19.11.2009
Procès AZF: les familles «écœurées» par la relaxe
Les sinistrés et familles de victimes de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse sont sortis assommés de la salle d'audience après la relaxe générale prononcée ce jeudi par le tribunal correctionnel, alors que Total saluait la décision.
«C'est honteux», lançait une sinistrée, alors que les policiers venaient de faire taire les applaudissements venus des rangs d'anciens salariés d'AZF, qui ont pris fait et cause pour les prévenus, l'ex-directeur de l'usine Serge Biechlin, et Grande Paroisse, la filiale chimie de Total.
«Le tribunal a laissé la porte ouverte à la délinquance industrielle», a dénoncé froidement Gérard Ratier, président de l'Association des familles endeuillées, dont le fils a été tué par la déflagration. «La commission d'enquête interne, en agissant avant l'enquête judiciaire, a fait disparaître les pièces à conviction, lesquelles ont manqué à ce tribunal pour se positionner.»
Le principal prévenu, Serge Biechlin, s'est éclipsé rapidement après le jugement, sans faire de commentaires. Son avocat, Daniel Soulez Larivière, a souligné qu'«en droit, il faut qu'il y ait un lien entre une faute alléguée et le sinistre. Le tribunal a allégué plein de fautes, et ce n'est pas pour autant une infraction car il faut démontrer que cette faute à une relation certaine avec ce qui s'est passé». «Je dis la vérité depuis des années, a-t-il insisté, et la vérité, c'est qu'on ne sait pas ce qui s'est passé» le 21 septembre 2001.
Sur la même ligne, Jacques Mignard, président de l'association AZF Mémoire et Solidarité, s'est dit «satisfait qu'on n'ait pas tout bloqué avec des condamnations. Cela ne met pas un point final à l'histoire. On ne peut pas prendre des sanctions sur une piste comme la thèse officielle. Le problème c'est qu'on n'a toujours pas expliqué ce qui s'est passé».
«Je suis écœuré, on peut continuer à tuer. Quand on voit des verdicts comme ça, on a de quoi se faire du souci. C'est ça la justice, c'est ça la démocratie?», pestait Jean-Louis, un sinistré d'une cinquantaine d'années sur le parvis du tribunal. «Le jugement était extrêmement documenté et motivé. Simplement, le tribunal a accepté de considérer qu'il y avait une insuffisance de preuves concernant les produits qu'il y avait dans la benne alors même que Grande Paroisse a laissé la benne s'égarer (...)», a déclaré Stella Bisseuil, avocate de l'Association des familles endeuillées. «C'est l'industriel qui a organisé l'incertitude de la preuve et qui en est aujourd'hui récompensé.»
Le député-maire de Toulouse, Pierre Cohen, trouve aussi «profondément regrettable d'en arriver là au bout de huit ans».
Côté politiques, Aurélie Filippetti, secrétaire national PS à l'énergie juge «insupportable que Total ne soit pas jugé malgré la demande des parties civiles» et demande «combien il faudra encore de morts et de drames pour que Total assume enfin son manque de politique de sécurité sur ses sites».
«Les leçons de la tragédie d'AZF en matière d'urbanisme, de droit de l'environnement et de prévention des risques n'ont pas été tirées. Doit-on attendre d'autres AZF pour agir?», demande de même Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts.
(Source : LibéToulouse.fr - AFP)
23:36 Publié dans Thème : JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : azf, justice, procès, vérité
10.11.2009
Castorama, Darty et Intermarché parmi les distributeurs assignés par l'Etat
Castorama, Darty et Intermarché font partie des neuf distributeurs poursuivis en justice par le gouvernement pour pratiques abusives à l'égard de leurs fournisseurs, a déclaré lundi à l'AFP une source proche du dossier.
Le gouvernement les a assignés devant les tribunaux, avec Carrefour, Casino, Auchan, Leclerc, Cora et Système U, pour des pratiques envers leurs fournisseurs jugées abusives par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), a précisé la même source.
