelle les sociétés qui déposent des dossiers de demande d'homologation doivent présenter des plans d'urgence capables de contrôler une diffusion involontaire d'OGM.

Cette démarche d'évaluation des mesures de contrôle des plantes OGM, quelles qu'elles soient, et des surcoûts qui découlent de leur culture, doit être réalisée avant toute autorisation d'introduction dans le marché européen, soulignent les Amis de la Terre.

L'ONG demande également l'application du principe du pollueur-payeur aux metteurs sur le marché de variétés de semences OGM, et appelle à la « responsabilité garantie des agriculteurs pollueurs ». Cela afin de « rendre responsables de leurs actions ceux qui contaminent » nos aliments avec des OGM.

(Source : lafranceagricole.fr)

11.01.2011

AVAAZ : URGENCE POUR LES ABEILLES -- AGISSEZ MAINTENANT!

3539_bee1.jpgDes milliards d'abeilles sont en train de mourir en silence, et toute notre chaîne alimentaire est menacée. Les abeilles ne font pas seulement du miel, elles sont une humble et géante force de travail, pollinisant 90% des plantes que nous cultivons.

De multiples études scientifiques mettent en cause un groupe de pesticides toxiques pour expliquer leur rapide disparition, et les populations d'abeilles augmentent là où ces produits ont été interdits. Mais la France, sous la pression des puissantes industries chimiques, vient de renouveler l'autorisation de l'un de ces pesticides. Pour sauver les abeilles nous devons faire changer la position de notre gouvernement.

Nous n'avons pas de temps à perdre -- le débat fait rage quant aux mesures à prendre pour sauver ces espèces. Il ne s'agit pas seulement de sauver des abeilles, il s'agit de notre survie. Envoyons un appel gigantesque au gouvernement français, très influent sur la politique agricole européenne, pour faire interdire ces produits chimiques et sauver nos abeilles et notre alimentation. Signez la pétition urgente, et faites la suivre à tous, nous la remettrons au Ministre français de l'agriculture Bruno Le Maire et aux décideurs européens:

https://secure.avaaz.org/fr/france_save_the_bees/?vl

Les abeilles sont indispensables à la vie sur terre -- elles pollinisent chaque année les plantes et les cultures pour une valeur estimée à plus de 40 milliards de dollars, représentant plus d'un tiers de l'approvisionnement en nourriture dans beaucoup de pays. Sans aucune action immédiate pour les sauvegarder, beaucoup de nos de fruits, légumes et noix favoris pourraient disparaître de nos étals.

Ces dernières années ont été marquées par un profond et inquiétant déclin mondial des populations d'abeilles -- certaines espèces d'abeilles ont déjà disparu, et la semaine dernière nous avons appris que d'autres espèces aux Etats-Unis ne totalisent plus que 4% de leur population d'origine. Les scientifiques avancent plusieurs explications. Certaines études indiquent que le déclin est dû à une combinaison de facteurs incluant maladie, perte de l'habitat, et produits chimiques toxiques. Mais des recherches indépendantes à la pointe du sujet ont mise en avant de fortes preuves mettant en cause les pesticides du groupe des néonicotinoïdes. L'Italie, la Slovénie et même l'Allemagne, où est basé le principal fabriquant Bayer, ont interdit certains de ces produits. Mais Bayer, Syngenta et d'autres continuent d'exporter ce poison dans le monde. Et la France, pendant un temps fer de lance des interdictions, vient tout juste de renouveler pour un an l'autorisation commerciale d'un produit phare contenant cette substance toxique.

La question devient brûlante car de nouvelles études majeures ont confirmé l'étendue du problème. Si nous pouvons amener les décideurs français et européens à agir, d'autres dans le monde suivront. Cela ne sera pas facile. Une fuite révèle que l'Agence de Protection de l'Environnement des Etats-Unis avait connaissance des dangers de ces pesticides mais les a ignoré. Le document indique que le produit "hautement toxique" de Bayer représente "une préoccupation de risque majeur pour les insectes non ciblés [les abeilles]".

Nous devons faire entendre nos voix pour contrer la très forte influence des industriels sur les décideurs politques et les scientifiques en France, en Europe et aux Etats-Unis où ils financent les études et siègent dans les organes de régulation. Les vrais experts -- les apiculteurs et les agriculteurs -- demandent l'interdiction de ces pesticides mortels pour les abeilles, jusqu'à ce que, et seulement si de solides études indépendantes prouvent qu'ils sont sans danger. Soutenons-les dès à présent. Signez la pétition ci-dessous, et faites suivre :

https://secure.avaaz.org/fr/france_save_the_bees/?vl

Nous ne pouvons plus laisser notre fragile chaîne alimentaire aux mains d'une recherche contrôlée par les entreprises de chimie et les organes de régulation que ces industriels soudoient. Bannir ce groupe de pesticides nous rapprochera d'un monde plus sûr pour nous-mêmes et pour les autres espèces que nous aimons et dont nous dépendons.

