06.09.2010
Grèves : Début de semaine agité en perspective...
A peine rentré, le petit monde de l'Education nationale se met en grève, demain et mardi 7 septembre dans le cadre d'une journée d'action intersyndicale contre la réforme des retraites (voir ci-contre). Le fait est assez rare pour être mentionné : demain, le jour où les élèves sont censés commencer les cours, les enseignants du second degré (collèges et lycées) descendront dans la rue à l'appel du Snes-FSU, majoritaire dans le secondaire, pour qui la coupe est pleine. « C'est une rentrée exceptionnelle qui cumule tous les défauts, tous les problèmes. A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle », estime Frédérique Rolet, co-secrétaire générale du Snes-FSU. Sur de nombreux points, le malaise est grandissant concernant les réformes sarkozystes conjuguées aux suppressions de postes (40 000 en trois ans).
Formation des enseignants. Sa mise en œuvre est « une catastrophe », estime le syndicat. Fraîchement diplômés, les jeunes profs sont affectés dans des classes sans avoir fait de stage ni reçu de cours de pédagogie. Avant la réforme, ils suivaient une formation en alternance durant un an.
Réforme du lycée. Pour beaucoup d'observateurs, « on est en plein bricolage ». Personne ne sait exactement comment seront dispensés les deux heures d'accompagnement personnalisé hebdomadaires - une nouveauté - ni ce que seront les nouveaux « enseignements d'exploration ».
Education prioritaire. 2010 a droit à son nouveau sigle, « Clair ». Comme Collège et Lycée pour l'Ambition, l'Innovation et la Réussite, dispositif né des états généraux sur les violences scolaires. Soit 105 collèges et lycées « plus autonomes », où les chefs d'établissement peuvent recruter leurs équipes.
Suppressions de postes. Encore 16 000 cette année, autant qu'en 2011. Pendant ce temps, les classes augmentent leurs effectifs, dénoncent les syndicats, avec 39 000 élèves de plus cette année dans le second degré.
Revalorisation des salaires. C'est, selon le Snes, « la montagne qui a accouché d'une souris ». Les hausses de salaires annoncées à grand renfort de publicité par Luc Chatel équivalent à une augmentation de 50 € mensuels sur toute la carrière. Chez les profs, « l'abattement a fait place à la colère », disent les syndicats.
Mardi, contre la réforme des retraites
Environ 62 % des professeurs des écoles seront en grève mardi, pour protester contre le projet de réforme des retraites. SNCF : sept syndicats ont déposé un préavis. RATP : tous les syndicats de la régie publique appellent à la grève pendant 24 heures. Air France : des vols seront perturbés. Transports urbains : appels à la grève dans les réseaux de nombreuses villes. Près de 5,3 millions de fonctionnaires sont appelés à faire grève. La justice aussi suit le mouvement : le Syndicat de la magistrature et la CGT des Chancelleries et services judiciaires ont déposé un préavis. De même que Pôle emploi (six syndicats appellent à la grève) et les hôpitaux. Les secteurs de l'énergie, la Poste, associatif et privé (banque, industrie, commerce).
Le chiffre : 70 %
Mobilisation - Une majorité de Français (70 %) approuvent la journée de mobilisation syndicale organisée mardi 7 septembre contre le projet de loi sur les retraites, selon un sondage Ifop.
(Source : La Dépêche.fr)
05:13 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grève, social, retraite
03.08.2010
Après la Retraite en danger, la République en danger ...
"C'est quoi alors être français selon le gouvernement ?
C'est apparemment être de pure race.
C'est quoi un français de pure race ?
Un français à qui on ne peut retirer la nationalité car n'ayant pas d'origines étrangères.
Nicolas Sarkozy peut donc se faire retirer sa nationalité française ?
!?!? .... Oui, mais s'il fait de grosses fautes.
Et alors ? Qu'est-ce qu'ils attendent pour montrer l'exemple, ça commence à faire maintenant !"
(Propos recueillis dans un petit café de village du nord toulousain)
Sécurité: Robert Badinter dénonce une "faute politique" de Nicolas Sarkozy
L'ancien garde des Sceaux Robert Badinter a dénoncé lundi sur France-Inter une "faute politique" de Nicolas Sarkozy après son discours sur la sécurité, vendredi à Grenoble, dans lequel le chef de l'Etat a souhaité que des "personnes d'origine étrangère" puissent être déchues de leur nationalité en cas d'atteinte à la vie d'un gendarme ou d'un policier.
