12.10.2011

Souvenir .... "Ensemble tout devient possible" par Nicolas SARKOZY

Alors que le Président de "tous les Français" a critiqué hier (ndlr : mardi 11 octobre 2011) le principe de la primaire pour désigner un candidat à l'élection présidentielle, qu'il estime «contraire à la Ve République».

Cette intervention de la plus "haute" personne de l'état démontre à quel point la mise en place de ces primaires socialistes est à la foi un véritable succès pour le Parti Socialiste mais aussi un véritable poison pour celles et ceux pensant le contraire.

Une question inquiète tout de même... Qui peut être le plus inquiet face au succès d'un acte démocratique et populaire ? Quel type de régime pourrait en avoir peur..., pourrait vouloir le critiquer, le condamner, l'éradiquer ?

"Ensemble tout devient possible" est peut-être la seule vérité du programme de 2007 où ... la Vérité est ailleurs mais certainement pas dans les faits.

Aux socialistes de rassembler, de devenir les fédérateurs pour un grand mouvement populaire et de convaincre, sans jeter de la poudre aux yeux, sans vendre du rêve, mais en répondant factuellement aux préoccupations des Citoyens.

Rappel du programme de 2007 de NS ci-dessous ... seul le point 13 a été abordé !

(source du projet : monprojetns.pdf)

1. Mettre fin à l’impuissance publique

2. Une démocratie irréprochable

3. Vaincre le chômage

4. Réhabiliter le travail

5. Augmenter le pouvoir d’achat

6. L’Europe doit protéger dans la mondialisation

7. Répondre à l’urgence du développement durable

8. Permettre à tous les Français d’être propriétaires

de leur logement

9. Transmettre les repères de l’autorité, du respect

et du mérite

10. Une école qui garantit la réussite de tous les élèves

11. Mettre l’enseignement supérieur et la recherche

au niveau des meilleurs mondiaux

12. Sortir les quartiers difficiles de l’engrenage

de la violence et de la relégation

13. Maîtriser l’immigration

14. De grandes politiques de solidarité, fraternelles

et responsables

15. Fiers d’être français

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03.05.2011

« Des salariés seuls face aux injonctions paradoxales »

Stress, burn-out, dépressions, perte de sens, suicides… Dans le secteur privé comme dans le public, les salariés vivent un mal-être profond. Dans son dernier livre « Travail, les raisons de la colère », Vincent de Gaulejac, directeur du Laboratoire de changement social de l'Université de Paris 7-Diderot, repense l'organisation du travail et le rôle du management.

Novethic : Dans votre livre, vous vous montrez critique sur l’utilisation généralisée du terme « risques psychosociaux ». Pourquoi ?

V. de Gaulejac
 : Au cours de la précédente décennie, les notions de stress, de violence et de souffrance étaient prédominantes. Aujourd’hui, c’est celle de « risques psychosociaux » qui s’est imposée. Mais de quoi s’agit-il ? Que recouvre cette notion ? S’agit-il de risques pour l’employeur ou pour l’employé ? Dans le champ des sciences humaines, le « psycho » et le « social » recouvrent une multiplicité de situations !. Alors que le mot « violence » désigne clairement la responsabilité de l’organisation et de son fonctionnement, le terme de « risque » est plus neutre. En fait, ce terme politiquement correct ne froisse personne et permet de neutraliser les enjeux de pouvoir et les conflits. C’est une façon de montrer que l’on se préoccupe du problème, sans pour autant s’engager à s’attaquer à ses sources. Or, parler de « risques », c’est risquer d’occulter la violence, de ne pas reconnaître la souffrance, de nier les sources du malaise… 

Quels sont les symptômes du mal-être dans les organisations aujourd’hui ? 

De plus en plus de salariés témoignent d’un mal-être profond lié aux transformations des organisations du travail et des pratiques de management. Tout est parti du secteur privé. Dans « l’emprise de l’organisation », une étude sur IBM réalisée avec Max Pagès, nous avons montré que les nouvelles formes de management conduisaient à une intériorisation des conflits liés au travail : ces derniers étant passés du registre social au registre psychologique. Cela signifie que les salariés sont devenus « divisés de l’intérieur » : une partie d’eux-mêmes adhérant à l’organisation et à ses objectifs, l’autre partie prenant ses distances pour échapper à cette pression du travail. Le symptôme majeur de ce mal-être est lié au sentiment d’être pris dans des injonctions paradoxales. La frénésie modernisatrice, la culture du résultat et l’obsession de l’évaluation des performances créent en effet un monde pathologique et paradoxal. Ce malaise profond se répand dans tous les secteurs, y compris dans le public : à l’hôpital, dans la police, la justice,  l’université... Par ailleurs, le management par projets, la compétition généralisée…tout cela aiguise les rivalités entre les gens et produit un délitement du collectif.

Quelles en sont les conséquences psychologiques ?