Les neuf groupes doivent comparaître devant les tribunaux de commerce d'Evry, Bobigny, Créteil, Lille, et Meaux entre le 17 et le 20 novembre, a-t-elle détaillé.
Le secrétaire d'Etat au Commerce Hervé Novelli avait annoncé le 28 octobre qu'il assignait en justice neuf distributeurs, accusés de pratiques abusives à l'égard de leurs fournisseurs, après des contrôles effectués par la DGCCRF sur des centaines de contrats.
M. Novelli n'avait pas souhaité communiquer les noms des distributeurs en cause.
Une source proche du dossier avait alors cité six des neuf noms.
Contactée par l'AFP, une porte-parole d'Intermarché a confirmé que le groupe fait partie des distributeurs assignés, sans autre commentaire. Darty et Castorama n'ont pas pu être joints lundi soir.
Parmi les clauses sur la sellette dans les contrats entre distributeurs et fournisseurs figurent des pénalités considérées "excessives en cas de retard de livraison ou d'erreurs dans les codes d'identification des produits", a précisé la source proche du dossier.
Sont également remises en cause des clauses où le distributeur "n'assume plus le risque normal de son métier de commerçant", comme le retour des produits dégradés par la clientèle, la reprise des invendus, le remboursement par le fournisseur de la dépréciation du stock ou la rupture des engagements en cas de mévente des produits.
De même, sont mises à l'index des clauses "beaucoup plus favorables pour le distributeur que pour le fournisseur" en termes par exemple de délais de paiement ou de mode de règlement.
Figurent enfin des clauses relatives aux conditions tarifaires. L'une d'elles prévoit par exemple une baisse automatique des prix des fournisseurs lorsque les prix des matières premières baissent, mais impose des conditions drastiques pour augmenter les prix des fournisseurs lorsque les cours des matières premières augmentent.
(Source : La Dépêche.fr)
14:19 Publié dans Thème : JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07.01.2009
Le pouvoir veut "une justice aux ordres"
Corinne Lepage, vice-présidente du Mouvement Démocrate, a dénoncé mercredi le projet prêté à Nicolas Sarkozy de supprimer le juge d'instruction, qui vise selon elle à avoir "une justice aux ordres".
Mme Lepage, avocate à la Cour d'Appel de Paris, a exprimé dans un communiqué une "très grande inquiétude sur les dérives autocratiques du pouvoir actuel". "Après la réforme de l'audiovisuel public, le fichage généralisé, cette réforme qui n'a aucun caractère d'urgence participe d'un ensemble cohérent qui n'a pour seul objectif que de verrouiller l'appareil démocratique et favoriser une certaine délinquance, notamment politico-financière, en toute sécurité", a-t-elle estimé.
Pour elle, "la suppression du juge d'instruction vient donc en quelque sorte coiffer cet édifice afin de disposer d'une justice aux ordres, après avoir construit un système de contrôle direct et indirect des médias". "Dans la mesure où d'ores et déjà la constitution de partie civile a été considérablement réduite", un tel projet "signifierait qu'en réalité, plus aucune affaire politico-financière ou aucune affaire déplaisant au pouvoir ne pourrait faire l'objet d'une instruction en France".
(Source : Mouvement Démocrate.fr)
16:10 Publié dans Thème : JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, justice, juge d'instruction
07.12.2008
Interview de Laurent Mauduit par Christophe Ginisty
Laurent Mauduit, journaliste, co-fondateur du site Mediapart.fr, auteur du livre "Sous le Tapie" (éditions Sotck), répond à Christophe Ginisty, blogueur politique (ginisty.com).
Interview de Laurent Mauduit from Christophe Ginisty on Vimeo.