Le sénateur socialiste, ancien président du Conseil constitutionnel, a rappelé "l'article Ier de la Constitution qui est celui que chacun doit toujours conserver en tête, s'il est un Républicain" et qui "assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine".
"Le principe que nous devons conserver en mémoire, c'est que tous les Français, tous les Français, sont égaux devant la République, devant loi quelle que soit leur origine", a-t-il martelé. "Qu'est ce qu'on veut faire? On veut faire des discriminations, contre les Français au regard de même crimes, de mêmes infractions, selon l'origine de la personne, selon les modalités d'acquisition de la nationalité française".
Pour Robert Badinter, c'est "contraire à l'esprit républicain", mais aussi une "faute politique". En effet, a-t-il expliqué, "le coeur du problème, nous le savons tous, c'est le sentiment de certains de ces Français que M. Sarkozy appelle d'origine étrangère de demeurer quel que soit leur carte d'identité des étrangers dans la nation". AP
(Source : tempsreel.nouvelobs.com)
06:56 Publié dans Thème : LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE, Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.08.2010
Fronton - Une pétition pour mieux traiter l'autisme
L'association Diamant soutient le droit aux soins et à l'éducation des enfants autistes. À l'occasion des concerts donnés à Fronton à l'espace Gérard Philipe et au château Cransac, Marie Bardot, présidente et ses deux parrains Catherine Lara et Cyprien Katsaris, sont venus présenter une pétition qui porte sur les points suivants :
1. Que l'OMS reconnaisse l'autisme comme une maladie neuro-biologique d'origine génétique et non pas psychiatrique. Ne plus les enfermer en hôpitaux de jour. Est-ce qu'on met en psychiatrie des enfants atteints de maladie génétique comme la mucoviscidose ou la myopathie ? Non.
2. Le manque de structures d'accueil pour les autistes en France :
Un enfant sur 150 est autiste en France, cela veut dire 800 000 personnes autistes et seulement 30 % sont pris en charge à plein temps. Pour les autres c'est système D.
Manque d'institus médico-éducatifs
L'association Diamant demande une place pour chaque enfant autiste en France, c'est un droit. Créer des centres de dépistage dans chaque département puis une orientation précise : si l'enfant est apte à aller à l'école, il faut qu'il ait une place de suite avec une auxiliaire de vie scolaire formée. S'il est orienté en institut médico-educatif, qu'il ait une place. Les listes d'attente sont kilométriques, 3 500 familles se sont expatriées aux USA, Canada ou Belgique. Il faut construire davantage d'instituts.
3. Que la méthode ABA (analyse appliquée du comportement) soit enfin mise en place dans notre pays car nous avons 40 ans de retard : une seule école à Paris et un seul institut médico-éducatif ABA en France et 3 000 dossiers en attente. Si on utilise cette méthode dès les 6 ans de l'enfant, il récupère, suit un cycle normal à 47 % et si on l'utilise avant les 4 ans de l'enfant la récupération est prouvée de 42 à 70 % des autistes. Seule la France ne l'utilise pas. L'association Diamant souhaite que chaque IME devienne IME ABA pour les enfants capables de suivre cette méthode. Un gros budget pour créer d'autres IME et former le personnel à l'ABA. Pétition sur sunbird-toulouse.com.
(Source : La Dépêche.fr)
06:02 Publié dans Thème : EDUCATION, Thème : SANTE, Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28.07.2010
HLM, des locataires de plus en plus pauvres
En 2010, le profil des nouveaux locataires de logements sociaux confirme une tendance observée depuis une dizaine d'années. Davantage de personnes isolées et de familles monoparentales aux ressources de plus en plus faibles.
Paupérisation, précarisation et exclusion. Trois mots qui résument la situation de plus en plus de locataires de logements sociaux et dont témoignent les différents bailleurs qui gèrent le parc HLM en Haute-Garonne, soit 61 000 logements pour quelque 137 000 résidents. Depuis près de dix ans, la tendance se confirme et 2010 est un bien mauvais cru en la matière.
« Ce phénomène de paupérisation s'accentue progressivement depuis environ dix ans dans la société française avec une diminution de la classe moyenne. Le logement social n'échappe pas à la règle. Alors que les familles monoparentales constituent 7 % des ménages dans l'Hexagone, leur proportion est de 21 % en logement social », explique Sabine Véniel-Le Navennec, directrice de l'USH Midi-Pyrénées.