Chacun vit une sorte d’infantilisation et d’instrumentalisation où on lui demande d’être à la fois autonome et de se conformer au système. Ce type d’injonction paradoxale rend fou ! Cela se répercute sur les relations de travail : l’individu se retrouve seul, ne pouvant plus partager avec les autres son mal-être. Les salariés semblent n’avoir pas d’autre choix que celui de se révolter … ou de se détruire. Les suicides de salariés au cours des dernières années me font penser à ce que faisaient les Bonzes au moment de la guerre du Vietnam : ils s’immolaient par feu pour dénoncer la violence de la guerre. De la même façon, ces salariés ont voulu que leur acte serve d’exemple ; c’est une façon de dénoncer le système, pour ne pas que d’autres salariés vivent la même chose. 

L’obligation de sécurité de résultat se renforce pour les employeurs. Qu’en pensez-vous ?

Les commissions sur le mal-être au travail fleurissent à l’initiative des acteurs politiques. La menace de procès pèse de plus en plus sur les employeurs. Mais quid du « mode d’emploi » pour agir !  On constate une sorte de « prescriptofrénie » envers les entreprises. On leur prescrit un idéal, une norme, des objectifs : zéro défaut, zéro délais, zéro mal être… Cet idéal au travail est inatteignable ! Cette tendance à sanctionner les entreprises en les touchant au porte-monnaie repose sur un malentendu. Le fait de devoir respecter la loi n’est pas une panacée. Pour preuve, la loi sur le harcèlement moral de 2002 n’a produit aucun effet : ce n’est pas parce que l’on punit de temps en temps un harceleur que l’on va éradiquer le harcèlement. Ce phénomène est plus complexe : il est lié au fait que dans les organisations actuelles, chacun est mis sous pression et peut tour à tour devenir harcelé et harceleur. Dans les entreprises, il faut donc questionner l’organisation du travail qui favorise ce type de scénario.

Dans ce contexte de mal-être au travail, quelle est la responsabilité des managers ?

Dans les entreprises, la tendance aujourd’hui est de faire  systématiquement appel à des experts extérieurs. Il vaudrait mieux s’employer à redonner au management sa fonction première qui n’est pas de  pousser le système vers l’excellence et la performance, mais de produire une organisation qui n’empêche pas les gens de travailler ! Cela signifie qu’il faut parvenir à une médiation des contradictions. Il s’agit de trouver un équilibre entre les tensions permanentes qui existent entre la logique financière, les ressources humaines et la production. Cela peut prendre différentes formes : la mise en place d’outils, une nouvelle fonction en interne ... En tous cas, les managers devraient pouvoir mettre en place des espaces de réflexion collective. Car leur responsabilité devrait être de veiller au « bien travailler » et non de produire du mal être au travail. Or, aujourd’hui, non seulement ils produisent du mal être mais ils en sont les premières victimes. 

Comment ce débat s’inscrit-il dans le cadre de la RSE ?

Dans mon livre, je formule l’hypothèse selon laquelle le capitalisme a toujours fonctionné selon le principe de Schumpeter lié à la « destruction créatrice » : le capitalisme détruisant des produits pour en créer de nouveaux plus performants. Or, aujourd’hui, on observe un renversement de cette logique au profit de la « création destructrice ». L’avenir de la planète, les conséquences sociales du développement économique, les risques psychosociaux sont les trois symptômes de destruction qui risquent de tout faire basculer de façon dramatique. La responsabilité sociale de l’entreprise ne fait sens qu’à condition de ne pas uniquement se préoccuper des conséquences sociales du développement économique.  A  une économie qui se développe contre la société, il faut opposer l’idée d’un modèle économique au service du développement de la société, c’est là le sens de l’histoire. 


Travail, les raisons de la colère, éditions Le  Seuil, le 3 mars 2011

(Source : Novethic.fr - Propos recueillis par Marie-José GAVA)

29.03.2011

Un enfant sur dix victime de harcèlement à l'école, selon un rapport

Neuf enfants sur dix se sentent bien à l'école mais environ un sur dix (11,7%) se dit harcelé, victime de violences physiques et verbales répétées, selon une étude de l'Observatoire de la violence à l'école pour l'Unicef publiée mardi.

Pour ces enfants, la violence se fait sentir, souvent par de petites agressions répétées allant du vol de goûter aux insultes et menaces, mais aussi aux coups, racket ou violences sexuelles.

"Un enfant sur dix est en souffrance à l'école, a résumé Jacques Hintzy, président d'Unicef-France lors d'une conférence de presse au siège de l'ONG. Ce sont 250.000 enfants, cela mérite la mobilisation de la collectivité."

"Il n'y a pas de sentiment général d'insécurité à l'école, il ne faut pas s'affoler. La majorité exprime leur joie d'aller à l'école. Mais il ne faut pas non plus minimiser le problème", a ajouté Eric Debarbieux, directeur de l'Observatoire et auteur du rapport, mené en 2009-2010 auprès de 12.326 élèves de CE2, CM1 et CM2, de 8 à 12 ans issus de 157 écoles de huit académies.

D'après l'étude, ce phénomène reste minoritaire puisque près de neuf élèves sur dix (88,9%) déclarent se sentir "tout à fait bien" ou "plutôt bien" à l'école.

