24.08.2011
Risques psychosociaux : comment évaluer l'exposition des salariés ?
Source : Novethic.fr - Propos recueillis par Véronique Smée
Phénomène croissant mais encore mal évalué, les risques psychosociaux ne font pas encore l'objet de véritables politiques de prévention. Pourtant, les entreprises ont pour obligation de préserver la santé de leurs salariés et risquent désormais de lourdes condamnations si elles ne prennent pas les mesures nécessaires. Le point avec Elodie Montreuil, consultante au sein de SECAFI (Groupe Alpha) et auteur du livre « Prévenir les risques psychosociaux ».
Novethic : Comment peut-on définir les risques psychosociaux ?
Elodie Montreuil : Les risques psychosociaux sont plurifactoriels. Pour engager une action de prévention au sein de l’entreprise, il est important de replacer la thématique au regard des facteurs de risques pouvant être générés par l’organisation et les conditions de travail. Il faut avoir conscience de l’exposition à ces risques plutôt que de s’arrêter aux symptômes, qu’ils soient individuels ou collectifs. On a trop tendance à confondre les facteurs de risques et les manifestations comme le stress, les problèmes de santé ou la dépression, souvent attribués, à tort, à des raisons personnelles par ailleurs. C’est cette confusion qui amène souvent les entreprises à ne considérer que l’aspect curatif du problème, alors qu’il faudrait considérer ces risques comme tout autre risque professionnel. Un salarié peut certes avoir des problèmes personnels mais l’entreprise peut très bien l’exposer, par son organisation même, à d’autres problèmes. Elle en est responsable.
Quelles sont les principales difficultés dans la mise en œuvre des plans de prévention ?
Le recours à des méthodes d’évaluation « standardisée » des risques psychosociaux, non centrées sur le travail « réel », est un premier frein. Ces méthodes ne permettent que difficilement de concevoir des plans de prévention adaptés à la situation de l’entreprise et de déterminer des actions concrètes pour améliorer les conditions de travail.
L’absence ou l’insuffisance de dialogue social est une seconde difficulté. On observe souvent des conflits liés à la compréhension même des risques psychosociaux. Certaines directions ont tendance à renvoyer les problèmes des salariés à la sphère individuelle et pensent sincèrement que l’entreprise n’est pas responsable. D’autres craignent que l’organisation soit réinterrogée dans son fonctionnement et cherchent à éviter une remise en cause de leurs pratiques. Globalement, les acteurs concernés manquent de connaissances et d’information sur le sujet.
Pourtant, la prévention de ces risques est une obligation de l’employeur. La récente jurisprudence, qui a démontré que les dirigeants peuvent être lourdement sanctionnés, a-t-elle un impact ?
La jurisprudence a effectivement bien avancé sur le sujet et a prouvé que ne rien faire pouvait coûter beaucoup plus cher, au final, que la mise en œuvre d’un plan d’action. Les employeurs ont une obligation de résultats et non plus uniquement de moyens ! Pour autant, la sanction a conduit certaines grandes entreprises à faire appel à leurs services juridiques internes pour trouver les moyens de se « blinder » d’un point de vue légal, sans toujours chercher à agir sur causes des risques psychosociaux …Cela peut donc être à double tranchant, d’où la nécessité de continuer le travail de sensibilisation des acteurs de l’entreprise à l’intérêt d’agir en terme de prévention.
Comment mettre une veille en place ? Est-ce suffisant pour prévenir les risques ?
Ce n’est pas suffisant mais c’est indispensable pour suivre les risques en continu et améliorer les actions mises en place. Les directions des ressources humaines doivent s’appuyer sur des indicateurs pour être alertées en cas de problème dans tel ou tel service. Un absentéisme supérieur à la moyenne, des problèmes de santé et des accidents du travail sont des signes à repérer. Je pense qu’il faut également être attentif aux « presque accidents » du travail, c’est à dire des cas de malaise, des crises de nerfs ou de larmes, qui peuvent être révélateurs d’un risque lié à l’organisation du travail. La veille est d’autant plus indispensable que les entreprises sont aujourd’hui dans des situations de changement permanent et doivent s’adapter sans cesse au contexte économique.
Quels sont les facteurs de RPS les plus répandus ?