Accompagner les femmes seules avec enfant
Le constat est identique chez Patrimoine Languedocienne, l'un des trois opérateurs privés de Haute-Garonne qui gère un parc de plus de 8 000 logements. En 2009, 34 % de ses nouveaux locataires affichaient des ressources inférieures à 20 % des plafonds.
« Le nombre de personnes en CDI ou en CDD parmi nos locataires a augmenté de 5 %. Ils sont plus nombreux à avoir un travail mais sont en revanche moins bien payés. C'est la preuve évidente d'une paupérisation. Les familles monoparentales sont particulièrement « à risque ». Il est impensable qu'une femme seule avec trois enfants, sortie du monde de l'emploi, y revienne sans aide. C'est pour cette raison que nous avons créé un groupe de travail pour mieux accompagner ces familles », indique Serge Bastiani. Pour le responsable des solidarités et parcours résidentiels chez Patrimoine, l'éclatement des foyers qui laisse de nombreuses femmes sans ressources et la situation de l'emploi sont bien sûr des facteurs aggravants.
Face à la précarisation de leurs locataires, de plus en plus fragilisés, les bailleurs ont développé des métiers spécifiques pour assurer leur accompagnement. Des conseillers en économie sociale et familiale interviennent notamment pour guider certains dans leurs démarches, les aider à construire leur budget et à éviter les pièges du surendettement Des médiateurs en pied d'immeubles ont également fait leur apparition, comme à Bellefontaine où Patrimoine, le groupe des Chalets et Habitat Toulouse se sont associés pour mettre en place un dispositif de médiation sociale auprès des 16-25 ans.
315 € maxi par mois pour vivre
Selon les chiffres de l'Union sociale pour l'habitat Midi-Pyrénées (1) pour le département, 39 % des habitants sont des personnes isolées, 21 % des familles monoparentales et 27 % des ménages ont des revenus inférieurs à 20 % des plafonds de ressources. Soit 315 € maximum par mois pour une personne seule et 507 € pour un ménage de 4 personnes contre 758 € en 2009.
1) L'Union sociale pour l'habitat Midi-Pyrénées (USHMP) regroupe les 42 organismes d'habitat social de la région. Sa mission générale est de mettre en œuvre des politiques de l'habitat social au niveau territorial.
(Source : La Dépêche.fr)
06:26 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.07.2010
Les mères avec 2 enfants échappent à la réforme des retraites
Dans un climat électrique, la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale composée de députés de tous les groupes parlementaires, examine pour avis, depuis hier et jusqu'à demain le projet de loi sur la réforme des retraites. Il s'agit en fait d'un tour de chauffe avant la discussion dans l'hémicycle du 6 septembre, veille d'une nouvelle journée nationale de grève et de manifestations. Les grands principes du texte resteront inchangés, a d'emblée précisé le gouvernement même si des aménagements sont possibles
Retraite à taux plein à 65 ans pour les mères : Fait notable, hier, la retraite à taux plein à 65 ans a été maintenue pour les mères d'au moins deux enfants, grâce à un amendement déposé par Chantal Brunel (UMP), responsable de l'Observatoire de la parité hommes femmes. Il a été voté contre l'avis du rapporteur et du gouvernement avec les voix du PS, du Nouveau Centre et des villepinistes. Dans l'entourage du ministre du Travail, la réaction n'a pas tardé : cet amendement « crée une inégalité flagrante et de nombreux problèmes juridiques ».
Fonctionnaires d'État : L'idée d'une caisse spécifique semble abandonnée.
Départ anticipé pour cause de pénibilité : Une définition juridique de la pénibilité est demandée. Les branches professionnelles qui le souhaitent devraient pouvoir mettre en place des dispositifs de cessation anticipée d'activité avant 60 ans.
Remboursement des trimestres
Un amendement du gouvernement permettra de rembourser les trimestres de cotisation retraite rachetés par certains salariés dans le cadre de la loi Fillon de 2003.