10:45 Publié dans Thème : JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, justice, tapie
05.12.2008
Justice des mineurs : jeunesse sacrifiée, société en danger
CAP21, parti politique présidé par l’ancienne ministre Corinne LEPAGE, fondateur du Mouvement Démocrate, tient à exprimer ses plus vives inquiétudes sur les projets de réforme de l’ordonnance de 1945 relative à la justice des mineurs tels que le propose la Commission Varinard.
Avec la suppression du primat de l’éducatif sur le répressif ou la proposition d’abaisser la responsabilité pénale de 13 à 12 ans, avec les provocations du porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, sur la détection précoce des comportements, avec la restriction des missions des éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse à la seule mise en œuvre des mesures pénales, il se profile une société du tout répressif où la peur et la stigmatisation deviennent la règle au mépris du pacte républicain qui fonde la cohésion sociale de notre pays, au mépris d’une jeunesse que l’on sacrifie sur l’autel de la démagogie sécuritaire.
Selon la Ministre de la Justice, la délinquance des mineurs ne cesserait d’augmenter et l’âge des délinquants ne cesserait de s’abaisser alors que le sociologue Laurent Mucchielli nous livre un tout autre diagnostic issu des chiffres de police et de gendarmerie en montrant que la part des mineurs est passée de 22 % en 1998 à 18 % en 2007. Contre-vérités, désinformation tentent aujourd’hui de justifier une politique qui occulte les vraies questions.
Pour Eric Delhaye, président délégué de CAP21, des mineurs délinquants ce sont des mineurs en danger que la société a le devoir de récupérer par des mesures d’accompagnement appropriés, par une politique renforcée de protection de l’enfance, par une coordination étroite des services publics (enseignants, assistantes sociales, éducateurs, police, justice, professionnels de santé…) autour de la famille. La doctrine de la tolérance zéro et du tout répressif conduit à baisser les bras et à accepter l’exclusion durable d’une partie de la jeunesse, ignorant les leçons des flambées de violence qui ont frappé nos banlieues il y a quelques années.
(Source : CAP21.net)
04:50 Publié dans Thème : JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cap21, modem, justice, jeunesse, enfance
03.12.2008
"Biens mal acquis" africains, nouvelle plainte
Transparency International (TI) France ne lâche pas l'affaire. Après l'échec d'un premier dépôt de plainte, l'association de lutte contre la corruption redépose plainte avec constitution de partie civile contre trois dictateurs africains : Omar Bongo Ondimba, Denis Sassou N'guesso et Téodoro Obiang Mbasogo. Objectif de la plainte : récupérer la fortune patrimoniale accumulée en France (appartements, voitures, comptes en banque...).
Depuis un an, les relais associatifs locaux sont menacés
Les riverains de Rue89 connaissent bien l'histoire: depuis un an, deux associations (TI France et Sherpa) cherchent à récupérer par la voie judiciaire les "biens mal acquis" de plusieurs dictateurs africains.
Après un premier refus du parquet de Paris, l'an dernier, les ONG, ainsi qu'un ressortissant gabonais, relancent le processus en déposant une plainte avec constitution de partie civile. Ce qui oblige le ministère public à ouvrir une information judiciaire, à moins que le juge d'instruction désigné n'émette un refus d'informer qui doit, obligatoirement être motivé.
Dans l'intervalle, souligne TI France, plusieurs relais locaux ont été menacés par les autorités de leur pays respectif:
"Le dépôt de ces plaintes n'a pas été sans conséquences pour la sécurité des co-plaignants congolais et gabonais, parties à la plainte déposée en juillet. L’intensification des menaces sur son intégrité physique et celle de ses proches a été telle que Béatrice Miakakela-Toungamani, ressortissante congolaise et membre de la Plateforme Congolaise contre la Corruption et l’Impunité, a finalement décidé de ne pas poursuivre. Gregory Ngbwa Mintsa a lui aussi subi des pressions croissantes de la part de certains membres du gouvernement gabonais qui ont jusqu’au dernier moment tenté de le convaincre de se retirer."