"Chaque petite agression a peu d'importance prise isolément, mais c'est la répétition qui fait que la situation devient grave", a expliqué M. Debarbieux.

Face à ce phénomène, le ministre de l'Education nationale Luc Chatel installe mardi un Conseil scientifique sur les discriminations à l'école, dont un des objets sera la lutte contre le harcèlement scolaire. "Le but, c'est que nous ayons une vraie réflexion sur ce sujet, parce que c'est un sujet tabou, on n'avait pas le droit d'en parler", a déclaré sur RTL le ministre.

Le taux d'élèves victimes de harcèlement physique est estimé à 10,1%, 71,8% des élèves interrogés n'étant pas victimes de violences et 18% l'étant occasionnellement. Pour les violences verbales, près de deux tiers (65%) se disent pas ou très peu concernés mais 14,4% le sont modérément ou fréquemment.

Au total, 11,7% des élèves sont victimes de violences répétées, physiques et verbales, et deviennent les "boucs émissaires" ou "souffre-douleur" d'une classe, quelle que soit la sociologie de l'établissement.

"C'est un autre enseignement de l'étude: il n'y a pas plus de harcèlement dans les écoles classées +ZEP+ (éducation prioritaire, les plus en difficulté) que dans les établissements +normaux+", ajoute M. Debarbieux.

L'étude met en garde contre les conséquences scolaires (décrochage, absentéisme) mais aussi psychologiques. Une faible estime de soi et des tendances dépressives sont beaucoup plus fortes chez les adultes ayant été harcelés à l'école, selon le rapport.

"Si les enseignants sont alertés et formés, le harcèlement a tendance à baisser, a déclaré à l'AFP Jean-Pierre Bellon, co-auteur du livre "Harcèlement et brimades entre élèves". Une sensibilisation précoce est nécessaire, "car c'est souvent un phénomène qui naît à l'école primaire avant de se structurer à l'adolescence".

Fin janvier, plusieurs personnalités, dont le pédopsychiatre Marcel Rufo et le philosophe Edgar Morin s'étaient alarmés, dans une lettre au ministre de l'Education, des phénomènes de "souffre-douleur".

La semaine dernière, le ministère a lancé une enquête dans le second degré, qui sera publiée tous les deux ans et concernera 18.000 élèves et personnels de 300 collèges.

Eric Debarbieux doit rendre un rapport courant avril avec des "préconisations" pour enrayer le phénomène.

(Source : La Dépêche.fr)

03.08.2010

Après la Retraite en danger, la République en danger ...

"C'est quoi alors être français selon le gouvernement ?

C'est apparemment être de pure race.

C'est quoi un français de pure race ?

Un français à qui on ne peut retirer la nationalité car n'ayant pas d'origines étrangères.

Nicolas Sarkozy peut donc se faire retirer sa nationalité française ?

!?!? .... Oui, mais s'il fait de grosses fautes.

Et alors ? Qu'est-ce qu'ils attendent pour montrer l'exemple, ça commence à faire maintenant !"

(Propos recueillis dans un petit café de village du nord toulousain)

 

Sécurité: Robert Badinter dénonce une "faute politique" de Nicolas Sarkozy

L'ancien garde des Sceaux Robert Badinter a dénoncé lundi sur France-Inter une "faute politique" de Nicolas Sarkozy après son discours sur la sécurité, vendredi à Grenoble, dans lequel le chef de l'Etat a souhaité que des "personnes d'origine étrangère" puissent être déchues de leur nationalité en cas d'atteinte à la vie d'un gendarme ou d'un policier.

Le sénateur socialiste, ancien président du Conseil constitutionnel, a rappelé "l'article Ier de la Constitution qui est celui que chacun doit toujours conserver en tête, s'il est un Républicain" et qui "assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine".

"Le principe que nous devons conserver en mémoire, c'est que tous les Français, tous les Français, sont égaux devant la République, devant loi quelle que soit leur origine", a-t-il martelé. "Qu'est ce qu'on veut faire? On veut faire des discriminations, contre les Français au regard de même crimes, de mêmes infractions, selon l'origine de la personne, selon les modalités d'acquisition de la nationalité française".

Pour Robert Badinter, c'est "contraire à l'esprit républicain", mais aussi une "faute politique". En effet, a-t-il expliqué, "le coeur du problème, nous le savons tous, c'est le sentiment de certains de ces Français que M. Sarkozy appelle d'origine étrangère de demeurer quel que soit leur carte d'identité des étrangers dans la nation". AP

(Source : tempsreel.nouvelobs.com)

"C'est ça être français ... j'en doute."


El Dulce de Leche
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29.07.2010

Quelle responsabilité pour les industries extractives ?

Lancée en début d'année pour une durée de 5 ans, la campagne « Exigeons la dignité » d'Amnesty International cible notamment les violations des droits humains commis par les industries extractives, tel Shell au Nigeria. Des initiatives internationales existent pour tenter de responsabiliser les entreprises, mais au quotidien les choses bougent lentement.