(Source : La Dépêche.fr)
21:32 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.07.2010
Il va tourner un film sur le combat des Molex
« Les Molex, des gens debout » : ce sera le titre du film de 90 minutes que le cinéaste José Alcala a choisi de consacrer au combat des Molex. Révélé en 2005 par « Alex », son premier long-métrage, puis par « Fabienne », sorti en 2010 avec Catherine Frot, José Alcala projetait de réaliser un film sur la crise, lorsque l'affaire Molex a éclaté le 23 octobre 2008. « A la façon dont ils se sont battus dès le début, Pascal Verrourst qui coproduit le film et moi-même, avons rapidement compris que ça allait être un combat social particulier. Car contrairement aux salariés de beaucoup d'autres entreprises menacées de fermeture qui négocient d'emblée les indemnités de licenciement, les Molex se sont directement battus pour sauver leurs emplois et l'outil de travail. Et ils ont travaillé immédiatement avec la justice en attaquant d'entrée de jeu le directeur et le cogérant pour un simple délit d'entrave au CE. C'est en cela qu'ils avaient déjà quelque chose de particulier. »
Caméra à l'épaule, José Alcala a partagé pendant une année les péripéties du combat des Molex. « Autant que le conflit en lui même, ce qui m'intéressait, c'était de montrer comment a évolué ce que l'on appelait jusque dans le s années « 70 » le prolétariat et la classe ouvrière, deux réalités qui s'étaient un peu délité depuis les années « 80 ». J'ai découvert que la lutte des ouvriers pour sauver leur usine reste la même que dans les années « 70 ». Mais que les acteurs de ces luttes sont devenus des experts. Ce n'est plus la lutte pour la lutte. Ils ont une vraie connaissance du monde de la finance qui les manipule. »
Actuellement en cours de montage, « Les Molex des gens debout » sera diffusé sur Arte en 2011. Il sortira, en avant-première à Villemur-sur-Tarn et dans quelques salles de cinéma.
(Source : La Dépêche.fr)
05:22 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : molex, social
16.07.2010
Pour les Molex, le chômage commence
Depuis le 9 juillet les Molex sont officiellement au chômage. Pour 211 d'entre eux, aucune solution de reclassement n'a encore été trouvée.
C'est la fin d'une étrange période de flottement. Les neuf mois de congé reconversion au cours desquels les 279 Molex étaient encore payés intégralement par l'entreprise ont pris fin le 9 juillet. Lundi 12, les premiers licenciés ont été reçus à Pôle emploi. Les autres rendez-vous vont suivre. Sans illusion. « Car au nord de Toulouse, au niveau industriel, y a que dalle ».
En même temps que la dernière fiche de paye, Molex a réglé la semaine dernière les indemnités de licenciement : 26 000 € par salarié en plus des indemnités légales et de celles calculées selon l'ancienneté. Soit un pécule pouvant atteindre jusqu'à 60 000 € pour trente ans de maison. « Il va falloir rester calme. C'est vrai que des sommes comme ça, peu de Molex en ont déjà touché d'un seul coup. Mais il faut bien avoir conscience que ça doit permettre d'attendre de retrouver un emploi », met en garde Denis Parise, conseiller régional et secrétaire du CE de Molex. Les indemnités permettront de faire passer sans casse la première pilule du chômage. Celle des trois ou quatre mois de carence imposés aux nouveaux licenciés avant la mise en branle de l'indemnisation : environ 70 % du salaire net pendant deux ans pour les moins de 50 ans, et pendant trois ans pour les autres.
69 ont retrouvé du travail
« Il n'y en aura pas plus de cinq ou six qui pourront faire la jointure jusqu'à la retraite », explique un responsable syndical. Pour la grande majorité des autres, il faut impérativement retrouver du travail avant que les indemnités ne fondent comme neige au soleil. Début juillet, 39 ex-Molex avaient intégré VMI, l'entreprise qui poursuit sur le site quelques activités de moulage et de connectique délaissées par Molex. Une douzaine d'ingénieurs et de techniciens ont repris une activité au sein de MIES, autre émanation de l'ancien Molex. Six ont créé leur propre entreprise, et une dizaine a retrouvé un emploi comme chauffeur de bus, ou dans le BTP. Pour les 210 restants, c'est l'incertitude. « Certains son t encore en formation. Mais à la suite de la formation, il n'y a pas de boulot », s'inquiète Patrick Fregolen, président de l'association Solidarité Molex. À 55 ans, José a décliné deux propositions d'emplois de monteur de charpente métallique et d'élagueur car il ne se le sentait pas de faire l'acrobate sur des poutrelles ou perché dans les arbres. Un exemple parmi d'autres de reconversions qu'il faudra peut-être un jour se résoudre à accepter. Car jusqu'à la semaine dernière les 279 licenciés étaient toujours les Molex. « Mais déjà en fin de mois, plus personne ne va recevoir le bulletin de salaire Molex. ça va faire un choc. »
La lutte continue
Chaque mardi et jeudi, les 221 membres de l'association Solidarité Molex se retrouvent par petit groupe dans le local qui surplombe le Tarn. Créer au plus fort du conflit pour financer la grève, l'association collecte maintenant les informations sur les opportunités d'emploi et aide les ex Molex dans leurs démarches administratives. Sur le front social, Solidarité Molex participe régulièrement aux actions de soutient aux 71 salariés de la SNP, une boulangerie industrielle créée à Villemur avant de s'installer dans le Tarn et dont le repreneur Belge a décidé de se débarrasser pour éviter une concurrence interne au groupe. Une histoire qui rappelle de très mauvais souvenirs à Villemur-sur-Tarn.