Un patrimoine impressionnant, décortiqué par l'enquête de police
A l'été 2007, la publication dans le Monde du patrimoine identifié par les enquêteurs de l'Office Central pour la Répression de la Grande Délinquance Financière (OCRGDF) avait fait grand bruit dans le golfe de Guinée. Pour mémoire, rappelons la liste patrimoniale reconstituée par TI.
Pour le président gabonais Omar Bongo :
Le patrimoine immobilier comprend trente-neuf propriétés dont dix-sept au nom du monsieur Omar Bongo, pour la plupart localisées dans le XVIe arrondissement de Paris
Identification de soixante-dix comptes bancaires dont onze au nom de monsieur Omar Bongo
Le parc automobile comprend au moins neuf véhicules dont le montant total est estimé à 1 493 443 euros
Pour le président congolais Denis Sassou-N'guesso
Le patrimoine immobilier comprend dix-huit propriétés
Identification de cent douze comptes bancaires
Le parc automobile comprend au moins un véhicule pour une valeur de 172 321 euros
Pour le président equato-guinéen Téodoro Obiang
Le patrimoine immobilier comprend au moins une propriété au nom de monsieur Téodoro Obiang
Le parc automobile comprend au moins huit véhicules dont le montant total est estimé à 4 213 618 euros
Reste à savoir si, cette fois-ci, la justice estimera l'infraction "insuffisamment caractérisée".
Retrouvez cet article sur Rue89.com
10:44 Publié dans Thème : JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, justice, corruption, patrimoine
25.07.2008
Bakchich info : Cassoulet radical autour de Bernard Tapie
Article de Bakchich Info (http://www.bakchich.info/article4537.html), les témoignages sont édifiants par la méconnaissance surprenante du dossier Tapie !
Projet de Loi constitutionnelle, rappel des votes des sénateurs radicaux :
GROUPE R.D.S.E. (17)
Pour: 11
MM. Gilbert Barbier, Jean-Michel Baylet, André Boyer, Mme Nathalie Goulet, MM. Pierre Laffitte, Daniel Marsin, Aymeri de Montesquiou, Georges Mouly, Georges Othily, Michel Thiollière et François Vendasi.
Contre : 4
MM. Nicolas Alfonsi, Yvon Collin, Gérard Delfau et Bernard Seillier.
Abstention : 2
MM. Michel Charasse et François Fortassin.
(http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo9001.asp)
-------------------------------------
Au Congrès de Versailles, le 21 juillet dernier, ils étaient les stars… Jamais ils n’ont été autant sollicités par les journalistes. Les radicaux de gauche (du PRG, Parti radical de gauche) et de droite (du RDSE, le Rassemblement démocratique social européen) tenaient la clef du scrutin sur la révision constitutionnelle. Une poignée de voix, décisive.
Bakchich est aussi allé à leur rencontre dans les couloirs de l’aile du Midi du château de Versailles. Alors que Bernard Tapie doit empocher 285 millions d’euros dans l’affaire Adidas/Crédit Lyonnais grâce à la décision d’un tribunal arbitral (une instance privée choisie par le gouvernement et Tapie) qui conteste celle de la Cour de Cassation rendue en octobre 2006, nous avons voulu savoir ce qu’en pensent ses amis radicaux. Comment réagissent ses compagnons du PRG, un parti auquel a adhéré Bernard Tapie jusqu’en 2007 et avec qui il garde d’étroites relations.
Qu’en pensent, de leur côté, les radicaux de droite, les Valoisiens conduits par Jean-Louis Borloo, l’avocat des premiers jours de Nanard et son indéfectible soutien ? Pour le savoir cliquer sur la vidéo…
23:33 Publié dans Thème : JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, justice, tapie, radicaux
Eva Joly accuse Sarkozy de privilégier l'intérêt de "ses amis"
L'ex-juge d'instruction, qui fut par le passé chargée d'enquêtes mettant en cause Bernard Tapie, a jugé "extravagante" la décision de l'Etat de choisir la voie de la justice arbitrale dans le contentieux l'opposant à Bernard Tapie.