« Sur 320 violations de droits humains examinées par la commission Ruggie sur le respect des droits de l’homme par les entreprises, environ un tiers concernait les industries extractives », rappelait Shanta Martin, la responsable du département acteurs économiques et droits humains d’Amnesty International, lors d’une conférence sur le sujet le 22 juin dernier. Shell au Nigeria, Vedanta en Inde et même, dans une autre mesure, BP dans le Golfe du Mexique (voir articles du dossier) nous en donne des exemples récents. « Certes, la situation est d’une extrême complexité, reconnaît William Bourdon, avocat au barreau de Paris et président de Sherpa, mais les entreprises ont développé de nouveaux éléments de langage pour prétendre, de bonne ou de mauvaise foi, qu’elles sont les mieux placées pour changer le monde : nouvelles normes, chartes d’engagement, global compact et autres. Or on voit aujourd’hui qu’il existe un décalage entre leurs engagements volontaires et la réalité, ce qui est flagrant dans le cas de la corruption par exemple »

Des mesures volontaires…mais insuffisantes

« Nous sommes conscients des impacts de notre activité, répond de son côté Jean-François Lassalle, le directeur des affaires publiques France et ONG de Total. Nous sommes principalement critiqués sur trois points. Les relations avec les communautés, les droits de l’homme et la sécurité. Nous travaillons sur ces problématiques mais nous ne sommes pas responsables de la cartographie des champs pétroliers. Cependant chez Total, nous n’allons pas dans les pays où nous ne sommes pas capables d’assurer notre propre code de conduite, comme au Soudan où nous avons gelé nos opérations pendant 2 ans. » Pour prévenir les problèmes, le groupe a mis en place une série de mesures : une « base line survey » -qui est un état des lieux à l’instant zéro pour permettre de suivre l’évolution des impacts environnementaux, sociaux et sociétaux- ainsi que des études sociétales présentées devant le comité des risques. Quant aux relations avec les parties prenantes, elles sont notamment gérées par un « region community legion officer » qui coordonne l’action pour bien cerner les problèmes des populations. « Dans le cas où il y a un impact, nous ouvrons le dialogue et dans le cas où cela ne marche pas, nous enclenchons le mécanisme des plaintes », explique Jean-François Lassalle.

Des mesures qui sont certes nécessaires mais qui restent encore insuffisantes quand l’on voit les problèmes posés par le secteur. « Si l’on prend le cas de BP par exemple, cela fait réfléchir, souligne Francis Perrin, le vice président d’Amnesty France et directeur de la rédaction du magazine «Pétrole et gaz arabes». BP n’est pas la pire compagnie, elle est même en pointe pour les initiatives volontaires et les innovations technologiques. Mais, comme d’autres, elle avait assuré à l’administration américaine que les conditions de sécurité en off shore n’avaient pas à être renforcées…Et si elle est impliquée dans cette affaire, quid des autres ? Le temps est venu du renforcement du cadre règlementaire. »

Des initiatives internationales…longues à mettre en place

Aujourd’hui les initiatives fleurissent, notamment sur la question de la transparence, essentielle pour permettre d’établir les responsabilités, mais elles paraissent bien lentes au regard de l’urgence de la situation. Ainsi, selon la Banque mondiale, les commissions occultes de l’industrie extractive seraient équivalentes à 10 fois le montant de l’aide publique au développement mondial… Aux Etats-Unis, une loi demandant aux entreprises cotées de déclarer les sommes d’argent qu’elles versent aux pays dont elles exploitent les ressources est actuellement en discussion. De son côté, la France est engagée dans plusieurs processus destinés à renforcer la transparence et la régulation. Entre autres celui de Kimberley, la lutte contre les paradis fiscaux et l’ITIE (initiative pour la transparence des industries extractives), dont elle est l’un des principaux contributeurs financiers avec un fonds de 230 000 euros, destinés à soutenir les plans d’action nationaux qui associent la société civile comme au Congo, en Côte d’Ivoire ou en République centrafricaine… « Pour que cela soit efficace, il faut combiner les processus internationaux et les démarches sur le terrain », estime ainsi Pauline Carmona, chef de la mission de la gouvernance démocratique du ministère des Affaires étrangères et européennes.

Car les freins sont encore nombreux, de part et d’autres, et pas seulement de la part des entreprises. Les Etats aussi sont complices, dénonce Amnesty International. En effet, « ce sont souvent eux les principaux bénéficiaires de la rente, du moins pétrolière, et ils sont très dépendants de ces ressources ; ils ne tiennent donc pas à ce que cette industrie rencontre des problèmes comme des normes financières, de sécurité ou de transparence », fait remarquer Francis Perrin. D’où l’hostilité de certains d’entre eux à inscrire la question dans le droit international ou à faciliter l’accès de la société civile à la justice…De son côté cette dernière doit justement entamer une « révolution copernicienne », juge William Bourdon, qui estime que de nombreuses ONG sont encore mal armées pour comprendre les bilans de plus en plus complexes des entreprises et donc assurer un suivi financier…

(Source : Novethic.fr)

06:25 Publié dans Thème : LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

15.07.2010

Où est la honte ?