(Source : La Dépêche.fr)
18:20 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : social, chômage, molex, villemur, reclassement, licenciement
15.07.2010
Ruptures "amiables" de contrat de travail : montée en régime, mais dérives
Les ruptures conventionnelles de CDI "amiables" entre employeur et salarié, créées il y a deux ans, se sont installées dans le monde du travail, mais elles n'empêchent ni des détournements ni des litiges.
En net essor depuis l'application en juillet 2008 de la loi de modernisation du marché du travail, ce dispositif, différent du licenciement et de la démission, semble avoir atteint un régime de croisière avec 18.000 à 20.000 homologations chaque mois par l'administration.
Plus de 320.000 ruptures conventionnelles ont été conclues au total, selon des chiffres du ministère du Travail de fin mai.
La simplicité de la procédure, la possibilité pour le salarié de pouvoir bénéficier d’une indemnité au moins équivalente à l’indemnité de licenciement, ainsi que d'accéder aux allocations chômage, ont contribué à ce développement.
Même l'ex-majordome de Liliane Bettencourt a quitté le service de la milliardaire après 12 ans de travail via une rupture conventionnelle.
Surtout utilisé dans les petits établissements, notamment du commerce, ce nouveau mode de rupture représente un peu moins de 8% des sorties de CDI (démissions 56%, licenciements 37%), d'après une récente étude portant sur le premier semestre 2009.
Issue d'un accord entre le patronat et quatre syndicats (sans la CGT), la rupture "d'un commun accord" devait "éviter les faux licenciements, pour lesquels on inventait des fautes", rappelle à l'AFP le directeur général du Travail, Jean-Denis Combrexelle.
Cette rupture "à l'amiable" est souvent vantée par Laurence Parisot (Medef) comme un "acquis majeur" qui, selon elle, "invente une flexisécurité française".
Et pour les directeurs des ressources humaines, les ruptures conventionnelles favorisent "la mobilité", explique Jean-Christophe Sciberras, vice-président de l'association nationale des DRH, prédisant que "leur nombre va encore progresser".
Du côté des syndicats et de juristes, la crise a nourri les craintes que cet instrument soit détourné par les entreprises pour supprimer des emplois, notamment de seniors, au lieu de faire des plans sociaux plus coûteux et complexes.
Chez IBM, 12 ruptures conventionnelles ont été invalidées par l'administration fin 2009, au motif que ce dispositif ne peut contourner un plan social. La CFDT avait reproché au groupe informatique de cibler les salariés "aux environs de la soixantaine, qui bénéficieront du chômage jusqu'à l'âge de la retraite".
"Les ruptures conventionnelles, comme les licenciements, concernent plus souvent les seniors", dans un cas sur cinq, observe le gouvernement.
Chez Lejaby (lingerie) dans le Rhône, six des dix ruptures conventionnelles en 2009 ont ainsi touché des plus de 50 ans, dont "des ouvrières à bout de souffle", selon une déléguée syndicale.
Le numéro deux de la CFDT, Marcel Grignard, salue le passage "d'un système complètement opaque à un système encadré", mais reconnaît "des abus", au sujet desquels la centrale syndicale a écrit au gouvernement pour demander "une réunion des partenaires sociaux" et voir "comment corriger".
Pour le directeur général du Travail, s'il "peut y avoir des dérives dans telle ou telle entreprise", le système, "cadré", "protège les droits des salariés", et l'administration reste "vigilante".