L'ancienne magistrate Eva Joly dénonce vendredi 25 juillet les conditions dans lesquelles Bernard Tapie a obtenu une indemnisation record de 285 millions d'euros de l'Etat et estime qu'elle résulte d'une instruction de Nicolas Sarkozy. "On voit dans cette histoire un président de la République qui donne des instructions dans l'intérêt non pas de l'Etat, mais dans celui de ses alliés politiques ou de ses amis", dit-elle dans un entretien au site internet Mediapart.
Pour Eva Joly, qui a notamment instruit dans les années 90 l'affaire Elf, ainsi que plusieurs dossiers liés à Bernard Tapie, dont les conditions de vente d'Adidas, le recours à cette procédure arbitrale "est extravagant et exceptionnel". "Il n'y a pas de précédent en France", ajoute-t-elle. L'ancienne magistrate, qui a quitté la magistrature en 2002 pour devenir conseillère du gouvernement norvégien, juge sans précédent le choix du gouvernement dans l'affaire. Alors que la Cour de cassation avait annulé en 2006 un arrêt accordant 135 millions d'euros à Bernard Tapie, et ordonné un nouvel examen du dossier, l'Etat a décidé en octobre 2007, par le biais d'instruction écrites de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, de recourir à un arbitrage privé. "Le fait d'avoir recours à la justice privée non transparente est tout à fait extravagant quand les deniers publics sont en jeu", souligne Eva Joly. "On ne voit pas quelqu'un qui a gagné en cassation abandonner cet avantage et avoir recours à une procédure non transparente", dit-elle.
Montage off-shore
François Bayrou est revenu à la charge sur l'affaire dans une tribune au Monde de samedi. A ses yeux, "par le fait du prince, parce qu'il s'agit de soutiens ou de complices dans un certain nombre d'opérations politiques, passées, présentes ou à venir, l'Etat protège et enrichit ceux qui se moquent de sa loi." "L'affaire Tapie donne la mesure de l'abaissement de l'Etat", insiste-t-il. L'indemnisation de 285 millions d'euros pour l'ex-groupe Bernard Tapie répare les manœuvres jugées déloyales du Crédit lyonnais lors de la vente de ses parts d'Adidas en 1993. On sait aujourd'hui que la banque, par un montage off-shore, s'est vendue à elle-même ces parts pour 318 millions d'euros, avant de les céder en 1994 à l'homme d'affaire Robert-Louis Dreyfus pour 708 millions d'euros. François Bayrou conteste que Bernard Tapie ait été perdant dans la vente et rappelle que l'homme d'affaires avait acheté le groupe en 1990 avec un prêt à court terme du Crédit lyonnais de 1,6 milliard de francs, soit environ 243 millions d'euros.
20 à 80 millions d'euros pour Tapie
Le ministère de l'Economie annoncera lundi prochain s'il dépose un recours contre la décision du tribunal arbitral. C'est peu probable, a dit Stéphane Richard, directeur de cabinet de Christine Lagarde, jeudi. "Le principe d'un arbitrage est que les parties renoncent à faire appel, sinon on ne fait pas d'arbitrage. (...) Ca parait difficilement envisageable mais il est de notre devoir d'examiner la chose", a-t-il dit. Une autre réunion jeudi de la même instance arbitrale, où devaient être calculés les intérêts sur l'indemnisation de Bernard Tapie, susceptibles de porter son gain à 400 millions d'euros, n'a pas davantage abouti à une décision. Le sujet sera traité en septembre. Après déduction du passif de son ancien groupe, Bernard tapie conserverait une somme comprise, suivant les estimations, entre 20 et 80 millions d'euros.
Retrouvez cet article sur : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20080...