Par Philippe Bilger.

On n'est pas obligé d'aimer Mediapart et Edwy Plenel pour avoir envie de les défendre.

Alors que l'affaire Woerth-Bettencourt est enfin entrée dans le vif judiciaire du sujet avec, notamment, les enquêtes diligentées par le procureur Courroye, les investigations en cours concernant les dires de l'ancienne caissière de Liliane Bettencourt, l'audition de Patrice de Maistre et la plainte en dénonciation calomnieuse annoncée par le ministre, on continue de s'écharper non pas "sur la lune" mais "sur le doigt" (Le Monde, Le Figaro, Le Parisien, nouvelobs.com).

Pour complaire sans doute au président de la République qui n'en demande pas tant si on considère son appel au calme lors du dernier Conseil des ministres, au moins deux de ceux-ci, précédés par Xavier Bertrand et suivis par Eric Raoult, ne se sont pas grandis en accablant Mediapart - ce serait tout à fait admissible - mais sur un mode absurde. Xavier Bertrand, à propos des écoutes clandestines dont chaque jour l'authenticité est démontrée et qui ne sont pas discutées par les protagonistes en cause, évoque des "méthodes fascistes", Nadine Morano lui emboîte le pas sur le même registre. Christian Estrosi fustige une presse qui ressemble "à celle des années 30" tandis qu'Eric Raoult pourfend une "presse collaborationniste".

Ces personnalités connaissent-elles le sens des mots, le poids des idées et les leçons de l'Histoire ? Où sont l'abjection, la destruction personnelle, l'antisémitisme, l'occupant, la haine, le rejet de la République, les écrits appelant quasiment à la mort d'autrui, où est la volonté de salir et de dégrader pour RIEN, où sont l'ignominie des insultes et l'indignité des pensées ? Le pire est de constater que la droite républicaine s'engouffre dans des dénonciations de très mauvais aloi parce qu'à tort ou à raison elle estime que dans tous les cas il vaut mieux défendre un homme que des valeurs et des principes. Ainsi, elle imite une certaine gauche intolérante et sectaire qui en son temps se servait de l'opprobre du fascisme pour l'appliquer à tout et n'importe quoi, à tous ceux, nombreux, qui ne partageaient pas ses obsessions idéologiques. Pour avoir si justement vitupéré cette banalisation de l'extrême exploitée à des fins quotidiennes et médiocres, était-il nécessaire, pour quelques-uns, de la reprendre et, à la fois, de se ridiculiser et d'outrager la réalité ? On n'a pas besoin d'un "Badinter de droite" (Marianne 2), juste d'honnêteté. Alors qu'il y a mille manières et infiniment de légitimité à engager un débat sur le rôle des médias, la perversion qu'ils sont susceptibles d'instiller dans l'espace républicain, par incompétence, légèreté ou partialité. Le "fascisme" jeté comme argument, comme prétexte n'est qu'un moyen de fuir ce qu'on voudrait étouffer, qui est nécessaire et résiste.

Ils auraient dû déjà se taire sur ce plan puisqu'une décision de justice avait rappelé, en donnant raison à Mediapart, que la légitimité du but poursuivi, l'intérêt social dominant, le service de la démocratie validaient la démarche de ce site et l'utilité des nouvelles qu'il diffusait. La jurisprudence a permis une avancée capitale il y a des années en séparant les modalités de recueil de l'information, qui peuvent être sujettes à caution, du droit de la communiquer et de l'analyser. Celui-ci, dans tous les cas, est garanti. 

La réaction de ces politiques apparaît tellement outrancière qu'elle choque non seulement leurs adversaires, l'ensemble des organisations de journalistes et des rédactions mais aussi beaucoup de leurs partisans qui en ont plus qu'assez de ces affrontements qui perdent, au fil des jours, en pertinence et en lucidité ce qu'ils croient gagner en virulence et en partialité. L'Etat, l'Etat de droit sont mis à mal par ces joutes et ces accusations qui ne sont plus adaptées à l'objet central et démocratique de la controverse mais représentent un déchaînement ludique où l'invective la plus forte méritera la palme. Cet abus de langage comparant Mediapart à une officine de caractère "fasciste" est d'autant plus inconcevable que toutes les expériences étrangères, sous l'égide de la royauté ou de la République, s'accordent pour signifier qu'avec le millième de ce qui est soupçonné chez nous, des décisions drastiques auraient été prises et des démissions immédiates opérées. On ne peut pas tout vouloir en même temps : demeurer en place et faire taire.

Imaginons une France magiquement débarrassée de ces polémiques qui n'en finissent pas et qui ont commencé avant l'exploitation des écoutes clandestines. Imaginons qu'on n'ait rien su de Liliane Bettencourt, de François-Marie Banier, de Patrice de Maistre, de Patrick Ouart, d'Eric Woerth, de son épouse, de l'île d'Arros, du secret bancaire suisse, d'un possible blanchiment, des probables fraudes fiscales, de la justice privatisée, de ces relents d'argent, de pouvoir et de privilèges. De cette France devinée et soudain ostensiblement dévoilée. Ces êtres et ces comportements n'ont pas été créés par Mediapart. Ils sont là, présents, disponibles. Il aurait fallu en faire quoi ?