Alors que le dispositif devait réduire les poursuites judiciaires envers les employeurs, des premiers jugements ont annulé des ruptures, requalifiées en licenciements.
C'est "un nid de contentieux", selon l'avocat Richard Sintes, qui alerte les directions sur des salariés voulant partir et pouvant aussi "abuser l'assurance chômage".
(Source : La Dépêche.fr)
14:56 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.07.2010
Emploi, logement : le coup de rabot
Les mesures d'économies sur les dépenses sociales de l'État annoncées par François Baroin provoquent un tollé. Mais les efforts qui commandent désormais au redressement des finances publiques vont bien au-delà. De fait, budget va de pair avec rigueur.
En annonçant hier aux députés son intention de tailler dans les dépenses sociales de l'État, François Baroin, a donné le coup d'envoi aux travaux préparatoires du budget 2011. S'il prévoit notamment des coupes dans plusieurs aides à l'emploi et au logement ce budget suppose selon le ministre, un effort « jamais fait » auparavant. Ainsi, la France sera en position d'atteindre « la réduction de 8 à 6 % du déficit par rapport au PIB ». Mais à quel prix ? Hier, les associations de défense des handicapés et familiales ont manifesté leur grande inquiétude. D'une même voix, la Fnath et l'APF plaident pour les 900 000 personnes « qui tentent déjà de survivre avec une AAH dont le montant actuel est largement inférieur au seuil de pauvreté, soit 696,63 € par mois ».
L'Union nationale des associations familiales (Unaf) voit dans ces annoncesun « coup de rabot sur les ressources des familles ». Plus radical, le syndicat étudiant Unef promet une rentrée universitaire « offensive et combative » si le gouvernement ne revient pas sur sa décision d'interdire le cumul entre aides au logement pour les étudiants et aide fiscale à leur famille.
Mais la rigueur est désormais inscrite au budget de l'État. Pour atteindre son objectif, le gouvernement doit trouver 40 milliards d'euros entre 2010 et 2011 : 15 milliards correspondent à la non-reconduction des mesures du plan de relance, 11 milliards au rattrapage des recettes fiscales après la crise, et 14 milliards aux économies dans les dépenses. En conséquence, François Baroin a annoncé la réduction des niches fiscales et sociales de 8,5 à 10 milliards d'euros en 2011-2012, de même, la baisse des crédits de plus de la moitié des missions de l'État, dont l'Écologie et l'Agriculture, ainsi que le Travail et Emploi, la Justice et la Recherche étant les seuls épargnés. Quant à une hausse du taux de TVA dans la restauration, elle n'est pas au programme du budget 2011 et probablement pas dans celui de 2012. Mais elle pourrait faire l'objet d'un débat lors de la prochaine campagne présidentielle, a estimé François Baroin.
Cela suffira-t-il à endiguer l'excès d'endettement qui ronge la France ? Selon Henri Guaino, conseiller spécial du Président Sarkozy, il faut « apurer ». Toute la question étant de savoir « à quel rythme et dans quel délai ».
« L'effort doit être mieux réparti »
Lucien Rapp. Directeur de l'Institut d'Études Internationales de l'Université Toulouse 1-Capitole.
Comment analyser les mesures d'économie proposées par le ministre du Budget ?
Ces mesures d'économie sont évidemment nécessaires, compte tenu de l'ampleur actuelle du déficit budgétaire et plus encore, de celle de notre endettement national. Il est dommage qu'elles concernent pour partie des catégories socioprofessionnelles très exposées à l'égard desquelles la solidarité nationale doit jouer à plein. C'est toute la difficulté de la politique qui doit être conduite du point de vue de nos finances publiques : la purge doit être efficace et rapide, mais l'effort doit être équitablement réparti.
Les 300 millions d'€ d'économies sur le volet social sont-ils en mesure d'endiguer le déficit conjoncturel ?
Il ne s'agit pas d'un déficit conjoncturel, mais d'un mal endémique qui ronge nos finances publiques et notre économie depuis plusieurs années. Nous vivons au-dessus de nos moyens. Il est désormais urgent de traiter ce problème en profondeur sans quoi notre capacité à le surmonter sera mise en doute et avec elle, la crédibilité de notre signature et notre souveraineté financière. Cela dit, 300 millions d'économies, c'est déjà beaucoup et c'est un premier signal donné sur la détermination des autorités françaises à résorber ses déficits publics.