22:22 Publié dans Thème : JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, justice, eva joly, tapie, politique
24.07.2008
Un ex-responsable patronal dit que l'UIMM a financé le MEDEF, la CGT et des partis politiques
L'affaire de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) vient de connaître un rebondissement inattendu. Le 16 juillet, le juge d'instruction Roger Le Loire, chargé de découvrir à qui étaient destinés les 21 344 691 euros prélevés sur les "comptes spéciaux" de l'Union de 2000 à 2007, a reçu le témoignage de Jacques Gagliardi, l'ex-bras droit de Pierre Guillen, délégué général de l'UIMM de 1985 à 1995. Mis en examen pour "recel d'abus de confiance", pour avoir perçu des compléments de salaire et de retraite en espèces, M. Gagliardi, chargé des relations avec le monde politique ou économique pour l'UIMM de 1979 jusqu'à sa retraite, en 1995, a fissuré le mur de silence auquel se heurtait jusqu'alors le magistrat.
Selon l'ancien dirigeant, le Conseil national du patronat français (CNPF, l'ancien nom du Medef) a bénéficié, pendant de longues années, d'un financement occulte de l'UIMM. Il tient ces informations de M. Guillen, décédé le 2 juillet. "Le CNPF comptait un service des études législatives qui en réalité avait une tout autre activité, assure M. Gagliardi dans un procès-verbal que Le Monde a pu consulter, je dirais qu'un représentant du CNPF venait régulièrement s'alimenter en munitions auprès de M. Guillen."
Il poursuit : "Cette personne repartait avec sous le bras un paquet de la dimension d'une boîte de chaussures (…), on peut supposer que ce n'étaient pas des petites coupures (…). Je dois dire qu'à mon départ, en 1995, ça continuait." Une affirmation qui vient buter sur la version défendue par Laurence Parisot, présidente du Medef depuis 2005. Interrogée le 7 mai par la brigade financière, elle avait déclaré, selon le procès-verbal que Le Monde a également pu consulter, n'avoir jamais eu connaissance de tels agissements et avoir appris par la presse, à l'automne 2007, l'existence de la caisse noire de l'UIMM.
"Personne n'était au courant, nous étions choqués, avait-elle indiqué aux policiers. Je n'ai aucune idée de ces destinataires, (…) je n'ai interrogé personne pour le savoir et personne n'est venu me dire quoi que ce soit." Tout juste avait-elle relaté une conversation avec Denis Gautier-Sauvagnac, l'ex-patron de l'UIMM, alors que l'affaire venait d'éclater : "Il m'a dit que cela faisait 104 ans que l'UIMM agit ainsi mais sans vouloir me dire de quoi il s'agissait. Je lui ai répondu que je ne souhaitais pas le savoir non plus, ni connaître les bénéficiaires."
Arnaud Leenhardt, président de l'UIMM de 1992 à 1999, avait pourtant affirmé le contraire, le 11 mars, dans Le Monde : "J'étais présent lorsque Denis Gautier-Sauvagnac nous a rapporté la conversation qu'il avait eue avec elle, à Daniel Dewavrin [président de l'UIMM de 1999 à 2006] et à moi-même. J'ai entendu la même chose que Daniel Dewavrin. Denis Gautier-Sauvagnac nous a dit que Laurence Parisot lui avait demandé si les distributions d'argent se poursuivaient comme avant, quelque chose comme ça. Nous étions tous les trois dans les bureaux de l'UIMM, c'était en mai ou juin 2007, en tout cas avant l'été." Mme Parisot s'est défendue, devant les policiers, d'avoir tenu de tels propos : "Une telle conversation n'a jamais eu lieu, avait-elle expliqué, Daniel Dewavrin a voulu voler au secours de Denis Gautier-Sauvagnac, (…) je me demande s'il n'a pas voulu faire diversion." Le Medef et l'UIMM entretiennent une relation orageuse. Le Medef ne dispose que d'un effectif (180 personnes) et de ressources limités, avec un budget de 34 millions d'euros. Mme Parisot veut profiter de cette crise pour rééquilibrer les pouvoirs avec l'UIMM, qui assure 7 % du budget du Medef, gère un pactole de plus de 600 millions d'euros, un réseau de 85 chambres syndicales et de groupements professionnels.