Tout ce qui concerne la conduite du changement est générateur de risques psychosociaux. La mobilité forcée, non accompagnée, la remise en cause des méthodes de travail, l’apparition de nouvelles procédures, de nouvelles formes de productivité qui parfois remettent en cause la qualité et le sens que les salariés donnent à leur travail, sont des facteurs déclenchants. Dans le cas de fusions et de restructurations, les entreprises n’ont pas conscience de ces risques ou restent dans le déni, avec l’argument que les décisions sont prises « en haut » et qu’il faut les appliquer.
Quels sont les secteurs les plus exposés aujourd’hui ?
Tous les métiers qui impliquent un contact avec la clientèle ou le public, les banques par exemple sont très impactées, mais aussi les SSII ou le médico-social ; ainsi que celles qui doivent faire face à des réorganisations de grande ampleur. La fonction publique à cet égard est très touchée. Pour autant, ce sont surtout les grands groupes qui aujourd’hui commencent à agir en matière de prévention des risques psychosociaux…
Les entreprises commencent peu à peu à agir en terme de prévention des risques psychosociaux. Il ya quelques années, les actions mises en œuvre étaient majoritairement de nature « tertiaire » (appui aux personnes en difficulté). Actuellement des pratiques innovantes sont menées dans certains grands groupes ou certains secteurs pour agir réellement sur les causes des risques psychosociaux. Les marges de progrès restent toutefois très importantes et de nombreuses entreprises ne se sont encore que trop faiblement saisies du sujet.
Prévenir les risques psychosociaux, par Elodie Montreuil, Editions Dunod 2011.
(Source : Novethic.fr - Propos recueillis par Véronique Smée)
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12.05.2011
A l’école des enfants heureux… ou presque
Le 29 mars, l’Unicef France rend publique l’enquête « A l’école des enfants heureux… ou presque »*, réalisée à sa demande, par l’Observatoire international de la violence scolaire. Cette enquête exceptionnelle par son approche et son ampleur constitue une première en France : menée à l’échelle nationale auprès de 13 000 enfants, elle s’intéresse à la violence au sein de l'école primaire, en particulier chez les élèves de CE2, CM1 et CM2.
Des résultats réjouissants …
9 élèves sur 10 affirment :
- se sentir plutôt bien (37%) ou tout à fait bien à l'école (52 %).
- avoir de bonnes ou très bonnes relations avec les enseignants.
- 17% des élèves interrogés disent avoir été frappés souvent ou très souvent par d'autres élèves ;
- près de 12 % d'entre eux cumulent violences répétées physiques et verbales ;
- 4,6% avoir subi des attitudes racistes de la part d'un adulte dans leur école.
Loin d’un bilan statistique issu de l’administration, cette enquête s’intéresse avant tout au ressenti des enfants à l'école. Son auteur, Eric Debarbieux, chercheur et directeur de l’Observatoire international de la violence scolaire, s’est associé à Georges Fotinos, ancien inspecteur général de l’Education Nationale et membre du Conseil d’administration de l’Unicef France, pour mener ce travail, ainsi qu'à une équipe de chercheurs issus de sept universités françaises.
Un espace d’épanouissement pour la très grande majorité...
Tantôt fantasmée, tantôt niée, la violence scolaire en primaire n’avait jusqu’à maintenant jamais été explorée de manière aussi approfondie. Compte tenu de l’importance de l’école primaire dans la construction et le développement des enfants, il était primordial pour l’Unicef France de prendre l’initiative de cette étude. Les résultats qui en ressortent sont à la fois réjouissants et préoccupants. En moyenne, 9 élèves sur 10 affirment se sentir bien ou tout à fait bien à l’école et la même proportion avoir de bonnes ou très bonnes relations avec les enseignants.
...et un lieu de souffrance pour une importante minorité
Cependant, derrière cette réalité positive se cache une importante minorité d’enfants pour lesquels l’école est un lieu de violence et de souffrance : 17% disent avoir été frappés souvent ou très souvent par d’autres élèves. Le nombre de victimes de harcèlement verbal ou symbolique est estimé à environ 14% des élèves, dont 8% victimes d’un harcèlement assez sévère à sévère. De plus, 10% des élèves interrogés se disent victimes de harcèlement physique à l’école, dont 5% d’un harcèlement sévère... tous ces chiffres révèlent un phénomène qui appelle une réponse. Bien que, dans l’ensemble pourtant, les élèves aient une perception globalement positive ou très positive de leur professeur. Pourtant, un peu plus de 13% des répondants estiment avoir été rejetés par un enseignant et 4,6% avoir subi des attitudes racistes de la part d’un adulte dans leur école.