Avec espoir,

Alex, Alice, Iain, David et toute l'équipe d'Avaaz

PLUS D'INFORMATIONS

Abeilles: le ministère de l'Agriculture renouvelle l'autorisation du Cruiser, L'Humanité, 8 Décembre 2010
http://www.humanite.fr/08_12_2010-abeilles-le-ministère-de-lagriculture-renouvelle-lautorisation-du-cruiser-459571


L'UNAF dénonce le renouvellement illégal de l'autorisation du pesticide Cruiser, Communiqué du 9 Décembre 2010
http://www.avaaz.org/communique_unaf


Le futur des abeilles entre les mains du lobby des pesticides? Corporate Europe Observatory et Cordination Apicole Européenne, Novembre 2010
https://docs.google.com/viewer?url=http://bee-life.eu/medias/news/futur-fr.pdf


L'apiculture française s'organise, la lutte contre les pesticides au coeur de l'action, Actu-environnement, Février 2010:
http://www.actu-environnement.com/ae/news/apiculture_abeille_unaf_pesticides_9639.php4

Les élus signent une charte de soutien aux apiculteurs, La France Agricole, Mars 2010:
http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/abeilles-pesticides-les-elus-signent-une-charte-de-soutien-25513.html

Document révélant la connaissance qu'avaient les autorités des Etats-Unis de la toxicité des pesticides (en anglais):
http://www.sfgate.com/cgi-bin/blogs/green/detail?entry_id=79910

14:48 Publié dans Thème : ENVIRONNEMENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

06.11.2010

Contre les déchets nucléaires et le « train d'enfer »

25 mobilisations en France les 5 et 6 novembre (et beaucoup d'autres en Allemagne)

Le « train d'enfer » qui part aujourd'hui est l'un des convois de déchets les plus radioactifs de l'histoire. La radioactivité totale de ce convoi (soit 3917,4 millions de milliards de becquerels) représente deux fois celle dégagée par la catastrophe de Tchernobyl. Et ce convoi roule sans assurance réelle (1).

Le départ de ce convoi est prévu aujourd'hui à 14h20 de la gare de Valognes (Manche). Il doit atteindre Gorleben (Basse-Saxe) demain samedi 6 novembre, pour ramener en Allemagne onze conteneurs de type CASTOR, qui contiennent des déchets nucléaires vitrifiés de très haute activité. 

Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle qu'il n'existe aucune solution pour ces déchets dangereux. Ils ne doivent pas être entreposés indéfiniment à La Hague, mais ne doivent pas non plus être stockés à Gorleben : ce site est complètement inadapté. Les centres de stockage « définitif », comme le Centre de Stockage de la Manche, ou la mine de sel d'Asse en Allemagne, ont été présentés à leur ouverture comme des sites sûrs. Leur gestion se révèle en réalité aujourd'hui absolument catastrophique. L'enfouissement n'est pas une solution, ni à Gorleben en Allemagne, ni sur un site comme Bure (Meuse).

Les déchets nucléaires ne sont ni biodégradables, ni recyclables. Le « retraitement » est un leurre, qui génère en réalité des quantités considérables de déchets supplémentaires, et d’importants rejets radioactifs. Il ne « recycle » que des quantités infimes de matière. L’enfouissement n’est qu’un moyen d’escamoter un problème ingérable. C'est bien les entreprises allemandes qui ont produit des déchets (EON, RWE, Vattenfall et EnBW) qui doivent en assumer toute la responsabilité financière et écologique.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande le retour des déchets radioactifs allemands dans les centrales nucléaires qui les ont produits. Face à l'impasse des déchets nucléaires, une seule solution : arrêter d'en produire ! La sortie du nucléaire est possible, en particulier par les économies d’énergie, la sobriété énergétique et les énergies renouvelables.

 (1) Photos des mobilisations, suivi au fil du trajet, informations sur le convoi, le défaut d'assurance, les actions locales...

http://groupes.sortirdunucleaire.org/blogs/train-d-en...

 Liste des départements concernés :

 1-sur le trajet

 - Manche (Valognes, Carentan) 

- Calvados (Caen) 

- Eure (Bernay) 

- Seine-Maritime (Rouen, Serqueux) 

- Somme (Amiens) 

- Pas-de-Calais (Arras) 

- Nord (Douai, Lille, Le Quesnoy) 

- Aisne (Hirson) 

- Ardennes (Charleville-Mézières) 

- Meuse (Bar-le-Duc) 

- Meurthe-et-Moselle (Nancy, Jarny) 

- Moselle (Metz, Sarrebourg) 

- Bas-Rhin (Hoenheim, Lautebourg, Strasbourg)

 2- en dehors du trajet

 - Côtes d'Armor (Dinan) 

- Ille-et-Vilaine (Rennes) 

- Isère (Bourgoin) 

- Haute-Vienne (Limoges) 

 Tous les contacts presse locaux sont sur le site : 

http://groupes.sortirdunucleaire.org/blogs/train-d-enfer-...

Porte-parole nationaux du Réseau "Sortir du nucléaire" :

             - Laura Hameaux : 06 85 23 05 11

            - Nadine Schneider : 06 85 50 82 77

            - François Mativet (en direct à proximité du train sur tout le trajet) : 06 03 92 20 13

            - Charlotte Mijeon (contacts germanophones) : 06 75 36 20 20

05:37 Publié dans Thème : ENVIRONNEMENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

Toutes les notes