En tout cas, les déclarations de Mme Parisot ont étonné M.Gagliardi, pour qui la patronne du Medef était forcément au courant de ces pratiques occultes. "J'ai été surpris des déclarations de Mme Parisot lorsqu'elle dit qu'elle n'était au courant de rien, dit-il au juge Le Loire. Je pense que les membres du conseil exécutif du Medef devraient s'interroger sur ses compétences." Quoi qu'il en soit, les assertions de M. Gagliardi pourraient permettre au juge d'orienter son enquête vers d'anciens responsables du CNPF, tels qu'Yvon Gattaz (1981 à 1986) – déjà auditionné comme témoin –, François Perigot (1986 à 1994), Jean Gandois (1994 à 1997), voire Ernest-Antoine Seillière (1997 à 2005).
Fort prolixe, l'ancien responsable de l'UIMM ne s'est pas contenté de dévoiler ces transports illicites d'argent vers le CNPF. Il a mis en cause le financement des syndicats, et notamment de la CGT. "Il [Pierre Guillen] m'en a parlé en me disant qu'il donnait des sommes en liquide à des syndicats, explique M. Gagliardi. Il m'en avait parlé du reste à propos de la CGT parce que c'était une première, car, à ma connaissance et à la sienne aussi, la CGT ne recevait pas d'argent de l'UIMM avant lui. Concernant la CGT, il m'avait dit qu'il leur donnait quelques centaines de milliers de francs tous les ans." Le juge se fait alors plus pressant, et demande à M. Gagliardi si, parmi les allocataires de l'UIMM, figuraient également la CFDT et FO. "Vraisemblablement, répond le mis en examen. Il [M.Guillen] m'en a peut-être parlé de façon épisodique. Il faut savoir que ces syndicats cohabitent avec les dirigeants patronaux dans un certain nombre d'institutions paritaires comme l'Unedic, au Conseil économique et social." Pas question, en revanche, de donner des noms. L'ancien responsable dit ne pas savoir à qui, précisément, ces fonds étaient remis.
Autre piste évoquée par M. Gagliardi, celle du financement politique. Il remonte aux sources de l'UIMM, et à la création du Comité des forges, en 1864. "Tout le monde sait bien qu'avant 1914 des campagnes électorales sont financées par le Comité des forges, raconte le témoin. M. Georges Mandel, qui était d'origine très modeste, menait grand train, et tout le monde se demandait d'où il tirait son train de vie. Eh bien, c'était le Comité des forges qui subvenait à ses besoins, comme pour bien d'autres." Des pratiques qui auraient, à en croire M. Gagliardi, perduré à travers les époques. "Cela consistait en de la distribution d'argent en espèces à des hommes politiques de tout bord, hormis le Parti communiste, se souvient M. Gagliardi, qui fit ses débuts dans la sidérurgie en 1966. A l'époque, il n'y avait pas d'extrême droite, mais des membres du Parti socialiste y participaient pleinement comme bénéficiaires, y compris Mitterrand." La Chambre syndicale de la sidérurgie française, qui prend la suite du Comité des forges, "finançait directement les hommes politiques et les journaux, détaille M. Gagliardi. Quant à l'UIMM, elle ne finance pas les syndicalistes comme des hommes politiques, mais elle concourt aux nécessités financières des syndicats, lorsqu'ils ont des budgets qu'ils ne peuvent pas assumer eux-mêmes, par exemple la mise en place d'un congrès".