En conclusion, Eric Debarbieux rappelle la gravité des conséquences de ce(s) harcèlement(s) sur les enfants, tant aux plans psychologique que scolaire : décrochage scolaire, absentéisme, perte d’estime de soi, tendances dépressives ou suicidaires de long terme.
Un outil de travail pour l’Unicef France
Avec cette enquête, l’Unicef France dispose d’un solide outil pour rendre visible cette situation, alerter les pouvoirs publics et la communauté éducative. « (...) Celle-ci devra être orientée vers la prévention de cette violence, dans l’intérêt supérieur de l’enfant », explique Jacques Hintzy, président de l’Unicef France. « Nous sommes vigoureusement opposés au fichage des enfants ainsi qu’aux théories fumeuses sur le déterminisme qui condamnent les enfants en difficulté dès leur plus jeune âge. Nous plaidons au contraire pour des mesures de prévention, basées sur la formation du corps enseignant, la sensibilisation des parents et la prise en compte de l’enfant, conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant ».
L’Unicef France s’engage à inscrire ces priorités d’action dans son partenariat avec le Ministère de l'Education nationale fixé par un accord-cadre quinquennal. Notre association invite aussi le Ministère de l’éducation nationale à la constitution d’un groupe de travail pluridisciplinaire, rassemblant toutes les composantes de la communauté éducative, chargé de promouvoir et de développer la mise en œuvre de ces programmes.
*L’enquête a été réalisée grâce au soutien financier de Nutriset.
Téléchargez la synthèse de l'étude
Téléchargez l'étude en intégralité
(Source : unicef.fr)
06:00 Publié dans Thème : EDUCATION, Thème : SECURITE, Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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29.03.2011
Un enfant sur dix victime de harcèlement à l'école, selon un rapport
Neuf enfants sur dix se sentent bien à l'école mais environ un sur dix (11,7%) se dit harcelé, victime de violences physiques et verbales répétées, selon une étude de l'Observatoire de la violence à l'école pour l'Unicef publiée mardi.
Pour ces enfants, la violence se fait sentir, souvent par de petites agressions répétées allant du vol de goûter aux insultes et menaces, mais aussi aux coups, racket ou violences sexuelles.
"Un enfant sur dix est en souffrance à l'école, a résumé Jacques Hintzy, président d'Unicef-France lors d'une conférence de presse au siège de l'ONG. Ce sont 250.000 enfants, cela mérite la mobilisation de la collectivité."
"Il n'y a pas de sentiment général d'insécurité à l'école, il ne faut pas s'affoler. La majorité exprime leur joie d'aller à l'école. Mais il ne faut pas non plus minimiser le problème", a ajouté Eric Debarbieux, directeur de l'Observatoire et auteur du rapport, mené en 2009-2010 auprès de 12.326 élèves de CE2, CM1 et CM2, de 8 à 12 ans issus de 157 écoles de huit académies.
D'après l'étude, ce phénomène reste minoritaire puisque près de neuf élèves sur dix (88,9%) déclarent se sentir "tout à fait bien" ou "plutôt bien" à l'école.
"Chaque petite agression a peu d'importance prise isolément, mais c'est la répétition qui fait que la situation devient grave", a expliqué M. Debarbieux.
Face à ce phénomène, le ministre de l'Education nationale Luc Chatel installe mardi un Conseil scientifique sur les discriminations à l'école, dont un des objets sera la lutte contre le harcèlement scolaire. "Le but, c'est que nous ayons une vraie réflexion sur ce sujet, parce que c'est un sujet tabou, on n'avait pas le droit d'en parler", a déclaré sur RTL le ministre.
Le taux d'élèves victimes de harcèlement physique est estimé à 10,1%, 71,8% des élèves interrogés n'étant pas victimes de violences et 18% l'étant occasionnellement. Pour les violences verbales, près de deux tiers (65%) se disent pas ou très peu concernés mais 14,4% le sont modérément ou fréquemment.
Au total, 11,7% des élèves sont victimes de violences répétées, physiques et verbales, et deviennent les "boucs émissaires" ou "souffre-douleur" d'une classe, quelle que soit la sociologie de l'établissement.
"C'est un autre enseignement de l'étude: il n'y a pas plus de harcèlement dans les écoles classées +ZEP+ (éducation prioritaire, les plus en difficulté) que dans les établissements +normaux+", ajoute M. Debarbieux.