Est-il réalisable de réduire le déficit public de 100 milliards d'€ en 3 ans ?
Oui si notre économie et au-delà d'elle, l'économie mondiale renouent avec des taux de croissance solides et durables. Les informations concernant le premier semestre de cette année sont encourageantes, au moins en dehors de la zone Europe. La croissance mondiale est repartie. Mais l'économie américaine qui avait bien redémarré, semble donner depuis quelques heures, des signes de faiblesses avec de très mauvais indicateurs sur l'emploi. Et des interrogations subsistent sur la capacité des pays émergents à tirer seuls la croissance mondiale. À défaut de croissance, il faudra sans doute de nouvelles économies drastiques pour atteindre l'objectif affiché.
« Une véritable provocation »
Les syndicats étudiants ont vivement réagi aux propos du ministre du Budget. L'UNEF (Union Nationale des Étudiants de France) dénonce la « véritable provocation » que constitue cette mesure. « 700 000 étudiants bénéficient des aides au logement » rappelle le syndicat étudiant, regrettant que « le soutien des familles se retrouve amputé d'une centaine d'euros par mois d'aide fiscale. C'est un filet de sécurité que l'on retire aux étudiants de la classe moyenne ». De leur côté, les responsables du Mouvement des étudiants (Mét), organisation issue de la droite universitaire, demandent au gouvernement de « surseoir à cette décision ». Autre réaction, celle du président du conseil régional de Midi-Pyrénées. Martin Malvy a déclaré que le conseil régional « se portera caution, sur 10 mois et pour des loyers à hauteur de 500 € mensuels au maximum, pour les étudiants ne pouvant présenter un cautionnaire solvable ».
(Source : La Dépêche.fr)
09:10 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Continental : les salariés refusent les baisses de salaires
400 salariés de Continental des sites de Toulouse, Boussens et Foix se sont réunis hier pour dire non au plan d'économie de la direction allemande. Les syndicats majoritaires (CFDT-CGT) refusent de signer l'accord.
Malgré la période estivale peu propice à la mobilisation, environ 400 salariés de Continental se sont réunis hier en assemblée générale sur le site de Toulouse pour contester le plan d'économies de la direction. Rejoints par deux délégations des sites de Foix et de Boussens, les « Conti » toulousains ont clairement dit « non » au projet de la direction allemande de réduire le coût du travail de 8 %. La direction allemande du spécialiste de l'électronique automobile, justifie un train de mesures d'économies drastiques par le manque de compétitivité des sites midi-pyrénéens. « Nous avons déjà fait beaucoup d'efforts avec 150 départs volontaires l'an dernier, l'arrêt des contrats de 200 intérimaires sans compter les sous-traitants in situ. Aujourd'hui on nous demande de réaliser 13 M€ d'économies soit 5 000 euros par salarié ! » tempête Sami Hamida, délégué syndical central CFDT.
« on ne signera pas l'accord »
Avec 2 500 salariés, les trois sites régionaux ont dégagé 38 M€ de bénéfices en 2009 malgré la crise. « La motivation des dirigeants est purement financière. Ils nous demandent l'équivalent 2 % de baisse de salaires, l'abandon de jours RTT… » précise le délégué syndical. Le syndicat allemand IG Metal a chiffré à 416 euros la perte de pouvoir d'achat par mois et par salarié. La coalition CFDT-CGT qui représente 60 % des salariés a annoncé hier qu'elle ne signera jamais cet accord, bloquant le processus. Pour contourner ce refus, la direction pourrait organiser un référendum, « sans valeur juridique » selon la CFDT.
Direction: «maintien des emplois»
Pour la direction, les efforts à faire sont indispensables sans quoi « le point de rupture des usines de Midi-Pyrénées sera atteint en 2012 » précise une porte-parole. Alors que les syndicats parlent de « chantage à la fermeture », Continental promet que si un accord sur la réduction des coûts est signé, le directoire du groupe basé en Allemagne s'est engagé à compléter les carnets de commande des usines de Foix, Boussens et Toulouse jusqu'en 2015 afin d'augmenter de 50 % le chiffre d'affaires de ses trois sites et ainsi, d'y maintenir intégralement l'emploi jusqu'en 2015.
(Source : La Dépêche.fr)
06:39 Publié dans Thème : SOCIAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note