Les syndicats, depuis le début de l'enquête judiciaire, se sont défendus d'avoir perçu la moindre somme en liquide. Un peu trop mollement au goût de M. Gagliardi, pour qui les prises de position des syndicalistes ne sont que des "cris plaintifs". Et il précise : "Si c'était faux, les dirigeants syndicaux auraient dû hurler à la mort."
Retrouvez cet article sur : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/07/24/uimm-l...
14:42 Publié dans Thème : JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, uimm, financement, politique
23.07.2008
Affaire Tapie : Bercy confirme avoir demandé un tribunal arbitral
Le ministère de l'économie a confirmé, mardi 22 juillet, avoir donné des instructions pour qu'un tribunal arbitral règle le litige opposant l'Etat à Bernard Tapie.
Bercy a réagi aux informations diffusées par Mediapart et Le Canard enchaîné du mercredi 23 juillet, qui affirment que Christine Lagarde avait donné une telle instruction à l'Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR), l'organe de tutelle du CDR, la structure publique qui gère le passif du Crédit lyonnais. Cette information a été confirmée à l'agence Reuters par une source proche du dossier.
"Je confirme que, comme c'est l'usage s'agissant de représentants de l'Etat siégeant dans un conseil d'établissement public, une orientation a été demandée au cabinet du ministre et qu'elle a été donnée en l'occurrence sous une forme écrite, ce qui n'a rien d'inhabituel", a déclaré à l'AFP Stéphane Richard, le directeur de cabinet de Christine Lagarde. "La totalité des membres non fonctionnaires du conseil de l'EPFR comme celui du CDR a voté en faveur de l'arbitrage, à une exception près", a-t-il ajouté. L'EPFR est composé de trois représentants de l'Etat, d'un député et d'un sénateur.
"INSTRUCTION MINISTÉRIELLE"
Une réunion de son conseil d'administration s'est tenue le 10 octobre 2007. Selon le procès-verbal, cité par Le Canard enchaîné, Jean-Yves Leclerq, l'un des représentants de l'Etat, "indique que les administrateurs représentant l'Etat ont reçu pour instruction du ministre [de l'économie, Christine Lagarde] de se prononcer en faveur de la proposition" des liquidateurs du groupe Bernard Tapie de soumettre le dossier à un tribunal arbitral plutôt que de poursuivre la voie judiciaire normale. Mediapart souligne que les deux hauts fonctionnaires auraient expressément souhaité qu'il soit mentionné au procès-verbal qu'ils votaient en faveur de la procédure arbitrale sur "instruction ministérielle".
M. Richard a fait valoir que l'arbitrage avait été accepté "à la condition expresse que les demandes des liquidateurs du groupe Bernard Tapie soient revues à la baisse". L'arbitrage en question a débouché le 11 juillet sur une indemnisation record de 285 millions d'euros pour l'ex-groupe Bernard Tapie, en réparation des manœuvres jugées déloyales du Crédit lyonnais lors de la vente de ses parts d'Adidas en 1993.
Le PS et François Bayrou ont demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire sur cette affaire, accusant l'Elysée et Bercy d'avoir tranché politiquement en faveur de Bernard Tapie. La commission des finances de l'Assemblée a ainsi demandé au député Nouveau Centre Charles de Courson, représentant de l'Assemblée nationale au conseil d'administration de l'EPFR, de rendre compte de son mandat le 3 septembre. D'autres auditions, dont celles de l'ancien président du Crédit lyonnais Jean Peyrelevade (aujourd'hui au MoDem) et de Bernard Tapie, sont prévues.
Lors d'une autre audience jeudi 24 juillet de l'instance arbitrale, son indemnisation pourrait être portée à 400 millions d'euros après calcul des intérêts depuis 1994. Après déduction de sa dette fiscale, Bernard Tapie conserverait, selon les estimations, entre 20 et 80 millions d'euros.
Retrouvez cet article sur : http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/07/23/affaire-...
21:18 Publié dans Thème : JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, justice, tapie, tribunal, lagarde