Si notre démocratie était vierge de ce qui l'a troublée, informée et agitée depuis ces dernières semaines, serait-elle plus riche, plus forte, plus ignorante certes mais aussi plus lucide ? Notre société serait-elle plus ou moins démocratique ? Qui de bonne foi oserait répondre par l'affirmative ? 

Alors, où est véritablement la honte ?

(Source : philippebilger.com)

05:58 Publié dans Thème : LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

13.07.2010

LA BASE RESISTE A BASE ELEVES !!!

C’est un avis des plus insolents qu’a rendu, le 30 juin, le rapporteur public du Conseil d’Etat. Ce haut fonctionnaire était chargé de formuler des conclusions au sujet d’un recours déposé par deux directeurs d’école sur le fichier Base Elèves. Autrement dit, sur un système d’immatriculation, en France, des élèves de 3 à 10 ans.

Le rapporteur ne propose rien de moins que de remettre à plat tous les textes régissant le fonctionnement de Base Elèves. En supprimant, au passage, certaines données comme celles qui concernent la santé des enfants. Voici, venu d’en haut, un soutien inattendu aux nombreux opposants à ce fichier géant.

Profilage bien en règle

Ainsi, en avril dernier, les directeurs des écoles de Prunières et Séchilienne, dans l’Isère, ont été démis de leurs fonctions et rétrogradés pour n’avoir pas voulu jouer le jeu. Dans le Vaucluse, un chef d’établissement a reçu un blâme pour « refus persistant d’appliquer les instructions de sa hiérarchie et pour l’envoi d’un courriel infamant à un collègue » : un dessin montrant un bambin, son « numéro identifiant élève » (INE) tatoué sur la cuisse.

A Malakoff, dans les Hauts-de-Seine, Fabienne B. a été virée, en vertu d’une loi de 1921 protégeant les enfants d’un éducateur atteint de « démence mentale » ou de « tuberculose ». Le comité médical n’a évidemment diagnostiqué ni l’une ni l’autre de ces maladies, mais, coïncidence, la directrice avait refusé d’entrer les données des enfants dans ce fichier.

Et la contestation n’a cessé de croître. Menée par le Collectif national de résistance à Base Elèves, elle a abouti au dépôt de plus de 2 000 plaintes en quelques mois.

Déjà, dans un rapport de juin 2009, le Comité des droits de l’enfant de l’ONU avait conforté la rébellion, en s’affirmant préoccupé par l’utilisation de Base Elèves à d’« autres fins, telles que la détection de la délinquance et des enfants migrants en situation irrégulière ». En février 2010, la rapporteuse spéciale aux droits de l’homme de l’ONU a même qualifié les directeurs d’école réfractaires de « défenseurs des droits de l’homme ».

Le flicage des écoliers inquiétait d’autant plus ses détracteurs qu’il pourrait permettre à l’Education nationale de croiser Base Elèves et Sconet (fichier du secondaire) avec d’autres drainées plus « sensibles ». Exemple : celles qui figurent. dans les « outils » de prévention de la délinquance, dans le tout nouveau fichier des enfants « décrocheurs », ou dans le « livret de compétences », qui accompagnera l’élève malchanceux jusqu’à... Pôle emploi. Un parfait « profilage » des jeunes à problèmes, en quelque sorte.

(Source : ldh-toulon.net - Le Canard enchaîné, 7 juillet 2010)

07:19 Publié dans Thème : LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

05.07.2010

Le stéréotype publicitaire du père, un frein à l'égalité professionnelle ?

Depuis quelques années maintenant, pour promouvoir l'égalité professionnelle l'Observatoire sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises (ORSE) se penche sur le rôle des pères. Mais sensibiliser les salariés-pères au bureau ne suffit pas, il faut aussi changer les mentalités à domicile. Et si l'on en croit l'image véhiculée dans les publicités, c'est loin d'être gagné !

Dans les couloirs de son entreprise, un homme en costume rase les murs en pas chassés des plus crispés. Arrivé à son bureau, il laisse échapper un soupir de soulagement : dans son dos, il porte son enfant de quelques mois qui gigote gentiment…La scène est fictive ; elle illustre simplement la dernière campagne du Parisien, histoire de montrer que le journal est utile au quotidien, par exemple pour permettre à ces « nouveaux pères » de « trouver la bonne nounou ». Pourtant, dans la publicité comme dans la vie, cette situation est loin d’être courante. Or, pour le délégué général de l’ORSE, François Fatoux, « la promotion des femmes dans l’entreprise passe par les pères au foyer ».