L'étude met en garde contre les conséquences scolaires (décrochage, absentéisme) mais aussi psychologiques. Une faible estime de soi et des tendances dépressives sont beaucoup plus fortes chez les adultes ayant été harcelés à l'école, selon le rapport.
"Si les enseignants sont alertés et formés, le harcèlement a tendance à baisser, a déclaré à l'AFP Jean-Pierre Bellon, co-auteur du livre "Harcèlement et brimades entre élèves". Une sensibilisation précoce est nécessaire, "car c'est souvent un phénomène qui naît à l'école primaire avant de se structurer à l'adolescence".
Fin janvier, plusieurs personnalités, dont le pédopsychiatre Marcel Rufo et le philosophe Edgar Morin s'étaient alarmés, dans une lettre au ministre de l'Education, des phénomènes de "souffre-douleur".
La semaine dernière, le ministère a lancé une enquête dans le second degré, qui sera publiée tous les deux ans et concernera 18.000 élèves et personnels de 300 collèges.
Eric Debarbieux doit rendre un rapport courant avril avec des "préconisations" pour enrayer le phénomène.
(Source : La Dépêche.fr)
21:19 Publié dans Actualités, Thème : EDUCATION, Thème : LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE, Thème : SECURITE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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30.06.2010
Inquiétante augmentation des agressions sauvages à domicile
Depuis trois semaines, les agressions à domicile se multiplient en Midi-Pyrénées. Leurs auteurs font souvent preuve d'une grande sauvagerie pour faire main basse sur de l'argent, des bijoux ou des œuvres d'art.
Dans la nuit du 26 au 27 mai, trois hommes encagoulés et lourdement armés s'introduisent en pleine nuit dans une luxueuse maison de Saint-Jean en Haute-Garonne. Seul chez lui en l'absence de ses parents et de ses frères, un adolescent de 17 ans est aussitôt tiré de son sommeil par le gang. Il est sorti sans ménagement de son lit et traîné de pièce en pièce. Les malfaiteurs, visiblement bien renseignés, lui demandent la clé du coffre-fort. Effrayé, le jeune homme s'exécute et les intrus font alors main basse sur une importante somme d'argent, la recette des deux restaurants de la famille. Avant de prendre la fuite, ils ligotent leur victime. Très choqué, l'ado réussi à se libérer et à donner l'alerte. Ces voyous courent toujours.
Le 15 juin au matin, Monique Gonzalez et Maexende, sa fille de 12 ans, sont agressées par deux hommes qui font subitement irruption dans leur maison de Fronton. L'un d'eux est armé d'un fusil à canon court qu'il n'hésite pas à braquer sur elles. Ils exigent de l'argent. Comme Monique dit ne pas en avoir, ils la menacent de lui « casser la mâchoire s'ils en trouvent ». Maexende apeurée, les supplie de ne pas leur faire du mal. Ils la somment de se taire si elle ne veut pas avoir les doigts coupés. Elles sont contraintes de s'allonger sous la table de la salle à manger, puis de se cacher sous une couette pour ne pas voir les visages. Leur calvaire a duré près d'une heure. Les agresseurs sont finalement repartis avec de la hi-fi, la Carte bleue de Monique et sa voiture. Le 16 juin, un retraité toulousain collectionneur d'œuvres d'art est agressé à son domicile par deux individus. Savaient-ils qu'il possédait des toiles de maîtres et des bijoux de valeur ? Toujours est-il qu'ils repartent avec ces trésors non sans l'avoir tout d'abord violemment frappé et solidement attaché. Mercredi dernier, dans la Ville rose encore, un homme de 88 ans, a été attaqué chez lui en pleine nuit. Maintenu dans son lit et finalement ligoté, il a indiqué où se trouvait son argent… quelques centaines d'euros avec lesquels les malfaiteurs sont repartis. Eux aussi courent toujours comme ces quatre voyous qui, dans la nuit de samedi à dimanche, se sont invités dans la maison d'une dame de 94 ans domiciliée à L'Union. Réveillée par le bruit, la vieille dame s'est retrouvée nez à nez avec eux. Pensant la villa vide, les monte-en-l'air ont été surpris et ont aussitôt pris la fuite non sans avoir mis la main sur deux bagues et un collier de valeur.
(Source : La Dépêche.fr)
05:41 Publié dans Thème : SECURITE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : violence, vol, sécurité, agression |
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