Pour cet observatoire, c’est « en donnant la possibilité aux hommes d’avoir une vie familiale reconnue que les femmes pourront investir le monde de l’entreprise ». Depuis 2008, il travaille ainsi sur les représentations professionnelles du salarié masculin, que ce soit avec la publication d’un guide pratique destiné à promouvoir la parentalité auprès de ces derniers ou la publication d’un ouvrage -plus discutable- « Patrons papas » (voir article lié). Mais s’il existe des «résistances au changement dans le monde de l’entreprise, comme le fait qu’il est généralement plus rare qu’un homme prenne un temps partiel ou parte un peu plus tôt du travail pour aller chercher ses enfants, il existe aussi des résistances sociales, que l’on retrouve notamment dans les médias ou dans la publicité », explique François Fatoux.

Des publicités « virilistes »

Si la publicité a bien pris en compte les transformations de la famille, on y trouve cependant la logique du « conservatisme contrarié ». Autrement dit, « la publicité prend acte des changements égalitaires mais ne cesse de mettre en scène et de légitimer les résistances masculines à ces évolutions », note l’étude européenne sur la représentation des pères dans la publicité réalisée par l’ORSE en partenariat avec l’agence BETC-EuroRSCG (1). « Les pères y sont la plupart du temps présentés comme incompétents et égocentriques. Comme les tâches domestiques menacent leur masculinité, des artifices protecteurs de leur virilité sont mis en place pour les rassurer tandis que les produits sont souvent présentés comme une ressource qui leur permet d’échapper aux contraintes », décrypte le sociologue Eric Macé.

Dans le monde version Mennen, un homme qui part chercher ses enfants à l’école doit donc s’y préparer comme à une situation des plus extrêmes parce qu'exceptionnelle : « Cela tourne au film d’action alors que lorsque la femme est dans cette situation, il ne passe rien » fait remarquer le sociologue. De même, quand un père fait la cuisine avec ses deux bambins, Ebly insiste sur le fait qu’il s’agit d’un évènement spécial ; la cuisson de blé se fait dans le rire et avec moult métaphores sportives histoire d’éloigner le spectre de la féminisation…Enfin quand BMW met en scène la complicité entre un père et son fils, c’est en démiurge que l’homme apparaît, dans un monde technique, puissant et viril, exempt de toute femme…Au contraire quand une femme est mise en scène en tant que mère, elle doit toujours être compétente et disponible, à l’aise dans le monde domestique comme professionnel.

De fortes résistances au changement

Bien sûr, les publicités « contre-stéréotypées » existent. Mais elles ne constituent encore que la partie congrue et ne sont pas exemptes d’ambiguïtés. Prenons le spot pour le Renault grand scénic : un homme multiplie les allers-et-retours au volant de son monospace pour conduire tout son petit monde, issu de ses différents mariages, à leurs différentes activités. En clair, un modèle de père de famille recomposée. « Pourtant, il reste dans le partage classique des rôles ; l’homme mobile qui tourne autour des femmes immobiles dans leur foyer. Et imaginer de remplacer l’homme par une femme allant d’ex-mari en ex-mari serait totalement inenvisageable », souligne Eric Macé.

Contrairement, à ce que l’on pourrait penser, les résistances au changement ne sont pas l’apanage de la gente masculine mais proviennent aussi des femmes elles-mêmes. Si un sondage mené en 2008 (2) montrait que 73 % des femmes –et 67% d’hommes- souhaitaient voir davantage d’hommes mis en scène dans les activités familiales et ménagères, les spots doivent visiblement encore respecter certains codes…« Pour une publicité Blédina nous avions deux versions mettant en scène un père et son bébé : l’une jouait effectivement sur le côté « incompétent » et l’autre n’utilisait pas ce stéréotype. Lors du visionnage test, la seconde a pourtant provoqué une levée de boucliers dans le panel de femmes ; elles se disaient dépossédées de leur rôle et trouvait que l’image même de l’homme s’y trouvait dégradée… », relate Muriel Fagoni, vice présidente de BETC Euro-RSCG.

« Il s’agit d’une logique de protection : les femmes ont tendance à se raccrocher à la sphère privée. C’est une sorte de combat de Titans entre l’homme démiurge et la femme fée du logis », confirme Brigitte Grésy, auteur du rapport sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes et du livre « Petit traité contre le sexisme ordinaire ». Certes, les plus jeunes générations partageraient beaucoup moins cet avis mais l’anecdote –qui serait symptomatique de notre société « post féministe », selon Eric Macé- a de quoi surprendre et aide à comprendre comment le cercle vicieux de la transmission des stéréotypes d’un « sexisme ordinaire » perdure encore.

(1) analyse d’un corpus de 43 publicités audiovisuelles et imprimées rendues publiques entre 2002 et 2009.
(2) sondage mené en octobre 2008 par BVA pour l’ORSE

(Source : Novethic.fr par Béatrice Héraud)

17:35 Publié dans Thème : LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |

01.07.2010

Haro sur les stéréotypes sexistes dans les médias

Dans la même semaine deux textes, l'un français, l'autre européen, ont mis l'accent sur le nécessaire travail à accomplir dans les médias pour lutter contre les stéréotypes sexistes. Des petits pas contre ce que la parlementaire suisse Doris Stump considère comme des « jugements de valeur » qui « légtiment le sexisme ordinaire ». Rencontre et explications.

Face au sexisme dans les médias, c'est une petite avancée qu'intègre la proposition de loi contre les violences conjugales – adoptée en première lecture par le Sénat jeudi 24 juin. Elle ouvre aux associations de défense des droits des femmes la saisine du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Elle ajoute par ailleurs une précision aux objectifs de lutte contre les discriminations confiés à l'audiovisuel public : radios et télévisions publiques doivent agir contre « les préjugés sexistes, les violences faites aux femmes, les violences commises au sein du couple » et promouvoir « l'égalité entre les hommes et les femmes. »

Quelques heures plus tard, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) adoptait une résolution visant à « combattre les stéréotypes sexistes dans les médias ». Le texte, proposé par la socialiste suisse Doris Stump, propose une série de mesures aux Etats membres du Conseil de l'Europe (1).

Ce ne sont que des propositions, sans valeur contraignante. Mais les mots sont forts : le texte considère les médias comme un « chaînon vital des démocraties », mais qui « perpétuent une représentation réductrice, figée et caricaturale de la femme et de l'homme, ils légitiment le sexisme ordinaire et les pratiques discriminatoires et peuvent faciliter ou légitimer l'usage de la violence fondée sur le genre ».

« Jugements de valeur »

Un sexisme médiatique présent à la fois dans le fond et dans la forme. Pour Doris Stump, « si les médias donnent une image des femmes qui se réduit à leur aspect physique et les définit en fonction de leur relation avec les hommes, alors que les hommes sont montrés au travers de leurs activités économiques ou politiques, il ne s’agit plus simplement d’information, mais de jugements de valeur. »

La sous-représentation des femmes est en effet particulièrement visible quand arrivent les sujets économiques ou politiques. Et même dans les pays du Nord, réputés moins sexistes. Ainsi en Suède, 46 % des parlementaires sont des femmes, mais elles ne représentaient dans une enquête en 2005 que 28 % des parlementaires apparaissant dans les médias.

Dès lors, la recommandation de l'APCE propose aux parlements nationaux d'adopter une série de mesures. La plupart les invitent à multiplier les outils de travail pour faire progresser l'égalité – campagnes de sensibilisation, de formation, mécanismes d'autorégulation, d'échanges de bonnes pratiques.

D'autres sont plus concrètes : les parlementaires sont ainsi invités « à mettre en place des quotas ou d'autres mesures positives dans les médias publics, assortis d'objectifs visant à améliorer la participation et la représentation des femmes ». Plus qu'une question quantitative, une affaire de visibilité. « Comme il y a beaucoup de femmes formées et actives dans le domaine du journalisme, ce ne devrait pas être difficile d’obtenir le droit à ce qu’elles y soient aussi bien représentées que les hommes », veut croire Doris Stump. Pourtant, ces recommandation ne traduisent difficilement en actes. Dès 2002, l'APCE recommandait aux gouvernements « d’adopter une loi en faveur de l’égalité des sexes dans les médias ». Huit ans plus tard, il lui faut remettre l'ouvrage sur le métier.

Dignité contre liberté d'expression

La résolution conseille par ailleurs un renforcement de l'arsenal judiciaire contre la diffusion des stéréotypes sexistes. Doris Stump s'inquiète en particulier de leur propagation sur internet (tout en reconnaissant que les nouveaux médias « représentent un champ nouveau d'expression pour les femmes qui se sont emparées de l'espace virtuel »). Elle insiste dès lors : le respect de la dignité de la personne humaine et la répression des pratiques discriminatoires doivent primer sur la liberté d'expression. Laquelle « n’inclut certainement pas la liberté de propager des idées préconçues, des représentations stéréotypées et dangereuses sur une catégorie de la population, que ce soient les noirs, les juifs, les homosexuels, les femmes. Le racisme est punissable, l’antisémitisme n’est pas acceptable. Le sexisme ne doit pas être toléré. »

Pour renforcer l'arsenal judiciaire, Doris Stump a inclus dans sa résolution un autre objectif : « garantir le droit fondamental à l'égalité entre les femmes et les hommes dans la Convention européenne des droits de l'homme, et donc devant les juridictions nationales. » Là encore, le processus est long. Cette proposition d'ajouter un tel protocole à la Convention – cela est du ressort des ministres - avait été proposée par l'APCE dès 2007, sans résultat pour le moment. D'où la nécessité de « relancer le processus », reconnaît Doris Stump.

La difficulté de convertir les idéaux en actes, le Secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjørn Jagland, ne la cachait pas le 8 mars 2010 : « Nous devons passer la vitesse supérieure, grâce à de nouvelles politiques et à de nouvelles stratégies. En dépit de nos nobles idéaux, il manque aux démocraties européennes un pilier, et ce pilier est une véritable égalité entre les sexes »

(1) Le Conseil de l'Europe, qui siège à Strasbourg, regroupe 47 Etats européens. Il a « pour objectif de favoriser en Europe un espace démocratique et juridique commun, organisé autour de la Convention européenne des droits de l’homme et d’autres textes de référence sur la protection de l’individu. »

(Source : Lesnouvellesnews.fr par Arnaud Bihel )

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